François Houtart

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir François Houtart (homonymie) et Houtart.
François Houtart
François HOUTART.jpg

François Houtart en 2017

Fonction
Directeur
Centre tricontinental
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 92 ans)
QuitoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
François Henri Luc Marie Joseph HoutartVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Parentèle
Henry Carton de Wiart (grand-père)
François Houtart (oncle)
Théodore Verhaegen (arrière-arrière-arrière-grand-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Domaines
Religion
Distinctions
Prix UNESCO-Madanjeet Singh ()
Prix pour la démocratie (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

François Houtart (né à Bruxelles le et mort à Quito le ) est un prêtre et sociologue belge, professeur à l'université de Louvain (Belgique) jusqu'à sa retraite en 1990.

Militant de la cause du Tiers-Monde il est le fondateur du Centre tricontinental (CETRI) et de la revue Alternatives Sud. En 1962, il a participé comme expert au Concile Vatican II. Compromis dans une affaire de pédophilie datant de 1970, il démissionne de ses fonctions au Centre tricontinental à la fin de l'année 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Petit-fils du comte Henry Carton de Wiart (1869-1951), qui fut l'un des dirigeants du Parti catholique, premier ministre belge (1920-1921) et pionnier de la démocratie chrétienne, il est très jeune sensibilisé aux questions de justice sociale. Il fait ses études au collège Saint-Jean-Berchmans de Bruxelles.

François Houtart suit ensuite une formation en philosophie et en théologie au Grand séminaire de Malines. Il travaille également avec l'abbé Joseph Cardijn à la JOC. Il est ordonné prêtre en 1949.

Il poursuit une formation en sciences sociales à Louvain et Chicago. Il est docteur en sociologie de l'Université catholique de Louvain et diplômé de l'Institut supérieur international d'urbanisme appliqué de Bruxelles.

Son père Paul Pierre Marie Houtart (1884–1966) avait été anobli en 1921 et obtint en 1933 concession du titre de baron transmissible par ordre de primogéniture masculine. François Houtart, en tant qu'aîné de la fratrie, bénéficia de ce titre de baron à la mort de son père[1]. Il considère les facteurs sociaux, aléatoirement distribués à la naissance, déterminants dans le parcours de chacun et donc dans le sien : « Né dans une famille pauvre d’une région reculée d’Inde, du Mali ou du Nicaragua, je n’aurais pas disposé des ressources sociales, culturelles, symboliques qui m’ont ouvert le chemin »[2].

Professeur à Louvain[modifier | modifier le code]

François Houtart commence sa carrière de professeur de sociologie à l'université de Louvain en 1958. Il y sera jusqu'à sa retraite en 1990. Durant sa carrière, il aura eu entre autres comme étudiants Camilo Torres, le célèbre prêtre colombien, et Rafael Correa, président de l’Équateur du 15 janvier 2007 au 24 mai 2017, qui sera hébergé au CETRI.

Mais Louvain est une plate-forme qui lui permet de parler haut et fort en faveur des groupes sociaux exploités et marginalisés, particulièrement les peuples indigènes, les ouvriers agricoles d'Amérique latine avec lesquels il a beaucoup de contacts. Suivant la méthode JOC (voir, juger, agir) et inspiré par le marxisme il aide ces groupes à analyser leur situation et à décider les orientations à donner à leurs propres luttes sociales. Comme prêtre il est convaincu que si l'amour du prochain de l'Évangile est pris au sérieux, l'appel à plus de justice sociale n'en est que plus criant.

Amérique latine[modifier | modifier le code]

Entre 1958 et 1962, François Houtart coordonne le travail de la fédération internationale des instituts de recherche socio-religieuse, qui réalise une grande enquête sur la situation du catholicisme en Amérique latine, dans son contexte démographique, social et culturel particulier: 43 volumes sont publiés.

Cette étude est prête exactement au moment où Jean XXIII convoque le concile Vatican II. Dom Hélder Câmara, alors vice-président du conseil épiscopal latino-américain (CELAM), conjointement avec Mgr Larrain, évêque chilien, fit faire un résumé de cette étude pour le distribuer en plusieurs langues à tous les évêques, lors de l’ouverture du Concile Vatican II. L’idée était « de faire connaître la problématique du catholicisme latino-américain à l’épiscopat mondial » écrit-il dans Nueva Sociedad[3].

Altermondialisme[modifier | modifier le code]

Le chanoine Houtart, surnommé le « chanoine rouge » ou le « pape de l'altermondialisme », a donné des conférences dans plus de cent universités de par le monde, a présidé la Ligue internationale pour le droit des peuples, participé à la création du Conseil international du Forum social mondial, et n'a manqué aucun rendez-vous altermondialiste[réf. nécessaire]. Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

Figure reconnue du mouvement altermondialiste, il est un des pères de l'Autre Davos et du forum social mondial de Porto Alegre. Face à l'évolution de la situation mondiale et aux tentatives de récupération dont il fait l'objet, le mouvement altermondialiste aurait intérêt selon lui à radicaliser son discours.

À partir de 2008, il revint travailler en Amérique latine. Il fut membre de la Commission des Nations unies sur la crise financière et monétaire internationale (Commission Stiglitz), en tant que représentant personnel du président de l'Assemblée générale, Miguel D'Escoto (2008-2009).

Depuis sa retraite et jusque décembre 2010, il dirige le Centre tricontinental.

À l'occasion des élections fédérales de 2010 en Belgique, il soutient l'alternative unitaire de la gauche francophone à travers le Front des gauches. Ce front est constitué du Parti Communiste, de la Ligue Communiste Révolutionnaire, de Vélorution, du Comité pour une Autre Politique (CAP), du Parti Humaniste et du Parti socialiste de lutte.

Rattrapé par un passé lointain[modifier | modifier le code]

Le 29 décembre 2010, François Houtart reconnaît, dans le quotidien Le Soir, s'être livré, 40 ans plus tôt, à des attouchements sexuels sur la personne d'un de ses cousins alors âgé de 8 ans[4],[5].

Après la dénonciation anonyme de ces abus par la sœur jumelle de la victime[6],[5], il quitte le Conseil d'administration du Centre Tricontinental et demande de retirer sa candidature au prix Nobel de la paix de 2012[7]. Début janvier 2011, une information est ouverte contre François Houtart par le Parquet de Liège[7].

Poursuite de son engagement à Quito[modifier | modifier le code]

François Houtart établit sa résidence à Quito, au sein de la Fondation du peuple indigène, fondée par Monseigneur Leonidas Proaño. Il participe à la vie intellectuelle du pays et de la région, notamment en publiant des éditoriaux dans des quotidiens reconnus de la région dont la Jornada, el telégrafo (es). Il prodigue aussi ses conseils et analyses à de nombreux mouvements sociaux du Sud, dont le Mouvements des sans-terres au Brésil, la CONAIE en Équateur. Il est nommé professeur au sein de l'Institut des Hautes Etudes Nationales (es), où il enseignera jusqu'à sa mort, notamment la sociologie agraire. Il enseignera également au sein de l'Université centrale de l'Équateur et recevra le titre de Profesor Honorario de l'Universidad Andina Simón Bolivar (es) de Quito en 2015.

Il y publiera de nombreux livres, dont :

  • De los bienes comun al bien comun de la humanidad
  • Manifiesto para la agricultura familiar campesina e indigena en Ecuador

François Houtart décède le 6 juin 2017 à Quito [8].

Prix[modifier | modifier le code]

François Houtart reçoit en 2007, le prix Camilo Torres de l'université nationale de Bogotà et en 2009 le prix de l'Unesco Madanjeet Singh de la promotion de la tolérance et de la non-violence « pour ses efforts exceptionnels afin de promouvoir la justice sociale dans le monde ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Oscar Coomans de Brachène, État présent de la noblesse belge, Annuaire de 1975, seconde partie, He - Hou, Collection "ETAT PRESENT" a. s. b. l., 1975.
  2. « Hommage à François Houtart - Mémoire des luttes », sur www.medelu.org
  3. Lire en ligne : François Houtart, Des temps difficiles pour l’église des pauvres, Les pontificats de Jean Paul II et de Benoît XVI face à l’Amérique latine, 2005, sur le Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine (risal.collectifs.net)
  4. « « Le chanoine Houtart avoue des abus sexuels », 2010, Le Soir en ligne »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  5. a et b Ricardo Gutierrez, « Le chanoine n’abdique pas : retour sur les aveux au « Soir » du « pape de l’altermondialisme », François Houtart », sur Le Soir, (consulté le 8 mars 2017).
  6. Rapport des activités de la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale
  7. a et b Marie-Cécile Royen, « Le grand écart du chanoine Houtart », sur Le Vif, (consulté le 7 juin 2017).
  8. « Le chanoine François Houtart est décédé à 92 ans », sur La Libre.be, (consulté le 6 juin 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]