François Grosdidier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

François Grosdidier
Illustration.
François Grosdidier en 2020.
Fonctions
Maire de Metz
En fonction depuis le
(9 mois et 7 jours)
Élection
Prédécesseur Dominique Gros
Président de Metz Métropole
En fonction depuis le
(9 mois et 2 jours)
Élection
Prédécesseur Jean-Luc Bohl
Sénateur français

(8 ans, 9 mois et 12 jours)
Élection 25 septembre 2011
Réélection 24 septembre 2017
Circonscription Moselle
Groupe politique UMP (2011-2015)
LR (depuis 2015)
Successeur Catherine Belrhiti
Maire de Woippy

(16 ans, 7 mois et 4 jours)
Réélection mars 2008
mars 2014
Prédécesseur Jérôme Prache
Successeur Cédric Gouth
Conseiller général de la Moselle

(4 mois et 5 jours)
Circonscription Canton de Woippy
Prédécesseur Jean-Claude Théobald
Successeur Marie-Louise Kuntz
Député

(9 ans, 3 mois et 11 jours)`
Élection 16 juin 2002
Réélection 17 juin 2007
Circonscription 1re de la Moselle
Législature XIIe et XIIIe
Groupe politique UMP
Prédécesseur Gérard Terrier
Successeur Aurélie Filippetti (indirectement)

(4 ans et 19 jours)
Élection 28 mars 1993
Circonscription 1re de la Moselle
Législature Xe
Groupe politique RPR
Prédécesseur Jean Laurain
Successeur Gérard Terrier
Biographie
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Metz (Moselle)
Nationalité Française
Parti politique RPR, UMP, LR
Entourage Marcel Grosdidier de Matons (grand-père)
Profession Fonctionnaire territorial

François Grosdidier
Maire de Metz

François Grosdidier est un homme politique français, né le à Metz (Moselle).

Membre de l’UMP puis de LR, il est député de la 1re circonscription de la Moselle entre 1993 et 2011, sénateur de la Moselle depuis 2011, maire de Metz et président de Metz Métropole depuis 2020.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

François Grosdidier est le petit-fils de l'historien Marcel Grosdidier de Matons et le fils de Bernard Grosdidier, ingénieur dans la sidérurgie, et de Jacqueline Belliol, bibliothécaire.

Après une scolarité qu'il achève en seconde en 1979, il s'engage dans l'Armée de l'air pour servir sur la base aérienne 188 de Djibouti. Quittant l'armée en 1981, il enchaîne les emplois : employé de libre service, employé au classement des fichiers à la caisse d'allocations familiales, animateur dans une radio privée, contractuel puis titulaire en collectivité locale. Il reprend ses études : capacité en droit, licence, maîtrise de droit public, DES d'administration municipale. Il est secrétaire général du district du Nord de l'Agglomération Messine (aujourd'hui communauté de communes Rives de Moselle) et directeur général des services de la ville d'Amnéville.

Il est père de trois enfants.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Son premier engagement militant est l'accueil des réfugiés du Sud-Est asiatique après les victoires communistes au Viet-Nam et au Cambodge[réf. nécessaire].

En 1976, à 15 ans, il adhère au Centre national des indépendants et paysans et participe à la campagne de Jean Kiffer aux législatives de 1973. Il milite au Parti des forces nouvelles, d’inspiration néofasciste, entre 1978 et 1980[1].

Après la victoire de la gauche à l’élection présidentielle de 1981, il adhère au Rassemblement pour la République (RPR). En 1983, il devient délégué départemental à la Jeunesse du RPR de Moselle, étant nommé par le président départemental du RPR de la Moselle, Pierre Messmer.

François Grosdidier est conseiller municipal de Metz de 1989 à 1995, ayant été élu sur la liste de Denis Jacquat (UDF-RPR), opposée à celle de Jean-Marie Rausch, réélu maire.

Il est vice-président du conseil régional de Lorraine de 1992 à 2004, étant chargé de la reconversion industrielle, des nouvelles technologies de la communication et de l'information, de la formation, de l'insertion et de l'apprentissage.

Premier mandat de député[modifier | modifier le code]

En 1993, François Grosdidier bat à la surprise générale l'ancien ministre socialiste Jean Laurain dans la première circonscription de la Moselle. Il fait ainsi son entrée à l'Assemblée nationale à 32 ans.

Il participe à la campagne présidentielle de 1995 de Jacques Chirac. La même année, il entre dans la nouvelle équipe dirigeante du RPR comme secrétaire national à la sécurité. Il est aussi chargé par le Premier ministre Alain Juppé d'une mission sur la reconversion industrielle. Il est également nommé au Haut Conseil à l'intégration.

Après la dissolution de l'Assemblée nationale en 1997, il est battu d’un point, en triangulaire avec le Front national, par le maire socialiste de Maizières-lès-Metz, Gérard Terrier[2].

Maire de Woippy et retour au Parlement[modifier | modifier le code]

Après sa défaite aux élections législatives de 1997, François Grosdidier retourne à la vie professionnelle, d'abord dans la fonction publique territoriale, puis dans l'industrie.

Aux élections municipales de 2001, il se présente à Woippy, commune dirigée par le PS et le PCF depuis 1977 et au fort vote FN. Sa liste l’emporte avec 62 % des voix au second tour[réf. nécessaire]. François Grosdidier est réélu maire par le conseil municipal en 2008 après que sa liste a obtenu 53 % des suffrages exprimés au premier tour des élections municipales[3], puis en 2014 après avoir recueilli 58 %[4].

En 2002, il reconquiert la députation de la première circonscription de la Moselle avec 55 % des voix exprimées au second tour[5]. Il est réélu député au second tour des élections législatives de 2007, avec 52 % des suffrages exprimés[6].

Il est président de la fédération UMP de Moselle à partir de 2002. Il quitte cette fonction lors de son élection à la présidence de la Fédération des maires de la Moselle, en 2009[7]. Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il soutient le Grenelle de l'environnement. En avril 2008, il fait partie d’une fronde des députés de droite contre la loi OGM du gouvernement Fillon.

Les élections cantonales de 2011 sont l'occasion pour lui de prendre le canton de Woippy, détenu par le divers droite Jean-Claude Théobald depuis 1988. Il se présente contre ce dernier, qui a l'investiture de l'UMP. Au second tour, il l’emporte avec 65 % des voix face au FN.

Sénateur de la Moselle[modifier | modifier le code]

François Grosdidier en 2015.

Lors du renouvellement sénatorial de 2011 en Moselle, il est tête de liste dans le cadre d'une double investiture de l'UMP unique en France avec le département du Val-d'Oise, l'autre liste soutenue par le parti étant conduite par Philippe Leroy, ancien président du conseil général. François Grosdidier est élu sénateur et quitte l'Assemblée nationale.

Il soutient François Fillon pour l'élection à la présidence de l'UMP de 2012. Il est élu président de la fédération de la Moselle du parti Les Républicains (ex-UMP) en janvier 2016 et soutient Alain Juppé pour la primaire de la droite et du centre de 2016[8] : avec l'ancien garde des Sceaux Dominique Perben, il travaille au projet régalien (sécurité, justice) du maire de Bordeaux. Il parraine ensuite Maël de Calan pour le congrès des Républicains de 2017, scrutin lors duquel Laurent Wauquiez est élu président du parti[9].

En septembre 2017, François Grosdidier est réélu sénateur de la Moselle. En raison de la loi sur le non-cumul des mandats, il démissionne de ses mandats de maire de Woippy et de deuxième vice-président de Metz-Métropole. Il est remplacé à la mairie par Cédric Gouth, benjamin du conseil municipal et jusqu'alors conseiller délégué au Sport, et, à la deuxième vice-présidence de Metz-Métropole, par Jean-Marc Rosier, par ailleurs premier adjoint au maire de Woippy. François Grosdidier reste conseiller municipal de Woippy et conseiller communautaire de Metz-Métropole.

Maire de Metz[modifier | modifier le code]

Tête de liste aux élections municipales de 2020 à Metz, il l’emporte au second tour, devançant la liste conduite par Xavier Bouvet (apparenté EELV) de seulement 197 voix, ainsi que celle de Françoise Grolet (RN, ex-FN)[10]. Il est ainsi l'un des rares candidats à faire basculer une grande ville de gauche à droite à l'occasion de ces élections. Il est élu maire de Metz par le conseil municipal le 3 juillet, succédant au socialiste Dominique Gros[11].

Le 8 juillet, François Grosdidier est également élu président de Metz-Métropole, par 51 voix contre 46 pour le sortant Jean-Luc Bohl, maire divers droite de Montigny-lès-Metz[12].

Il installe une dynamique nouvelle par rapport aux anciens responsables : apparitions sur des chaînes télévisées nationales, nominations de directeurs de cabinets fins connaisseurs des arcanes ministérielles et institutionnelles, rencontres avec des ministres, etc. ; cette stratégie lui vaut d’être qualifié d'« hypermaire »[13]. Le 10 septembre suivant, il est élu président de la fédération des maires de Moselle[14].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Mariage homosexuel[modifier | modifier le code]

Au Sénat, François Grosdidier vote en avril 2013 en faveur de l'article 1 de la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux personnes de même sexe[15].

Immigration et religions[modifier | modifier le code]

François Grosdidier suscite une polémique en 2005 en utilisant le terme « youyou » à l'Assemblée nationale à propos des mariages entre personnes issues de l'immigration maghrébine et africaine dans sa commune de Woippy[16],[17]. Il publie ensuite l'ouvrage Les You-You et la République des tabous.

Il se prononce pour une modification de la loi de 1905 sur les relations entre les Églises et l’État afin de permettre aux collectivités locales de financer le culte musulman[18].

À l’occasion du procès de Charlie Hebdo lors de l’affaire des caricatures, François Grosdidier déclare : « Ce n'est pas le blasphème qui est condamnable, mais l'amalgame entre le terrorisme et l’ensemble des musulmans. […] L’islamophobie doit être condamnée comme tous les racismes. L'antiracisme n’est pas divisible. […] La justice doit faire respecter effectivement les limites posées par la loi sur la liberté de la presse. » Ses propos sont diversement interprétés : Le Nouvel Observateur le classe dans les personnes apportant leur soutien au journal car il affirme que le blasphème n’est pas condamnable[19] alors que les publications pro-Charlie, comme ProChoix, considèrent qu’il souhaite une condamnation du journal pour islamophobie et amalgame entre terrorisme et islam[20].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Détournement de biens publics[modifier | modifier le code]

Le 12 février 2015, François Grosdidier est condamné pour détournement de biens publics à 6 000 € d'amende en raison de son utilisation régulière d’un véhicule de fonction de la mairie de Woippy pour se rendre au palais Bourbon. Il est également condamné pour complicité de prise illégale d'intérêt, trois de ses adjoints n'ayant pas quitté la séance du conseil municipal lors du vote de subventions dans des associations à but non lucratif où l'un de leurs proches avait un intérêt[21].

Utilisation de sa réserve parlementaire[modifier | modifier le code]

En février 2013, Philippe Mousnier, proche du député de droite Jean-Louis Masson, dépose plainte contre François Grosdidier après l'avoir mis en cause dans le cadre d'un conflit d'intérêt dans l'utilisation de sa réserve parlementaire. En effet, alors qu'il était député, il a utilisé celle-ci pour financer l'association Valeur Écologie, qu'il dirige. Il fait verser respectivement 100 000 € en 2009 et 60 000 € en 2011[22]. En février 2019, François Grosdidier est mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » et « détournements de fonds publics »[23].

En décembre 2020, Mediapart pointe d'autres utilisations de sa réserve parlementaire par François Grosdidier alors qu'il était sénateur. Le site d'information considère que ces dépenses « posent problème ». Il pointe notamment le financement de frais de défense dans une procédure judiciaire avec le Grand Orient de France, ainsi qu'un contrat de location avec option d'achat d'une voiture[24].

Plainte d'Anticor pour détournements de fonds publics[modifier | modifier le code]

En novembre 2019, l'association de lutte contre la corruption Anticor porte plainte contre François Grosdidier pour une autre affaire de détournements de fonds publics. En 2013, la Cour des comptes notait des violations des dispositions légales concernant la rémunération du directeur de cabinet du maire de Woippy. La juridiction estimait alors que celui-ci devait ainsi régler à la commune une somme d'un peu plus de 80 000 euros. François Grosdidier avait alors fait voter par le conseil municipal un avis favorable à la demande de remise gracieuse du comptable public[25].

En outre, le cabinet du maire comptait deux collaborateurs (soit un de trop par rapport à ce qui est autorisé pour une ville de moins de 20 000 habitants) pour des salaires représentant pour la commune un total de 400 000 euros par an. La Cour relève : « embauche indue d'un chargé de mission, paiements injustifiés d’heures supplémentaires d’une secrétaire de 2010 à 2015, rémunération exorbitante du directeur des espaces verts « octroyée en méconnaissance de l’ensemble des principes régissant la fonction publique territoriale », lourdes irrégularités dans la passation de marchés publics[25] ».

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

À l’Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

  • 02/04/1993 - 21/04/1997 : député de la 1re circonscription de la Moselle (département)
  • 19/06/2002 - 30/09/2011 : député de la 1re circonscription de la Moselle

Au Sénat[modifier | modifier le code]

  • 01/10/2011 - 13/07/2020 : Sénateur de la Moselle

Au niveau local[modifier | modifier le code]

Conseil municipal

  • 19/03/1989 - 18/06/1995 et depuis le 28/06/2020 : conseiller municipal de Metz
  • 19/03/2001 - 23/10/2017 : maire de Woippy
  • 19/03/2001 - 17/05/2020 : conseiller municipal de Woippy
  • depuis le 03/07/2020 : maire de Metz

Conseil général

Conseil régional

Communauté d’agglomération puis Métropole

  • depuis le 08/07/2020 : président de la Métropole de Metz
  • 01/01/2002 - 16/11/2017 : vice-président de la Communauté d'agglomération de Metz Métropole
  • 01/01/2002 - 17/05/2020 et depuis le 28/06/2020 : conseiller communautaire (de la « Métropole de Metz » depuis 2018)

Association

  • 2009-2018 et depuis le 10/09/2020 : président des Maires de Moselle

Au sein de partis[modifier | modifier le code]

  • 2006-2009 : président de la fédération UMP de la Moselle
  • 2016-2018 : président de la fédération LR de la Moselle

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elise Descamps, « Dossier », sur La Croix, (consulté le 12 juillet 2020).
  2. « Résultats des élections législatives de 1997 : Metz (1re circonscription) », sur assemblee-nationale.fr (consulté le 20 mars 2021).
  3. « Résultats des élections municipales 2008 : Woippy », sur interieur.gouv.fr (consulté le 20 mars 2021).
  4. « Résultats élections municipales de 2014 - premier tour : Woippy », sur republicain-lorrain.fr (consulté le 20 mars 2021).
  5. « Résultats des élections législatives 2002 : première circonscription de la Moselle », sur interieur.gouv.fr (consulté le 20 mars 2021).
  6. « Résultats des élections législatives 2007 : première circonscription de la Moselle », sur interieur.gouv.fr (consulté le 20 mars 2021).
  7. « Metz : le maire François Grosdidier candidat aux élections départementales ou régionales ? », sur actu.fr, (consulté le 20 mars 2021).
  8. Ludovic Vigogne, « Primaire à droite: la liste des premiers soutiens parlementaires », lopinion.fr, 20 avril 2016.
  9. Ludovic Vigogne, « Les Républicains : souffrances, frayeurs et bonnes surprises de Maël de Calan », sur lopinion.fr, 11 octobre 2017.
  10. Ministère de l'Intérieur, « Résultats des élections municipales et communautaires 2020 », sur interieur.gouv.fr (consulté le 17 octobre 2020)
  11. « Metz : le conseil municipal et le maire installés pour un mandat de 6 ans », sur TOUT METZ, (consulté le 17 octobre 2020)
  12. « Metz. François Grosdidier est élu président de Metz-Métropole », sur republicain-lorrain.fr (consulté le 17 octobre 2020)
  13. Aurélia Salinas, « Metz : François Grosdidier, l'hypermaire ? », sur La Semaine, (consulté le 17 octobre 2020)
  14. « Metz. François Grosdidier élu président de la fédération des maires de Moselle », sur republicain-lorrain.fr (consulté le 17 octobre 2020)
  15. « Le sénateur UMP de la Moselle François Grosdidier vote l'article 1 ouvrant la voie au mariage homosexuel », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 20 mars 2021).
  16. Compte rendu de la séance du 30 novembre 2005
  17. « Mais pour près d'un mariage sur cinq, il n'y avait que les futurs époux et les témoins, qui ne se connaissaient manifestement pas. J'ai vu des époux qui avait 40 ou 50 ans de différence, l'amour ne connaît pas la différence d'âge mais… » a poursuivi François Grosdidier.
  18. Le débat sur l'islam a déjà lieu au sein de l'UMP, Samuel Laurent, Le Monde, 24 février 2011
  19. Nouvel Observateur 2007-02-07
  20. Prochoix 2007-02-08
  21. « Détournement de biens publics : 6.000 euros d’amende pour l’UMP Grosdidier »
  22. « La drôle d'association de François Grosdidier », leparisien.fr, (consulté le 6 juin 2017)
  23. « Le sénateur LR de Moselle François Grosdidier mis en examen pour détournement de fonds publics », sur actu.fr
  24. Stéphanie Fontaine, « Les notes de frais osées de François Grosdidier au Sénat », sur Médiapart, (consulté le 26 décembre 2020).
  25. a et b « François Grosdidier : le retour du retour | Reflets.info », sur reflets.info,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]