François Dilasser

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François Dilasser
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François Dilasser, né le à Lesneven (Finistère), mort le [1], est un peintre français, créateur de vitraux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Frère de Maurice Dilasser, peintre autodidacte, François Dilasser a toujours dessiné, mais ce n'est qu'en 1966, après une carrière professionnelle, qu'il décide de se consacrer entièrement à la peinture.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

François Dilasser travaille par séries, qu'il ne termine que lorsqu'il estime avoir épuisé le sujet. Quelques thèmes traités par l'artiste : les arbres, les mains, les têtes, les comètes…

Dilasser ne cherche pas à restituer une image, mais plutôt l'émotion ressentie lors de la création de l'œuvre.

Peintre d'intuition et d'instinct, Dilasser est difficile à situer dans le paysage de la peinture contemporaine. À ses débuts en peinture, il se reconnaissait pour maîtres Gauguin, Rembrandt, Paul Klee, Bissière et Picasso.

« Tout commence en général par des dessins, des dessins que je peux faire des heures durant à partir de rien, simplement j'essaie de laisser ma main libre. Je ne veux rien. J’essaie de découvrir quelque chose que je ne connais pas. Petit à petit, une idée ou plutôt une forme se dégage. Je tourne autour de cette forme et quelque chose me parle. La forme se précise, s'impose. Je ne la nomme pas. Je la sens vivante. Je commence à peindre un, deux, dix papiers ou toiles. À partir du moment où la forme se met à vivre, des combinaisons de couleurs surgissent en même temps : cela n’est pas raisonné, cela s’impose. Bien sûr, au cours du travail, d’autres idées ou désirs peuvent naître. J’essaie de rester libre - libre même de prendre une voie que je ne prévoyais pas au départ. Je n’ai qu’un critère : il faut que ça vive, que je sente que ça vive. Je ne pars jamais du réel directement, même si je me rends compte parfois après coup que telle forme correspond à des choses que j’ai enregistrées. C’est toujours une forme qui surgit et ensuite il lui arrive toutes sortes d’avatars[2]. »

Son œuvre est empreinte de primitivisme, « de cette tendance primitiviste qui fait de la création artistique une nécessité intérieure »[3]

« Je me peins moi-même, c’est ce qui me fait vivre[4]. »

« J’ai parfois le sentiment qu’en peignant je cherche à retrouver ma propre naissance, à retrouver l’origine. »

— Catalogue d’exposition, « François Dilasser, peintures 1991-1999 », Musée Hébert, La Tronche/Grenoble 1999

Réception[modifier | modifier le code]

« Inclure tout le vivant du monde et le restituer sous une forme inédite autant que signifiante, voilà ce à quoi s’adonne ce peintre fasciné par le réel mais rétif à la moindre tentative d’identification de ses figures auxquelles il ne reconnaît que la qualité de forme vivante. Ainsi se construit un univers qui tire tantôt vers le paysage, tantôt vers l’architecture, tantôt vers le portrait sans que jamais l’œil ne parvienne à définir clairement ce qu’il voit sinon comme quelque chose de vivant et d’humain[5]. »

« Dans le processus créateur d'un Dilasser, le carnet de dessins est un passage obligatoire. L'artiste en remplit les feuilles d'une manière quasi automatique. Elles deviennent répertoires de formes, éphémérides. Ces figures s'enchaînent jusqu'à l'épuisement, jusqu'à la dislocation complète. Elles se reconstituent quelques pages plus loin, solides et organisées, comme des entités autonomes. Ce métamorphisme domine l'œuvre dessiné de Dilasser, prépare l'exécution de la peinture. L'indécision de la main, l'errance de la ligne achèvent de créer la forme, de la valider, prête à paraître sur le devant de la scène. Souvent, il s'agit d'un fragment de réel, bien mis en évidence par le liseré tenu, tracé à même la peinture. Les arbres, les têtes et les mains sont autant de fragments de paysages et de corps auxquels le peintre confère une vie silencieuse. Leur monumentalité rend ces images aussi insistantes qu'énigmatiques. Dilasser les peint hard edge éliminant ainsi l'inertie d'une figure détachée sur un fond. L'œuvre ressemble souvent à une large vignette[6]. »

« Le charme d’une œuvre de F. Dilasser, c’est d’entraîner tout esprit disponible à une interprétation. Bien sûr, certains s’y refusent, attachés à la narration. Encouragés par les indices, excités par les possibles, les autres se glissent par l’ouverture, à la poursuite de l’invisible, à la recherche de quelque espace dérobé, où pourrait être subrepticement dévoilé un mystère incertain, probablement celui de l’innocence. Si l’on sent bien que le peintre a mille différends à régler avec le monde et cent autres avec lui-même, le contraire serait alarmant, on perçoit surtout que son tableau dissimule une « vie parallèle ». Tout cela, qui relève du secret et du manque, qui réclame retenue et méditation, exige une soumission et un effacement de soi. On pourrait l’affirmer plus trivialement, « Un tableau de F. Dilasser, ça se mérite[7]. »

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

Galeries[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « François Dilasser s'est éteint », sur Le Télégramme,
  2. « Chez François Dilasser » - auteur : Charles Juliet – Ed. L’Echoppe 1999
  3. « Les têtes de François Dilasser », Université de Rennes II, 1997 - auteur : Raphaële Branellec
  4. L’Expressmag, 17.07.2003
  5. Dilasser / par Jean-Marc Huitorel - Ed. La Différence, 1990
  6. Benoît Decron, catalogue d’exposition « François Dilasser, peintures 1991-1999 », Musée Hébert, La Tronche/Grenoble 1999
  7. « Dilasser », par René le Bihan, Ed. Palantines 1999
  8. [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Huitorel, Jean-Marc : Dilasser. éd. La Différence, 1990
  • Branellec, Raphaële : « Les Têtes de François Dilasser », mémoire de maîtrise, Université de Rennes II, 1997
  • Le Bihan, René : Dilasser, avec des notes d'Antoinette Dilasser - Ed. Palantines, 1999
  • Juliet, Charles : Chez François Dilasser. éd. l'Échoppe, 1999
  • Dilasser, artiste invité: revue Hopala! La Bretagne au monde, no 18, novembre 2004 - février 2005
  • Catherine Plassart : "Les rois ont perdu leur couronne pour un chapeau" Art Point France Info 30/09/2009

Liens externes[modifier | modifier le code]