François Chenique

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François Chenique
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François Chenique [ʃə.ni.k] (né le à Nancy et mort le à Levallois-Perret)[1] est un essayiste français, auteur d'études sur l'ésotérisme. Il a été professeur d'informatique à Sciences-Po Paris et a participé à la création d'un des premiers services informatique de gestion, au sein de la Société de Pont-à-Mousson (Nancy). Il est spécialiste de logique classique et moderne et a écrit plusieurs ouvrages sur ce sujet.

Docteur en Sciences Religieuses de l'Université de Strasbourg, François Chenique s'est consacré essentiellement à l'étude de l'ésotérisme chrétien dans la lignée traditionaliste initié par René Guénon. Parallèlement, il contribue aux périodiques Connaissance des religions, Vers la tradition et Symbole[2],[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Né le 8 mars 1927 à Nancy, François Chenique est le fils d'employés de bureau qui, par la suite, créent une petite entreprise. Ses parents, catholiques le baptisent le 20 mars et l'élèvent dans un cadre très pratiquant[5].

En 1935, à sept ans, François Chenique participe à la communion dite privée. Celle-ci, en raison des bruits de guerre, a lieu à Nancy à la demande du nouvel évêque, Marcel Fleury. François Chenique qualifie plus tard cette communion de « Croisade » en référence au défilé des enfants en costume de Croisés et conserve un souvenir très critique des confessions destinées à « des enfants à peine arrivés à l'âge de discernement »[5].

François Chenique entre, en 1939, dans l'Institution Saint-Joseph, établissement catholique tenu par les Frères des écoles chrétiennes (ou lasalliens).

Jeunesse sous l'Occupation[modifier | modifier le code]

La déclaration de la Seconde Guerre mondiale perturbe les cours. Le 10 mai 1940, les soldats du Troisième Reich arrivent et occupent une partie des vastes terrains de l'école. Les cours reprennent néanmoins rapidement[6].

François Chenique rejoint ensuite une petite école située derrière la cathédrale de Nancy. Il déclare en retenir un enseignement rigoureux mais enrichissant, notamment dans l'apprentissage du Français, du Latin et du Grec[6].

Il rejoint ensuite la chartreuse de Bosserville où il choisit pour confesseur l'abbé Stéphane Gircourt. Ce dernier, s'éloignant du programme officiel de morale en classe de troisième, effectue un cours de spiritualité évangélique. C'est auprès du professeur Stéphane Gircourt que François Chenique découvre René Guénon et le symbolisme. Il lui prête également la Bhagavad-Gita commentée par Sri Aurobindo. Ce livre constitue une "véritable révélation" pour François Chenique mais il est récupéré par les autorités du collège et l'abbé Gircourt est interdit de confession et d'enseignement religieux[7].

En juin 1944, alors que le débarquement de Normandie a eu lieu, le Père Feder organise un campement pour les vacances dans les ruines de l'abbaye de la Crête en Haute-Marne. N'ayant pas d'informations sur l'avancée des soldats américains, ce campement dure jusque fin septembre et à l'arrivée d'un car envoyé par l'abbé Kôll pour chercher les enfants. François Chenique en gardera des relations durables avec le père Feder jusqu'à sa mort en 2000[8].

Suite des études secondaires et études supérieures[modifier | modifier le code]

En Première Littéraire, François Chenique a pour professeur de littérature française le chanoine Decelle qui l'éloigne pour un temps des idées de l'abbé Gircourt et de Guénon dont il brûle les écrits. Il se rend toujours à la messe tous les matins mais développe un scepticisme religieux. L'année suivante, François Chenique choisit la métaphysique comme sujet au bac et obtient une mention bien. C'est sur les conseils de Pierre Busselot, autre disciple de l'abbé Gircourt, que François Chenique revient à Guénon et en approfondit sa connaissances en lisant Crise du Monde Moderne, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps et L'Homme et son devenir selon le Védânta. La position de Guénon sur la philosophie universitaire l'incite cependant à délaisser les autres philosophes[9].

À la sortie des études secondaires, François Chenique effectue son service militaire. Il fait ensuite Sciences-Po dont il sort major de promotion[10].

En 1950, François Chenique apprend l'hébreu du rabbin Morali puis d'Horowitz, un juif libéral, qui organisait des cours dans une ambiance catholique[11].

Informaticien et professeur d'informatique[modifier | modifier le code]

François Chenique revient à Nancy où il exerce le métier de comptable puis rejoint le syndicat patronal des Fondeurs de l'Est. Il y fait en 1956, lors d'un Colloque du fer, un exposé sur les prix de revient en fonderie. Il est alors embauché par les services du président de la compagnie Pont-à-Mousson dont il devient secrétaire pendant deux ans. François Chenique se voit confier la formation des ingénieurs travaillant sur le Ramac 305, le premier ordinateur acheté par la Société des Fonderies[10].

Le Directeur de Sciences-Po, J. Chapsal, confie à François Chenique un cours d'informatique bien qu'il ne soit pas mathématicien. Ces cours sont dispensés durant une dizaine d'années. Les polycopiés, dont Qu'est-ce que la téléinformatique ? et Comprendre la logique moderne, sont publiés par les Éditions Dunod[10].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Analyse fonctionnelle et organique, Paris, Dunod, 1971.
  • Qu'est-ce que la téléinformatique ?, Paris, Dunod, 1974.
  • Comprendre la logique moderne, Paris-Bruxelles-Montréal, Dunod, 1974.
  • Le Yoga spirituel de saint François d'Assise. Symbolisme du « Cantique des créatures », Paris, Dervy, 1978.
  • édition d'Henri Stéphane, Introduction à l'ésotérisme chrétien, Traités recueillis et annotés par François Chenique, préface de Jean Borella, Éditions Dervy, 2006 [1979 et 1983].
  • « À propos des États multiples de l’être et des Degrés du savoir », dans Pierre-Marie Sigaud, René Guénon, Cahier de l'Herne, Éditions l'Âge d'homme, « Dossier H », 1985.
  • Sagesse chrétienne et mystique orientale, préface de Jean Borella ; conclusion de Jean-Pierre Schnetzler, Paris, Dervy, 1996.
  • Le culte de la Vierge ou La métaphysique au féminin, Nouvelle édition, Paris, Dervy, 2000.
  • Éléments de logique classique : l'art de penser et de juger, l'art de raisonner, L'Harmattan, 2006.
  • Souvenirs métaphysiques, Table d'émeraude, 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. avis de décès
  2. in "Aux sources de l'éternel féminin: pour en terminer avec tous les conformismes", sous la direction d’Arnaud Guyot-Jeannin, l’Age d’homme
  3. in "La Métaphysique de René Guénon: Complément au Dictionnaire", Jean-Marc Vivenza
  4. in "Frithjof Schuon" Dossier conçu par Patrick Laude et Jean-Baptiste Aymard, L’Age d’homme
  5. a et b Christian Rangdreul, Souvenirs métaphysiques d'Orient et d'Occident, L'Harmattan, , 233 p. (ISBN 978-2-296-08564-0), p. 13-18
  6. a et b Christian Rangdreul, Souvenirs métaphysiques d'Orient et d'Occident, L'Harmattan, , 233 p. (ISBN 978-2-296-08564-0), p. 24-25
  7. Christian Rangdreul, Souvenirs métaphysiques d'Orient et d'Occident, L'Harmattan, , 233 p. (ISBN 978-2-296-08564-0), p. 26-35
  8. Christian Rangdreul, Souvenirs métaphysiques d'Orient et d'Occident, L'Harmattan, , 233 p. (ISBN 978-2-296-08564-0), p. 39-40
  9. Christian Rangdreul, Souvenirs métaphysiques d'Orient et d'Occident, L'Harmattan, , 233 p. (ISBN 978-2-296-08564-0), p. 41-45
  10. a b et c Christian Rangdreul, Souvenirs métaphysiques d'Orient et d'Occident, L'Harmattan, , 233 p. (ISBN 978-2-296-08564-0), p. 48
  11. Christian Rangdreul, Souvenirs métaphysiques d'Orient et d'Occident, L'Harmattan, , 233 p. (ISBN 978-2-296-08564-0), p. 45

Liens externes[modifier | modifier le code]