François Cavé

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François Cavé
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François Cavé est un industriel français, inventeur de machines à vapeur, est né au Mesnil-Conteville le , et mort à Condé-Sainte-Libiaire (77) le (à 80 ans).

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a effectué un apprentissage chez un charpentier, un menuisier, un serrurier et un fabricant de moulins, cribles et tarares. En 1811 il est parti compléter son apprentissage à Paris. En 1814, son chien Argus a joué dans une pièce de théâtre Le chien de Montargis. Grâce aux émoluments perçus il acheta des outils et se présenta chez M. Collier, constructeur-mécanicien, puis chez M. Hinderlang, filateur où il remplaça un moteur manège par une machine à vapeur oscillante. Il créa ensuite une deuxième machine oscillante pour l'imprimerie Didot.

Il ouvre ensuite ses propres ateliers[1] dans le quartier de la Goutte-d'Or où il fabriqua :

  • des locomotives : la gauloise, clapeyron, edwards, forquenot, chemin de fer de l'ouest, tourneux ;
  • des navires pour la navigation fluviale : le Casimir, l'Aaron-Mamby, le Commerce et l'Hirondelle ;
  • des bateaux et navires : le Théodore, le Ville de Corbeille, les Dorades, le Zampa, les Elbeuviens, les Aigles, l'Overtolz, le Leinheit, le Kraft.

La spécialité des ateliers Cavé était l'utilisation de machines oscillantes à très haute pression (7 atm.). Parmi ses inventions on peut citer :

  • une machine à percer mue directement de la vapeur ou tout gaz élastique... (brevet du ) ;
  • une grue dite « Grue de Cavé » (en 1841, un exemplaire est visible musée des arts et métiers) ;
  • une soufflerie de hauts fourneaux ;
  • des machines à faire des agglomérés de houilles et les briques (1850) ;
  • du matériel des barrages du Nil, de la poudrerie du Pérou, de la monnaie du Chili ;
  • des creusets en fer forgé ;
  • des dragues et bateaux plongeurs ;
  • des presses hydrauliques ;
  • un bateau sous-marin ;
  • un perforateur à air comprimé.

Son gendre, Louis Lemaître (décédé avant 1851), dirigeait l'usine annexe de La Chapelle Saint-Denis de l'usine de François Cavé située rue Cavé. Pendant douze ans il a été chargé d'exécuter les grands travaux pour les appareils à vapeur de l'État confiés à François Cavé[2]

François Cavé est enterré au cimetière Montmartre[3]. Il existe à Paris dans le 18e arrondissement une rue Cavé.

Locomotives Cavé[modifier | modifier le code]

Les premières lignes de chemin de fer partant de Paris sont des lignes courtes, de 18 à 20 km, permettant la balade des Parisiens : ligne Paris-Saint-Germain-en-Laye, ligne Paris-Versailles rive gauche et ligne Paris-Versailles rive droite. Si les premières locomotives pour la ligne de Saint-Germain sont fabriquées en Angleterre (du type Stephenson « Patentee »), dès 1839-1840 les premières locomotives de fabrication française sont livrées par les ateliers Schneider du Creusot et de François Cavé de Paris. L'atelier de François Cavé installé en haut du faubourg Saint-Denis employait 600 ouvriers et couvrait 2 ha, en 1840.

En 1837, il réalise six locomotives[4] pour le chemin de fer de Paris à Saint-Germain. La plus fameuse était La Gauloise. Elles étaient du type « Patentee » avec quelques améliorations sur la distribution de la vapeur. Mais assez rapidement François Cavé a abandonné ce secteur pour s'intéresser aux machines à vapeur marines, y compris transatlantiques.

Il a cependant continué à travailler pour l'industrie ferroviaire mais dans le domaine des essieux. Sa connaissance de la confection des arbres de machines à vapeur lui a permis de fabriquer des essieux en employant ses gros marteaux au forgeage des essieux d'une seule pièce. Cavé a fourni aux ateliers des Compagnies des marteaux Cavé[5].

Distinction[modifier | modifier le code]

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le [6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Blog de la Goutte-d'Or : François Cavé et Monseigneur Affre
  2. Jacques-Eugène Armengaud (aîné), Notice historique sur les travaux de M. Le maître, p. 296-297, dans Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récents dans les différentes branches de l'industrie française et étrangère, Volume 7, Paris, 1851 (lire en ligne)
  3. Amis et Passionnés du Père-Lachaise : Cavé François
  4. François Crouzet, Essor, déclin et renaissance de l'indusctie française des locomotives, 1838-1914, p. 219, 245, dans mélanges offerts à Jean-Pierre Poussou, L'économie franc̜aise du XVIIIe au XXe siècle : perspectives nationales et internationales, Presses de l'Université Paris-Sorbonne, Paris, 2000 (ISBN 2-84050-139-2) (lire en ligne)
  5. Jean-François Belhoste, Le berceau de l'ingénierie ferroviaire, p. 54-56, dans Karen Bowie, Paris et ses chemins de fer, Paris, Action artistique de la ville de Paris, coll. « Paris et son patrimoine », , 286 p. (ISBN 978-2-913-24646-1, OCLC 263670657)
  6. « Cote LH/455/28 », base Léonore, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Eude, Histoire documentaire de la mécanique française (fragments), d'après le musée centennal de la mécanique à l'Exposition universelle de 1900, p. 6, 93, 99, 115, 215, 229-235, 237, 240, 256, 265, Veuve C. Dunod, Paris, 1902 (lire en ligne)
  • Émile Jonveaux, La Légende des inventeurs : François Cavé, bureau de la Revue Britannique, Paris, 1866.
  • Brevet d'invention du pour une machine à vapeur à condensation accordé aux sieurs Cavé et Lemaître, p. 205-206 et planche 17, 1845 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]