François Bott

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François Bott
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (82 ans)
Nationalité
Activité

François Bott, né le (82 ans), est un écrivain français qui s'est longtemps consacré au journalisme.

Présentation[modifier | modifier le code]

Après une licence de philosophie, il débute comme journaliste à France-Soir. Il dirige ensuite les pages littéraires de l'Express puis fonde Le Magazine littéraire en 1967. L'année suivante, il rejoint l'équipe du journal Le Monde où il dirige Le Monde des livres pendant une dizaine d'années et au sein duquel il tiendra une chronique d'histoire littéraire. C'est en 1995 qu'il décide de quitter le journalisme pour se consacrer à l'écriture.

François Bott est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, parmi lesquels des romans et des essais littéraires, comme La Demoiselle des Lumières, Sur la planète des sentiments, des ouvrages sur les écrivains, les femmes de lettres ou les femmes d'exception[1],[2].

Membre du jury du prix Roger Vailland, il participe régulièrement à des manifestations sur l'œuvre de cet écrivain : conférence sur Roger Vailland et 325.000 francs, lecture-spectacle de Drôle de jeu, table ronde intitulée l'esprit de conquête (sur le livre de Vailland : Cortès, le conquérant de l'Eldorado). Il a notamment publié un ouvrage de référence sur l'écrivain : Les Saisons de Roger Vailland chez Grasset en 1969.

Collaborateur de la revue Service littéraire, il y publie régulièrement des textes sur des écrivains comme Roger Vailland, Jules Supervielle, Gustave Flaubert, Louis Calaferte.

Un aficionado de la vie[modifier | modifier le code]

Un aficionado de la vie est le titre d'un article de François Bott sur l'écrivain Roger Vailland paru dans les Entretiens, Roger Vailland en 1970 aux éditions Subervie[3].

« Aficionado veut dire amateur » précise François Bott[4]. La passion de l'amateur a ceci de particulier qu'elle est raisonnée, jouer en se faisant plaisir, en faire une fête, telle qu'il la décrit dans son roman La Fête.

Il était une fois trois amis à Reims qui étouffaient dans l'atmosphère confiné des lendemains de la première guerre mondiale et « suivaient les chemins de Rimbaud » dans la poésie et la drogue. Des trois amis, seul survécut, « à force de légèreté » Roger Vailland[5] qui « tient sa fêlure à distance » : celle de l'ironie. C'est cette période de l'entre-deux-guerres que François Bott appelle « sa saison de l'absence. » Roger Vailland, le 'jeune homme seul' se lance dans la bataille, rejette cette société qui lui rappelle sa jeunesse rémoise, veut se désaliéner, se façonner. Son acte initiateur, c'est son entrée dans la Résistance, prendre les risques nécessaires pour asseoir sa 'souveraineté'[6]. Souveraineté, maître-mot chez Vailland qui étayera son engagement communiste sur cette démarche, la recherche de cet 'homme de qualité' qu'il traque constamment, celui qui « se domine et se possède. »

Aficionado de la vie, il mène comme Ernest Hemingway toutes sortes de saisons : sport, surréalisme, drogue, botanique... chaque roman aussi est une saison, notant chaque jour sa performance[7], comme Casanova dan son Carnet de comptes d'un homme heureux[8]. En 1956, quand on eut assassiné 'sa saison communiste', il écrivit La Loi où il incarna en Don Cesare, sa déchirure. Quelques mois avant sa mort, il brûlait de commencer une nouvelle saison, faisant dans un article l'éloge de la politique, dont les thèmes majeurs du bonheur, de la révolte et de la critique de la société bourgeoise se retrouveront en mai 1968[9].

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

Romans et essais[modifier | modifier le code]

  • Les Saisons de Roger Vailland, éditions Grasset, 1969
  • Lettres à Baudelaire, Chandler et quelques autres, éditions Albin Michel, 146 pages, 1986, (ISBN 2-226-02631-2)
  • Sur la planète des sentiments, portraits littéraires d'Emmanuel Berl à Stefan Zweig, Collection Amor Fati, 1998, Cherche Midi, (ISBN 978-2-86274-557-2)
  • Dieu prenait-il du café ?, portraits littéraires du XIXe siècle, Collection Amor Fati, 2002, Cherche Midi (ISBN 978-2-86274-973-0)
  • Femmes de plaisirs, 2007, Cherche Midi (ISBN 978-2-7491-0689-2)
  • Femmes extrêmes, 2003, Cherche Midi (ISBN 978-2-7491-0110-1)
  • Faut-il rentrer de Montevideo ?, sur les traces de Lautréamont, collection Romans, août 2005, Éditions du Cherche Midi, (ISBN 978-2-7491-0425-6)
  • Vel'd'Hiv, Édition du Cherche Midi, 2008, (ISBN 978-2-7491-0912-1)
  • Radiguet : L'Enfant avec une canne, Éditions Gallimard, juin 2003, collection Folio, 220 pages, (ISBN 2070301257)
  • La Demoiselle des lumières, Éditeur Gallimard, avril 1997, collection Un et l'Autre, (ISBN 207074342X)
  • Le Cousin de la marquise, Éditeur Le Monde Éditions, avril 1996, collection Monde Éditions, (ISBN 2878991303)
  • Éloge de l'égotisme, Éditeur Éditions de l'Instant, janvier 1988, collection : Griffures, (ISBN 2869290837)
  • Une minute d'absence, Éditeur Gallimard, février 2001, collection Blanche, 131 pages, (ISBN 207075927X)
  • Le Genre féminin, Éditions des Équateurs, 2006
  • L'Éclat de rire de la jeunesse, avril 2004
  • Gina, Éditions de La Table Ronde, collection La petite Vermillon, août 2008, 193 pages, (ISBN 2710330504)
  • Écrivains en robe de chambre, Éditions de La Table Ronde, collection La petite Vermillon, mars 2010, 280 pages, (ISBN 9782710331575)
  • La Traversée des jours : Souvenirs de la République des Lettres (1958-2008), Éditions du Cherche Midi, 2010[10], 169 pages. (ISBN 9782749113678)
  • Le Dernier Tango de Kees Van Dongen, Éditions du Cherche Midi, 2014, 144 pages (ISBN 9782749130026)

Ouvrages écrits en collaboration[modifier | modifier le code]

  • Boulevard de l'océan par François de Cornière, préface de François Bott, Édition Le Castor Astral, collection Poche, mai 2006
  • Enquête poésie auprès de 250 revues littéraires, Édition Jean-Michel Place, collection Enquête, par Jean-Michel Place, François Bott, Jacques Lepage, et Michel Carassou, 1979
  • Le Discours du chameau, suivi de Jenine et autres poèmes par Tahar Ben Jelloun et François Bott, Éditions Gallimard Poche, collection Poésie, mars 2007, 543 pages, (ISBN 2070342379)
  • Les Séductions de l'existence, François Bott, Dominique Grisoni, Yves Simon, Roland Jaccard, LGF/Livre de poche, collection Biblio Essais, décembre 1989

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références et liens externes[modifier | modifier le code]

  1. François Bott, sur le site la cause littéraire.
  2. François Bott, chroniqueur de la République des lettres par Marianne Payot, sur www.lexpress.fr, le 18 mars 2010.
  3. Un aficionado (...), site FRV, le 4 février 2013
  4. Voir l'approche sémantique de ce terme par Vailland dans son essai De l'amateur paru dans son recueil Le Regard froid
  5. Roger Gilbert-Lecomte meurt en 1943 et René Daumal en 1944
  6. Duc, le héros de La Fête dit « il est possible que je n'ai pris... le risque d'aller en prison, de me faire tuer ou d'être torturé que pour me faire à moi-même la preuve de ma souveraineté sur moi-même. »
  7. À l'aide de son célèbre graphique indiquant le nombre de journées en ordonnées et le nombre de pages écrites chaque jour en abscisses
  8. Voir le court essai éponyme inclus dans Le Regard froid
  9. Il y écrivait notamment : « Se conduire en politique, c'est agir au lieu d'être agi, c'est faire l'histoire au lieu d'être fait, d'être refait par elle. » François Bott y voit un rapprochement entre les thèses de Vailland et celles de Marcuse
  10. Article Bott secret (La Traversée des jours) par Jérôme Garcin, dans le Nouvel Obs, le 12 mars 2010