François Antoine Rauch

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François-Antoine Rauch
Biographie
Naissance
Décès
Activité

François Antoine Rauch (1762-1837) est le père fondateur de la pensée écologique française. Il a postulé la théorie de l'influence de la végétation sur le climat.

Fragments biographiques[modifier | modifier le code]

  • Géographe du service des Ponts et chaussées en poste dans les Pyrénées-Orientales en 1792, il est devenu ingénieur en chef du service ordinaire des Ponts et chaussées en 1804. Il est ingénieur retraité en 1818.
  • Membre de la Société Économique de Paris et correspondant épistolaire de Parmentier en 1792.
  • Créateur et directeur de la publication des Annales européennes de physique végétale et d'économie publique (1821-1827), périodique largement consacré au climat.

Les premiers éléments d'une doctrine écologique[modifier | modifier le code]

  • Sa première apparition dans le débat des idées est un opuscule rédigé avant la Révolution et soumis en 1790 aux autorités des Pyrénées-Orientales (auxquelles il avait antérieurement proposé deux mémoires sur l'organisation des travaux publics), puis imprimé à frais d'auteur et "présenté à l'assemblée nationale, au Roi, à tous les ministres, et envoyé à tous les départements et districts" en 1792. Intitulé Plan Nourricier, ce texte est le produit d'une triple source d'inspiration : l'influence physiocratique, le rousseauisme, et une sensibilité que l'on peut qualifier de pré-Saint-Simonienne.
  • Pour conjurer le spectre de la disette, l'auteur subordonne la libre circulation des grains à la constitution de stocks publics de farine dans des "greniers d'abondance" dont il préconise l'érection dans chaque chef-lieu de canton. La quantité et la qualité de cette farine seraient accrues par l'adoption du procédé de la "mouture économique". Il élargit sa réflexion à un éloge du progrès scientifique et de l'exploration des richesses de la terre qu'il faut acclimater en France, afin de "propager les lumières et se transmettre réciproquement toutes les connaissances qui peuvent tendre à améliorer le sort du genre humain".
  • Enfin, déjà, il énonce un sentiment d'alarme sur les nuisances écologiques produites par le péril de déboisement résultant du "danger de la vente des forêts nationales".
  • C'est ce dernier angle d'analyse qu'il approfondit ultérieurement dans ses deux ouvrages majeurs, Harmonie hydro-végétale et météorologique (1802) et Régénération de la nature végétale (1818). Établissant une relation directe entre la déforestation et l'augmentation des intempéries, il lance un appel à la sauvegarde de la nature dans l'intérêt de l'harmonie nécessaire à la pérennité de l'espèce humaine. Visionnaire, il dénonce les déboisements massifs entrepris sur les différents continents, et milite pour la reconstitution et la protection des espaces boisés. Dans la même logique, il se fait le défenseur des espaces humides et marécageux, qu'il faut assainir sans les assécher. Ces convictions conduisent Rauch jusqu'à formuler une politique et une esthétique du paysage, où l'arbre, “prairie aérienne”, joue évidemment un rôle essentiel. À ce titre, il est donc aussi un précurseur de l'écologie du paysage.
  • Rauch ne s'est pas limité à cette œuvre de théoricien. Il semble avoir aussi lancé les jalons d'une écologie active. Il est à l'origine de la création, ou du projet de création, d'une Société de fructification générale de la terre et des eaux de la France, ayant pour but : la régénération généralement désirée et qui peut s'effectuer dans l'espace de dix ans de toute la nature végétale, la multiplication des animaux, celle du gibier et des oiseaux, la repopulation des eaux en poissons nouveaux, avec le rétablissement des climatures plus permanentes sur toute la surface de la France, annoncée par une brochure de 8 pages, malheureusement non daté, publiée à Paris par l'imprimeur C.-J. Trouvé. On ignore ce qu'il advint de cette Société et de ses éventuelles réalisations.

Florilège de citations[modifier | modifier le code]

  • "Le profond respect dont je suis pénétré... me permet de parler non seulement des bois dans leur état de mort et de destruction, mais aussi du rapport intime qu'ont les forêts avec l'économie animale, et leur influence visible sur l'harmonie des éléments, c'est-à-dire des feuilles, des fruits qu'elles produisent, des herbes qu'elles font naître, des nuages qu'elles attirent, des sources qu'elles fécondent, des ruisseaux, des rivières qu'elles alimentent, des pâturages qu'elles favorisent, qu'elles protègent, et qui forment les plus riches couverts que la nature nous offre avec le moins de travail" (Plan nourricier, 1792)
  • "Aussitôt que l'homme a porté sa hache sacrilège, ou la torche guerrière dans les forêts, il a commencé par altérer la chaleur et la fécondité de la Terre, en diminuant le domaine des animaux... en détruisant des végétaux, dans lesquels circulait sans cesse le feu de la vie... L'homme, insensible dans ses destructions, est loin de songer qu'autant de fois qu'il mutile la nature, autant de fois il commet un crime envers sa postérité, dont il diminue les moyens de subsistance" (Harmonie hydrovégétale et météorologique, 1802)

Publications[modifier | modifier le code]

  • Plan nourricier, ou Recherches sur les moyens à mettre en usage pour assurer à jamais le pain au peuple français, ainsi qu'à rendre le commerce des blés vraiment légal, et par conséquent libre et indépendant (Paris, Didot jeune, 1792, 119 p) ; texte disponible sur Gallica.
  • Procédés de la fabrication des armes blanches, publiés par ordre du Comité de salut public [(Paris, Impr. du Département de la guerre, an II, 127 p), brochure technique corédigée avec Vandermonde.
  • Harmonie hydro-végétale et météorologique: ou recherches sur les moyens de recréer avec nos forêts la force des températures et la régularité des saisons par des plantations raisonnées (Paris, Levrault, 1802, 2 volumes de 375 et 299 pp)
  • Régénération de la nature végétale, ou Recherches sur les moyens de recréer, dans tous les climats, les anciennes températures et l'ordre primitif des saisons, par des plantations raisonnées, appuyées de quelques vues sur le ministère que la puissance végétale semble avoir à remplir dans l'harmonie des éléments (Paris, Didot l'Ainé, 1818, 2 volumes de 502 et 398 pp)
  • [directeur et rédacteur des] Annales européennes de physique végétale et d'économie publique (Paris, 1821-1827, 13 volumes)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raphaël LARRERE : L'utopie forestère de F-A. Rauch (INRA, 1985)

Liens externes[modifier | modifier le code]