François-Jean Armorin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
François-Jean Armorin
Description de cette image, également commentée ci-après

Sa dernière photo avant sa mort

Naissance
à Crest (France)
Décès (27 ans)
à Bahreïn
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

François-Jean Armorin est né le 14 mai 1923 à Crest (Drôme). C'est un journaliste correspondant de guerre et écrivain français. Il est décédé dans un accident d'avion le 12 juin 1950 à Bahreïn.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père, Charles Armorin, maire de la ville[1], dirige une industrie familiale de draperies. Il commence ses études secondaires au lycée de Gap et les poursuit jusqu’à son baccalauréat de philosophie au lycée Émile Loubet à Valence. Il participe au « Cercle littéraire et artistique », avec Pierre Mérindol, Marcel Cuvelier, Jean Vinay.

La deuxième guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Alors qu’il prépare la 2e partie de son baccalauréat, il écrit pour Le Journal, un des quatre plus grands quotidiens français de l’époque, un conte qui est publié le 29 octobre 1941. Dès lors, il continue à produire des articles pour Le Journal durant ses études à la faculté de droit de l’université de Lyon. Il est engagé comme rédacteur-stagiaire en 1943. Il se lie d'amitié avec André Sevry.

Armorin est en relation avec les F.F.I. de Valence et du Vercors. Il aide le résistant Charles Chapoutat à créer des faux papiers pour les réfractaires du STO[2]. Il participe sous l’occupation à la rédaction de divers journaux clandestins, et prend part dès juin 1944 aux opérations de la Libération. Il entre à Franc-tireur en septembre 1944 comme correspondant de guerre F.F.I. Il acquiert une notoriété qui lui permet de s’établir à Paris. À l’Hôtel de la Paix, quai d’Anjou, il réunit autour de lui l’élite de la presse parisienne. Il remplit de nombreuses missions pour les Armées, notamment dans le Sud-ouest et en Alsace : il obtient un sauf-conduit pour produire un reportage sur les dernières niches de résistance de l’armée nazie : Dans la poche de Saint-Nazaire.

L'après guerre[modifier | modifier le code]

Après le 8 mai 1945, il voyage beaucoup, dans des contrées souvent éloignées ou dangereuses : Algérie, Hollande, Chypre…En novembre 1945, il est l’un des premiers journalistes à se rendre en Pologne, qu’il parcourt afin de mesurer les conséquences de la Seconde Guerre mondiale (il découvre ainsi l’horreur des camps en même temps que les Alliés). Il suit l'exécution de Pierre Laval[3]. Il obtient en juin 1947 le prix Claude Blanchard - Grand prix du reportage, à l’âge de 24 ans, pour ses deux grands reportages « Sur un chalutier » et « Terre promise, terre interdite »[4]. Il les a réalisés en s’embarquant sur un cargo d’immigrants juifs en partance pour la Palestine. Cette aventure a un grand retentissement, et les reportages sont réunis dans un livre, Des Juifs quittent l’Europe. En novembre 1948, il est arrêté en compagnie de Garry Davis et Albert Camus lors d'une séance de l'ONU[5].

Sa disparition[modifier | modifier le code]

François-Jean Armorin disparaît dans la catastrophe aérienne de Bahreïn (Golfe persique) (en), le 12 juin 1950. Il rentrait de mission en Asie du Sud-est. Il était menacé de mort par des trafiquants de Saïgon, qu’il avait sans doute rencontrés au cours de son périple. Son avion a explosé dans des circonstances mystérieuses, faisant 46 morts. L’appareil s’étant abîmé dans la mer, l’enquête n’a jamais été résolue. Le corps de François-Jean n’a pas été retrouvé[6]. Seuls ses articles ont été récupérés ; ils ont été publiés et ont obtenu un grand succès. Un livre : Son dernier reportage, préfacé par Joseph Kessel, relate son aventure en Indochine.

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Des juifs quittent l'Europe[modifier | modifier le code]

En 1947, peu avant la création d’Israël, Armorin s’indigne du sort réservé aux Juifs qui tentent de gagner la Palestine. Il embarque clandestinement à bord d’un cargo, parmi d’autres émigrants. De cette aventure, il tire un reportage qui a fait sensation. Des Juifs quittent l’Europe est un témoignage sans fard des mauvais traitements infligés aux Juifs entre l’Europe et la Terre promise. Le journaliste rend compte de la vie à bord du bateau, puis de la condition précaire des clandestins et de l’enfermement dans les camps d’émigrés de Chypre. Ce reportage a rendu Armorin célèbre. Ce livre a été réédité en 2011 sous le titre Terre promise, Terre interdite.

Le temps des terroristes[modifier | modifier le code]

Publication à tirage limité, achevée d'imprimer le 15 août 1945, texte de François-Jean Armorin, dessins de Gérard Singer, préface de Yves Farge, commissaire de la république pour la région Rhône-Alpes, témoignage sur la vie des maquis.

Quand les anges n'avaient plus d'ailes , article sur la résistance et " les aventures quotidiennes de ceux qui aidaient les pilotes perdus devenus hors-la-loi ".

Ses distinctions[modifier | modifier le code]

Il a été cité à l’Ordre de la Nation[7] et nommé Chevalier, à titre posthume, dans l’Ordre national de la Légion d’honneur [8].

Hommage[modifier | modifier le code]

Une cité scolaire de la ville de Crest porte son nom[9].

Le prix littéraire François-Jean Armorin[modifier | modifier le code]

Le prix François-Jean Armorin récompensait le meilleur article paru dans la presse de Province.

Quelques lauréats[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]