Fraise

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Fraise.

La fraise est un fruit rouge issu des fraisiers, espèces de plantes herbacées appartenant au genre Fragaria (famille des Rosacées), dont plusieurs variétés sont cultivées.

Biologie, botanique[modifier | modifier le code]

Ce fruit rouge est botaniquement parlant un faux-fruit ; il s'agit en réalité d'un réceptacle charnu sur lequel sont disposés régulièrement des akènes dans des alvéoles plus ou moins profondes. La fraise est donc un polyakène. Quelques fruits d'autres espèces sans rapport avec Fragaria, et par analogie de forme, portent le nom vernaculaire de « fraise ».

La fraise fait partie des 6 % environ de végétaux qui existent avec une forme mâle et une forme femelle (et il en existe aussi des formes à la fois mâle et femelle), ce qui a été découvert par un agriculteur non éduqué de l'Ohio dans les années 1840[réf. nécessaire]. Elle se présente sous trois formes : mâle, femelle et combinée[1]. Les fleurs femelles ne portent pas d'anthères[1].

On a récemment montré que les gènes qui déterminent le sexe d'un plant de fraisier peuvent être positionnés en plusieurs endroits très différents du génome (lequel s'inscrit dans 56 chromosomes, dont sept sont copiés 8 fois dans le génome ; à titre de comparaison l'homme n'a « que » 23 chromosomes)[1].

Les fraises du commerce sont des hybrides cultivés, assez éloignés des fraises sauvages, sélectionnés en fonction du goût, de la taille, de la facilité à être cultivés, cueillis, conservés et transportés, etc. La culture hydroponique est de plus en plus pratiquée.

Historique[modifier | modifier le code]

Chili, terre des fraises à gros fruits.

En Europe et en Amérique du Nord, les fruits de l’espèce Fragaria vesca, le fraisier des bois, sont de petite taille. Connus depuis l'Antiquité, les Romains les consommaient et les utilisaient dans leurs produits cosmétiques en raison de leur odeur agréable. Elle est cultivée dans les jardins européens vers le XIVe siècle.

Le fraisier musqué est connu pour ses fruits petits d'une saveur musquée unique, que les connaisseurs donnent comme supérieur à la fraise des jardins. Il est cultivé depuis le XVIe siècle[2]. Le premier cultivar connu du genre Fragaria appartient à cette espèce avec Le chapiron nommé en 1576.

Le fraisier vert a été très peu cultivé car ses fruits sont moins appréciés du fait de leur acidité plus forte que les espèces ci-dessus. Cependant il a fait l'objet de cueillette pour la consommation personnelle.

Vers la fin du XVIe siècle l'explorateur Jacques Cartier rapporte du Canada en France des plants de fraisier de Virginie (Fragaria virginiana Mill. subsp. virginiana)[2]. L'espèce intéresse assez par ses fruits parfumés pour être cultivée pour le commerce surtout en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Encore de nos jours, il existe une production industrielle faible mais suivie en Grande-Bretagne. C'est la première fraise à mûrir.

En 1714, l'officier du génie maritime Amédée François Frézier[3] rapporte en fraude du Chili plusieurs plants de Blanches du Chili, dont cinq survivent au voyage[4], des fraisiers à gros fruits blancs cultivés là-bas depuis longtemps par les Amérindiens, le (Fragaria chiloensis subsp. chiloensis f. chiloensis Staudt). Ces fraisiers se révélèrent être uniquement des plants femelles ne pouvant pas donner de fruits sans plant mâle[2]. Quelques décennies plus tard, après importation de plants fertiles, la culture de blanches du Chili a été tentée en Grande-Bretagne (en 1824 trois variétés sont décrites) mais elle est peu résistante au froid et, sous le climat anglais, il est rarement possible de l'amener à fructifier et, même alors, il est difficile de la faire mûrir correctement. La culture de blanches du Chili a été relancée au début des années 2000 mais les quantités produites restent marginales[2].

Vers 1740, le botaniste Antoine Nicolas Duchesne observe que de beaux fruits sont obtenus lorsqu'un fraisier du Chili est cultivé près d'un fraisier de Virginie[2]. Ce croisement spontané, qui se produit notamment en Bretagne, en Angleterre et aux Pays-Bas, est à l'origine d'un nouvel hybride qui associe la saveur de Fragaria virginiana et la grosseur du fruit de Fragaria chiloensis, et qui possède un parfum d'ananas à l'origine de son nom botanique : Fragaria ×ananassa Duch[2]. C'est de cet hybride que provient l’essentiel des variétés de fraises à gros « fruits » que l’on cultive désormais.

C'est en Angleterre que seront en premier créées plusieurs variétés issues de cette hybridation, et qu'en sera développée la culture industrielle. L'Angleterre dominera longtemps le marché européen de la fraise, en concurrence avec Plougastel en France.

En 1740, la ville de Plougastel (près de Brest), déjà productrice de fraisier des bois, devient le premier lieu de production de cette nouvelle espèce dite « fraise de Plougastel »[3]. Cette culture devient la spécialité de la commune, qui produisait près du quart de la production française de fraises au début du XXe siècle.

Une variété légèrement plus petite est obtenue dans le Sud de la France à partir de croisements avec des fraisiers nains méditerranéens, moins exigeants en eau, la gariguette, variété de fraise la plus vendue en France et issue de travaux de l'Institut national de la recherche agronomique[5]. Elle a été mise au point par Georgette Risser, ingénieure à l'Inra, en 1976, dans le laboratoire de Montfavet[6].

Vers 1940, la Californie devient le premier producteur mondial de fraises.

En Belgique, la région de Wépion connaît un essor semblable dès la moitié du XXe siècle. L’activité se développa surtout dans l’entre-deux-guerres et atteindra son apogée dans les années 1950-1960. Leur réputation est telle que les fraises de Wépion sont commercialisées aux Halles de Paris, et ensuite au marché de Rungis qui leur succédera. Au début des années 1970, l’activité décline et ce n'est qu’à la fin des années 1990 qu’on observe un regain. Le secteur se professionnalise et la criée de Wépion devient la plate-forme de commercialisation d’un fruit cueilli à maturité, vendu via des circuits courts.

Description[modifier | modifier le code]

Les fraises se développent à partir du réceptacle charnu des fleurs. Ce sont donc des faux fruits. De forme ovoïde oblongues plus ou moins arrondies, elles sont de couleur rouge ou jaune blanchâtre selon les variétés.

Fraise & Fraisier
Les akènes, véritables fruits du fraisier.
Coupe longitudinale d'une fraise.
Jeunes plantules de fraisiers se développant
à partir des akènes sur des fraises mûres.

Au sens botanique du terme, les « vrais » fruits des fraisiers sont en fait les akènes, ces petits grains secs disposés régulièrement dans des alvéoles plus ou moins profondes sur les fraises. Ils sont de couleur verte à brune, et renferment chacun soit un ovule (non fécondé), soit une graine (ovule fécondé) qui contient elle-même un germe.

Le corps charnu des fraises formé à partir du réceptacle floral (induvie hypertrophié sous l'effet des auxines) est consommé avec ou sans les akènes. Ce sont les akènes qui produisent une hormone permettant au faux-fruit de grossir[7].

Le poids des fraises et des akènes est lié au cultivar, mais aussi au mode de pollinisation. Les pollinisations croisées produisent des fraises et des akènes plus gros que les fruits obtenus par autofécondation[8]. Les abeilles en butinant favorisent les pollinisations croisées, plus que l'action du vent ou que l'auto-pollinisation. Elles permettent d'obtenir des fruits plus gros et plus fermes[9].

Autres espèces appelées fraises[modifier | modifier le code]

  • Fraise de Chine : fruit de Myrica rubra souvent confondu avec ceux de l'arbousier;
  • Fraise d'Inde : fruit de Duchesnea indica, ressemblant à la fraise des bois comme d'autres fruits du genre Duchesnea, sans intérêt alimentaire.

Culture[modifier | modifier le code]

Plougastel-Daoulas, cueillette des fraises.

La fraise, en tant que culture longue, fait appel aux paillages les plus épais (notamment la litière pailleuse pour les Anglais, d'où le nom vernaculaire de strawberry, la « baie de paille ») pour améliorer la productivité[10].

Variétés[modifier | modifier le code]

Fraise gariguette.

Parmi les nombreuses variétés existantes (plus de 600[2]), on peut citer :

Dream
  • '89 98 1'
  • 'Alba'
  • 'Amandine'
  • 'Anabelle'
  • 'Anaïs'
  • 'Annapolis'
  • 'Bogota'
  • 'Candiss'
  • 'Capella super herdam'
  • 'Capriss'
  • 'Chambly'
  • 'Chandler'
  • 'Charlotte'
  • 'Ciflorette'
  • 'Cigaline'
  • 'Cijosée'
  • 'Cirafine'
  • 'Cirano'
  • 'Cireine'
  • 'Clery'
  • 'Daroyal
  • 'Darselect'
  • 'Deluxe'
  • 'Diadème'
  • 'Diane'
  • 'Donna'
  • 'Douglas'
  • 'Dream'
  • 'Duchesse'
  • 'Elsanta'
  • 'Festival'
  • 'Fortuna'
  • 'Gariguette'
  • 'Gentonova'
  • 'Honeoye'
  • 'Jewel'
  • 'Kent'
  • 'Lambada'
  • 'Souvenir de Charles Machiroux'
  • 'Maestro'
  • 'Majoral'
  • 'Mamie'
  • 'Manille'
  • 'Mara des bois'
  • 'Maraline'
  • 'Marascor'
  • 'Marionnet 97'
  • 'Marionnet 99'
  • 'Marjolaine'
  • 'Matis'
  • 'Merveilleuse de Vottem'
  • 'Mount Everest'
  • 'Noire de Milmort'
  • 'Naimette'
  • 'L'Or du Rhin'
  • 'Nova Gento'
  • 'Ostara'
  • 'Ozark Beauty'
  • 'Pajaro'
  • 'Rabunda'
  • 'Redcoat'
  • 'Rubis des jardins'
  • 'Ruby Gem'
  • 'Saint-Lambert'
  • 'Selva'
  • 'Senga Sengana'
  • 'Siabelle'
  • 'Surprise des Halles'
  • 'Sparkle'
  • 'Starlette'
  • 'Sweet Charlie'
  • 'Vivarosa'(fleur rose)
  • 'Valeta'

Plus de 35 variétés sont inscrites au catalogue français des espèces et variétés[11]. Actuellement, il n'y a pas de Catalogue européen pour les variétés de plants de fraisiers.

Quelques caractéristiques de variétés remarquables[modifier | modifier le code]

  • Cirafine : rouge vif, très brillante, forme allongée, légèrement aromatique, sucrée et acidulée ;
  • Cigaline : forme allongée, très brillante, aromatique, sucrée et acidulée ;
  • Darselect : rouge brique à pourpre, brillance moyenne à forte, forme conique, longue ou courte, ferme et juteuse ;
  • Dream : rouge vif, brillante, forme conique, moyennement longue, fruitée avec une pointe d'arômes fraises des bois,juteuse peu acide ;
  • Elsanta : rouge orangé à rouge brique, brillance moyenne à forte, forme conique, moyennement acide, ferme ;
  • Gariguette : rouge vif, très brillante, forme allongée, aromatique, sucrée et acidulée ;
  • Mara des bois : rouge vif, brillance moyenne à forte, forme irrégulière, moyennement acide, très parfumée, très aromatique ;
  • Seascape : assez grosse, bonne brillance, arrondie, légèrement aromatique, sucrée.

Quelques améliorations variétales[modifier | modifier le code]

Arômes

Alors que les programmes de sélections mondiaux portent sur la forme, la couleur et la fermeté, les sélectionneurs français sont parmi les seuls à travailler sur l'arôme des fruits.[réf. nécessaire] Les variétés 'Belrubi', 'Ciflorette', 'Gariguette', 'Mara des bois', en sont les références.[réf. nécessaire]

Des hybridations avec d'autres espèces principalement Fragaria moschata et F. vesca ont introduit de nouveaux arômes de fruits.

Fleurs roses

L'hybridation entre des espèces du groupe des Potentilles et des Fragaria, commercialisée pour la première fois en 1989, a permis l'obtention de fraisiers produisant des fruits de taille presque équivalente à Fragaria ×ananassa mais à fleurs roses : 'Camara', 'Fragoo', 'Lipstick', 'Loran', 'Pink panda', 'Red ruby', 'Rosalyne', 'Serenata', 'Tristan', 'Toscana', 'Vivarosa'.

Fraisier de semis

Variétés F1 reproductible par semis : 'Elan', 'Karan', 'Loran' [réf. nécessaire]

Niveaux de ploïdie différent

Des croisements avec Fragaria vesca polyploïde ont donné une nouvelle espèce Fragaria ×vescana à 70 chromosomes (2n=10x=70) produisant des fruits associant un arôme proche de F. vesca avec quasiment la grosseur de F. ×ananassa : variétés 'Florika', 'Rebecka', 'Sara', 'Spadecka'.

Nutrition

Sélectionnée au Québec en 1996, la fraise Authentique Orléans permettrait prévenir le diabète chez les personnes obèses[12]. Des analyses ont montré sa teneur beaucoup plus élevée en polyphénols antioxydants (principalement l'acide ellagique) que certaines autres variétés.

Production[modifier | modifier le code]

Les maraîchers qui produisent des fraises sont appelés fraisiculteurs.

Période de production[modifier | modifier le code]

Selon la variété, la saison de maturation des fraises s'étend de mai à septembre dans l'hémisphère Nord. Par des techniques de cultures artificialisées de types hors-sol, sous tunnel et chauffée, il est possible de produire des fraises en dehors de la période d'avril à novembre[13].

En France[modifier | modifier le code]

La production française est, en 2017, de 56 945 tonnes, pour une surface cultivée de 3 347 ha, soit un rendement de 17 tonnes à l'hectare [14]. La production française se concentre en Aquitaine (52 % de la production), Rhône-Alpes (18 %), Val de Loire (10 %), Provence (9 %), Midi-Pyrénées (8 %) et Bretagne (3 %)[15]. 90 % des ventes sont réalisées par le biais d'une dizaine de variétés (essentiellement Gariguette[16]). La fraisiculture française, encore au 5e rang en Europe en 2005[17], décline depuis les années 1980. Produit fragile qui nécessite une main d'œuvre importante pour sa cueillette, les fraisiculteurs français sont concurrencés par des productions de fraises issues de pays au coût de main d'œuvre moins élevé. En 2017 les importations se sont élevées à 73 138 tonnes pour des exportations de 11 203 tones.

Les filières intensives françaises misent sur la protection européenne de certaines de leurs marques de certification géographiques via le label IGP pour les marques « Fraise du Périgord »[18] ou « Fraise de Nîmes »[19] mais aussi sur la protection nationale via un label : le Label rouge. Un premier label a été attribué en 2009 à la marque « Fraise du Lot et Garonne »[20]. Un second label « Fraises » (LA n°01/17), attribué le , concerne trois variétés (cirafine, gariguette et mariguette) pour lesquelles 36 producteurs ont été identifiés, dont la coopérative maraîchère de l'ouest (CMO SCA) SAVEOL[21] '[22]en ce qui concerne la gariguette. Par ailleurs, en 1998, les agriculteurs français ont créé la marque « Fraise de France ». Il s'agit également d'une marque de certification collective (40 % de la production française) mais qui n'est identifiée par aucun label de qualité. Le cahier des charge de cette dernière marque stipule un engagement du fraisiculteur à la mise en œuvre d'une agriculture raisonnée et à la traçabilité.

En Espagne[modifier | modifier le code]

L'Espagne, en particulier le sud andalou, a accru sa production de fraises dans les années 1980. Celle-ci fait l'objet d'une culture intensive, sous serre, essentiellement assurée par des journaliers andalous, remplacés dans les années 1990 par des femmes polonaises, roumaines puis marocaines [23]. Cet appel à des personnes dotées d'un permis de séjour temporaire lié à leur contrat de travail, a fait objet de critiques quant à la non-durabilité et au dumping social[24],[23].

En 2000, la Ley de Extranjería (es) (« loi sur les étrangers ») a créé un permis de résidence spécifique, qui donne « une autorisation de résidence temporaire et de travail où seront indiqués le secteur géographique et le secteur d’activité autorisés ainsi que la durée de cette autorisation qui coïncidera avec la durée du contrat » [23]. Seules sont embauchées les femmes mariées ou l’ayant été et ayant des enfants de moins de treize ans [23]. Selon divers producteurs, la rentabilité de la production repose entièrement sur ce système de contratacion en origen[23].

Sur les 330 000 tonnes récoltées en 2006, un quart (83 000 tonnes) a été exporté vers la France (dont les importations de fraises proviennent à 78 % de l'Espagne et à 15 % du Maroc). Ces fraises espagnoles sont essentiellement achetées à bas prix par les grandes surfaces qui les revendent aux consommateurs dont la consommation annuelle totale (en France) est d'environ 130 000 tonnes[24].

Le WWF France a demandé aux supermarchés de vérifier que leurs fournisseurs cultivaient légalement les fraises en respectant un cahier des charges rigoureux en matière d’impact environnemental.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous reprend l'ensemble des pays ayant produit plus de 50 000 tonnes de fraises en 2018.

Production en tonnes
Données de FAOSTAT (FAO)[25]
2018 2015 2010 2005 2000 1990
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 2 955 000 35 % 2 804 000 1 794 000 1 957 000 1 180 000 non disponible -
Drapeau des États-Unis États-Unis 1 296 000 16 % 1 390 000 1 294 000 1 053 000 863 000 569 000 23,1 %
Drapeau du Mexique Mexique 654 000 7,8 % 393 000 227 000 163 000 141 000 107 000 4,3 %
Drapeau de la Turquie Turquie 441 000 5,3 % 376 000 300 000 200 000 130 000 51 000 2,1 %
Drapeau de l'Égypte Égypte 363 000 4,3 % 435 000 238 000 100 000 71 000 43 000 1,7 %
Drapeau de l'Espagne Espagne 345 000 4,1 % 397 000 275 000 321 000 345 000 207 000 8,4 %
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 213 000 2,6 % 195 000 232 000 202 000 181 000 108 000 4,4 %
Drapeau de la Russie Russie 199 000 2,4 % 182 000 165 000 221 000 160 000 88 000[26] 3,6 %
Drapeau de la Pologne Pologne 196 000 2,3 % 205 000 153 000 185 000 171 000 241 000 9,8 %
Drapeau du Japon Japon 163 000 2,0 % 159 000 178 000 196 000 205 000 217 000 8,8 %
Drapeau du Maroc Maroc 143 000 1,7 % 141 000 141 000 119 000 105 000 1 000 0,0 %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 142 000 1,7 % 173 000 157 000 147 000 104 000 74 000 3,0 %
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni 132 000 1,6 % 115 000 103 000 69 000 37 000 52 000 2,1 %
Drapeau de l'Italie Italie 119 000 1,4 % 143 000 154 000 147 000 196 000 188 000 7,6 %
Drapeau de la Biélorussie Bélarus 79 000 1,0 % 90 000 59 000 35 000 13 000 voir Russie[26] -
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 65 000 0,8 % 58 000 43 000 39 000 34 000 32 000 1,3 %
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 62 000 0,7 % 64 000 57 000 46 000 32 000 voir Russie[26] -
Drapeau de la Grèce Grèce 59 000 0,7 % 66 000 11 000 7 000 9 000 9 000 0,3 %
Drapeau de l'Iran Iran 59 000 0,7 % 58 000 31 000 38 000 25 000 8 000 0,3 %
Drapeau de la Colombie Colombie 58 000 0,7 % 53 000 43 000 18 000 19 000 11 000 0,4 %
Drapeau de l'Australie Australie 57 000 0,7 % 46 000 29 000 24 000 15 000 5 000 0,2 %
Drapeau de la France France 54 000 0,6 % 58 000 52 000 52 000 60 000 87 000 3,5 %
Autres pays 482 000 5,8 % 434 000 460 000 373 000 396 000 309 000 15,3 %
Total 8 337 000 100 % 8 086 000 6 155 000 5 731 000 4 469 000 2 462 000 100 %

Fraises bénéficiant d’un label[modifier | modifier le code]

Aquarelle d'un plant de fraisier de 1890 par Deborah Griscom Passmore.

Fraise du Périgord IGP (indication géographique protégée)[modifier | modifier le code]

La fraise apparaît dans le Périgord vers 1895, on la trouve alors dans la région de Saint-Estèphe où elle pousse « naturellement » et sur Église-Neuve-de-Vergt où elle a été introduite par des immigrés bretons après la guerre de 1914-1918. Elle était, à l’époque, cultivée entre les rangs de vigne. Il s'agissait de gros fruits de variétés disparues. Sa culture se développe peu après la Seconde Guerre mondiale de manière plus massive.

L’Union européenne a enregistré comme IGP la « Fraise du Périgord » (France) en 2004.

La zone de production de la fraise du Périgord est caractérisée par un sol argilo-silicieux. L'IGP délimite les parcelles cultivables, qui doivent posséder un sol bien exposé et non inondable. Les productions se situent sur les coteaux, entre 100 et 300 m d'altitude.

Seules sept variétés de fraises sont admises à l'IGP[27] : gariguette, cirafine, cigaline, darselect, elsanta, mara des bois, seascape.

Fraise de Cachoubie IGP (indication géographique protégée)[modifier | modifier le code]

L'Union européenne a enregistré l’IGP (indication géographique protégée) « truskawka kaszubska » ou « kaszëbskô malëna » (« fraise de Cachoubie » en polonais et en langue cachoube) le . La spécificité de la fraise de Cachoubie tient en particulier à son arôme et à son parfum très prononcés, exceptionnels et intenses. Son goût est plus sucré que celui des fraises provenant d’autres régions.

Fraise Label rouge[modifier | modifier le code]

L’État français, par le biais de l'Institut national de l'origine et de la qualité, a enregistré la « Fraise du Lot-et-Garonne » comme Label rouge géré par l'Association interprofessionnelle de la fraise du Lot-et-Garonne (AIFLG) pour les variétés Gariguette et Ciflorette en 2009, puis la variété Charlotte en 2011[28].

Gariguettes Label Rouge litées dans des barquettes de 250 g

Conservation[modifier | modifier le code]

Certains fraisiers étant cultivés de manière industrielle et dans de mauvaises conditions, leurs fruits peuvent encore contenir des résidus de pesticides mais ceux-ci ne sont tout de même pas employés sur les fraises après récolte.

La fraise est un fruit très périssable. Par conséquent, après la récolte, le refroidissement immédiat, le stockage à °C, la prévention des dommages physiques aux fruits, et le transport avec des doses élevées de dioxyde de carbone sont des méthodes employées par les fraisiculteurs pour contrôler les maladies. En outre, il faut prendre soin d’éliminer les fruits malades ou blessés lors de la récolte pour éviter qu’ils ne contaminent les fruits sains voisins[29].

La méthode conservant l'intégrité nutritionnelle d'une fraise restera toujours la consommation immédiate après la récolte.

Composition nutritionnelle[modifier | modifier le code]

Apport énergétique et composition générale[modifier | modifier le code]

L'apport énergétique pour 100 g de fraises est en moyenne de 35 kcal (soit 146 kJ)[30]. Du fait de sa forte proportion en eau (environ 90 %), l'apport énergétique de cet aliment est extrêmement faible.

La fraise est riche en pectine qui est une fibre alimentaire bénéfique pour le transit et le fonctionnement du système digestif[31]. Elle contient également du furanéol (composé organique naturel qui lui confère son parfum et son goût)[32].

La composition nutritionnelle générale moyenne pour 100 g de fraises est détaillée[30],[31] dans le tableau ci-dessous :

Composition générale (pour 100 g)
Composant Masse
Eau 90,1 g
Protides 0,65 g
Lipides 0,18 g
dont acides gras poly-insaturés 0,10 g
dont acides gras mono-insaturés 0,03 g
dont acides gras saturés 0,02 g
Glucides 6,14 g
dont sucres 4,73 g
Fibres 1,5 g

Minéraux, oligo-éléments et vitamines[modifier | modifier le code]

La composition nutritionnelle moyenne en sels minéraux, en oligo-éléments et en vitamines pour 100 g de fraises est détaillée[30],[31] dans les tableaux ci-dessous :

Composition moyenne
(pour 100 g)
Sels Minéraux Masse
Potassium 171 mg
Phosphore 23 mg
Magnésium 14 mg
Calcium 13 mg
Sodium mg
Composition moyenne
(pour 100 g)
Oligo-éléments Masse
Manganèse 300 µg
Fer 180 µg
Zinc 110 µg
Cuivre 26 µg
Iode 0,6 µg
Sélénium traces
Composition moyenne
(pour 100 g)
Vitamines Masse
Vitamine C 67,4 mg
Vitamine B3 0,49 mg
Vitamine E 0,37 mg
Vitamine B5 0,23 mg
Vitamine B9 0,07 mg
Vitamine B6 0,05 mg
Vitamine B1 0,02 mg
Vitamine B2 0,02 mg
Vitamine K 0,01 mg
Provitamine A traces
équivalent vitamine A 12 UI

La fraise est source de manganèse et de potassium (100 g de fraises apportent respectivement 15 % et 9 % des AJR)[33]. Les autres sels minéraux et les oligo-éléments présents ne le sont pas en quantité suffisante pour représenter un apport nutritionnellement intéressant (au mieux 3 % des AJR pour chacun d'eux)[33].

La fraise est très riche en vitamine C et riche en vitamine B9 (acide folique) (100 g de fraises apportent respectivement 84 % et 35 % des AJR)[33] permettant ainsi de prévenir les carences correspondantes. Par son pouvoir antioxydant, la vitamine C stimule les défenses immunitaires[31] tandis que l'acide folique est important pour les femmes enceintes[34].

La fraise contient aussi des polyphénols (98 mg pour 100 g de fraises) principalement (à 87 %) sous forme de flavonoïdes[30]. Ces substances sont des antioxydants naturels à haut pouvoir bénéfique pour la santé[31].

Allergies alimentaires[modifier | modifier le code]

Des allergies alimentaires sont fréquemment attribuées aux fraises. Si la fraise peut provoquer des réactions parfois impressionnantes, l'on ne peut parler d'allergie vraie (car non médié par des IgE), cette réaction étant non spécifique[35]. Toutefois, chez l'enfant, il est recommandé de retarder l'introduction de ce fruit dans l'alimentation après 6 mois pour prévenir une réaction à ce fruit.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Des fraises au chocolat.

Les fraises sont consommées le plus souvent :

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Expressions[modifier | modifier le code]

  • ramener sa fraise : selon le contexte, s'approcher ou s'exprimer de façon prétentieuse
  • se manier la fraise : se dépêcher
  • sucrer les fraises : être agité de tremblements, s'agissant d'un ivrogne ou d'une personne atteinte de sénilité
  • aller aux fraises : chercher un lieu écarté pour s'adonner à des ébats amoureux
  • être aux fraises : lorsque son équipe sportive essuie une défaite
  • se paqueter la fraise : se saouler

Institutions et manifestations[modifier | modifier le code]

  • Le conservatoire de la fraise est situé au château du Moulin à Lassay-sur-Croisne en Sologne.
  • Plougastel héberge depuis 1997, le « Musée de la Fraise et du Patrimoine ».
  • Wépion héberge également un musée de la Fraise.
  • La plus ancienne fête des fraises d'Europe (1925) se déroule à Bièvres dans l'Essonne, à une quinzaine de kilomètres de Paris, tous les ans, au mois de juin. La culture de la fraise débuta dans la commune en 1883.
  • La fête annuelle de la fraise du Périgord a lieu à Vergt le troisième dimanche du mois de mai.
  • Suonenjoki en Finlande est également très connue dans le monde pour ses fraises de première classe et les "Carnaval de la fraise" (Mansikkakarnevaalit) qui ont lieu en juillet.[36],[37],[38]

Calendrier[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain français, le 11e jour du mois de Prairial, est officiellement dénommé jour de la Fraise[39].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) Carol Cruzan Morton, « The secret sex life of strawberries », Science,‎ (DOI 10.1126/science.aav3517, lire en ligne)
  2. a b c d e f et g Katia Astafieff (préf. Francis Hallé), L'aventure extraordinaire des plantes voyageuses, Malakoff, Dunod, , 192 p. (ISBN 978-2-10-076485-3, lire en ligne), chap. 2 (« Le fruit dodu rapporté du Chili par un corsaire qui allait aux fraises »).
  3. a et b Julien Perez, « Il y a 300 ans, Frézier ramenait sa fraise à Plougastel… », Ma Bretagne,‎ (lire en ligne, consulté le 16 novembre 2017)
  4. (es) « Cespedes, C. 2018. Rescate y valorización de la frutilla blanca en el territorio de Nahuelbuta » (consulté le 18 juillet 2018)
  5. Valérie Péan, « Histoire de… La Fraise Gariguette, ton goût me fait tourner la tête. », sur agrobiosciences.org, Agrobiosciences, (consulté le 8 avril 2020)
  6. Marie Piquemal, « Georgette Risser, sans ramener sa fraise », sur liberation.fr, Libération, (consulté le 8 avril 2020).
  7. G. Risser et J.C. Navatel, La fraise : plant et variétés, éditions CTIFL, .
  8. S. Colbert et D. D.Oliveira, « Pollinisation croisée et production de quatre cultivars de fraisier, Fragaria× ananassa », Canadian Journal of Plant Science, t. 72, no 3,‎ , p. 857-861 (DOI 10.4141/cjps92-107).
  9. « Plus grosses et plus fermes, les fraises profitent de la pollinisation par les abeilles », sur sciencesetavenir.fr, Sciences et Avenir, (consulté le 8 avril 2020).
  10. Robert Elger, Les nouveaux potagers, Fleurus, , p. 81.
  11. Catalogue français des espèces et variétés consultable sur le site du Geves
  12. « Des preuves des bienfaits de la fraise de l'île », sur Radio-Canada.ca, (consulté le 16 avril 2020)
  13. Calendrier Fruits et Légumes : Fraise
  14. France Agrimer, « Les filières des fruits et légumes - données 2017. Fraise », , p. 49
  15. Fraise de nos terroirs, Bilan de campagne 2003. Séminaire du 5 novembre 2003
  16. Gariguette tend à être remplacée du fait que cette variété est tombée dans le domaine public et que sa reproduction est maintenant libre de tout droit. Également, des variétés protégées par COV (Ciflorette, Cireine, Gigaline, Darselect, Elsanta) goûteuses et au rendements toujours plus élevés émanent de l'activité commerciale des obtenteurs
  17. Données de FAOSTAT
  18. « Fraise du Périgord de l'INAO », sur inao.gouv.fr, INAO, (consulté le 8 avril 2020).
  19. « JORF no 0145 du 23 juin 2012 page 10349 texte no 27 », sur Legifrance.gouv.fr portant homologation du cahier des charges de l'indication géographique protégée (IGP) « Fraises de Nîmes » NOR: AGRT1210193A
  20. « Fiche Label rouge de l'INAO », (consulté le 8 avril 2020).
  21. « Fraises Label Rouge », sur PAQ (consulté le 9 juin 2020).
  22. « Un label rouge pour des fraises », sur inao.gouv.fr, INAO, (consulté le 8 avril 2020).
  23. a b c d et e Emmanuelle Hellio et Juana Moreno Nieto, « Les fruits de la frontière », Plein Droit, n°116, mars 2018
  24. a et b Claude-Marie Vadrot, Fraises espagnoles, un bilan écologique et social catastrophique, Politis, 27 avril 2008
  25. « FAOSTAT », sur fao.org, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (consulté le 8 avril 2020).
  26. a b et c Ex-URSS.
  27. [1]
  28. « Fraise Label Rouge », sur Fraises Label Rouge (consulté le 16 avril 2020)
  29. http://postharvest.ucdavis.edu/Produce/ProduceFacts/Francais/fraise.shtml
  30. a b c et d Aprifel (Agence Pour la Recherche et l’Information en Fruits Et Légumes) (Association loi de 1901 créée en 1981), « Fraise : Composition nutritionnelle », Valeurs moyennes issues de la Table de composition nutritionnelle des aliments : Ciqual - ANSES (Apport calorique & Tableaux de compsition), sur Aprifel.com, Paris, Ecritel, (consulté le 17 juillet 2020).
  31. a b c d et e Nathalie Majcher (dir.) (Diététicienne-Nutritionniste spécialisée en éducation nutritionnelle), « Les 1001 bienfaits des fraises ! : Pourquoi les fraises sont-elles si bonnes pour la santé ? » (Blog de nutrition), sur DocteurBonneBouffe.com, Le Bourget, « Docteur BonneBouffe », (consulté le 17 juillet 2020).
  32. Ulrich, D. et al. 1995. Analysis of strawberry flavour - Quantification of the volatile components of varieties of cultivated and wild strawberries. Z. Lebensm. UNters. Forsch. 200:217-220
  33. a b et c Aprifel (Agence Pour la Recherche et l’Information en Fruits Et Légumes) (Association loi de 1901 créée en 1981), « Fraise : Analyse nutritionnelle », Interprétation des apports nutritionnnels et comparaisons avec les valeurs nutritionnelles de référence issues du Règlement (UE) N°1169/2011 du Parlement Européen concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires (Tableaux de compsition & Interprétations nutritionnnelles), sur Aprifel.com, Paris, Ecritel, (consulté le 17 juillet 2020).
  34. Claire-Aurore Doray (Diététicienne-Tabacologue) et Ronan de Fressenel (dir.), « Acide folique et grossesse » (Article général sur la santé), sur PasseportSante.net, Neuilly-Sur-Seine, M6 Digital Services, (consulté le 17 juillet 2020).
  35. « Fausses Allergies Alimentaires | Allergienet.com », sur www.allergienet.com (consulté le 6 mai 2016)
  36. About Suonenjoki (en anglais)
  37. President Niinistö on virtual visits to Suonenjoki and Seinäjoki: Municipalities have shown their ability to respond and adapt (en anglais)
  38. Visit Suonenjoki (en anglais)
  39. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 27.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire naturelle des fraisiers contenant les vues d'économie réunies à la botanique et suivie de remarques particulières sur plusieurs points qui ont rapport à l'histoire naturelle générale par Antoine Nicolas Duchesne (Didot jeune, Paris, 1766).
  • Les dessins d'Antoine Nicolas Duchesne pour son Histoire naturelle des fraisiers par les Publications Scientifiques du Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2003.