Frédéric Sauvage

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Frédéric Sauvage
Description de cette image, également commentée ci-après
Statue de Frédéric Sauvage à Boulogne-sur-Mer
Naissance
Boulogne-sur-Mer
Décès (à 70 ans)
Paris
Nationalité Français
Profession

Pierre Louis Frédéric Sauvage, né le à Boulogne-sur-Mer et mort 17 juillet 1857 dans le quartier de Picpus à Paris, est un mécanicien et ingénieur, inventeur français, en particulier de l'hélice à spirale, du physionomètre, du réducteur de statue et du soufflet hydraulique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Frédéric est le troisième des sept enfants issus d’une ancienne famille boulonnaise de constructeurs de bateaux.

Il commence sa carrière comme attaché à l'administration du génie maritime à Boulogne, sa ville natale. Mais en 1811, il préfère succéder à son père, constructeur de bateaux dans cette ville portuaire. Il abandonne plus tard ce métier pour reprendre les carrières de marbre d’Elinghen. Pour valoriser ses productions marbrières, il y invente le réducteur qui permet de faire des copies réduites de statues et le physionomètre, qu'il dénomme initialement physionotype, qui permet de prendre des empreintes d'objets en relief. Les deux inventions peuvent ainsi faciliter la reproduction d'une tête humaine en un buste réduit.

Accablé par ses nombreux déboires d'inventions, Frédéric Sauvage est gagné par la folie. Le , il entre à la maison de santé de Picpus où il décède le .

Frédéric Sauvage

Inventeur de l'hélice à spirale[modifier | modifier le code]

L'idée de substituer l'hélice à la roue à aubes lui vient-elle d'une estimation de l'efficacité de la poussée ou d'une vague connaissance des travaux pionniers de l'autrichien Joseph Ressel ? En tout cas, il est un fervent partisan de la propulsion par hélice. Le faible rendement des roues à aubes lui paraît évident. Il conçoit l'hélice en propulseur sous-marin idéal.

Le vieux bassin d'Honfleur

Le , à Honfleur, dans le vieux bassin et à l'aide d'un petit bateau, il prouve lors d'une expérience publique que la propulsion par hélice est trois fois plus rapide que celle par roues à aubes. Il peut être considéré comme l'un des inventeurs de la propulsion à hélice appliquée aux bateaux.

Avec un canot à hélice de 15 pieds, sur le canal de l'Ourcq, il ne parvient pas à convaincre la commission nommée par le ministre de la Marine. Il renouvelle l’expérience sur le canal de la Villette avec un bateau chargé de neuf personnes et muni à l’arrière d’une hélice actionnée à bras d’homme. La rapidité de son bateau fait l’admiration de ses passagers. Mais il se ruine avec ce projet.

En 1839[Lien à corriger], l’Anglais Francis Pettit Smith construit l’Archimedes, un steamer de grande dimension (237 tonneaux) équipé d’une machine à vapeur de 90 cv et d’une hélice arrière d'un pas complet. L’Archimedes prend la mer 15 mai 1839 et se rend de Gravesend à Portsmouth en vingt heures, à une vitesse de près de 10 nœuds contre le vent et une marée défavorables. Le résultat donna aussitôt une haute opinion de l'hélice.

Maquette du Napoléon, exposée au Musée national de la Marine de Paris.

En 1841, Frédéric Sauvage autorise les constructeurs de navires A. Normand et J. Barnes à utiliser son brevet d'invention de « l'Hélice », déposé en avril 1832, pour la construction d'un seul bateau, sans leur demander de droit et en acceptant la modification de l'hélice de toute manière qu'ils pourraient juger souhaitable. Ce bateau a été lancé en décembre 1842 pour le compte de l'État français, il était nommé le Napoléon (plus tard renommé le Corse).

Frédéric Sauvage a vivement protesté par voie de presse contre les modifications apportées par Normand et Barnes à son Hélice. Il n'a jamais remis en question le droit qu'il leur avait accordé de fabriquer un unique bateau à Hélice sans payer de licence, mais il s'est élevé contre les modifications faites sur l'Hélice du Napoléon par rapport son brevet de 1832. Le jugement du procès a constaté que la convention de 1841 les autorisait à faire ces modifications et a annulé le brevet de 1832 pour cause d'antériorité : en effet Charles Dallery, un facteur d'orgues d'Amiens avait breveté, le 29 mars 1803, un « propulseur à effet de vis » similaire à l'Hélice brevetée par Sauvage le 5 avril 1832.

On notera qu'en anglais, une hélice se nomme un « propulseur à effet de vis » (screw propeller) ou une vis (screw) et non pas une hélice (ou plus précisément : a « helix »), le mot « hélice » employé pour décrire un « propulseur à effet de vis » étant une métonymie relative à la forme hélicoïdale de cet objet. Ce mot a été utilisé pour la première fois dans cette acception par F. Sauvage pour décrire son invention de 1832, laquelle est très différente de « l'hélice » de Normand et Barnes qui est « l'hélice » moderne à plusieurs pales 40 ans environ avant qu'elle ne finisse par être universellement adoptée. De fait, l'Hélice de F. Sauvage était constituée d'une seule pale qui effectuait un tour complet (360°).

Les "propulseurs a effet de vis" actuels ne sont pas de forme hélicoïdale, puisque formés de plusieurs pales, et s’appellent néanmoins des "hélices" à cause du mot choisi par Sauvage dans son brevet. Parmi les expérimentations publiques d'hélices innovantes ou novatrices considérées comme des demi-succès ou des succès entre 1798 et 1843, on doit mentionner celles de Robert Fulton (1798), Charles Dallery (1803), Josef Ressel (1829), Frédéric Sauvage (1832), Francis Pettit Smith (1839), I.K.Brunel (1840) et A.Normand & J.Barnes (1842). Sans pouvoir expliciter les inspirations et interactions, on distingue deux types d'"hélices" différents : Deux "hélices" mono-pales ou hélicoïdales (Dallery et Sauvage) et cinq "hélices" multi-pales, toutes les autres. On peut penser que Normand & Barnes ont été influencés par Brunel, Smith, Ressel ou Fulton, mais qu'ils n'ont pas pu l'être par Sauvage ou par Dallery. On a donc un groupe d'inventeurs qui ont conçu et mis au point le "propulseur à effet de vis" moderne et un inventeur qui a donné une nouvelle acception du mot "hélice" pour décrire ce "propulseur à effet de vis" dans la langue française.

Le , F. Sauvage est incarcéré à la prison du Havre en vertu d'un jugement obtenu par ses créanciers. M. Séguier intervient auprès de M. le général Rumigny, aide de camp du roi, qui déclare « patience donc et courage, honneur et justice vous seront rendus ». Malgré cela, Frédéric Sauvage reste emprisonné. Alphonse Karr dénonce l'ingratitude dont Frédéric Sauvage est victime, réclamant pour lui son invention. Ses articles ont un retentissement important. Frédéric Sauvage sort de prison et reçoit une modeste pension de 2 000 francs par an (équivalent à environ 7 000  de 2014…).

Hommages[modifier | modifier le code]

Album des Hommes utiles de l'Imagerie Pellerin.

Le 12 septembre 1881, la statue de Frédéric Sauvage est inaugurée à Boulogne-sur-Mer. Elle est située sur une place portant son nom (50° 43′ 23,7″ N, 1° 36′ 08,92″ E), statue de Lafrance et bas-relief de Édouard Lormier.

Plusieurs voies portent son nom : à Marseille, Le Havre, Laudun-l'Ardoise, Martigues, Brest, Calais, Liévin, Lens , Le Portel, La Teste-de-Buch, Tours, Brive-la-Gaillarde, Périgny , Bourg-lès-Valence, Ferques, Montfermeil et Sète.

Il existe également un portrait peint par Paul Gavarni et le château-musée de Boulogne-sur-Mer possède un buste situé après l’accueil au premier palier d’accès aux collections permanentes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]