Frédéric Leibovitz

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Frédéric Leibovitz
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Frédéric Leibovitz en 2014
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Cézame Music Agency
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Frédéric Leibovitz est un éditeur musical français né le à Paris. Il est considéré comme l'un des pionniers de l'édition de musiques destinées à l’image (Supervision musicale ou production music) en France[1], grâce notamment aux librairies musicales Koka-Média et Cézame Music Agency, dont il est le fondateur[2]. Koka-Média a d'ailleurs remporté en 2002 le Grand prix Sacem de l'éditeur de l'année.

Frédéric Leibovitz édite des compositeurs reconnus, mais aussi des artistes plus difficiles à classer[3]. Parmi les artistes qu'il a édités figurent le groupe de rock progressif Aphrodite's Child, le guitariste Marcel Dadi, le saxophoniste camerounais Manu Dibango, l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau, le groupe français Il était une fois, et des compositeurs tels que Philippe Hersant ou Bernard Parmegiani.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Frédéric Leibovitz est le fils de Lucien Leibovitz, l'un des premiers DJ français[4]. Grâce à son père, il découvre dès la fin des années 1950 la musique américaine, afro-cubaine et italienne. Cette culture musicale lui permettra au cours de sa carrière de découvrir de nouveaux talents et d'éditer de grands succès, comme Darla dirladada, Rain and Tears, J’ai encore rêvé d’elle ou Words (don't come easy).[5]

Frédéric Leibovitz est marié à Jacqueline Leibovitz. Ils ont deux fils: Simon (« Orsten Groom »), peintre[6], et Vincent (« Chomsky »), fondateur du label d'électro hip-hop Nowadays Records[7]. Sa première fille, Emmanuelle Leibovitz-Schurdevin, est docteur en microbiologie [8] et spécialiste en troubles de l'apprentissage[9].

Débuts[modifier | modifier le code]

Frédéric Leibovitz commence sa carrière en faisant plusieurs « petits boulots » pour des maisons d'édition musicale : stagiaire aux Éditions Chappell en 1963, coursier aux Éditions Caravelle en 1964. Il travaille ensuite au service copyright des Nouvelles Éditions Eddie Barclay, où il commence également à placer des chansons auprès des artistes. En 1966, il devient assistant directeur artistique des Éditions Vogue[10].

Après son service militaire en 1967, Frédéric Leibovitz prend la direction de Jenner-Music, un département éditorial des disques Philips. Les premiers artistes qu'il signe à son catalogue ont eu de grandes carrières : le groupe Aphrodite's Child (avec les jeunes Vangelis et Demis Roussos, dont le titre Rain and Tears est le grand tube européen de l'été 1968), le futur parolier à succès Boris Bergman, le saxophoniste Manu Dibango, ou encore les premières chansons d'Alan Stivell.

Les succès des années 1970-1980 : labels Cézame et Cobra[modifier | modifier le code]

À la suite de ces rencontres initiatiques, Frédéric Leibovitz fonde en 1970 avec Boris Bergman sa première société, Les Éditions Musicales Rhinocéros. De cette association naissent quelques succès, dont l'hymne du Club Med, d'abord chanté par Dalida avant d'être popularisé par le film Les Bronzés : le célèbre Darla dirladada. Dans un autre genre, plus psychédélique, Back in the sun, par Jupiter Sunset, est également un tube cette année-là.

En 1972 naissent Les Éditions Frédéric Leibovitz. Il édite le groupe Il était une fois, qui se fait remarquer en 1975 avec le titre J’ai Encore Rêvé d’Elle, devenu un standard de la chanson française.

En 1975, il fonde avec Jean-Michel Gallois-Montbrun le label folk Cézame, qui éditera le maître de la guitare picking Marcel Dadi et beaucoup d'autres artistes de la scène folk française. De cette association naît également Cobra, label orienté vers le rock et les musiques progressives. On y retrouve Sun Ra, Urban Sax, Heldon, mais aussi les tout premiers groupes punk français Metal Urbain et Asphalt Jungle.

À partir des années 1980, Cézame élargit son activité et son public en produisant la chanteuse brésilienne Nazaré Pereira et le bluesman français Bill Deraime. Frédéric Leibovitz signe également un inconnu nommé F.R David, dont la chanson Words (Don’t come easy) truste la première place des hit-parades en Europe, en Asie et en Amérique latine entre 1982 et 1983.

L'ère de l'audiovisuel[modifier | modifier le code]

Pour tous les acteurs de la culture et des médias en France, le début des années 1980 marque un tournant. La multiplication des radios et l'ouverture de la télévision à des investisseurs privés provoque une forte croissance de la production audiovisuelle. Afin d'offrir aux professionnels du secteur des répertoires adaptés à ses goûts, Frédéric Leibovitz s'associe avec la multinationale RCA et fonde RCA-Média, dont les premières compilations de titres sont issus des labels Cézame et Cobra. Après le retrait de RCA, il fonde Koka-Média, qui devient dès la fin des années 1980 le leader de la musique pour l’image. Koka-Média et son label associé, Kosinus, rivalisent alors avec leurs homologues britanniques et américains à l'international[2].

En 1995, Jean-Michel Gallois-Montbrun cède sa participation dans Koka-Média au Groupe BMG et Frédéric Leibovitz relance le label Cézame, librairie musicale dédiée à la musique pour l'image, en tant que champ de création à part entière[11]. Dans cet esprit, il fonde avec le compositeur Denis Levaillant le Cabinet de Musique Généraliste (alias CMG), auquel adhèrent des créateurs issus de la musique contemporaine, de l'électro-acoustique ou du jazz. Ainsi, le CMG publie des œuvres de Philippe Hersant, Bernard Parmegiani, Christian Zanési, Michel Redolfi, Bruno Letort, Césarius Alvim et Denis Levaillant.

Le renouveau de Cézame[modifier | modifier le code]

En 2002, le succès du coffret de CDs Documentary Line auprès des professionnels de l'audiovisuel marque le renouveau du label. La même année, Koka-Média devient la première librairie musicale à recevoir le Grand Prix Sacem de l’Édition Musicale. Interrogé sur son métier, Frédéric Leibovitz explique en 2012 :

« Écrire pour l’illustration musicale, c’est composer la B.O d’un film qui n’existe pas encore, mais dont d’autres acteurs qui participent à la création audiovisuelle pourront s’emparer pour donner plus de sens à leur travail. »[12]

En 2008, Cézame Music Agency crée un moteur de recherche parmi les plus performants du marché de la synchronisation. Les morceaux sont indexés par style musical, mot-clé, instrument, émotion ou encore par rythme, époque ou pays, et sont classés par ordre de pertinence[13].

Au fil des années, le catalogue de Cézame s'enrichit d'autres labels dans tous les genres : Ocora, label d'ethnomusicologie de Radio-France, Claves et Ulysses, dans le domaine classique, ou encore GUM Collections, spécialisé dans la production de musique pour des films publicitaires (Evian, Air France, Peugeot, SkyteamYves Saint-Laurent, Boeing).

À partir de 2015, Cézame Music Agency a enrichit son catalogue avec la création de nouveaux labels spécifiques : Cézame Carte Blanche, sur lequel figure des artistes reconnus tel que Renaud Garçia Fons , Bill Laswell ou encore Richard Galliano ; Magnetic Records, dédié aux nouvelles tendances de la musique électro-acoustique ; Cézame Trailers, spécialisé dans la musique dédiée au bandes annonces de cinéma ; Cézame Global Investigation qui s’intéresse aux spécificités géographiques de la musique en les fusionnant aux traditions occidentales ; ou encore Cézame China qui propose une ouverture vers la Chine en mettant à l’honneur d’authentiques compositeurs locaux.[14]


En dehors de la musique, Frédéric Leibovitz a édité le premier livre consacré au designer italien Gino Sarfatti[15], dont la création de luminaires est aujourd’hui reconnue et appréciée par de nombreux collectionneurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]