Frédéric Bruly Bouabré

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Frédéric Bruly Bouabré
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Portrait de Frédéric Bruly Bouabré par Léonard Bourgois-Beaulieu, mars 2008
Naissance
Décès
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inventeur d'écriture

Frédéric Bruly Bouabré est un artiste ivoirien né le à Zéprégühé dans la région de Daloa et mort le à Abidjan[1]. Dessinateur et poète, il est aussi l'inventeur de l’écriture bété, une écriture spécifiquement africaine pour sauver de l'oubli la culture du peuple bété.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Frédéric Bruly Bouabré est engagé dans la marine. Après la guerre, il pratique plusieurs métiers avant de devenir fonctionnaire.

À la suite d'une « révélation divine » qu'il reçoit en songe le , il se consacre à donner à l'Afrique une écriture entièrement africaine. Cette vision va directement influencer sa vie et son œuvre. C'est aussi à partir de ce moment-là qu'il se fait appeler « Cheik Nadro » (« le Révélateur » ou « celui qui n'oublie pas »).

Frédéric Bruly Bouabré a créé un syllabaire composé de 448 signes désignant chacun une syllabe. Ce syllabaire porte le nom d'alphabet bété, du nom de l'ethnie bété, dont il est originaire. Il a ainsi reproduit l'ensemble des syllabes sur des petites cartes en carton. Pour la création de son syllabaire, il s'est inspiré de figures géométriques découvertes sur des pierres d'un village du pays bété. Utilisant cette écriture, il a retranscrit des contes, des textes de la tradition bété et des poèmes. Ses recherches ont été publiées en 1958 par Théodore Monod, explorateur et scientifique français.

Son œuvre est exposée pour la première fois en Europe en 1989 lors de l'exposition « Magiciens de la terre ». En 2006, le Mamco de Genève lui a consacré une exposition intitulée « Connaissances du Monde ».

Son œuvre a principalement été présentée dans les Musées d'art contemporain, du fait de la lumière mise sur Frédéric Bruly Bouabré lors de l'exposition « Magiciens de la terre » au Centre Pompidou de Paris, mais elle a également intéressé les Musée d'Art brut[2], le Musée de l'Art brut de Lausanne lui a consacré une exposition du 05/03/2010 au 22/08/2010 et ses œuvres font partie de sa collection. La 55e Biennale d'Art contemporain de Venise l'a également honoré en 2013 où il figure parmi les artistes du pavillon de la Côte d’Ivoire. Parmi ses expositions personnelles et collectives, on peut relever celle du Centre Pompidou à Paris en 2014 et de la Tate Modern, à Londres (2010). Son travail a été présenté à Palazzo Grassi à l’occasion de l’exposition ‘Le Monde vous appartient’ de la Collection Pinault en 2011-12).

En 2014, Adelina von Fürstenberg, directrice d'Art for the World le met à l'honneur dans une exposition : Ici l'Afrique[3], au Château de Penthes de Genève. Il décède juste avant l'inauguration de l'exposition dont il avait fait réalisé l'affiche. Le catalogue lui est dédié, son fils Olivier le représentera à l'inauguration de l'exposition. Aux pages 92 et 93 de l'ouvrage publié à l'occasion d'Ici l'Afrique, figure des extraits du dernier interview accordé par Frédéric Bruly Bouabré à Patrick Fuchs par l'intermédiaire d'Aurélie Fuchs et des fils de l'artiste ainsi qu'un texte de Patrick Fuchs ntitulé : Frédéric Bruly Bouabré, une histoire de parenté universelle[3], thème cher à l’œuvre de l'artiste qui voyait dans l'art un moyen universel de relier tous les peuples du monde. Dans sa démarche universaliste, il s’adonne également à une quête poétique de signes qui expliquent le monde à partir de relevés sur l’écorce d’une banane, la forme d’un nuage ou des scarifications. Ses travaux aux crayons de couleur jouent à la fois sur l’écriture et le dessin, et contiennent une dimension spirituelle.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Une méthodologie de la nouvelle écriture africaine, « Bété » : l'alphabet de l'Ouest africain[4], 1984, 138 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Bordas, L'invention de l'écriture, Fayard, 2010, 144 p. (ISBN 978-2213635507)
  • Nicolas Michel, « Il a inventé l'alpha-bété », in Jeune Afrique, no 2567, du 21 au , p. 93
  • Olivier Sultan, « Frédéric Bruly Bouabré », in Les Afriques : 36 artistes contemporains, Foire internationale des arts derniers, Musée des arts derniers, Éditions Autrement, Paris, 2004, p. 25-28 (ISBN 2-7467-0621-0)
  • Cédric Vincent, « Le monde sur papier : besogne, travail et œuvre de F. Bruly Bouabré »[5], université Victor Segalen Bordeaux 2, 2000, 119 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Mort de Frédéric Bruly Bouabré, artiste ivoirien, inventeur de l'alphabet bété » sur lemonde.fr
  2. Collection de l’Art Brut, Lausanne : Poète, dessinateur, conteur et penseur, (...) Frédéric Bruly Bouabré a élaboré un ingénieux alphabet à partir de sa langue, le bété. Ce système, formé de 449 pictogrammes auxquels correspondent des syllabes, lui permet de consigner les langues du monde entier(...),Lucienne Peiry, Notes d'art brut, Lausanne 2010
  3. a et b (fr + en) Adelina von Fürstenberg, Ici l'Afrique / Here Africa !, Genève, Art for the World, , 144p p.
  4. Publié en fac-similé en 2003 par One Star Press, Paris, à l'occasion de l'exposition des travaux de Frédéric Bruly Bouabré présentée au musée Champollion de Figeac du 5 juillet au 5 octobre 2003.
  5. Mémoire de DEA d'ethnologie. Anthropologie sociale et culturelle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]