Frédéric-Auguste III de Saxe

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Frédéric-Auguste III
Illustration.
Frédéric-Auguste III, roi de Saxe.
Titre
Roi de Saxe

(14 ans et 29 jours)
Ministre-président Karl Georg Levin von Metzsch-Reichenbach (de)
Konrad Wilhelm von Rüger (de)
Victor Alexander von Otto (de)
Max Clemens Lothar Freiherr von Hausen (de)
Heinrich Gustav Beck (de)
Rudolf Heinze
Prédécesseur Georges Ier
Successeur Monarchie abolie
Prince héritier de Saxe

(2 ans, 3 mois et 26 jours)
Prédécesseur Georges
Successeur Georges
Biographie
Dynastie Maison de Wettin
Date de naissance
Lieu de naissance Dresde, Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Sibyllenort, Drapeau de la république de Weimar République de Weimar
Père Georges Ier de Saxe
Mère Marie-Anne de Portugal
Conjoint Louise-Antoinette de Habsbourg-Toscane
Enfants Georges de Saxe
Frédéric-Christian de Saxe
Ernest Henri de Saxe
Marie de Saxe
Marguerite de Saxe
Marie-Alice de Saxe
Anne de Saxe

Frédéric-Auguste III de Saxe
Rois de Saxe

Frédéric-Auguste III de Saxe, né à Dresde le et mort au château de Sibyllenort le (à 66 ans), est le dernier roi de Saxe. Fils aîné du roi Georges Ier et de Marie-Anne de Portugal, il monte sur le trône après la mort de son père en 1904 et participe à la Première Guerre mondiale aux côtés de l'Empire allemand. Il abdique le 13 novembre 1918, après le triomphe de la révolution allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Fils du roi Georges Ier et de son épouse Marie-Anne de Portugal, Frédéric-Auguste né en 1865 à la cour de Dresde sous le règne de son grand-père le roi Jean Ier.

Par son père, il est le descendant direct du roi Auguste III de Pologne. Par sa mère, il est le petit-fils du roi Ferdinand II et de la reine Marie II de Portugal, et ainsi le cousin du roi Charles Ier de Portugal et de la princesse Isabelle du Brésil.

Il est le quatrième et premier fils d'une fratrie de huit enfants dont : Mathilde, Marie-Josèphe, Jean-Georges, Maximilien et Albert Charles de Saxe.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il avait épousé le Louise-Antoinette de Habsbourg-Toscane, dont il se sépare en 1903, lorsque celle-ci abandonne sa famille et s'enfuit avec son amant. Sept enfants sont nés de cette union :

Roi de Saxe[modifier | modifier le code]

Le roi Frédéric-Auguste III en uniforme (1916).

En 1902, après la mort de son oncle Albert Ier, son père devient roi sous le nom de Georges Ier. Deux ans plus-tard, le roi meurt le à l'âge de 72 ans. Frédéric-Auguste devient ainsi le septième roi de Saxe sous le nom de Frédéric-Auguste III.

À la veille de la Première Guerre mondiale, l'Empire allemand est un pays encore mal unifié, dominé par la Prusse qui lui a légué ses traditions aristocratiques et militaires. La démocratisation du pays est de surcroît très incomplète. Si le Reichstag est élu au suffrage universel masculin, les votes au parlement prussien (divisé entre Chambre des représentants et Chambre des seigneurs) se font encore par classes. L'Empereur ne tient en outre compte des votes du Reichstag que lorsqu'ils sont conformes à ses propres objectifs. Face à l'immobilisme politique, l'opposition se renforce et, aux élections de 1912, remporte la majorité face au bloc gouvernemental. Le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) devient le premier parti du Reichstag ; le mouvement syndical progresse également et l'Allemagne compte, en 1914, quatre millions de syndiqués - dont deux millions et demi pour les syndicats liés au SPD - contre un million en France. Mais si la social-démocratie allemande gagne en influence au début du XXe siècle, elle ne cesse parallèlement de se modérer sur le plan doctrinal et, sous la double influence d'Eduard Bernstein et de Carl Legien, abandonne progressivement ses ambitions révolutionnaires au profit du réformisme[1].

Lorsque qu'éclate la Première Guerre mondiale en 1914, Frédéric-Auguste III sert l'Empire allemand au service du kaiser Guillaume II.

En 1918, la situation de l'Empire allemand est critique sur les plans militaire et économique. Soumise à un blocus par les pays de la Triple-Entente, l'Allemagne connaît une grave inflation, qui entraîne des situations de misère et de pénurie[2]. L'entrée en guerre des États-Unis aggrave singulièrement le contexte militaire et le mécontentement est général au sein des troupes de l'Armée impériale allemande. Le 28 janvier débute une grève générale des ouvriers allemands pour « la conclusion rapide d’une paix sans annexion », pour la levée de l’état de siège (en place depuis le début de la guerre), pour la libération des prisonniers politiques, et pour la démocratisation des institutions[3].

Le roi Frédéric-Auguste visitant un hôpital sur le front en 1917.

Le 28 octobre, la constitution impériale est modifiée : cet évènement, qui marque le passage officiel à un régime parlementaire, prend le nom de Réforme d'octobre. Le chancelier dépend désormais de la confiance du Reichstag et exerce des responsabilités accrues, tandis que le pouvoir de l'empereur est constitutionnellement limité. L'accord du Reichstag devient en outre nécessaire pour déclarer la guerre ou conclure la paix[4]. Dans le même temps, le pouvoir militaire s'efface : Ludendorff, général en chef des armées, démissionne sous un prétexte mineur. Avec l'accord du maréchal Hindenburg, le nouveau quartier-maître général Wilhelm Grœner déclare que l'armée se tiendra à l'écart de toute négociation d'armistice[5].

Enterrement de Frédéric-Auguste III à Dresde (1932).

D'emblée, le nouveau régime se trouve confronté à une situation de type insurrectionnel : le 29 octobre, les marins des navires de guerre de la base de Kiel refusent d'appareiller pour mener une opération que leur hiérarchie entendait mener « pour l'honneur » : s'ensuivent les mutineries de Kiel, qui marquent l'un des points de départ du processus révolutionnaire en Allemagne. Le secrétaire d'état Conrad Haußmann et le rapporteur des affaires maritimes du SPD, Gustav Noske, sont envoyés parlementer avec les matelots. Bien que Noske, accueilli avec enthousiasme et porté à la présidence du conseil d'ouvriers et de marins[6], parvienne à calmer les marins en leur promettant une amnistie, le mouvement s'étend et, outre Kiel, contrôle le 6 novembre Lübeck, Brunsbüttel, Hambourg, Brême et Cuxhaven[4]. En gagnant en importance, le mouvement prend un caractère plus politique : à Stuttgart, le 4 novembre, un conseil ouvrier, constitué après une grève générale, se déclare prêt à signer la paix au nom du Wurtemberg et réclame l'abdication de Guillaume II. A Munich, le 7 novembre, Kurt Eisner, membre de l'USPD, prend la parole lors d'un défilé du SPD et appelle la foule à prendre le contrôle de la ville : les points stratégiques de Munich sont rapidement pris sans rencontrer de résistance de la part de la troupe[7]. Le lendemain, le conseil d'ouvriers, de paysans et de soldats constitué lors de l'insurrection porte à sa présidence Kurt Eisner, qui proclame la « République socialiste de Bavière » ; le roi de Bavière Louis III et la famille Wittelsbach prennent la fuite. Le même jour, Dresde et Leipzig se soulèvent et le roi abdique le 13 novembre 1918 ; l'histoire lui attribue un « Démerdez-vous tout seuls ! » (« Macht doch eiern Dreck alleene! ») lancé à l'adresse des insurgés qui, n'ayant pas prévu un retrait du trône aussi rapide, étaient venus demander conseil à l'ex-roi pour opérer la transition dans la légalité.

Il meurt le à Sibyllenort (act. Szczodre), propriété familiale au nord de Breslau, et son corps est rapatrié à Dresde pour y être enterré avec les honneurs militaires.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Berstein et Milza 2010, p. 33-37, 50
  2. Berstein et Milza 2010, p. 55-56
  3. Winkler 2005, p. 305-308
  4. a et b Winkler 2005, p. 310-311
  5. Berstein et Milza 2010, p. 66
  6. Berstein et Milza 2010, p. 67
  7. Evans 2004, p. 156-157

Bibliographie[modifier | modifier le code]