Fourmi pharaon

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Monomorium pharaonis

La Fourmi pharaon, Monomorium pharaonis, est une espèce de petits insectes de la famille des Formicidés.

C'est une espèce envahissante devenue pratiquement cosmopolite. Malgré ce que son nom pourrait suggérer, elle n'est pas originaire d'Égypte (mais plus probablement d'Afrique occidentale).

En climat tempéré, elle ne survit qu'à l'intérieur des bâtiments chauffés. Elle affectionne tout spécialement les serres tropicales et aussi les hôpitaux et autres établissements médico-sociaux, les restaurants d'entreprise, etc.

Elle multiplie ses colonies par bourgeonnement, à l'instar de presque toutes les autres fourmis invasives de petite taille (par exemple la fourmi d'Argentine (Linepithema humile), la petite fourmi de feu (Wasmannia auropunctata)), chaque nid « satellite » comprenant plusieurs reines pondeuses, ce qui rend son éradication très difficile une fois qu'elle est installée en nombre. On peut cependant contrôler sa croissance par des campagnes répétées d'appâts empoisonnés.

Contrairement à la petite fourmi de feu (Wasmannia auropunctata) qui lui ressemble superficiellement, la fourmi pharaon ne pique pas. Elle ne possède qu'un aiguillon atrophié, beaucoup trop faible pour percer la peau humaine.

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce Monomorium Pharaonis a été décrite pour la première fois par Carl Von Linné en 1758[1].

Taille des spécimens[modifier | modifier le code]

Les ouvrières de cette espèce sont des femelles stériles qui mesurent entre 1,5 et 2,5 mm de long. Les reines, plus grosses et plus foncées, mesurent entre 3,5 et 5 mm[2]. On compte plusieurs reines dans une même colonie, ainsi c'est une espèce polygyne. Les mâles mesurent environ 2,8 mm. Les reines et les mâles adultes portent des ailes à l'émergence[2].

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

On trouve cette fourmi presque partout dans le monde. Probablement originaire d'Afrique tropicale, elle aurait été introduite en Amérique du Nord à partir de l'Europe[2].

Méthode pour retrouver leur colonie[modifier | modifier le code]

Selon une étude publié dans Nature, cette espèce se remet à la géométrie pour retrouver leur chemin[3]. En effet, deux chercheurs en informatique et un entomologiste de l'université de Sheffield (situé en Grande-Bretagne) ont analysé la manière dont ces fourmis retrouvent leur chemin[3]. Couramment, les fourmis (certaines d'entre elles privées de vue) utilisent des phéromones. Néanmoins, En 1993, une autre étude espagnole avait montré que les réseaux de quatre espèces de fourmis présentaient invariablement un angle entre deux nouveaux embranchements compris entre 50° et 60°. Il en est de même pour les pistes de phéromones des fourmis pharaons. Francis Ratnieks, l’entomologiste qui a dirigé l'étude a déclaré que : « C'est la régularité de cet angle qui nous a fait penser que les fourmis pourraient s'en servir pour distinguer le bon chemin, celui qui leur permet de se rendre au nid de celui qui les en écarte »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Monomorium pharaonis (Linnaeus, 1758) », sur www.gbif.org (consulté le )
  2. a b et c « Fourmis pharaons », sur espacepourlavie.ca (consulté le )
  3. a b et c Florence HEIMBURGER, « Les fourmis guidées par la géométrie », sur Libération (consulté le )

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]