Fouquet's

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Fouquet's
Présentation
Type
brasserie
Style
Architecte
Construction
Commanditaire
Louis Fouquet
Propriétaire
Statut patrimonial
Site web
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Coordonnées
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La brasserie Fouquet's Paris est un restaurant historique depuis 1899, associé à l'hôtel Barrière Le Fouquet's Paris, à l'angle des Champs-Élysées et de l'avenue George-V dans le 8e arrondissement de Paris[1]. La salle est inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1990[2].

Entièrement rénovée en 2017, la brasserie abrite un décor classique, qui s’ouvre sur deux terrasses, sur les Champs-Élysées et l'avenue George-V, et affiche son lien avec les arts et le cinéma. La carte, élaborée en collaboration avec le chef Pierre Gagnaire, perpétue la tradition des grands classiques de la cuisine française.

Le lieu est décliné en six versions à Cannes (Le Majestic), Courchevel (Les Neiges), La Baule (Le Royal La Baule), Marrakech (Hôtel & Ryads Le Naoura), Toulouse (Casino Barrière Toulouse), et depuis avril 2017, Enghien-les-Bains (Resort Barrière Enghien-les-Bains).

Historique[modifier | modifier le code]

En 1899, le limonadier Louis Fouquet achète The Criterion, un estaminet pour cochers de la célèbre avenue parisienne, qu'il transforme en bar de luxe rebaptisé The Criterion-Fouquet's Bar, à la mode britannique américaine de l'époque, à l'instar de son célèbre confrère parisien Maxim's de la rue Royale.

Le 23 juin 1903, le célèbre inventeur pilote pionnier de l'aviation franco-brésilien Alberto Santos-Dumont réalise son premier vol libre motorisé contrôlé, avec son ballon dirigeable no 9 La Baladeuse, en décollant de son hangar de Neuilly-sur-Seine, survolant le bois de Boulogne, contournant l'Arc de triomphe, et en se posant facilement devant son domicile du 114 avenue des Champs-Élysées[3]. Il fête son exploit qui le rend célèbre, au Fouquet's voisin. Rebaptisé Bar de l'Escadrille, le Fouquet's devient un célèbre bar d'aviateurs, as et héros de l'aviation française de la Première Guerre mondiale, avec entre autres Jean Navarre, René Fonck, Georges Guynemer...

En 1913, le restaurateur Léopold Mourier succède à Louis Fouquet (propriétaire de Foyot, Café de Paris et Pavillon d'Armenonville...) et crée une brasserie de luxe, richement décorée en acajou, pour recevoir le tout-Paris mondain et les personnalités du monde du sport hippique d'alors, dont Raymond Poincaré, Theodore Roosevelt, Aristide Briand, Paul Poiret, Alberto Santos-Dumont, Ettore Bugatti, Pierre Brasseur, Colette, Liane de Pougy, l'Aga Khan III[4]... avec à la carte tournedos Rossini au foie gras, bécasse flambée, sole au champagne, soufflé Grand Marnier...

Louis Barraya et Maurice Drouant succèdent à Léopold Mourier (propriétaire du célèbre restaurant parisien Drouant, organisateur des prix Goncourt et prix Renaudot). Avec l'arrivée du cinéma muet, puis du cinéma sonore des années 1930, et du célèbre acteur de l'époque Raimu (qui vit 17 rue Washington et fait du Fouquet's voisin sa cantine et son bureau), le Fouquet's devient un des hauts lieux parisiens où se négocient de nombreux gros contrats de l'industrie cinématographique, avec pour habitués à travers le temps Marcel Pagnol, Fernandel, Tino Rossi, Marcel Carné, Sacha Guitry, Maurice Chevalier, Henri-Georges Clouzot, Joséphine Baker, Marlene Dietrich, Sophia Loren, Jeanne Moreau, Michèle Morgan, Jean Gabin, Lino Ventura, Alain Delon, Gene Kelly, Orson Welles, Yves Montand et Simone Signoret, Catherine Deneuve, Marcello Mastroianni, Michel Galabru, Charles Aznavour, Kirk Douglas, Gérard Depardieu[5]...

Dans les années 1950 les réalisateurs de la Nouvelle Vague François Truffaut, Jean-Luc Godard et Claude Chabrol, en font leur quartier général. Le décor est entièrement renouvelé en 1958 par le décorateur Jean Royère.

En 1976, le restaurateur Maurice Casanova achète ce lieu mythique qu'il fait ressusciter, avec le « pape » de l'événementiel Georges Cravenne, avec qui il est à l'origine au Fouquet's, des César du cinéma (déjeuner des nommés aux César du cinéma), de la Nuit des Molières, des illuminations de Noël de l'avenue des Champs-Élysées, de l'émission radiophonique Le Pop-Club de José Artur de France Inter, du prix Louis-Delluc, du prix Roger-Nimier, de nombreux dîners parisiens de premières théâtrales et de cinéma...

Ainsi, chaque année depuis 1979, le restaurant accueille le traditionnel dîner de gala à la suite de la cérémonie des César[6].

En 1988, à la suite de l’expiration du contrat de bail, le consortium koweïtien propriétaire des murs donne congé au restaurateur, pour ouvrir une galerie marchande ou de peinture d'art. Un important comité de soutien mené par José Artur, Roger Hanin, Christine Gouze-Rénal, Jean-Paul Belmondo, Jacques Chancel, Robert Hossein, Robert Sabatier, Odette Ventura, Henri Verneuil, Léon Schwartzenberg, Jean-Michel Folon... sauve les lieux en le faisant inscrire aux monuments historiques le , par le ministre de la Culture Jack Lang.

En 1998, Diane Barrière-Desseigne, PDG héritière du groupe Barrière, acquiert le Fouquet's, auquel son époux Dominique Desseigne ajoute en 2006 le palace Hôtel Fouquet's Barrière réalisé par les architectes décorateurs Édouard François et Jacques Garcia.

En difficulté financière (le groupe Barrière paie 8 millions d'euros de loyer par an), le Fouquet's présente en 2016 un plan de sauvegarde de l'emploi[7] qui prévoit huit créations de postes et 24 suppressions (sur un effectif total de 315 personnes)[8].

Entièrement rénovée en 2017, la brasserie expose une importante galerie de photographies de stars du cinéma français habitués des lieux, avec des plaques aux noms des tables d’habitués. La carte du chef Pierre Gagnaire propose merlan Colbert, filet de bœuf Simmental au poivre, flambé au cognac sauce Champs-Élysées, tartare de thon rouge, etc. Environ 200 clients habitués des lieux y possèdent leur rond de serviette en argent marqué à leur nom.

Faits divers[modifier | modifier le code]

  • Les frères et sœur Lina, Pierre et Michel Renault, trois modestes retraités bourguignons, se sont battus aux tribunaux pendant des dizaines d'années jusqu'en 1992, pour faire valoir sans succès leur héritage présumé du Fouquet's. Héritage de la comtesse Octavie de Coëtlogon, décédée en 1865 sans héritiers, qui avait légué sa fortune à son mari et à son cousin germain Joseph-Paul Mauprivez, qui avait lui-même transmis son héritage aux grands-parents des frères et sœur Renault[9],[10].
  • Le 6 mai 2007, au soir de sa victoire à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy fête l'événement au Fouquet's en compagnie d'une centaine de personnes, famille et amis, dont nombre de grandes fortunes et de personnalités du monde des affaires. Cette soirée sera par la suite largement médiatisée et apparaîtra comme un des symboles « bling-bling » du sarkozysme[11].
  • Le 16 mars 2019, au cours d'une manifestation des Gilets jaunes, le restaurant est saccagé et un début d'incendie se déclare ensuite dont la cause n'est pas clairement identifiée[12]. A la suite de ces détériorations, la direction annonce que le restaurant sera fermé plusieurs mois pour procéder à des travaux afin de réparer des "dégâts considérables"[13].

Événements culturels liés au Fouquet's[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur lemonde.fr.
  2. « Fouquet's », notice no PA00088881, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. « Santos-Dumont Transmanche », sur Transoceans Dirigeables Electrique (consulté le 8 mai 2017).
  4. Philippe Couderc, « La vérité sur le Fouquet's », Challenges,‎ (lire en ligne, consulté le 8 mai 2017).
  5. Voir sur voyagerpratique.com.
  6. « César 2018 : dans les coulisses du Fouquet's avec Pierre Gagnaire », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mars 2018).
  7. Voir sur bfmbusiness.bfmtv.com.
  8. Voir sur capital.fr.
  9. « MONOPOLY – Lina Renault n’est pas propriétaire du Fouquet’s, elle ne paie pas 30 000 euros », sur Big Browser (consulté le 8 mai 2017).
  10. « Trois modestes retraités officiellement propriétaires », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le 8 mai 2017).
  11. Ariane Chemin et Judith Perrignon, La Nuit du Fouquet's, Fayard, 24 octobre 2007 (ISBN 978-2213635453 et 2213635455).
  12. « Acte XVIII : les forces de l'ordre ont-elles réellement mis le feu au Fouquet's avec des grenades lacrymogènes ? », Libération (CheckNews),‎ (lire en ligne, consulté le 17 mars 2019).
  13. «Gilets jaunes»: le Fouquet's, restera fermé «plusieurs mois», sur FIGARO, (consulté le 25 mars 2019)
  14. Hadrien Gonzales, « Les César se régalent au Fouquet's », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 14 / dimanche 15 février 2015, page 30.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]