Found footage

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Found footage (genre))
Aller à : navigation, rechercher

Found footage est le terme anglais (littéralement « enregistrement trouvé ») qui désigne la récupération de métrages de pellicules impressionnées ou de bandes vidéos dans le but de fabriquer un autre film. On parle ici de remploi (en anglais : reappropriation), de recyclage ou de détournement de matériaux vidéos.

Dans le cinéma d'avant-garde[modifier | modifier le code]

Cette pratique s'inscrit dans la lignée de celle du centon, en littérature, et dans celle de la spolia, en architecture. Elle est utilisée dans le cinéma expérimental depuis le lettrisme, en France, et, plus particulièrement avec le Traité de bave et d'éternité, d'Isidore Isou (1951), et les travaux de Bruce Conner aux États-Unis, notamment A Movie (1958). Certaines formes de détournements ont une ampleur politique et peuvent prêter à confusion, agrégeant des formes de théorie du complot[1].

Définition[modifier | modifier le code]

L'esthétique found footage — manière prise ici comme élément dramaturgique à l'intérieur d'une construction fictionnelle — est utilisée par les réalisateurs de faux documentaires et de films d'horreur, auxquels elle confère une dimension hyperréaliste ou du moins vériste : la plupart du temps, ces productions fabriquent elles-mêmes leurs found footages.

Cinéastes qui utilisent cette technique[modifier | modifier le code]

Dans le cinéma fantastique[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Film found footage.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Souvent spécifique à l'horreur[8],[9], il consiste à présenter une partie ou la totalité d'un film comme étant un enregistrement vidéo authentique, la plupart du temps filmé par les protagonistes de l'histoire[8],[9].

Ce genre se caractérise par ses images prises sur le vif, par sa caméra faisant intégralement partie de l'action et par sa qualité visuelle et sonore volontairement dégradées[9].

Le found footage, dont les prémices remontent au moins aux années 1960-1970 avec les films de Peter Watkins[10] (La Bombe, Punishment Park,...) ainsi qu'à Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato en ce qui concerne l'horreur[10], a été popularisé par le succès du Projet Blair Witch en 1999, avant de connaître un net regain de notoriété à la fin des années 2000, avec des films comme REC (2007), Cloverfield (2008) ou Paranormal Activity (2009), qui ont ouvert la voie à la première véritable vague de films du genre[8].

Un modèle économique à bas coût très lucratif[modifier | modifier le code]

Le coût de production des films found footage est très faible, d’où une rentabilité élevée en cas de succès public[8],[11]. Ainsi, Le Projet Blair Witch rapporte presque 250 millions de dollars dans le monde pour un budget initial d'environ 25 000 dollars[11],[12]. Plus récemment, Paranormal Activity réalise des bénéfices de 200 millions de dollars pour un budget initial de 15 000 dollars[11]. Les sommes économisées au moment du tournage permettent un budget plus conséquent pour la promotion des films[11].

Effets secondaires chez certains spectateurs[modifier | modifier le code]

Avertissement à l’entrée d’un cinéma AMC sur les éventuels effets secondaires provoqués par le film Cloverfield

Avec Le Projet Blair Witch, on se rend compte que le style particulier de tournage des films found footage provoque chez certains spectateurs des symptômes semblables au mal des transports (cinétose due aux films et autres vidéos)[13]. Pour le film Cloverfield en 2008, les cinémas américains AMC Theaters installent des messages à l'entrée des salles de projection pour mettre en garde les spectateurs contre ces effets secondaires éventuels provoqués par le film[14],[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Théories du complot à propos des attentats du 11 septembre 2001, où les enregistrements vidéos servent d'arguments pour appuyer de supposées thèses.
  2. (en) Linda Badley, Steven Jay Schneider, Traditions in world cinema Traditions in world cinema, Edinburgh University Press, 2006. (ISBN 0-7486-1863-5 et 9780748618637)
  3. Jean-Michel Bouhours, L'avant-garde autrichienne au cinéma: 1955-1993, Centre Georges-Pompidou, 1996. (ISBN 2858508852 et 9782858508853)
  4. (en) Robin Blaetz, Women's experimental cinema: critical frameworks, Duke University Press, 2007. (ISBN 0-8223-4044-5 et 9780822340447)
  5. https://vimeo.com/cammaer
  6. After the Avant-garde: Contemporary German and Austrian Experimental Film, extrait en ligne.
  7. Alphonse Cugier et Patrick Louguet, Impureté(s) cinématographique(s), L'Harmattan, 2007. (ISBN 2-296-02297-9 et 9782296022973)
  8. a, b, c et d Olivier Bonnard, « Found footage, l’horreur à petit prix », sur L'Obs, (consulté le 27 décembre 2014).
  9. a, b et c 10 "found footages" de l’angoisse à voir ou revoir avant Blair Witch, Alexandre Büyükodabas, Les Inrockuptibles, 23 septembre 2016
  10. a et b (en)In Defence Of... Found Footage, the unfairly maligned horror subgenre, Matt Glasby, Digital Spy, 12 avril 2014
  11. a, b, c et d Le film d’horreur américain, trop rentable pour survivre?, Romain Blondeau, Les Inrockuptibles, 30 janvier 2013
  12. Projet Blair Witch : la sorcière a 10 ans, Alexandre Hervaud, Libération, 16 juillet 2009
  13. (en)The Dizzy Spell of Blair Witch Project, Emily Wax, The Washington Post, 30 juillet 1999
  14. (en)Some can't stomach this film, Rong-Gong Lin II, Los Angeles Times, 24 janvier 2008
  15. Le film Cloverfield donne la nausée, Le Figaro, 24 janvier 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages

Presse

  • Stéphane Delorme, « Found footage, mode d'emploi », Les Cahiers du cinéma, Hors-série n°4 (« Aux frontières du cinéma »), p. 90-92, janvier 2000.

Lien externe[modifier | modifier le code]