Fort d'Illange

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Fort d'Illange
Feste Illingen
Fort d'Illange
Fort d'Illange
Description
Ceinture fortifiée ceinture fortifiée de Thionville
Type d’ouvrage Feste (Groupe fortifié)
Dates de construction 1904-1910
Dates de modernisation
Garnison 1 180 hommes
Armement 4 pièces d'artillerie
(4 × 100 mm)
Usage actuel désaffecté
Protection néant
Coordonnées 49° 20′ 02″ N 6° 10′ 36″ E / 49.334, 6.1767449° 20′ 02″ Nord 6° 10′ 36″ Est / 49.334, 6.17674  

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Le fort d’Illange sur la commune du même nom dans le département français de la Moselle a été construit entre 1905 et 1910 par les Allemands après l’annexion de la Moselle.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Construit au début du XXe siècle, le fort faisait partie d’un programme de fortifications plus vaste, appelé Moselstellung et englobant des forteresses disséminées entre Thionville et Metz, dans la vallée de la Moselle. L’objectif de l’Allemagne était de se protéger contre une attaque française visant à reprendre le Reichsland Elsaß-Lothringen, soit l’Alsace et la Moselle, à l’Empire allemand. À partir de 1899, le plan Schlieffen de l’état-major allemand conçut les fortifications de la Moselstellung, entre Metz et Thionville, comme un verrou destiné à bloquer l’avance éventuelle des troupes françaises en cas de conflit[1]. Ce concept de ligne fortifiée sur la Moselle constituait une innovation significative par rapport au système Séré de Rivières développé par les Français. Il inspira plus tard les ingénieurs de la ligne Maginot[2].

Construction et aménagements[modifier | modifier le code]

Comme le fort de Koenigsmacker, Illange devait interdire le passage de la Moselle, de part et d’autre de Thionville, et couvrir le fort de Guentrange qui protégeait la ville de Thionville. Les ouvrages sont disséminés sur une vaste superficie. Une batterie cuirassée pour canons à tir tendu est entourée de plusieurs ouvrages avec observatoires et poste de commandement séparés. Un réseau de fil de fer barbelé protège l’ensemble du groupe fortifié. Le fort pouvait abriter trois compagnies d’infanterie et comprenait une batterie de quatre canons de 100 mm longs.

Affectations successives[modifier | modifier le code]

À partir de 1890, la relève dans les forts est assurée par les troupes du XVIe Corps d'Armée stationnées à Metz et à Thionville. En 1919, le fort est de nouveau occupé par l’armée française. Le fort d’Illange est intégré dans le secteur fortifié de Thionville de la ligne Maginot dans les années 1930.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Bataille de la Moselle novembre 1944

Entre le 9 novembre 1944 et le 14 novembre 1944, une opération de franchissement de la Moselle est effectuée dans le secteur de Thionville par les Alliés. La division engagée est la 95e division d'infanterie (DI) américaine appartenant au XXe corps de la 3e armée US du général Patton. Un premier franchissement a lieu a Uckange très tôt le 9 novembre. Il s'agit en fait d'une diversion[3] visant à masquer l'attaque principale menée par la 90e DI dans le secteur de Koenigsmacker. Toutefois, en raison d'une crue importante de la Moselle modifiant singulièrement les conditions de la bataille, il est décidé de créer une tête de pont à Thionville et, dans la foulée, de s'emparer des forts du couronnés de Yutz et du fort d'Illange. Cette mission est dévolue au 2e bataillon du 378e régiment d'infanterie de la 95e DI.

L'opération a lieu le 11 novembre. Après la traversée de la Moselle et la prise du fort de Yutz, le bataillon se dirige, le 14 novembre 1944, depuis Haute-Yutz vers le sud-est en direction de Stuckange puis oblique rapidement vers le sud-ouest pour rejoindre la route principale entre Thionville et Metz (aujourd'hui la D1). À l'approche du fort d'Illange, les hommes du 2e bataillon capturent un soldat allemand[3]. Selon une autre version [4], le soldat s'est spontanément présenté en arborant un drapeau blanc. Quoi qu'il en soit, le soldat parle et informe le lieutenant-colonel Autrey J. Maroun, commandant du bataillon, de la présence dans le fort d'une unique compagnie du 74e régiment Volksgrenadier (VG) appartenant à la 19e division VG. Aussitôt, le lieutenant-colonel Maroun dépêche le sous-lieutenant James Billings, S2 (officier de renseignement) du bataillon et parlant l'allemand pour négocier une reddition des défenseurs. Malgré une certaine cordialité entre le plénipotentiaire et le commandant de la garnison, les pourparlers n'aboutissent pas. Le capitaine allemand refuse d’être fait prisonnier sans combattre mais sollicite l'évacuation de sa compagnie pour rejoindre son régiment, ce que l'américain refuse[3].

Dans l'après midi, un puissant tir de rupture est déclenché contre l'ouvrage avec des obusiers de 155 mm et de 240 mm]] depuis la rive gauche de la Moselle. Le 2e bataillon se met en ordre de bataille en alignant ses trois compagnies face au fort. La compagnie E [5] mène l'assaut en pointe, serrée de près par les compagnies F et G. Les hommes se précipitent dans la pente, débouchant depuis les bois d'Haute-Yutz. Au sommet de la colline, les maroun's marauders[6] s'abritent dans le rideau d'arbres qui ceinture le périmètre de l'ouvrage, couverts par une nouvelle concentration de tirs d'artillerie dirigés en plein contre le fort. La phase finale de l'assaut est menée au travers des réseaux de barbelés sous le feu nourri de la garnison qui, dès la fin de l'action de l'artillerie adverse, a repris ses positions et de bat avec acharnement. Malgré cela, à la tombée de la nuit, un tiers de l'implantation est capturé[7].

Les combats font rage toute la nuit mais au petit matin, les dessus de l'ouvrage sont pris et les défenseurs repliés à l'intérieur des casernes. Il faut dès lors à la compagnie de génie d'assaut forcer les ouvertures à l'explosif tandis que des charges de 5 kg de TNT sont déversées dans les gaines d'aérations, provoquant d'énormes dégâts internes et la suffocation des défenseurs. À 10 h 40, le 15 novembre, les derniers survivants se rendent et le fort d'Illange est définitivement mis hors combat. C'est maintenant au tour du village d'être libéré.

Au cours de ces combats, le lieutenant-colonel Maroun est blessé deux fois [7] et le sergent Robert G Brussard de la compagnie F à lui seul abat 4 défenseurs et fait 12 prisonniers. Ils recevront tous les deux la distinguish service cross[6],[3], le bataillon recevant quant à lui la Distinguished Unit Citation (Presidential Unit Citation à partir du 10 janvier 1957. 200 hommes auront été mis hors combat durant ces journées[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Donnell Clayton, The German Fortress of Metz: 1870-1944, Oxford, Osprey,‎ 2008, p. 24.
  2. (en) Donnell Clayton, op. cit., p. 10-13.
  3. a, b, c et d René Caboz, la Bataille de Thionville, 1991, p. 241-242 (ISBN 2708500910)
  4. (en) The German Fortress of Metz, Clayton Donnel, p. 53, ISBN 978-1-84603-302-5
  5. Bravest of the Brave, Stars and Stripes, 1945
  6. a, b et c Illange au passé simple, Patrick Grasser, (ISBN 2-908196-80-8)
  7. a et b THE LORRAINE CAMPAIGN. Hugh M. Cole

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]