Fort d'Aubervilliers

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Batterie prussienne dirigée sur Paris durant l'insurrection de la Commune de Paris depuis le fort d'Aubervilliers
Le fort d'Aubervilliers au début du XXe siècle, lorsque ses glacis servaient de villégiature
Le fort d'Aubervilliers, sur la carte d'État-Major de 1888
Vue aerienne de la casse autos d'Aubervilliers

Le fort d'Aubervilliers est une ancienne fortification de Paris, construite en 1843 à Aubervilliers, en limite de Pantin et de Bobigny, afin de contrôler le passage sur la Route de Flandre, actuelle RN 2. Le fort d'Aubervilliers fait partie des ouvrages décidés en 1840 par Thiers afin de protéger la capitale et, le cas échéant, mater ses rébellions.

Situé à environ 1.5 km de la Porte de la Villette, sur la commune d'Aubervilliers, en bord de l'ex- RN2. Le site est actuellement desservi par la ligne 7 du métro, station "Fort d'Aubervilliers" et sera desservi par la ligne 15 de SGP. L'accès actuel du site est situé au 174 avenue Jean Jaurès. L'emprise du Fort couvre environ 36 ha dont 25 ha sont la propriété de Grand Paris Aménagement et gérés par cette dernière. Le Fort fut édifié sur les terrains de Pantin de 1843 à 1847, sur une superficie d'environ 36 ha. Jusqu'en 1926, il fait l'objet d'améliorations et de transformations. Le site est occupé et utilisé par l'armée jusqu'en 1973, date à laquelle la majorité des terrains du Fort deviennent propriété de Grand Paris aménagement.

Le site est aujourd'hui occupé par diverses installations :

A l'extérieur des remparts :

- Le Théâtre équestre Zingaro

- Une gare routière,

- Métafort

- Des jardins familiaux

- Des espaces verts

- La gendarmerie

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Le fort d'Aubervilliers fait partie de la ligne de forts construite pour doubler l'enceinte de Thiers. En 1830, les autorités décident du lancement de ce programme de fortification de Paris. En 1841, les financements des travaux sont votés. En 1851, le terrain du futur fort qui est enclavé dans le territoire de Pantin, est annexé au territoire d'Aubervilliers. En 1842, lancement de la construction du fort d'Aubervilliers jusqu'en 1846.

Le plan du fort presente un pentagone à cinq bastions. « L'entrée battue par les six casemates de flanc des bastions adjacents se fait entre deux pavillons de corps de garde précédés d'un réduit sur le chemin couvert. Des poternes existent sur les autres fronts du rempart. Ce dernier surmontait, entre les bastions 2 et 4, deux séries de treize casemates voûtées. La cour est occupée par deux grandes casernes. Les deux magasins à poudre de 160 m² de surface intérieure sont dans les bastions de gorge. Après 1874, deux magasins à poudre sont établis sous une longue traverse dans la cour (...) Le pavillon d'entrée, la caserne à l'est, les magasins à poudre de 1874, le rempart entre les bastions 3 et 4 avec ses casemates et ses traverses subsistent dans un état plus ou moins bon »[1].

Sous l'Occupation[modifier | modifier le code]

L’armée allemande entre à Aubervilliers le 13 juin 1940 et s'installe au Fort d’Aubervilliers[2].

Pollution radioactive[modifier | modifier le code]

Frédéric et Irène Joliot-Curie ont travaillé sur la radioactivité au fort d’Aubervilliers. Evelyne Yonnet, maire-adjointe d'Aubervilliers et conseillère générale déclare en 2004 : « Il ressort des informations officieuses que le site a abrité quelques expériences de Frédéric et Irène Joliot-Curie ». La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) rapporte dans un document datant de 2006 : « D’après les pièces consultées, Irène et Frédéric y ont effectué des manipulations sur des sels de radium 226 dans les années 1920 à 1930. »[3].

Plus tard, les expériences sur la radioactivité pratiquées par le ministère des Armées, en marge des essais nucléaires menés dans le désert algérien, ont gravement contaminé le fort.

Une dépollution du site a été amorcée en 1999 par l'Agence Nationale de gestion des Déchets Radioactifs (Andra), cependant 61 fûts radioactifs remplis de césium 137 et de radium 226 ainsi que 60 m3 de terre contaminée sont encore stockés dans le fort[4], faute de crédit[5].

Une contre-expertise relayée par Dominique Voynet a confirmé la présence de radioactivité et révélé de nouvelles zones de contamination sur le site. Un article du Parisien datant du 18 juin 2006 révèle une certaine recrudescence des cancers dans la zone, notamment quatorze institutrices du même établissement scolaire qui ont contracté un cancer[6],[7].

1979 - 2012[modifier | modifier le code]

Le Fort d'Aubervilliers est ceint de jardins ouvriers et jouxte le cimetière parisien de Pantin. Il donne son nom à une station de la ligne 7 du métro de Paris ouverte en 1979.

En 1976, le fort d'Aubervilliers accueille une caserne de gendarmerie mobile comprenant le groupement III/1 de Gendarmerie mobile et trois escadons, qui utilisent l'entrée du fort et dont on peut apercevoir encore l'ancienne porte et les deux postes de garde intacts, malgré les nouvelles constructions utilisées pour la caserne et les logements des gendarmes.

Par ailleurs des artistes de renom tel que Rachid Khimoune ou Bartabas s'y installent en 1989[8]. La partie arrière du fort est utilisée par une fourrière automobile.

Projets[modifier | modifier le code]

Le site du fort a fait l'objet de nombreuses études en vue de sa requalification urbaine comme le déménagement de l'hôpital Bichat-Claude-Bernard ou la construction d'un vélodrome, mais aucun projet n'a encore abouti à des réalisations, notamment à cause de la pollution radioactive. Cependant la commune d'Aubervilliers et la Communauté d'agglomération Plaine Commune disposeront de l'espace libéré par la gendarmerie mobile qui quittera le fort.

Le projet d'écoquartier imaginé par l'architecte Philippe Madec[9] en 2012 intègre environ 2000 logements, dont 30 % de logements sociaux. Selon Jean-Yves Vannier, adjoint au maire d'Aubervilliers à l'urbanisme, « Nous avons fixé pour cette ZAC un seuil de 30 % de logements sociaux pour rétablir de la mixité dans ce secteur majoritairement constitué de HLM. Le développement de ce quartier se fera en cohérence avec celui de la cité Emile-Dubois ». À cela s'ajoute des équipements publics comme des écoles ou des crèches ainsi que des commerces. Et enfin des espaces liés au Territoire de la culture et de la création du Grand Paris sont prévus sur une surface de 40 000 m2, qui intégreront au cirque Zingaro et l'atelier de Rachid Khimoune.

Philippe Madec préserve les espaces verts autour du fort, dont les 2 hectares de douves qui deviendront un lieu de promenade. De plus les jardins familiaux seront maintenus. Ce projet devrait voir le jour dans les années 2015-2020[10], [11].

La Commune d'Aubervilliers et l'AFTRP initie en 2013 une nouvelle consultation d'architectes-urbanistes afin de considérer certaines évolutions programmatiques importantes. C'est l'équipe de l'architecte Nicolas Lebunetel qui est désignée lauréate de cette consultation et qui travaille à la définition du nouveau projet d'écoquartier.

Depuis avril 2016, Dom Tappy et Thomas Winkel, les deux fondateurs de Recup Paris, ont entrepris la rénovation de deux des vingt quatre casemates du Fort pour accueillir des ateliers et espaces d'exposition. Leur mission est de Récupérer, Raviver et Recommencer. Récupérer les matériaux et raviver les espaces urbains, les transformer et relancer ce processus de manière à améliorer notre impact dans un monde plus durable. Leur première campagne de financement participative sur KissKissBankBank lancée en novembre 2016 a pour but de pousser plus loin la démarche et de transformer le Fort en un lieu artistique et culturel, unique et durable, en attendant la réalisation du projet d'écoquartier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fortifications en Ile-de-France, 1792-1944, Martin Barros, Association Vauban/IAURIF, 1993, p 50-51
  2. http://paulbert.aubervilliers.fr/2010/08/27/etre-albertivillarien-en-temps-de-guerre/
  3. « Autour d'aubervilliers », sur le-tigre.net (consulté le 19 novembre 2011)
  4. « Pollution au fort d'Aubervilliers », sur elusvertspantin.over-blog.com (consulté le 19 novembre 2011)
  5. « Fort d'Aubervilliers, article du Parisien du 20/02/04 », sur resosol.org (consulté le 19 novembre 2011)
  6. Élodie Soulié, « Les cancers inexpliqués des instits d'Aubervilliers », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  7. [PDF] Cellule interrégionale d’épidémiologie d’Ile de France, « Résultats de l’investigation d’un signalement de cancers et de pathologies thyroïdiennes parmi le personnel du groupe scolaire Joliot Curie à Aubervilliers (93) », sur http://www.invs.sante.fr, Institut de veille sanitaire, (consulté le 27 octobre 2013)
  8. http://www.bartabas.fr/fr/Zingaro/lieux-2/Le-Fort-d-Aubervilliers
  9. « Le quartier durable du Fort d'Aubervilliers, Aubervilliers », Urbanisme (L'urbanisme opérationnel), Atelier Philippe Madec (consulté le 27 juillet 2012)
  10. http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-saint-denis-93/voici-le-futur-quartier-du-fort-d-aubervilliers-28-03-2012-1926869.php
  11. « Ecoquartier du Fort d'Aubervilliers », Plaine Commune, (consulté le 27 juillet 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]