Format académique

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Format académique : 1,375:1.

Le format académique, d'un rapport de 1,375:1 (abrévié en 1,37:1), est un format d'image fondé sur le film 35 mm utilisé avec quatre perforations[1],[2], standardisé aux États-Unis en 1932 par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences comme format standard de film, même si des formats similaires étaient utilisés dès 1928[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les films muets étaient tournés avec un format 1,33 (soit le format 4:3), dont chaque image (frame) utilisait tout l'espace du négatif entre deux rangées de perforations, sur une longueur de quatre perforations[1],[2]. L'espace entre les images était très étroit. Lorsque le son sur la pellicule apparut à la fin des années 1920, la bande-son fut stockée dans une bande courant à l'intérieur d'un jeu de perforations et coupée dans l'image au format 1,33[1],[2]. Cela donna une image plus haute, généralement autour du format 1,19, ce qui était déconcertant pour un public habitué au format 1,33. Cela posait aussi un problème pour les diffuseurs ayant des écrans de taille fixe et des projecteurs statiques.

Pour les studios, la solution courante, consistant en la réduction de l'image de manière à revenir à un format 1,33:1, en diminuant l'ouverture du projecteur, mena à des résultats divers. Chaque chaine des salles de cinéma, de plus, avait son propre format maison. Le premier standard pour les films parlants apparut en novembre 1929, lorsque tous les studios américains tombèrent d'accord pour utiliser le format de la Society of Motion Picture and Television Engineers (SMPE), soit un format de 0,8 x 0,6 pouces (20,3 mm × 15,2 mm), revenant ainsi à un format de 1,33:1[3].

Suite à cela, l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences réfléchit à d'autres modifications de ce standard de 1930. Plusieurs formats furent proposés, et la taille d'ouverture du projecteur fut fixée à 0,825 × 0,600 pouces. Le format résultant de 1,375:1 fut surnommé Academy Ratio (format de l'académie, ou format académique). Le 9 mai 1932, la SMPE adopta le même standard d'ouverture de projecteur[4].

Tous les films de studios américains tournés en 35 mm de 1932 à 1952 était tournés au format académique[1],[2] (par exemple Casablanca). Cependant, suite à la « révolution » de l'écran large de 1953, il devint rapidement obsolète pour l'industrie. En quelques mois, tous les principaux studios commencèrent à adapter (par la technique du matte (en)) leurs films non anamorphiques dans les projecteurs pour les agrandir vers les formats 1,66, 1,75 et 1,85, le dernier étant toujours considéré comme un format standard, comme le format anamorphique (2,39)[1],[2].

Le format 1,37:1 n'a pas complètement disparu, et est toujours utilisé par des films récents, tels que The Artist[5], Elephant[6], Fish Tank, Meek's Cutoff ou Ida[7].

Détails techniques[modifier | modifier le code]

Le format académique n'est pas obtenu dans la caméra, qui utilise des obturateurs full frame (en) silencieux pour tous les films sphériques à quatre perforations[1],[2]. On créa plutôt un film sur lequel la bande-son optique fut ajoutée. Même si la plupart des tirages de films non anamorphiques équipés d'une bande-son ne correspondent pas au format des écrans de projections (de 1,66 à 1,85), certains sont toujours au format académique[1],[2]. Les images sont ensuite coupées dans le projecteur par des masques d'ouverture placés au niveau de l'obturateur du projecteur, en conjonction avec un objectif plus grand que ce que l'on aurait utilisé pour le format académique[1],[2].

Lors de la prise de vue, l'utilisation d'une image à quatre perforations pour le format d'écran de projection est parfois considéré comme un gâchis en termes de coût de film et de traitement, notamment dans le cas de la télévision, qui ne nécessite pas de tirage. Le processus à trois perforations est proposé à l'origine en 1973, développé par Miklos Lente en 1976, et ensuite développé par Rune Ericson en 1986 pour résoudre ce problème[8].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Monaco, James. How to Read a Film: The Art, Technology, Language, History and Theory of Film and Media. Rev. ed. New York: Oxford University Press, 1981. ISBN 0-19-502806-6
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Bordwell, David and Thompson, Kristin. Film Art: An Introduction. Rev. ed. New York: McGraw-Hill, 1993. ISBN 0-07-006446-6
  3. Cowan, Lester, « Camera and Projection Apertures », Journal of the Society of Motion Picture Engineers, vol. XIV, no 1,‎ janvier 1930, p. 108–121 (OCLC 1951231, lire en ligne)
  4. « Society Announcements, New Dimensional Standards », Journal of the Society of Motion Picture Engineers, vol. XIX, no 1,‎ juillet 1932, p. 924 (OCLC 1951231, lire en ligne)
  5. "The-Artists-Cinematographer-Speaks.
  6. Garry, John P. III. "Elephant: An Ordinary High School Movie. Except That It's Not." Jump Cut. #47 (Winter 2005).
  7. http://prettycleverfilms.com/movie-reviews/modern-times/tiff13-review-ida-2013/#.UmfeVnBJO-m
  8. Bernstein, N.D.; Wysotsky, M.Z.; and Konoplev, B.N. "A Universal Format for Film Production." Journal of the SMPTE. September 1973; Lente, Miklos. "The Proposed Trilent-35 System." American Cinematographer. June 1976; Ericson, Rune. "Three-Perf in the Future." American Cinematographer. July 1986.