Forêt privée française

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En France, les forêts privées sont les terres forestières possédées par des particuliers.

Forêt française[modifier | modifier le code]

Avec plus de 16,7 millions d'hectares[1], la forêt française couvre aujourd'hui 30[2] % du territoire métropolitain[3]. La surface forestière française a doublé depuis 1827. La forêt française se porte bien, elle s'étend et s'enrichit : chaque année, elle s'accroît d'environ 40 000 hectares. Depuis 50 ans, l'essentiel de l'expansion de la surface forestière se fait en forêt privée. La France est le 3e pays européen pour la surface forestière après la Suède et la Finlande. La forêt française est composée essentiellement de feuillus. On y trouve des chênes, des hêtres, mais aussi des résineux comme l'épicéa ou le pin maritime. Forêts de plaine, de littoral ou de montagne, forêts méditerranéennes font sa richesse et sa diversité.

Forêt privée en France[modifier | modifier le code]

La forêt privée représente près des trois quarts des surfaces forestières en France. En effet, la forêt française est privée à 74 %, soit près de 11 millions d'hectares sur les 15 millions de la forêt française. La forêt privée occupe 21 % du territoire national.

Structure de la propriété forestière privée[modifier | modifier le code]

La forêt privée française appartient à 3,5 millions de forestiers privés, dont les deux tiers ont moins d'un hectare. Ce sont des particuliers, qui vivent souvent proches de leur forêt. 96 % des forestiers privés sont des personnes physiques ; ils possèdent 82 % de la surface de la forêt privée française.

Les 3/4 des forestiers privés ont hérité de leur forêt. 1/4 l'a achetée (essentiellement des petites surfaces, de 1 à 10 ha) ou plantée. La sylviculture n'est souvent pas l'activité professionnelle du forestier privé. Les forestiers privés sont de toutes origines :

  • 57 % sont retraités ;
  • 12 % sont agriculteurs ;
  • 11 % sont employés et ouvriers ;
  • 8 % sont cadres et professions libérales ;
  • 4 % exercent des professions intermédiaires.

Les forestiers sont propriétaires mais aussi sylviculteurs et producteurs de bois[4]. Ils sont le premier maillon d'une filière de 425 000 emplois en France. C'est 1,7 % de l'emploi en France.

Outre-mer[modifier | modifier le code]

La forêt privée est beaucoup moins importante dans les collectivités d'outre-mer, voire marginale comme en Guyane.

La Réunion[modifier | modifier le code]

Sur l'ensemble des forêts privées réunionnaises, 10 000 hectares se situent au cœur du Parc national de la Réunion et sont à ce titre classés au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2007. La prise de conscience de la biodiversité exceptionnelle de ces espaces privés a permis qu'à la production de bois se substituent aujourd'hui des activités écologiques et pédagogiques.

Guyane[modifier | modifier le code]

La forêt couvre 8 millions d'hectares en Guyane dont 5,3 millions d’hectares de forêts du domaine privé de l’Etat gérés par l'ONF[5]. La forêt privée y est marginale, les forêts cédées par l'État aux particuliers le sont essentiellement en vue de valorisation agricole.

La gestion de la forêt privée en France[modifier | modifier le code]

Il existe quatre options principales permettant aux propriétaires français de forêt privée de gérer leur patrimoine forestier:

  • Le recours à des experts forestiers
  • Le recours à une société de services en forêt
  • Les coopératives forestières
  • La gestion autonome

Chaque option correspond à des avantages différents permettant aux propriétaires de forêt privée de valoriser et gérer leur forêt de manière durable. D'après une enquête de 2012 du Ministère de l'Agriculture, la gestion par soi même (autonome ou numérique) domine parmi les propriétaires d'un hectare et plus[6].

Récolte de bois en forêt privée[modifier | modifier le code]

Loin d'être surexploitée, la forêt française souffre de sous-exploitation : on ne récolte que 60 % de ce qui pousse chaque année[3].

Récolter du bois participe à la vie de la forêt : les forêts primaires sont quasi inexistantes en France. À part quelques forêts d'altitude et quelques réserves intégrales, les forêts françaises ont été façonnées par les activités humaines depuis des siècles.

Produits de la forêt[modifier | modifier le code]

Les produits d'une parcelle de forêt privée, tels que les fruits, les champignons, et autres, appartiennent au propriétaire de la forêt. Leur cueillette n'est tolérée que sous certaines conditions. Il est ainsi indispensable de demander l'autorisation au propriétaire, d'avoir un respect logique pour les lieux, de respecter les animaux et les panneaux d'interdiction, de ramasser avec parcimonie et de consulter les arrêtés préfectoraux et communaux en mairie.

La justice s'est déjà exprimée à ce sujet, notamment dans le cadre de cueillette de champignons: non seulement les produits de la forêt appartiennent au propriétaire du sol, rendant donc son autorisation légalement nécessaire, mais en plus de cela le propriétaire du sol n'est pas obligé de clôturer sa parcelle ou d'en interdire l'accès par voie d'affiches ou d'autres moyens pour conserver son droit sur les fruits naturels ou industriels de la terre[7].

Accès à la forêt privée[modifier | modifier le code]

A-t-on le droit de se promener sur des parcelles de forêt privée ? D'un point de vue juridique, la réponse est non si vous n'avez pas d'autorisation[réf. nécessaire], mais il existe souvent une certaine tolérance. Ainsi 9 propriétaires sur 10 permettent au grand public d’accéder à leur forêt, en échange d’un respect logique des lieux[3].

Organismes de la forêt privée française[modifier | modifier le code]

Les organismes de la forêt privée française se répartissent en trois familles qui agissent de façon complémentaire pour soutenir l'activité sylvicole des propriétaires forestiers privés. Elles se coordonnent sous l'identité commune : Forêt privée française[8].

Centre national de la propriété forestière (CNPF), Centres régionaux de la propriété forestière (CRPF), et Institut pour le développement forestier (IDF)[modifier | modifier le code]

Logo du Centre National de la Forêt Privée

Le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) est un établissement public au service des propriétaires forestiers. Il regroupe 11 délégations régionales, les centres régionaux de la propriété forestière (CRPF) et un service de R&D, l'Institut pour le développement forestier (IDF)[9]. Ses missions :

  • Orienter la gestion des forêts privées en élaborant les schémas régionaux de gestion sylvicole (SRGS), et les codes des bonnes pratiques sylvicoles des forêts privées (CBPS), ainsi qu'en agréant les plans simples de gestion (PSG), obligatoires ou volontaires, ou les règlements types de gestion (RTG), établis par les coopératives et experts forestiers.
  • Conseiller, améliorer et former en vulgarisant les méthodes de sylviculture appuyées par des études et expérimentations sur le terrain.
  • Regrouper en développant toutes formes de regroupements de propriétaires, notamment la coopération, pour la gestion des forêts, la vente des produits, la réalisation de travaux forestiers ou l'amélioration des structures foncières.

Ces missions s'effectuent en prenant en compte la surveillance de la santé des forêts, la protection de l'environnement, le développement durable, l'aménagement du territoire ou encore la prévention des risques[10].

L'IDF appuie et coordonne le réseau national des organismes de développement forestier : centres d'études techniques et économiques et d'expérimentations forestières (CETEF) et groupements de développements (GDF). Ces associations locales regroupent les propriétaires forestiers qui veulent améliorer leurs pratiques sylvicoles et mener une gestion forestière plus dynamique.

Les Chambres d'Agriculture :

"Les chambres départementales et régionales d'agriculture ont compétence pour contribuer à la mise en valeur des bois et forêts et promouvoir les activités agricoles en lien avec la forêt" (article L322-1 du code forestier). Les chambres d'agriculture agissent sur les territoires pour :

  • rapprocher les propriétaires forestiers pour concentrer la mobilisation du bois par la création d'ASA (Associations Syndicales Autorisées),*
  • accompagner les propriétaires dans la gestion de leur forêt,
  • restructurer le foncier pour augmenter la taille moyenne des parcelles,
  • promouvoir et encourager des projets sur l'utilisation du bois matériau (dans les bâtiments agricoles, industriels et à usage d'habitation) et du bois énergie,
  • valoriser les différentes fonctions de la forêt et des arbres, sur la structuration du sol, l'épuration et l'infiltration de l'eau, l'effet tampon face à des conditions climatiques variables, la protection de la biodiversité et in fine sur le stockage du carbone.

Fédération des forestiers privés de France (FRANSYLVA)[modifier | modifier le code]

Logo de la Fédération des forestiers privées de France

La Fédération des forestiers privés de France représente et défend les propriétaires forestiers et la forêt privée auprès des pouvoirs publics français et européens, des partenaires de la filière forêt bois, et des organismes non gouvernementaux impliqués dans la filière forêt bois. Elle informe les propriétaires forestiers sur les questions politiques, juridiques et économiques. Elle leur donne les moyens de gérer leur forêt en acteurs économiques avertis.

La Fédération regroupe 17 unions régionales, 78 syndicats départementaux ou interdépartementaux soit 40 000 adhérents et 2 millions d'hectares (1/5e de la surface des forêts privées)[11]. Les syndicats départementaux prennent des initiatives pour favoriser l'activité des forestiers. Ils assurent leur représentation auprès des pouvoirs publics locaux et relayent les actions menées par la Fédération au niveau national.

Du fait de sa spécificité, les propriétaires du massif des Landes de Gascogne se sont organisés autour d’un syndicat indépendant de FRANSYLVA, néanmoins puissant et influant : le Syndicat des Sylviculteurs du Sud-Ouest (SySSO). Prenant son origine en 1917[12], il rassemble actuellement près 6000 adhérents des trois départements du massif (Gironde, Landes et Lot-et-Garonne) et couvre 65 % de la forêt privée du massif. Il veille aux intérêts fiscaux, financiers, juridiques et économiques de ses adhérents[13].

Union de la coopération forestière française (UCFF)[modifier | modifier le code]

Logo de l'UCFF

L'Union de la Coopération Forestière Française rassemble les coopératives forestières et groupements de gestion répartis sur tout le territoire national. Elle assure un rôle de représentation politique auprès des pouvoirs publics et auprès des différentes instances interprofessionnelles dans lesquelles les coopératives forestières interviennent (forêt bois, énergie et biomasse, environnement,coopératives). Cette fédération agit pour défendre les intérêts des propriétaires forestiers adhérents des coopératives.

Les coopératives forestières sont administrées par des propriétaires forestiers pour mettre en commun des moyens matériels et humains nécessaires à une gestion durable et de qualité des forêts. Les coopératives forestières améliorent les conditions d'approvisionnement du secteur de la première transformation du bois en fournissant la matière première en bois d'œuvre, bois d'industrie, bois énergie.

L’UCFF en chiffres en 2017[14] :

  •  19 coopératives ;
  •  120 000 producteurs forestiers adhérents ;
  •  2 millions d'hectares de forêts gérés, dont 1 million sous document de gestion durable ;
  •  1 000 salariés directs, soit le 1er employeur de la forêt privée et plus de 5 000 emplois en sous traitance ;
  •  420 millions d'euros de chiffre d’affaires ;
  •  7 millions de mètres cubes de bois commercialisés par an, soit 20 % de la récolte nationale totale (forêt publique et privée) ;
  •  25 000 hectares reboisés par an, avec 28 millions d'arbres plantés par an ;
  • 35 000 chantiers chantiers sylvicoles par an ;
  • 1,2 million d'hectares de forêts certifiées PEFC, 1er contributeur privé en France à PEFC, 80 % des bois vendus par les coopératives sont certifiés.


Références[modifier | modifier le code]

  1. « ONF - Forêts françaises : le patrimoine forestier français en forte expansion », sur www.onf.fr (consulté le 6 mai 2016).
  2. La forêt en chiffres et en cartes 2016, IGN, (lire en ligne).
  3. a, b et c « 5 idées reçues sur la forêt | MaForêt », sur www.maforet.fr (consulté le 6 mai 2016).
  4. « Idée reçue n°1 - La forêt française appartient à tout le monde ! Faux ! - Forêt Privée Française », sur www.foretpriveefrancaise.com (consulté le 28 avril 2016).
  5. « ONF - Le domaine géré », sur www.onf.fr (consulté le 19 mai 2016).
  6. « Gestion de la forêt privée | MaForêt », sur www.maforet.fr (consulté le 19 mai 2016)
  7. « Cueillette des champignons : que dit la Loi ? - Forêt Privée Française », sur www.foretpriveefrancaise.com (consulté le 6 mai 2016)
  8. « Home - Forêt Privée Française », sur www.foretpriveefrancaise.com (consulté le 28 avril 2016)
  9. « Le Centre national de la propriété forestière - CNPF - Centre national de la propriété forestière », sur www.cnpf.fr (consulté le 26 septembre 2017)
  10. « Le CNPF, 50 ans au service de la forêt privée - Centre national de la propriété forestière - CNPF - Le CNPF / Le CNPF 2 / Le CNPF et ses missions », sur www.cnpf.fr (consulté le 28 avril 2016)
  11. « FRANSYLVA : qui sommes-nous ? », sur fransylva.fr (consulté le 27 janvier 2018)
  12. Dominique Dorlanne, « L'organisation professionnelle des sylviculteurs du Sud-Ouest », (article de la Revue Forestière Française ; 8 p.), sur documents.irevues.inist.fr, (consulté le 27 janvier 2018)
  13. « Les missions du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest », sur maisondelaforet-sudouest.com (consulté le 27 janvier 2018)
  14. « Les 10 chiffres-clés de UCFF en 2017 », sur ucff.asso.fr (consulté le 27 janvier 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]