Forêt du Vercors

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Forêt du Vercors
Foret du Vercors, gorges de la Bourne
Foret du Vercors, gorges de la Bourne
Localisation
Coordonnées 44° 54′ 00″ nord, 5° 21′ 20″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Drôme
Géographie
Superficie environ 125 000 ha
Longueur 80 km
Largeur 25 km
Altitudes mini. 210 m — maxi. 2000 m
Compléments
Statut Forêt privée française,
Forêt domaniale
Essences Picea, Pin sylvestre, Hêtre commun

La forêt du Vercors est un massif forestier francais réparti sur deux départements, l'Isère et la Drôme dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et couvre environ 125 000 hectares.

Sa surface est comprise dans la quasi-totalité du Parc naturel régional du Vercors[1].

La moitié de cette surface appartient à des collectivités publiques (communes, État, départements), l'autre moitié est la propriété de près de 5 000 propriétaires privés différents.

La forêt du Vercors est essentiellement résineuse : elle est constituée de conifères comme l'Épicéa commun ou le sapin pectiné. On y trouve également des hêtres.

Histoire de la forêt du Vercors[modifier | modifier le code]

Falaise calcaire et hêtraie sapinière, la « combe du Bayle » à Villard-de-Lans (Isère)

Durant la période de l'Antiquité, l'occupation du massif du Vercors est limitée aux zones de piémont, la forêt reste donc dans son état originel.

Au milieu du Moyen Âge, une population permanente semble se stabiliser aux confins de cette forêt d’altitude située sur un plateau dont l’altitude moyenne varie entre 900 et 1300 mètres.

Cette colonisation de territoires s’explique en partie par l’amélioration climatique que connaît l’Europe dès la seconde moitié du Xe siècle. L’économie, essentiellement céréalière, s’étend sur des domaines situés en moyenne montagne, au détriment de la forêt. Cependant, en raison d’un climat tout de même assez rude et de l’isolement qui en découle, le droit féodal n’est pas toujours appliqué dans les zones de montagne.

À la fin du Moyen Âge, la forêt a déjà bien reculé avec le pastoralisme et les débuts d’une industrie naissante, dont la matière première unique est le bois, souvent utilisé par des ordres monastiques en expansion, grands bâtisseurs (Charteuse du val Sainte Marie près de Bouvante). La conquête du territoire ne se termine qu’à partir de XIIIe siècle, et il n’y a plus de milieu naturel à proprement parler. La forêt devient alors un capital précieux souvent accaparée par les seigneurs locaux.

En raison des contraintes économiques liées à l’accroissement démographique et de raisons spirituelles, tel que l’établissement de « désert » pour les Chartreux, par exemple, des communautés ont ouvert de nouvelles clairières aux XIe et XIIe siècles.

Sur le Vercors, ces moines sont d’abord forestiers, puis éleveurs et cultivateurs. Les Cisterciens de l’abbaye de Léoncel mettent en valeur l’élevage tandis que les Chartreux sont plutôt forestiers, puis maîtres de forge. L’apparition de ce monachisme travailleur a certainement donné de l’élan au développement des techniques : sidérurgie, énergie hydraulique… La Chartreuse du Val Saint-Marie près de Bouvante est l’exemple typique d’un aménagements monastiques utilisant l’énergie hydraulique et le bois.

Les différents massifs forestiers au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

La forêt du Vercors est découpée en de nombreux secteurs privés, mais elle relève aussi de secteurs appartenant au domaine public, tels que pour le département de la Drôme [2] :

  • La forêt communale du CCAS Saint-Martin-en-Vercors
  • La forêt communale de Saint-Julien-en-Vercors
  • La forêt communale de Saint-Agnan-en-Vercors
  • La forêt communale de La-Chapelle-en-Vercors
  • La forêt domaniale de Sarna-Purgatoire
  • La forêt départemental d'Ambel
  • La forêt domaniale de Lente (commune de Bouvante)
  • La forêt domaniale de la Sapine-Côte-Belle
  • La forêt du Mandatement de Saint-Nazaire
  • La forêt domaniale de Quint (commune de Sainte-Croix)
  • La forêt domaniale de Romeyer
  • La forêt domaniale du Petit-Veymont
  • La forêt communale de Sainte-Eulalie-en-Royans
  • La forêt communale d'Oriol-en-Royans
  • La forêt communale de Marignac-en-Diois
  • La forêt communale de Chamaloc
  • La forêt communale de Die

et pour le département de l'Isère :

  • La forêt départementale des Écouges
  • La forêt domaniale des Coulmes
  • La forêt domaniale de Combe-laval
  • La forêt de la Caisse d'Épargne des Alpes [3]
  • La forêt communale de Montaud
  • La forêt communale de Saint-Pierre-de-Chérennes
  • La forêt communale de Malleval-en-Vercors
  • La forêt domaniale R.T.M Gerbier
  • La forêt communale de Choranche
  • La forêt communale de Lans-en-Vercors
  • La forêt communale de Villard-de-Lans
  • La forêt communale de Corrençon-en-Vercors
  • La forêt communale d'Autrans-Méaudre
  • La forêt communale de Saint-Nizier-du-Moucherotte
  • La forêt communale de Saint-Paul-de-Varces
  • La forêt communale de Gresse-en-Vercors

La composition des différents massifs forestiers[modifier | modifier le code]

Le Vercors est divisé en sept secteurs : Quatre-Montagnes, Trièves, Vercors Drômois, Royans isérois, Royans drômois, Gervanne, Diois / Glandasse.

Les forêts occupent ainsi 61 % de la surface du territoire du Parc naturel régional du Vercors, les taillis composant l'essentiel du territoire de la Gervanne, la futaie mixte et le taillis sous futaie composent eux l'essentiel du territoire du Vercors drômois et le Trièves, quant à lui accueille des futaie essentiellement résineuses. Globalement, les futaies représentent près de 55 % des peuplements du territoire du parc régional [4]. Les principales essences qui composent cette couverture forestière sont :

  • Secteur des Quatre montagnes et Vercors drômois : le sapin, l’épicéa et le hêtre
  • Secteur du Trièves : le pin sylvestre, le sapin et le hêtre dans le Trièves ;
  • Secteurs des Royans drômois et isérois : le hêtre et en moindre proportion le sapin ;
  • Secteurs de La Gervanne du Glandasse et du Diois : le chêne, le pin sylvestre et le pin noir

Le climat du Vercors[modifier | modifier le code]

Le secteur forestier des Quatre-Montagnes sous la neige
Article connexe : Climat de l'Isère.

Situé à la limite des Alpes du Nord et des Alpes du Sud, le climat du Vercors est sous la triple influence climatique de la moyenne montagne, des précipitations atlantiques, venues de l'ouest et des régimes méditerranéens, venus du sud.

Les précipitations sont amenées par des régimes d'ouest à nord-ouest. Alors que la partie septentrionale reçoit une quantité de précipitations à peu près constante tout au long de l'année (environ 100 mm d'eau par mois, jusqu'à 1 500 mm par an à Autrans ou Bouvante) avec une prépondérance du climat océanique, la partie méridionale est marquée par un creux durant l'été (moins de 50 mm en juillet et août, moins de 900 mm par an dans le Diois) et un fort ensoleillement avec une prépondérance du climat méditerranéen qui se fait sentir jusque dans le sud du Trièves, le Diois, la Gervanne voire certaines régions du Royans[5],[6].

L'été présente des périodes chaudes, mais modérées par l'effet de l'altitude et respirables grâce à l'absence de pollution. Les hivers de ces dix dernières années ont connu des enneigements constants.

L'effet de Fœhn dans le Vercors[modifier | modifier le code]

Article connexe : effet de fœhn.
Croquis expliquant le principe de l'effet de foehn

Lorsque le vent souffle fortement depuis le sud, l'ensemble du Massif du Vercors, particulièrement dans le secteur de Villard-Corrençon et dans la région du Trièves, située au sud-est du massif, est soumis, de façon subite, à un phénomène de réchauffement dénommé « l'effet de fœhn ».

Dans le cadre de ce phénomène météorologique, amplifié par ce positionnement géographique, la température peut, dés lors, grimper rapidement et le secteur peut facilement passer d'une température de °C dans cette partie du département de l'Isère, à une température de +15 °C en quelques heures. En hiver, la neige fond alors à une vitesse impressionnante, en particulier sur les versants sud des montagnes particulièrement bien exposés[7].

La faune du Vercors[modifier | modifier le code]

Bouquetin dans le cirque d'Archiane, secteur de Glandasse

Les différents massifs forestiers du Vercors abritent une faune variée correspondant à trois des quatre étages de végétation (de 700 m à 2 200 m d'altitude) du massif et ses influences climatiques successives (principalement montagnarde). Il existe, plus spécifiquement sur ce territoire, une faune spécifique des falaises, des grottes et des zones humides[8].

Un grand nombre d'espèces animales sont présentes sur le domaine forestier et montagnard :

Ceux-ci sont, d'ailleurs, nettement plus nombreux en été, en raison de la présence d’espèces migratrices venues dans le massif pour s’y reproduire : la bondrée apivore, le circaète Jean-Le-Blanc, l'hirondelle de cheminée, l'hirondelle de fenêtre, l'hirondelle des rochers, le martinet noir, le martinet alpin.

La forêt du Vercors abrite également de nombreux insectes remarquables tels que des coléoptères (scarabée pique-prune, espèce protégée très utile en tant que bioindicateur de la qualité du milieu forestier) et des papillons (Apollon, Semi-Apollon, Bleu-nacré d'Espagne[12] On note également la présence d'importantes colonies de fourmis. En outre, un collectif a été créé pour promouvoir et surtout lancer un projet conservatoire au sujet de l'abeille noire du Vercors, insecte autrefois très répandu sur le plateau[13].

Des prédateurs emblématiques de la forêt du Vercors : le loup et l'ours[modifier | modifier le code]

Meute de loups hurlant

Le loup[modifier | modifier le code]

Le loup est un animal emblématique du Vercors et de la forêt environnante. On peut d'ailleurs retrouver les traces de son passage dans la toponymie régionale : le rocher de pète-loup à Vassieux-en-Vercors, la dent du loup à l'ouest de Sassenage et à Villard-de-Lans. La forêt de l'Alloubière (ou de la Loubière) ne doit pas forcément son nom au loup, mais aux essences forestières qui la composaient, des feuillus en majorité.

Historiquement, l'animal fut totalement éradiqué du territoire du Vercors vers la fin du XIXe siècle (même si on considère que quelques loups errants et isolés ont pu survivre au début du siècle suivant). Pour accélérer le processus de cette élimination, il faut tout de même préciser que la préfecture de l'Isère promettait, en 1882, aux chasseurs, 100 francs, pour la dépouille d'un loup mâle et 150 francs, pour celle d'une louve pleine. Des battues furent donc régulièrement organisées dans toute la région pour en finir avec le canis lupus lupus[14]

Ce prédateur, encore très répandu dans l'Europe de l'Est, semble avoir fait son grand retour dans les Alpes françaises en 1992, année où un couple fut, pour la première fois, observé dans le Parc national du Mercantour. En 1996, des attaques contre des ongulés sauvages furent enregistrées, mais il a fallu attendre 1998 pour confirmer le retour du loup dans le Parc naturel régional du Vercors[15]. A la date d'aujourd'hui, il est fort probable que l'animal ait déjà traversé le territoire de Villard-de-Lans. Selon le témoignage d'un exploitant d'ovins, résidant dans un hameau situé entre Lans-en-Vercors et Villard-de-Lans, qui a constaté un passage de loup et confirmé par un autre témoignage déposé par un automobiliste d'Autrans, témoin d'une attaque d'un troupeau d'ovins, quatre jours auparavant, le loup semble se déplacer régulièrement dans le secteur[16].

Selon l'avis des principaux spécialistes de cette espèce, le loup, même en meute, est un animal plutôt craintif et qui n'attaque généralement pas l'homme. D'ailleurs aucune attaque contre un être humain n'a été enregistré depuis son retour dans le massif du Vercors.

L'ours[modifier | modifier le code]

Chasse à l'ours, gravure du XVIe siècle

Tout autant que le loup, l'ours a laissé des traces dans la toponymie du Vercors : le rang de l'ours à Autrans, le pas de l'ours à Saint-Nizier-du-Moucherotte et le rocher de l'ours à Villard-de-Lans.

Bien que tous les spécialistes ne soient pas d'accord pour déterminer la date exacte de la disparition du fameux plantigrade dans la forêt du Vercors, on peut tout de même considérer que cet animal a disparu il y a nettement plus d'un demi-siècle[17].

Le Château de Sassenage, situé au pied du massif du Vercors et dans le même canton que Villard-de-Lans, présente dans sa collection privée deux ours naturalisés qui sont exposés dans son escalier d’honneur. Ces deux spécimens datent de la seconde moitié du XIXe siècle. Le plus vieux des deux ours tués dans le Vercors a été offert au Marquis de Béranger-Sassenage par des chasseurs de Villard-de-Lans. En effet, au début dernier siècle, une population d'une soixantaine d'ours vivaient encore dans le Vercors, autant drômois que isérois, et à la fin de ce même siècle il semblait être encore une vingtaine.

La dernière observation fiable d'un ours sauvage dans ce secteur date de la fin du mois septembre 1937, grâce à l'observation d'un de ces animaux dans la commune de Saint-Martin-en-Vercors par un certain Julien-Daniel Arnaud et dont le témoignage semble digne de foi. Personne n'a jamais pu savoir combien de temps ce plantigrade a pu encore vivre après son observation, mais l'espérance de vie de l'ours brun ne dépassant pas trente ans et tout en considérant que l'animal pouvait se situer plus ou moins à la moitié de sa vie, on peut supposer qu'il est mort, au mieux, au début des années 1950[18]. Il s'agit là, en fait, de la dernière rencontre officielle avec un ursidé sauvage en liberté dans les Alpes Françaises [19]

La réintroduction de l'ours brun dans le Vercors a déjà été évoquée, notamment dans un colloque national organisé les 10 et 11 février 2012 par l'association CORA Faune sauvage[20].

La flore du Vercors[modifier | modifier le code]

Schéma des différents étages de végétation dans les Alpes

Le patrimoine floral[modifier | modifier le code]

À l'instar de la faune, la forêt du Vercors présente une très grande variété de fleurs correspondant aux différentes altitudes du territoire qui sont :

  • L'étage montagnard essentiellement forestier, mais aussi composé de prairie et d'espaces aménagés par l'homme se situe de 900 m à 1 600 m ;
  • L'étage subalpin se situe de 1 600 m à 2 100 m ;
  • L'étage alpin se situe au-dessus de 2 100 m.

Le bourg et la quasi-totalité des hameaux de Villard-de-Lans sont situés au niveau l'étage montagnard. L'étage subalpin se situe au-delà de la gare supérieure du télécabine de la station du Balcon de Villard (dénommé abusivement « La Côte 2000 », carte située à 1 700 m d'altitude ).

Article connexe : Flore du Vercors.

Un musée de la Flore du Vercors, située dans le Couvent des Carmes (ancien château de Beauvoir-en-Royans) propose une exposition ethno-botanique, un jardin médiéval et un verger conservatoire (dont de nombreuses plantes médicinales). On peut y découvrir de nombreuses espèces locales conservées et protégées.

Un site intitulé « Fleurs du Vercors », très intéressant et bien documenté, existe sur le web. Il présente de façon encyclopédique, la flore existante sur le plateau du Vercors : une recherche par nom, famille et couleur de fleur est possible[21].

Le Parc naturel régional du Vercors[modifier | modifier le code]

carte du Vercors

Le Parc naturel régional du Vercors est un parc naturel régional créé en 1970, et qui s’étend sur 85 communes, à cheval sur les départements de la Drôme et de l'Isère.

Son territoire, d’une superficie de 186 000 hectares, abrite la plus grande partie de la forêt du Vercors.

La réserve naturelle du Vercors[modifier | modifier le code]

Depuis 1985, la Réserve naturelle des Hauts plateaux du Vercors avec ses 17 000 hectares, constitue la plus grande réserve naturelle de France métropolitaine.

Dans cette réserve en partie forestière, la faune et la flore sont protégées des activités humaines. Seuls les bergers et les forestiers partagent cet espace encore vierge. Pour maintenir la diversité des espèces, le parc a réintroduit de nombreuses espèces dont le bouquetin et le vautour fauve, ils surveillent de près les espèces fragiles comme le lagopède et le tétras-lyre. Ils mènent aussi un travail de recensement de la faune et de la flore de la réserve. Le loup, venu d'Italie, a refait son apparition dernièrement.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Ribard, À la découverte du Vercors : Parc naturel régional, Grenoble, Glénat, coll. « Topo guides », , 203 p. (ISBN 978-2-7234-5849-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Autres sources[modifier | modifier le code]