Forêt d'Eawy

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Forêt d’Eawy
Hétraie en forêt d'Eawy
Hétraie en forêt d'Eawy
Localisation
Coordonnées 49° 44′ 14″ nord, 1° 14′ 31″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Géographie
Superficie 6 550 ha
Altitudes mini. 130 m — maxi. 230 m
Compléments
Protection Site Natura 2000
Statut Forêt domaniale
Administration Office national des forêts
Essences Hêtre européen

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Forêt d'Eawy

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Forêt d'Eawy

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Forêt d'Eawy

La forêt d'Eawy est une des grandes forêts du Pays de Bray, en Normandie. Elle s'étend sur une superficie de 6 550[2] hectares entre les communes de Saint-Saëns et de Dampierre-Saint-Nicolas à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Dieppe et non loin de Neufchâtel-en-Bray. Le village de Ventes-Saint-Rémy est installé dans une clairière en son centre.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Eawy (prononcé < e-a-vi > API [eavi], mais jadis < évi > [evi]) est un terme d'ancien français, dérivé du substantif eve, ewe anciennes du français « eau », issu du latin aqua et qui est synonyme du mot savant aqueux au sens d'« humide », de même le latin aquarium a donné « évier » (cf. aquarium)[3],[4].

Milieu naturel[modifier | modifier le code]

La forêt occupe une large croupe qui sépare la Varenne au sud-ouest de la Béthune au nord-est, petit plateau de craie, d'une altitude comprise entre 130 et 230 mètres, retombant par un versant convexe sur la Varenne[3]. Bien que la forêt ne soit traversée par aucun cours d'eau, l'argile à silex qui recouvre la craie entretient une assez grande humidité.

C'est une ancienne chênaie transformée en hêtraie au XIXe siècle par les forestiers au sous-bois propre et sombre, toujours frais. Elle est donc formée principalement de hêtres (Fagus sylvatica), dont certains sont remarquables, mais d'autres essences y sont de plus en plus présentes : chêne, charme, frêne, merisier, érable sycomore[2]. La forêt est traversée, en son centre, par l'Allée des Limousins, vaste percée de 14 kilomètres de long et de 20 à 30 mètres de large, ouverte au XVIe siècle par Gabriel de Limoges[5]. Souvent rectiligne, elle offre des perspectives à travers la futaie de grands hêtres dont les fûts dépassent souvent 30 mètres.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type océanique avec des précipitations annuelles moyennes de 950 mm et une température moyenne annuelle de l'ordre de 10,1 °C présentant une faible amplitude thermique (4,5 °C en janvier, 16,5 °C en août)[2].

Histoire, exploitation[modifier | modifier le code]

La forêt d'Eawy est un vestige des grandes forêts couvrant la région avant l'an mil et victimes des grands défrichements. Possession des ducs de Normandie, elle a été sérieusement endommagée lors de la guerre de Cent Ans. Durant la Seconde Guerre mondiale, la forêt a abrité sous ses couverts, au Val Ygot (Ardouval), des rampes de lancement de V1 de l'armée allemande[6]. Les dégâts occasionnés par l'installation de ces infrastructures militaires et par les bombardements alliés ayant pour objectif de les détruire ont été réparés par les Allemands après le conflit ; les zones ravagées ont été reboisées avec des conifères[2].

La forêt a été longtemps une source de richesse pour les habitants de la région, alimentant en bois de nombreuses scieries et verreries. La qualité du bois de chêne attira de nombreux huchiers qui vinrent s'installer dans des villages proches de la forêt à partir du Moyen Âge. Ces huchiers fabriquaient des coffres, appelés huches, affectionnant les bois nobles pour leur réalisation. Les huchiers utilisaient un assemblage à l'aide de chevilles et de tenons, la qualité de leurs œuvres (rehaussées de sculptures) leur interdisait l'usage de la colle et de l'aubier. Au XVIe siècle, les huchiers de la forêt d'Eawy connurent une grande faveur, la construction de demeures nobiliaires d'agrément, la volonté de disposer d'un luxueux mobilier, selon la mode italienne, l'enrichissement général, entraînèrent une multiplication des commandes[7].

Aujourd'hui, la forêt d'Eawy est autant un lieu de promenades familiales, à pied ou à bicyclette que d'exploitation forestière et de chasse[8]. Elle est giboyeuse, avec des cerfs, des sangliers, et des chevreuils. Elle abrite la vénerie grâce au rallye Roumare découplant les mercredis et samedis dans la voie du cerf. Depuis 1991, l'équipage est sous le fouet de Catherine Le Verdier.

Protections[modifier | modifier le code]

Une zone Natura 2000 couvre une partie du massif, à l'extrémité nord (massif du Croc) et sud (camp Cusson), sur une surface de 692 ha[9].

Curiosités[modifier | modifier le code]

La forêt est traversée par l'Allée des Limousins, une ligne droite pour une partie carrossable de 14 km de Maucomble à Muchedent (ferme de Pubel). La chapelle Saint-Étienne est une chapelle de 12 m2 environ sise en plein bois sur la commune de Rosay[10]. Le Père Antoine est un hêtre centenaire d'une circonférence exceptionnelle, situé aux Grandes-Ventes, sur le secteur de la Mare du four.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Coordonnées relevées à l'aide de Google Maps au carrefour du Châtelet
  2. a, b, c et d La forêt d'Eawy sur le site du CNDP.
  3. a et b Article de Pierre-Jean Thumerelle in Guide des merveilles naturelles de la France, Sélection du Reader's Digest, 1973, p. 222.
  4. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150)
  5. Guide Bleu Normandie, Hachette, éd. 1988, p. 293.
  6. Ces V1 avaient Londres comme objectif principal.
  7. Guide Bleu Normandie, Hachette, éd. 1988, p. 295.
  8. La forêt d'Eawy sur le site de la ville de Neufchâtel-en-Bray.
  9. Notice du site Natura 2000 sur le site du ministère de l'Environnement
  10. Selon eawy-news.