Football en Argentine

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Le football en Argentine est le sport le plus populaire : celui qui compte le plus grand nombre de joueurs fédérés (540 000 en 2002, l'équivalent de 1,4 % de la population) et le plus pratiqué par la population masculine dans une forme récréative ou non fédérée. Neuf habitants du pays sur dix déclarent être sympathisants d'une équipe de football.

L'Association du Football Argentin (AFA) a été créée en 1893. C'est la huitième plus ancienne au monde. Le tournoi de ligue, joué dès la première année d'existence de la fédération, est pour sa part le troisième plus ancien au monde, derrière les ligues britannique et hollandaise. L'Argentine est l'un des huit pays qui ont gagné la Coupe du monde de football, remportant celle-ci à deux reprises. Le pays a aussi obtenu deux médailles d'or, aux Jeux olympiques de 2004 puis de 2008, et deux d'argent, en 1928 et 1996 ; quatorze fois la Copa América ; et six fois la Coupe du monde de football des moins de 20 ans.

Les clubs argentins de football sont ceux qui ont obtenu une plus grande quantité de fois la Coupe intercontinentale (9) et la Copa Libertadores (22).

Le football féminin organise des championnats nationaux dès 1991.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Le planétarium Galileo Galilei se tient sur le site où a été joué le tout premier match de football connu en Argentine

Le football doit sa présence en Argentine à deux immigrants britanniques : Thomas et James Hogg organisent le la toute première réunion liée au football sur le territoire argentin. Ils fondent le Buenos Aires Football Club. Ce club obtient la permission du Buenos Aires Cricket Club d’utiliser son terrain situé à Parque Tres de Febrero dans le quartier de Palermo pour jouer. Ce terrain se trouve à l’endroit où est maintenant construit le planétarium Galileo Galilei. Le tout premier match recensé en Argentine a eu lieu le [1]. Le match oppose deux équipes de commerçants britanniques, les chapeaux blancs contre les chapeaux rouges.

  • Première équipe : Thomas Hogg, James Hogg, William Forrester, T.B. Smith, J.W. Bond, E.S. Smith, J. Rabsbottom et N.H. Smith.
  • Deuxième équipe : William Heald, T.R. Best, U. Smith, H.J. Barge, H. Willmont, R.M. Ramsay, J. Simpson et W. Boschetti.

Le soi-disant « père du football argentin » est un enseignant originaire de Glasgow Alexander Watson Hutton. Il est le premier à organiser une formation en football dans l’école où il enseignait à Buenos Aires St Andrew's au début des années 1880. Le [2], il crée la Buenos Aires English High School où il continue à enseigner le football[3]. En 1891 Hutton organise le premier championnat de football en dehors des îles britanniques[4]. Cinq clubs résidant à Buenos Aires s’inscrivent. Ce championnat ne dure qu’une seule saison. Pendant cette période des débuts du football en Argentine, un grand nombre de clubs sont créés par les employés des compagnies de chemin de fer britanniques opérant dans le pays. Certains de ces clubs ont survécu jusqu’à nos jours comme le Club Ferro Carril Oeste, Club Ferrocarril Midland, Rosario Central et Talleres de Córdoba.

L’ère du football amateur[modifier | modifier le code]

L'équipe de Lomas, championne d'Argentine en 1893
L’équipe du Alumni Athletic Club en 1910

Un nouveau championnat est formé le . En ces premiers jours du football argentin, tous les joueurs et tous les officiels sont des expatriés britanniques ou leurs descendants. Les plus anciens clubs du pays, Rosario Central, Newell's Old Boys et Quilmes Atlético Club ont tous été formés par des expatriés. Le club le plus titré de ces premières années est l’Alumni Athletic Club. Il a été fondé par des élèves d’Alexander Watson Hutton. Comme les autres clubs il est composé de joueurs britanniques. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, le jeu devient de plus en plus populaire principalement parmi les nouveaux immigrants et particulièrement auprès des Italiens. En effet, la plupart des clubs ont mis en place une politique excluant les Argentins créoles ou indiens. En réaction à cette politique d’exclusion mise en place au sein du Quilmes Atlético Club se crée le Club Atlético Argentino de Quilmes, le premier des très nombreux clubs réservés aux Argentins. Le nom d’Argentino ou Argentinos est une appellation encore très courante aujourd’hui résulte de cette révolte.

Les premières années du XXe siècle voient une énorme augmentation du nombre de clubs en Argentine ; ils sont près de 300 en 1907[5]. La plupart des clubs majeurs du football argentins sont créés à cette époque là. Ils disputent le championnat national amateur ou les championnats locaux. Dès cette époque, les matchs attirent une foule considérable et la popularité de ce sport commence à éclipser l’influence britannique sur le football local. En 1911 le club d'Alumni disparait et en 1912 la fédération adopte un nom espagnol Asociación Argentina de Football. La tradition de donner des noms anglophones aux clubs, elle, résiste.

Au début du XXe siècle, de nombreuses compétitions locales sont créées dans les villes argentines. Le football se répand rapidement hors du Grand Buenos aires, comme Rosario en 1905, Córdoba en 1912, Santa Fe en 1913, San Miguel de Tucumán en 1919, San Luis en 1920 ou Salta en 1921.

Le tout premier match de l'équipe d'Argentine de football se déroule le contre l'équipe d'Uruguay de football. Ce match se solde par une victoire trois buts à deux de l'équipe argentine. Ce match marque le début de la rivalité entre les deux footballs.

Le premier trophée gagné par l’Argentine est la Copa Lipton de 1905. L’équipe argentine remporte son premier tournoi sud-américain en 1910 avec la Copa Centenario de la Revolución de Mayo disputé avec l’Uruguay, le Brésil et le Chili.

Lors de la toute première Copa América disputée en 1916, l’équipe d’Argentine termine invaincue mais à la deuxième place derrière l'Uruguay. La première victoire en Copa América arrive en 1921. L’Argentine est avec 14 victoires l’équipe qui a le plus remporté de championnats sud-américain (ex-æquo avec l'Uruguay).

En 1928, l’Argentine dispute les Jeux olympiques. Là encore elle termine à la deuxième place derrière l’Uruguay.

La rivalité avec l’équipe d'Uruguay voit son point d’orgue lors de la toute première Coupe du monde de football de l’histoire en 1930. Après avoir terminé à la première place du Groupe A regroupant l’Argentine, la France, le Mexique et le Chili, l’équipe argentine remporte la demi-finale contre les États-Unis mais perd la finale sur le score de 4 buts à 2 contre l’Uruguay.

Le football professionnel[modifier | modifier le code]

Après deux saisons interrompues en raison de l’annulation de nombreux matchs et du retrait de nombreuses équipes en 1929[6] et 1930[7], dix-huit équipes décident de rompre avec la fédération argentine et de fonder un championnat professionnel devant débuter en 1931[8]. La fédération maintient une compétition amateur jusqu’à sa dissolution en 1934. Un grand nombre d’équipes restées amateurs rejoignent alors la Ligue professionnelle. L’adoption du professionnalisme ouvre la porte à l’exode des meilleurs joueurs argentins vers la Colombie dans un premier temps mais surtout vers l’Europe dans un deuxième temps. Certains optent même pour la nationalité de leur nouvelle patrie d’adoption. Lors de la Coupe du monde de football 1934, on note par exemple que l’équipe d'Italie de football est composée de joueurs nés en Argentine comme Raimundo Orsi, Enrique Guaita et Luis Monti qui de plus figuraient dans l’équipe argentine de la Coupe du monde de football 1930.

Lors de la Copa Libertadores 1964, le Club Atlético Independiente devient le premier club argentin à remporter une compétition continentale. Depuis cette date les clubs argentins ont remporté à 22 reprises la Copa Libertadores, ce qui en fait le pays le plus titré, loin devant le Brésil qui arrive second avec 13 victoires[9]. En 1967, le Racing Club de Avellaneda devient la première équipe argentine à remporter la Coupe intercontinentale. Les clubs argentins ont depuis remporté cette compétitions à neuf reprises[10].

En 1978, l’Argentine accueille la Coupe du monde de football. Après un début de tournoi difficile, l’équipe argentine triomphe en finale contre les Pays-Bas sur le score de 3 buts à 1. C’est leur premier titre de champion du monde. L’Argentine remporte un deuxième titre mondial en 1986 lors de la coupe du monde disputée au Mexique.

En 1979, lors de la coupe du monde des moins de 20 ans, un jeune joueur se révèle aux yeux du monde : Diego Armando Maradona. L’Argentine remporte son premier titre dans cette compétition[11] et Maradona commence une immense carrière.

Organisation[modifier | modifier le code]

Pyramide de la Ligue de football argentine. Le football est divisé en deux branches : la branche bleue comprend les clubs directement affiliés à l’AFA, principalement Buenos Aires (ville et province) et six équipes de Santa Fe ; la branche rouge regroupe les clubs indirectement affiliés à l’AFA. Les deux branches se rejoignent dans un tournoi national « B » qui est lui-même la porte d’entrée au championnat national de première division.

La plupart des clubs argentins existants aujourd’hui ont été créés dans la première décennie du XXe siècle. Le football est géré en Argentine par l'Asociación del Fútbol Argentino (AFA).

Un système pyramidal à deux branches[modifier | modifier le code]

L’organisation du football se fait en deux ensembles distincts. Le premier regroupe environ 390 clubs directement affiliés à l’AFA. Ces clubs s’affrontent dans un championnat à quatre niveaux, les meilleurs d’entre eux participant au championnat d’Argentine de première division. Ces clubs sont tous rassemblés dans la ville et la province de Buenos Aires à l’exception de six provenant de Santa Fe.

Tous les autres clubs du pays ne sont pas directement affiliés à l'AFA mais à une des 249 Ligues régionales, elles-mêmes sous la tutelle de la fédération argentine de football. Ces ligues contestant l’organisation de l'AFA ont créé un championnat parallèle dont les meilleurs clubs sont qualifiés pour la deuxième division argentine qui regroupe à un niveau national des clubs issus des deux types d’organisation.

La Primera B Nacional, la deuxième division argentine sert de réservoir à la première division nationale, le transfert des clubs d’une division vers l’autre se fait selon un système annuel de promotion / relégation.

La première division du championnat argentin[modifier | modifier le code]

Au sommet de la pyramide, 20 clubs disputent le championnat argentin de première division, la Primera División. Le championnat est divisé en deux tournois, le tournoi d’ouverture et le tournoi de clôture l'Apertura et Clausura qui consistent en deux ligues de 19 matches, l'un concerne les matches allers et l'autre les matches retours. Ces deux tournois donnent naissance à deux champions d’Argentine par année, la renommée étant également partagée. À la fin de chacun, les deux champions et les équipes les mieux classées sur l'année se qualifient pour jouer la Copa Libertadores et la Copa Sudamericana. Quant aux clubs les moins bien classés selon un système complexe de moyenne prenant en compte les résultats des trois dernières années, ils sont relégués au deuxième niveau national, la Nacional-B.

Depuis que le football est devenu professionnel en 1931 et jusqu’en 2008, 112 championnats se sont disputés. Seulement 16 clubs se trouvent au palmarès : Club Atlético River Plate est avec 33 victoires le club le plus titré d’Argentine. Viennent ensuite Club Atlético Boca Juniors avec 23 victoires, Club Atlético Independiente 14 et Club Atlético San Lorenzo de Almagro 10. Parmi les 16 clubs victorieux seuls trois sont situés en dehors de l’agglomération de Buenos Aires. Ces chiffres déséquilibrés entre la capitale et le reste du pays s’expliquent en partie par le fait que jusque dans les années 1960 les clubs participant au championnat sont tous issus de Buenos Aires (à l’exception notoire de Newell's Old Boys et de Rosario Central).

Liste des champions de la Primera Division[modifier | modifier le code]

Les clubs de Boca Juniors, Independiente, Racing Club, River Plate et San Lorenzo de Almagro, considérés comme les cinq principaux clubs du pays et connus comme les « Cinq grands du football argentin », ont remporté la majorité des titres de l'histoire du championnat argentin.

Club Nombre
de victoires
River Plate 34
Boca Juniors 30
Independiente 16
Racing 16
San Lorenzo de Almagro 13
Alumni 10
Vélez Sársfield 9
Estudiantes de La Plata 7
Huracán 5
Newell's Old Boys 5
Lomas 5
Rosario Central 4
Belgrano A.C. 3
Argentinos Juniors 3
Club Ferro Carril Oeste 2
Porteño 2
Quilmes 2
Estudiantil Porteño 2
Gimnasia y Esgrima (LP) 1
Club Atlético Banfield 1
Lanús 1
Lomas Academy 1
Arsenal 1
Chacarita Juniors 1
Dock Sud 1
St. Andrew's 1
Sportivo Barracas 1

Économie du football en Argentine[modifier | modifier le code]

Répartition par pays des expatriés argentins dans le monde

Le marché des transferts[modifier | modifier le code]

Depuis 1931, l’Argentine est traditionnellement une nation pourvoyeuse de footballeurs. Alors qu’en 2000, l’Argentine pouvait compter 571 footballeurs professionnels jouant hors de ses frontières, en 2008, ce sont 1095 footballeurs qui se sont expatriés dans 63 pays différents[12]. L'Italie (194 joueurs) et l'Espagne (177) sont les destinations privilégiées des argentins. Viennent ensuite deux nations latinoaméricaines, le Chili (69 joueurs) et le Mexique (56). Tout au long de l’histoire du football, les joueurs argentins ont souvent été parmi les plus recherchés comme en témoignent les records de transaction obtenus lors des transferts de joueurs argentins. Cinq fois le record de prix pour un transfert a été battu pour l’achat d’un argentin : Bernabé Ferreyra (1932), Omar Sivori (1957), Diego Maradona (1982) et (1984), Hernán Crespo (2000)[13].

De nombreux étrangers jouent aussi dans le championnat argentin. Ce sont principalement des Uruguayens et des Paraguayens puis dans une moindre mesure des footballeurs provenant de Colombie, de Bolivie, du Chili et du Pérou.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Osvaldo José Gorgazzi et Josef Bobrowsky, « Early History of Football in Argentina », Rec.sport.soccer Statistics Foundation,‎ (consulté le 27 novembre 2010)
  2. (en) Osvaldo José Gorgazzi, « Alumni Athletic Club », Rec.sport.soccer Statistics Foundation,‎ (consulté le 27 novembre 2010)
  3. (es) « Buenos Aires English High School », baehs.com.ar (consulté le 27 novembre 2010)
  4. (en) « Salvation army », Observer Sport Monthly,‎ (consulté le 27 novembre 2010)
  5. (es) Julio David Frydenberg, « EFD Deportes », www.efdeportes.com,‎ (consulté le 27 novembre 2010)
  6. (en) « 1929 in Argentine football », RSSSF
  7. (en) « 1930 in Argentine football », RSSSF
  8. (en) « 1931 in Argentine football », RSSSF
  9. (en) « Copa Libertadores », RSSSF
  10. (en) « Intercontinental Cup », RSSSF
  11. L’Argentine remporte en tout 6 championnats du monde des moins de 20 ans(en) « Under 20 World Cup », RSSSF
  12. (es) « Argentine dans le monde », Passbook (consulté le 30 janvier 2008)
  13. (es) « Transferts historiques », Passbook (consulté le 30 janvier 2008)