Fontaine du Parvis Notre-Dame

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Dessin daté de 1699, la fontaine et à droite la statue du Jeûneur.

La Fontaine du parvis Notre-Dame (parfois appelée fontaine du Jeûneur), est une ancienne fontaine publique de Paris qui était située sur le parvis Notre-Dame. Elle a été détruite en 1748.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette fontaine destinée à alimenter les habitants de l'Île de la Cité en eau courante est construite en 1625 par l'architecte Augustin Guillain et décorée par le sculpteur Francesco Bordini[1]. Elle était alimentée (après 1671) par la pompe Notre-Dame. En 1748, à l'occasion de la restructuration du parvis qu'elle encombrait quelque peu, elle est détruite ainsi que le bâtiment d'échoppes contigu et la statue du Jeûneur.

Description[modifier | modifier le code]

La fontaine, détail d'une gravure, cabinet des Estampes, Paris.

La fontaine se présentait sous la forme d'un édicule carré couvert d'un toit en coupole au sommet duquel se tenait un groupe sculpté et une croix. Une plaque portait une inscription latine qui a été relevée[2] :

« QVI SITUS HUC TENDAS, DESUNT SIT PORTE LIQUORES,
PROGEDERE ÆTERNAS DIVA PARABIT AQUAS »

La traduction suivante est proposée : « Approchez ici vous qui êtes altérés, et si par hasard mes eaux ne vous suffisent point, avancez jusque dans le temple, la Vierge qu'on y invoque vous prépare des eaux éternelles. »

La statue du Jeûneur[modifier | modifier le code]

Près de la fontaine se tenait un bâtiment abritant des échoppes de marchands sur lequel s'appuyait une haute statue énigmatique et populaire dans le petit peuple de Paris et dont l'origine se perdait dans le passé. Elle représentait un homme tenant un livre grossièrement sculpté dans un bloc longiligne et qui, pour certains, était Esculape, pour d'autres le Christ. Elle était communément appelée statue du Jeûneur bien que la signification de cette appellation ne soit pas expliquée. D'autre noms étaient donnés à cette statue comme Monsieur Legris[3]. Elle était censée représenter le point de départ des routes de France et sous la Fronde elle a été utilisée dans des Mazarinades[4]. En 1748, elle a été détruite en même temps que la fontaine. Une publication en 1912 de la Société historique et archéologique du IVe arrondissement étudie en détail cette statue[5].

Seconde fontaine de 1806[modifier | modifier le code]

Pour pallier la perte de la fontaine du parvis, une autre fontaine est conçue en 1806. Elle était adossée au bâtiment de l'Hôtel-Dieu sur le côté du parvis et se composait de deux vases à l'antique sculptés en pierre et décorés de bas-reliefs, ils se trouvaient de part et d'autre de la porte du bâtiment, dans une niche et sur un piédestal où un mascaron de bronze délivrait l'eau[2]. Ces éléments ont été enlevés et se trouveraient aujourd'hui à l'hôpital Lariboisière.

De nos jours, une Fontaine Millénaire a été installée sur le parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II, au croisement avec la rue d'Arcole, cette « fontaine à boire » perpétue ainsi, sans le savoir, la tradition.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Fontaines et réservoirs de Paris », sur 400ansaqueducmedicis.org, Paris historique.
  2. a et b Amaury Duval (ill. Alexandre Moisy), Les fontaines de Paris anciennes et nouvelles..., Paris, Bance ainé, (lire en ligne).
  3. « Chronique d'histoire régionale », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 17, no 75,‎ , p. 259–280 (lire en ligne).
  4. Pierre Julien, « Jules Verne ; la Lorraine ; le parvis Notre-Dame », Revue d'histoire de la pharmacie, vol. 55, no 193,‎ , p. 450–451 (lire en ligne).
  5. Le document numérisé sur le site Gallica.fr.