Fontaine de la Rotonde

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Fontaine de la Rotonde
Fontaine de la Rotonde - Aix-en-Provence.JPG

Vue générale sur la fontaine.

Présentation
Type
Architecte
Théophile de Tournadre
Construction
Hauteur
12 mètres
Géographie
Pays
Région
Commune
Localisation
Coordonnées
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La fontaine de la Rotonde est une fontaine située au centre-ville d'Aix-en-Provence, dans la continuité du cours Mirabeau. Conçue par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Théophile de Tournadre, elle a été inaugurée en 1860 et est l'un des monuments les plus connus d'Aix-en-Provence. Son bassin a un diamètre de 32 mètres et la fontaine s'élève à 12 mètres de hauteur. Le diamètre total du monument est de 41 mètres.

Historique de la place[modifier | modifier le code]

Le bas du cours Mirabeau avec vue sur la fontaine de la Rotonde au début du XXe siècle.
Effet d'eau et de lumière sur la fontaine de la Rotonde.

Le bas du cours subit de lourds travaux à la suite du décès du comte de Valbelle en 1779. Celui-ci avait fait à la ville un legs de 30 000 livres quelques années plus tôt. Ainsi, le 26 novembre de la même année, sont décidés à la fois la démolition du rempart, le remblaiement des terrains[1] en bas du cours, sur la future place de la Rotonde, et un pont permettant d'y aborder. On prévoit toutefois d'installer à titre permanent deux gardes pour veiller sur l'entrée de la ville[2]. Par contre, les deux guérites situées de part et d'autre du cours sont vendues, car devenues inutiles. Une de ces guérites est achetée par l'aubergiste Antoine Imbert qui utilisera la construction pour édifier l'hôtel des Princes (situé aujourd'hui au numéro 3)[3]. Pourtant, les travaux de la place de la Rotonde provoquent une dégradation accélérée des l'état du cours dans son ensemble, en raison du passage continuel des charrois qui transportent les matériaux utilisés pour le remblaiement. Le , comme le cours est jugé « impraticable pour les gens à pied et pour les voitures », il est décidé de faire engraver une bonne partie de sa longueur[4].

Des projets sont demandés à divers architectes pour l'embellissement de la place nouvellement créée. L'architecte Cauvet prévoit d'installer une grande fontaine surmontée d'un obélisque sur la place de la Rotonde pour marquer l'entrée de la ville, débarrassée de ses remparts et ses grilles d'entrée. Ce n'est pourtant qu'un siècle plus tard que le projet prend forme[5]. Aujourd'hui, la ville a évolué de telle manière que la fontaine de la Rotonde n'est plus à l'entrée, mais en plein cœur de la ville.

Description de la fontaine[modifier | modifier le code]

L'édifice est construit en pierre froide des carrières de Saint-Antonin, de Pourrières et de Fuveau. Sa hauteur maximale est de 12 mètres[5]. En bas, un grand bassin circulaire est entouré de sculptures léonines. Un deuxième bassin, plus petit, se situe plus haut. Ce petit bassin est surmonté d'un piédestal décoré de têtes de guépard. Enfin, un ensemble de trois statues couronne le tout.

L'historien aixois André Bouyala d'Arnaud fait de la fontaine une description poétique au moment du couchant, même si les statues de Truphème lui déplaisent vivement : « La fontaine monumentale prend sa revanche au couchant. Les lions accroupissent vomissent du feu ; les trois statues du sommet sont sur un brasier. Dans le bassin des flammes tombent en cascades et les enfants chevauchent des tisons rouges[6]. »

Le diamètre total du monument est de 41 mètres[7].

Bassin et vasque[modifier | modifier le code]

Un des groupes de lions qui entourent le bassin.

Une chaîne, coulée maillon par maillon au centre aixois d'Arts et Métiers ParisTech entoure le monument. Quatre groupes de deux lions sont disposés sur des socles en marbre du Tholonet, au bord du bassin circulaire de 32 mètres de diamètre. À l'intérieur de ce bassin, quatre groupes d'enfants montent des cygnes de fonte bronzée coulés dans les usines Muel Wahl et Compagnie de Tusey (près de Vaucouleurs - Meuse ). Le bassin principal est surmonté d'un autre bassin, plus petit, de 15 mètres de diamètre. La vasque, de 8 mètres de diamètre, a été fondue dans les ateliers Berthet, à Aix-en-Provence[5]. Le piédestal qui surmonte la vasque a été réalisée par François Truphème (1820-1888)[5], que d'aucuns jugent déplaisant à la vue[6].

Les statues[modifier | modifier le code]

Vue sur les trois statues qui ornent le sommet de la fontaine.

Trois statues de marbre, réalisées chacune par un sculpteur différent, ornent son sommet. Chacune a une signification particulière et regarde vers une voie. La sculpture qui regarde vers le cours Mirabeau a été réalisée par l'Aixois Joseph Marius Ramus (1805-1888). Elle symbolise la justice. La statue qui regarde la route de Marseille (avenue des Belges), œuvre de Louis-Félix Chabaud (1824-1902), sculpteur de Venelles, symbolise le commerce et l'agriculture. Enfin, la troisième, orientée vers la route d'Avignon (avenue Napoléon-Bonaparte), a été sculptée par Hippolyte Ferrat (1822-1882) et symbolise les beaux-arts.

Ces trois statues ont longtemps valu à la fontaine le surnom de « fontaine des Trois-Grâces[8] ».

L'eau de la fontaine[modifier | modifier le code]

À partir du , la fontaine est alimentée par les eaux du canal du Verdon, en provenance de Quinson[9]. Ce canal permet d'irriguer près de 3 000 hectares et mesure 82 kilomètres de long[9]. Jusqu'en 1876, l'eau ne coule que les dimanches et les jours fériés[10]. Depuis cette date, l'arrivée de l'eau n'a plus cessé. Des améliorations sont toutefois à signaler. Ainsi, en 1974, la fontaine est raccordée au réseau municipal et les eaux sont recyclées. Son débit est porté à 180 m3 par heure en 1996[10].

Des travaux ont lieu aussi en 1912 lorsqu'un mouvement de terrain provoque des dégâts à la fontaine. Son aspect n'a plus changé depuis cette date[8].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le remblaiement sera réalisé en bonne partie grâce au remploi des matériaux provenant de la démolition du Palais Comtal (1785-1786).
  2. Jean Boyer, Architecture et urbanisme à Aix-en-Provence aux XVIIe et XVIIIe siècles – Du cours à carrosses au cours Mirabeau, éd. Ville d'Aix-en-Provence, 2004, p. 25.
  3. Jean Boyer, op. cit., 2004, p. 35.
  4. Jean Boyer, op. cit., 2004, p. 36.
  5. a, b, c et d « La fontaine de la Rotonde », Jean Boyer, op. cit., 2004, p. 116, 117.
  6. a et b Évocation du vieil Aix-en-Provence, André Bouyala d'Arnaud, éditions de Minuit, 1864, p. 215.
  7. Itinéraire général de la France, Adolphe Joanne, Hachette, Paris, 1865, p. 71.
  8. a et b « Fontaine de la Rotonde », in Lucie Schmeltzer, Promenades autour des fontaines d'Aix-en-Provence, éd. Gimenez-Jarnier, Aix-en-Provence, 2009, p. 5.
  9. a et b Toi, Durance, Henri Julien et Jean-Marie Gibelin, éd. Cheminements, Terradou, 1991, p. 249.
  10. a et b Deux siècles d'Aix-en-Provence. 1808-2008, Académie d'Aix éditions, Aix-en-Provence, 2008, p. 105-109.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Deux siècles d'Aix-en-Provence. 1808-2008, Académie d'Aix éditions, Aix-en-Provence, 2008, p. 105-109, (ISBN 9782953151008).
  • Jean Boyer, « Architecture et urbanisme à Aix-en-Provence aux XVIIe et XVIIIe siècles – Du cours à carrosses au cours Mirabeau », éd. Ville d'Aix-en-Provence, 2004.
  • Évocation du vieil Aix-en-Provence, André Bouyala d'Arnaud, éd. de Minuit, 1964.