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Fontaine d'eau fraîche

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Une fontaine d'eau fraiche

Une fontaine à eau, également appelée distributeur d’eau et (de façon imprécise) fontaine d’eau fraîche, est un appareil conçu pour fournir de l’eau potable principalement pour répondre à des enjeux d’hydratation, directement liés à la qualité de vie dans les lieux professionnels. Généralement, elles distribuent a minima de l'eau tempérée et de l'eau réfrigérée par un système propre à l’appareil.

Les modèles qui se branchent sur le réseau - lesquels peuvent attirer les particuliers - déplacent les enjeux d’hydratation vers ceux du confort, avec l’accès à un panel d’options plus large et la possibilité de filtrer l’eau du réseau ; mais aussi éventuellement vers des enjeux d'écologie (ce qui peut être sujet à caution).

Les fontaines à eau que l’on trouve dans les entreprises et les lieux accueillant du public représentent des dispositifs récents. À ce titre, ces appareils se présentent comme un symbole de la tertiarisation de la société (en Occident), et plus concrètement modernisent la fontaine à eau public imaginée dès l’Antiquité[1].

Les fontaines publiques ont jusqu’au XIXe siècle assuré des fonctions vitales et symboliques, utilitaires et collectives. Celles-ci ont été évincées face à la généralisation de l’eau courante, qui ont fait de ces dispositifs des ornementations. À cet égard, l’émergence de la fontaine à eau comme appareil conçu pour équiper des entreprises s’inscrit dans une logique de fragmentation de l'espace communautaire pour investir des lieux fermés, au profit d’un groupe plus restreint (celui des employés ou du public traversant cet espace). Il est d’abord l’expression de valeurs (identitaires) par le fait d’investir dans un système en faveur du bien-être des individus accueillis au sein d’une structure.

Il s’agit d’une mode qui se développe d’abord aux États-Unis. Dans les années 80, la fontaine à eau investit tant les bureaux et les administrations que les restaurants (comme en témoignent nombre de séries télévisées ou de films). Il faut attendre le début des années 90 pour que les fontaines à eau commencent à s’implanter, ce d’abord dans des restaurants d’entreprise et des cantines scolaires.

Plus récemment, les fontaines à eau sont au cœur de politiques environnementales et sociales en contribuant, par leur généralisation dans les lieux accueillant du public, à la lutte contre la déshydratation (en particulier au travail, mais aussi dans les halls de gare, les centres commerciaux) en facilitant l’accès à l’eau, ainsi qu'à la lutte en faveur de la limitation des déchets en plastique.

Types de modèles

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La Fontaine de cuivre, par Jean Siméon Chardin en 1733-1734.

On peut distinguer aujourd’hui deux grands types de modèles de fontaines à eau : les modèles dit « fontaines bonbonnes » qui fonctionnent avec un réservoir en plastique et les modèles dit « fontaines sur réseau » qui se raccordent sur le système de distribution d’eau courante.

Fontaines bonbonnes

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Ce distributeur est équipé d’un réservoir d’eau potable – généralement en plastique translucide – d’une contenance de 18,9 litres (5 gallons aux États-Unis). C’est le dispositif qui s’est le plus répandu pour équiper les locaux d’entreprise, mais aussi les grands magasins ou supermarchés, jusqu’aux cabinets de médecin.

Son réapprovisionnement, qui consiste à changer de réservoir, est le plus souvent traité par une entreprise spécialisée assurant un service de distribution régulier.

La fontaine bonbonne reste encore très prisée, en particulier pour équiper des locaux où le branchement au réseau d’eau ou à toute autre source s’avère exigeant.

Fontaines sur réseau

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Ce distributeur, généralement plus discret, est relié à une source ou un circuit d’approvisionnement en eau – le plus souvent le réseau d’eau potable. Ce dispositif rencontre un succès grandissant alors que l’eau du réseau en France fait l’objet de contrôles pour répondre aux normes de potabilité[2] – avec l’usage du chlore pour éliminer la présence d’éventuelles bactéries.

Le raccordement de la fontaine – lequel peut s’avérer un obstacle en fonction des sites d’installation – est généralement pris en charge par l’entreprise spécialisée qui fournit l’appareil.

Le branchement sur réseau élimine la nécessité de stocker des bonbonnes et l’effort physique de remplacer le réservoir vide, tout en certifiant l'accès à de l’eau potable à tout moment.

Catégories de fontaines

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Les fontaines bonbonnes, du fait de leur structure, sont peu diversifiées, à l’inverse des fontaines qui se branchent sur le réseau. Celles-ci en effet présentent différents formats, ainsi que des capacités de débit différentes en fonction des usages ou des profils ciblés.

Fontaines pour entreprises

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Il s’agit des modèles les plus fréquents. Le plus souvent, la fontaine pour entreprises est un dispositif dit « sur pied » de façon à présenter la buse où l’eau s’écoule à hauteur de l’utilisateur. On installe le plus souvent dos à un mur, mais certains modèles peuvent se suspendre à un mur ou être encastrées dans une paroi.

Fontaines pour particuliers

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Généralement, les fontaines pour particuliers sont des modèles dit « de comptoir », c’est-à-dire conçus pour être posés sur un plan de travail (généralement dans la cuisine) de façon à s’intégrer davantage à l’environnement domestique qu’un appareil sur pied (considéré comme peu esthétique et assez encombrant). Certains modèles peuvent être installés sous un évier avec un robinet à multiples voies en sortie.

Cela reste toutefois un marché peu développé, en France du moins, alors que les consommateurs privilégient soit l’achat de bouteilles d’eau, soit la consommation directe de l’eau au robinet.

Fontaines pour milieu hospitalier

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Ce sont souvent des modèles proches de ceux dédiés aux entreprises, à ceci près que les modèles spécialisés prennent en compte les contraintes en matière de qualité d’eau plus élevées dans cet environnement que dans les environnements de travail[3]. Ils bénéficient à ce titre d’un système de traitement par rayons ultra-violets juste avant la buse par où l’eau s’écoule, de façon à satisfaire aux exigences de qualité d’eau – le traitement par ultra-violets offrant de détruire les micro-organismes sans altérer la composition chimique de l’eau (comme le fait le chlore).

Fontaines pour restaurateurs

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Les fontaines pour la restauration se distinguent généralement par leurs capacités de débit afin de répondre aux exigences d’efficacité que rencontrent les restaurateurs. Les collectivités (comme les cantines scolaires) privilégient généralement les refroidisseurs sur pied à grande capacité, tandis que les restaurants et les hôtels peuvent privilégier des modèles de comptoir – cependant bien plus performants que les fontaines dédiées aux particuliers.

Une fontaine à eau est conçue pour distribuer généralement au moins deux types d’eau : soit de l’eau tempérée, soit de l'eau fraîche (réfrigérée par un système propre à l’appareil).

Toutefois, l’évolution technologique associée à la surenchère marketing pour faire valoir la polyvalence de ce type d’appareils permet d’envisager davantage d’options (que l’on rencontre uniquement sur les fontaines branchées sur le réseau). Certaines machines peuvent ainsi proposer de l’eau gazeuse (ou pétillante), mais aussi de l'eau chaude (pour les thés et infusions), voire l’ensemble de ces options.

À cela s’ajoutent des possibilités élargies au niveau de la filtration – chaque distributeur proposant son propre arsenal de solutions – ainsi qu’en ce qui concerne la « personnalisation[4] » de la fontaine.

Option eau gazeuse

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Cette option est l’une des plus prisées, surtout lors des fortes chaleur en été. Le pétillant est produit par un mélange d’eau et de CO2, lequel s’opère dans un carbonateur. Le gaz est stocké dans une bonbonne sous pression (à 36 bars à 0 °C) qu’il s’agit de clipser à un détendeur, lequel régule la pression d’injection du gaz et, ce faisant, le degré de pétillant souhaité.

L’inconvénient concerne le stockage et l’approvisionnement en cartouches de CO2, ainsi que leur recyclage en fin de chaîne de consommation.

Option eau chaude

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Un système de chauffe-eau permet d’obtenir de l’eau entre 65° Celsius et 85° Celsius (la température est réglable le plus souvent) – jusque 95° Celsius en Chine – pour la préparation de breuvages chauds. Un double système de sécurité est généralement associé : d’une part un système de détection de surchauffe et d’autre part un système de verrouillage au niveau des commandes (requérant une double pression) pour éviter une utilisation inconsciente de cette option par des enfants.

L’inconvénient de cette option est le risque élevé d’entartrage de la fontaine.

Systèmes de filtration

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L’eau des fontaines-bonbonnes est généralement de l’eau de source ou de l’eau minérale. Aussi ces appareils ne sont-ils pas équipés de système de filtration, alors que l’eau de leur réservoir répond d’emblée à des normes de potabilité stricte au niveau de l’embouteillement.

En revanche, la plupart des fontaines sur réseau sont équipées de filtre à base de charbon actif ou activé : l’intérêt réside dans les propriétés naturelles d'adsorption du charbon actif qui permettent d’éliminer un grand nombre de molécules chimiques, dont les résidus chlorés qui peuvent altérer le goût de l’eau – mais non les bactéries qu’ils ont tendance à faire proliférer.

Il est cependant possible de renforcer la capacité de filtration d’une fontaine sur réseau en lui adjoignant d’autres filtres aux fonctions spécifiques : des filtres antibactériens, anti-tartre, ou encore qui ciblent la présence de métaux lourds, de nitrates ou des PFAS (lesquels font partie d’une pollution très répandue, y compris en France, et particulièrement alarmante[5]).

Personnalisation

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Certains distributeurs, en particulier Séquoia[6] qui en a fait un de ses arguments marketing principaux, font de la personnalisation une stratégie spécifique pour attirer des clients. La personnalisation consiste à apposer une image ou un logo sur la façade de la fontaine (généralement pour répondre aux envies d’originalité esthétique d’une entreprise), voire à graver (pour les fontaines dotées d’une façade en verre trempé) un motif par laser.

Cadre législatif

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La distribution de l’eau par des fontaines se situe au carrefour de différentes obligations législatives : d’une part, la qualité de l’eau puisqu’il s’agit de distribuer de l’eau pour l’hydratation des personnes ; d’autre part, l’enjeu de fournir un accès facilité à l’eau pour la santé des travailleurs et le bien-être des personnes – associé depuis quelques années à l’enjeu d’une réduction de la consommation de plastique.

La qualité de l'eau

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La qualité de l’eau que l’on peut boire est définie par les normes de potabilité en vigueur : celles-ci concernent tant la présence de micro-organismes que la présence de particules physiques ou de molécules chimiques impliquant des seuils de tolérance spécifiques. Cela se traduit soit par l'établissement de limites de qualité, qui tracent une démarcation stricte concernant la potabilité de l’eau ; soit par l'établissement de limites de référence, qui mettent en avant la présence d’indicateurs privilégiés de contamination (en particulier en ce qui concerne la présence de certaines bactéries)[7].

Le Code du travail précise également ce que sous-entend la dénomination « eau fraîche ». En effet, l’article R4225-2[8] souligne l’obligation de l’employeur à donner accès à de l'eau fraîche à ses employés. Ainsi, la lettre ministérielle du travail numéro 14-3-63, UN n°25 du 20/06/1963[9] précise que l’eau est dite fraîche à condition d’être à une température comprise entre 9°C et 12°C.

L'accès à l'eau sur le lieu du travail

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Au-delà du fait que l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs dont il a la responsabilité, l’article R4225-2 du Code du travail[8] précise que l’employeur est tenu de mettre à la disposition des travailleurs de l’eau potable et fraîche. Un point renforcé par l’article R4225-3[10] qui insiste sur l’obligation de mettre à disposition au moins une boisson non-alcoolisée lorsque des conditions particulières de travail conduisent les travailleurs à se désaltérer fréquemment.

Le code du travail ne mentionne aucunement la nécessité d’installer une fontaine à eau. Cependant, l’article R4225-4[11] précise qu’il incombe de déterminer l’emplacement des distributeurs de boisson à proximité des postes de travail et dans un endroit remplissant toutes les conditions d’hygiène.

À cela s’ajoute le fait que le code de la santé publique rend obligatoire le raccordement au réseau d’eau public et interdit en corollaire aux établissements de délivrer une eau qui ne soit pas celle de la distribution publique, à moins de bénéficier de dérogations spécifiques accordées à des fins sanitaires et alimentaires (liées à un captage privé en zone agricole ou naturelle)[12].

La loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC)

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Depuis le 1er janvier 2022 en France, l’article L.541-15-10 du Code de l’environnement[13] – qui vient en renfort de la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) pour réduire de 50% le nombre de bouteilles en plastique mises sur le marché à l’horizon 2030 et la fin des emballages en plastique à usage unique d’ici 2040 – prévoit que les établissements recevant du public (ERP) et accueillant plus de 300 personnes sont dans l’obligation d’installer au moins un point d’eau potable gratuit, libre d’accès et indiqué par une signalétique visible.

L’article D 541-340 du décret 2020-1724[14] voté en conseil d’état le 28 décembre 2020 stipule que seuls les établissements de première, deuxième et troisième catégorie (c’est-à-dire aptes à recevoir au moins 301 personnes) sont soumis à l’obligation de mettre à disposition au moins une fontaine d’eau potable, dès lors qu’ils sont déjà raccordés au réseau d’eau potable. Le terme de « fontaine d’eau potable » désigne ainsi tout dispositif de distribution d’eau potable raccordé au réseau d’eau et permettant de remplir un contenant pour boisson.

Le nombre de fontaines à mettre ainsi à disposition du public est calculé en fonction de la capacité d’accueil de l’établissement : ce nombre minimum obligatoire est déterminé à partir du nombre de tranches de 300 personnes que l’établissement peut accueillir.

La réalité de la mise en application du cadre législatif en France

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Près de 68 500 établissements sont concernés par l’application de la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire : cela concerne en particulier les gares ferroviaires, les centres commerciaux, les salles de spectacle, les stations-service ou de transports de grande taille, les centres sportifs, etc.

Cependant, une enquête menée par les associations UFC-Que Choisir et No Plastic in my Sea[15] montrent que l’application de cette loi est encore parcellaire et insuffisante, en soulignant un décalage que tous deux estiment inquiétant entre les textes de la loi et la réalité rencontrée par leurs enquêteurs. Ainsi, 48 % des ERP[16] ne disposent pas de point d’eau potable (les espaces culturels sont les mieux équipés, tandis que des progrès ont été observés dans les gares SNCF, à 53% équipées de fontaines à eau). Cependant, 82 % des points d’eau identifiés ne bénéficient pas de signalétique directionnelle.

Aussi très souvent encore les usagers se tournent vers l’achat d’eau embouteillée, ce qui peut s’avérer un coût non négligeable, en particulier pour les publics souffrant de précarité financière (une bouteille de 50 cl coûte en moyenne 2,50 euros dans les gares ferroviaires)[15].

Avantages et inconvénients des fontaines à eau

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Le premier avantage d’une fontaine à eau est celui du confort, voire du bien-être sur les lieux de travail, en favorisant l’accès à de l’eau potable sans contrepartie financière de la part de l’usager. À cela s’ajoute le fait de réduire la consommation de plastique en ce qui concerne les modèles de fontaines qui se branchent sur le réseau, en limitant la production de contenant en plastique pour stocker l’eau – ce qui en fait non seulement une alternative aux fontaines bonbonnes, mais aussi aux distributeurs d’eau en bouteille.

Cet enjeu de réduction de la production de plastique est au cœur du projet de loi AGEC alors que près de 15 milliards de bouteilles en plastique sont mises chaque année sur le marché en France. Qui plus est, selon l’ADEME, le tonnage de bouteilles en plastique mises en circulation a augmenté de 10% entre 2021 et 2023[17] (à contre-courant des objectifs de réduction fixés par la loi AGEC).

Cependant, il faut considérer certains inconvénients à ce type de dispositif. Une récente méta-étude impliquant près de 70 travaux scientifiques sur la qualité de l’eau révèlent que les distributeurs d’eau ont tendance à présenter des niveaux de contamination microbienne plus élevés que l’eau au robinet[18]. Selon cette méta-étude, 76% des fontaines délivrent de l’eau contenant des bactéries coliformes (un type de bactéries fécales), contre 36% pour l’eau du robinet. Et l’on a pu déceler un bacille dans 24% des échantillons d’eau issus de fontaines contre 10% d’échantillons pris au robinet.

Les raisons pour les deux grandes catégories de modèles diffèrent. En ce qui concerne les fontaines bonbonnes, il s’agit le plus souvent d’un problème de rétro-contamination (par le biais de l’usager) alors qu’elles obéissent le plus souvent à un système de coupure par pincement que l’on actionne manuellement : aussi la pièce qui commande l’accès à l’eau est-elle contigüe au réservoir, lequel constitue un espace favorable à la prolifération bactérienne puisqu’il est stagnant et potentiellement exposé à des températures assez favorables à leur prolifération[19].

Dans le cas des fontaines sur réseau, qui pourtant sont équipées de filtres, la raison est principalement due au fait que, justement, leur filtre principal à base de charbon actif n’élimine pas les bactéries qui peuvent se trouver dans le réseau, et favorisent au contraire leur prolifération en éliminant le chlore qui est un agent biocide. Or, les tuyaux en plastique favorisent l’adhésion des bactéries à leurs parois et ainsi à la formation de biofilms – des structures en polysaccharides particulièrement résistantes et difficiles à éliminer libérant d’importantes quantités de bactéries. D’autant que contrairement à ce qu’affirment certaines propagandes commerciales, l’eau stagne bien la nuit dans les tuyaux, qui peuvent avoir une longueur de plusieurs mètres[20].

On peut également souligner le problème des gobelets en carton qui ont vocation à remplacer ceux en plastique qui ont longtemps inondé les marchés. Si leur production est en effet une alternative à la production de plastique jetable (visé par la loi AGEC), ils nécessitent toutefois d’être imperméabilisés, car le carton n’est pas étanche au liquide froid ou chaud. Cette imperméabilisation est rendue possible :

  • soit par l’ajout d’un fin film plastique qui représente 5 à 10% du poids du gobelet (ce qui en fait en réalité un objet composite carton-plastique)
  • soit par un traitement aux PFAS, aux propriétés déperlantes bien connues, avec le risque d’une contamination accrue à ces produits chimiques particulièrement résilients (à la source d’un scandale sanitaire mondial[21]).

Références culturelles

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L'expression watercooler moment moment fontaine d'eau fraîche ») désigne sur le lieu de travail l'échange informel d'informations autour de la fontaine d'eau ou de la machine à café[22] (notamment des informations sur les moments forts de télé vus la veille de cet échange)[23].

Dans le film Cypher sorti en 2002, les fontaines à eau sont utilisées pour droguer les assistants des conférences afin de leur faire subir un lavage de cerveau.

Notes et références

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  1. Léa Gaschet, « Les fontaines à boire comme supports de l'eau dans l'espace public : entre qualité paysagère et rafraîchissement urbain », dumas.ccsd.cnrs.fr, Agence d'Urbanisme de la Région Nantaise (AURAN), 2 cours du Champ de Mars, BP 60827, 44008 Nantes cedex 1, (lire en ligne, consulté le )
  2. « Arrêté du 30 décembre 2022 modifiant l'arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine mentionnées aux articles R. 1321-2, R. 1321-3, R. 1321-7 et R. 1321-38 du code de la santé publique », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le )
  3. « Qualité de l'eau dans les établissements de santé. Guide technique de l'eau dans les établissements de santé », sur sante.gouv.fr, 3 décembre 2009 - mis à jour le 20 décembre 2021 (consulté le )
  4. personnalisation.
  5. « Polluants éternels (PFAS) : s'informer et réduire son exposition », sur sante.gouv.fr (consulté le )
  6. Séquoia.
  7. « Paramètres de qualité de l'eau potable - SIEP », sur Syndicat Intercommunal des Eaux de Picardie (consulté le )
  8. 1 2 Article R4225-2 du Code du travail.
  9. « La fontaine à eau est-elle obligatoire en entreprise ? », sur Pleyce (consulté le )
  10. Article R4225-3 du Code du travail.
  11. Article R4225-4 du Code du travail.
  12. « Eau & entreprises. Des opportunités, des obligations » [PDF], (consulté le )
  13. Article L.541-15-10 du Code de l’environnement.
  14. Article D 541-340 du décret 2020-1724.
  15. 1 2 « Réduction de la pollution plastique : les fontaines à eau prévues par la loi AGEC absentes ou invisibles » Accès libre [PDF] (consulté le )
  16. ERP.
  17. « Le magazine d'information de l'agence de la transition écologique », sur ADEME Infos (consulté le )
  18. Thomas D. Hile, Raeann Leal, Stephen G. Dunbar et Ryan G. Sinclair, « Microbiological quality of drinking water from water dispensers », AIMS Microbiology, vol. 11, no 4, , p. 891–914 (ISSN 2471-1888, PMID 41522444, PMCID 12782947, DOI 10.3934/microbiol.2025039, lire en ligne, consulté le )
  19. -Sequoia73-, « Fontaines réseau vs fontaines bonbonnes », sur Séquoia, (consulté le )
  20. (en-US) StudyFinds Analysis, « Your Office Water Cooler Might Be Dirtier Than You Think, Study Says », sur StudyFinds, (consulté le )
  21. « Déclaration de Madrid sur les substances alkylées poly- et perfluorées (PFAS) » Accès libre [PDF], sur reseau-environnement-sante.fr, (consulté le )
  22. (en) Cliff Saran, « Three approaches to remote collaboration for home workers », sur computerweekly.com, .
  23. Anaïs Bordages, Marie Telling, « La fin de Game of Thrones marque aussi la fin d'une époque », sur slate.fr, .

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Articles connexes

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