Fontaine Médicis

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Fontaine Médicis
La fontaine Médicis, Jardin du Luxembourg, Paris 2013.jpg
Présentation
Type
Ingénieur
Créateurs
Construction
1630
Patrimonialité
Localisation
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Région
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La fontaine Médicis est une fontaine du jardin du Luxembourg à Paris. Sa construction, vers 1630, est une commande de la reine Marie de Médicis, veuve d'Henri IV, à l’ingénieur florentin Thomas Francine. Restaurée après la Révolution par Jean-François Chalgrin, qui place dans sa niche centrale une statue de Vénus, elle est déplacée en 1862, son bassin agrandi et la statue remplacée par le groupe statuaire Polyphème surprenant Galatée dans les bras d'Acis, œuvre du sculpteur Auguste Ottin.

Histoire et déplacement[modifier | modifier le code]

La grotte de Marie de Médicis[modifier | modifier le code]

Plan du jardin en 1752. La grotte se tourne en bas à gauche, au point K.

Autour du palais du Luxembourg qu'elle fait construire, Marie de Médicis souhaite installer de nombreuses grottes, fontaines, bassins et terrasses dotés de jeux d'eau, afin de retrouver l'atmosphère architecturale des nymphées de son enfance, comme la grotte de Buontalenti (Florence). Cette fontaine est le seul vestige de ce type de constructions commandées par la reine[1].

Vers 1630, elle confie la réalisation de cet édifice à l'ingénieur florentin Thomas Francine, qui s'est déjà illustré en construisant l'aqueduc Médicis entre Paris et Rungis, et qui réalisera six ans plus tard une grotte similaire dans les jardins du château de Wideville (Yvelines)[1].

Plus que d'une grotte, il s'agit d'une façade de 14 mètres de haut et 12 mètres de large, destinée à masquer les bâtiments de la rue d'Enfer, près de laquelle elle se trouvait. Elle comprend trois niches, séparée par quatre colonnes d'ordre toscan. Un fronton orné des armes de la France et des Médicis la surplombe, surmonté de trois pots à feu (qui ont de nos jours disparu) et encadré par deux figures allégoriques couchées, Le Rhône et La Seine, œuvre de Pierre II Biard. Un mur en pierre de taille avec de fausses arcades est placé de chaque côté de la grotte. Du XVIIe au début du XIXe siècle, le bassin situé devant le grotte centrale ne comprend pas de jeux d'eau[2].

La grotte est initialement installée à l'Est du jardin du Luxembourg, dans la perspective de l'allée entre la porte des Carmes et la rue d'Enfer, longeant donc la façade sud du palais[2].

Transformations au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Plan du jardin depuis les transformations du milieu du XIXe siècle : la fontaine est en haut à droite, le trait bleu figurant le long bassin.

Comme le palais du Luxembourg, le jardin est réaménagé après l'installation du Sénat dans ses murs en 1799. L'architecte Jean-François Chalgrin confie alors aux sculpteurs Duret, Ramey et Talamona de restaurer la « grotte du Luxembourg ». Les armes d'Henri IV et des Médicis sont retirées et, dans la niche centrale, est placée une petite statue de Vénus en marbre. Enfin, le petit bassin est désormais alimenté par une cascade d'eau située sous la statue. Ce qui n'était alors qu'un portique de style italien devient une fontaine[3].

Dans les années 1850, les murs qui prolongeaient la grotte de chaque côté sont démolis[3]. Au début des années 1860, la fontaine est déplacée, à la suite du percement de la rue de Médicis, effectué dans le cadre des travaux d'urbanisme du préfet Haussmann à Paris. Malgré de vives protestations, le projet provoquant également la destruction d'une partie des dépendances du Sénat, la fontaine Médicis est démontée pierre par pierre en 1862 et rapprochée du palais d'une trentaine de mètres. L'architecte Alphonse de Gisors rétablit les armes de la France et fait construire un bassin long d'une cinquantaine de mètres, dont la rambarde est ornée de vasques ; deux rangées de platanes bordent le bassin[4].

La statuaire est aussi revue. Dans la niche centrale, la statue de Vénus est remplacée par un groupe de trois personnages mythologiques intitulé Polyphème surprenant Galatée dans les bras d'Acis, œuvre du sculpteur Auguste Ottin. Polyphème, cyclope légendaire, est amoureux de Galatée, jeune et belle nymphe marine. Accroupi sur un rocher, une peau de bête sur le dos, il observe Galatée dans les bras d'Acis, prêt à tuer son rival avec un rocher[5]. Le couple est langoureusement allongé au bord de l'eau. Le contraste est saisissant entre la masse énorme et sombre du cyclope et la blancheur du duo des deux jeunes gens[6]. De plus, la forme même du bassin procure l'illusion que le plan d'eau est incliné.

Dans les niches latérales sont placées deux statues de faune et de chasseresse. La façade arrière de la fontaine est aussi réaménagée par Gisors, qui y adosse la fontaine de Léda, autrefois située à l'angle des rues du Regard et de Vaugirard, supprimée par le percement de la rue de Rennes. Cette deuxième fontaine comprend un bas-relief d'Achille Valois réalisé en 1807. Elle est surmontée d'une demi-couple et d'un fronton, où sont couchées deux statues de naïades réalisées par Jean-Baptiste-Jules Klagmann[7].

La fontaine est classée au titre des monuments historiques par la liste de 1889[8].

Sous l'Occupation, en juin 1944, les Allemands transforment la fontaine Médicis en piscine d'été[9].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « La Fontaine Médicis », sur senat.fr (consulté le 24 avril 2020)
  2. a et b « La grotte telle qu'elle se présentait au XVIIe siècle », sur senat.fr (consulté le 24 avril 2020)
  3. a et b « La grotte devient fontaine », sur senat.fr (consulté le 24 avril 2020)
  4. « Le déplacement de la fontaine Médicis », sur senat.fr (consulté le 24 avril 2020)
  5. « La fontaine : ses sculptures et sa nouvelle façade orientale », sur senat.fr (consulté le 24 avril 2020)
  6. Mylène Caillette, Promenade au jardin du Luxembourg autour de 50 sculptures. Côté ouest, Éditions M. Caillette, 1995.
  7. « La fontaine : ses sculptures et sa nouvelle façade orientale », sur senat.fr (consulté le 24 avril 2020)
  8. Notice no PA00088519, base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. « Le Sénat de 1940 à 1944 : Deux jardins au Luxembourg », sur senat.fr (consulté le 24 avril 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]