Apprentis d'Auteuil

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Apprentis d'Auteuil

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
Fondation
Fondation 1866
Identité
Site web http://www.apprentis-auteuil.org

La fondation des orphelins apprentis d'Auteuil (appelée fondation d'Auteuil depuis 2002, Apprentis Auteuil depuis 2010, également connue sous son sigle OAA), créée en 1866 par l'abbé Louis Roussel, est une œuvre sociale qui se consacre à l'accueil, la formation et l'aide à l'insertion des jeunes en difficultés sociales.

C'est une fondation catholique sous tutelle du ministère de l'intérieur, de l'archevêché de Paris et de la congrégation du Saint-Esprit (Spiritains).

En 2007, la fondation gère 170 établissements[1] (maison d'enfants à caractère social, école, collège, lycée, centre de formation d'apprentis, dispositif d'insertion) qui accueillent 9 300 jeunes[2].

En 2014, la fondation gère plus de 200 établissements[3] qui accueillent 23 000 jeunes et viennent en aide à 4 000 familles[3] en France. A l'international, la fondation accompagne 20 000 jeunes et familles.

La marque « Fondation d'Auteuil » et le logo ont été enregistrés à l'Institut national de la propriété industrielle respectivement le 6 octobre 2000[4] et le logo le 28 juillet 2010[5].

Historique[modifier | modifier le code]

La fondation d’Auteuil a été fondée en 1866 par l’abbé Louis Roussel (1825-1897) et le père Daniel Brottier (1876-1936) qui se plaçaient sous la protection de Thérèse de Lisieux et entendaient « créer, agir et innover pour le service des enfants les plus pauvres et les plus démunis ». Dédiée à l'origine aux orphelins auxquels elle voulait donner une bonne éducation, ainsi qu'un métier leur permettant de gagner leur vie, la Fondation d'Auteuil entend s'adapter aux nouvelles problématiques sociales liées à la protection de l'enfance et se consacre aux jeunes en difficulté.

1866 - 1895 : l’Abbé Roussel fonde les Orphelins Apprentis d’Auteuil[6][modifier | modifier le code]

Préoccupé par le sort des orphelins à Paris, l’Abbé Roussel fonde le 19 mars 1866 l’Œuvre de la Première Communion avec ses six premiers enfants des rues. Il s’installe le jour même dans une maison abandonnée au 40 rue Jean de La Fontaine, dans le quartier d'Auteuil à Paris, qu’il achète avec les 2 000 francs donnés par l’archevêque de Paris, Mgr Darboy. Il souhaite que chaque enfant soit accueilli, soigné, apprenne à lire et à écrire, reçoive une formation chrétienne et un métier.

Le nombre des orphelins augmente rapidement. Dix ans après la création de l'Œuvre, ce sont 200 enfants qui sont instruits chaque année. La guerre de 1870 triple le nombre d'orphelins ; à Paris, la situation économique est dure et il est difficile de placer les jeunes d’Auteuil en apprentissage. En juillet 1871, Louis Roussel décide d'ouvrir des propres ateliers pour former les orphelins et leur apprendre un métier. Les Orphelins Apprentis d’Auteuil sont nés. Ils s'illustreront particulièrement dans le métier de l'imprimerie avec un journal hebdomadaire, La France Illustrée.

En juillet 1878, l'orphelinat connaît de graves problèmes de trésorerie. Il est alors sauvé grâce à une souscription organisée par Saint-Genest, journaliste au Figaro[7].

L’Abbé Roussel se retire en mai 95 et meurt le 11 janvier 1897.

1895-1901 : les années de l'abbé Fontaine[modifier | modifier le code]

Vers 1890, la Fondation rencontre à nouveau de gros problèmes financiers. Le 1er mai 1895, l'abbé Daniel Fontaine arrive à Auteuil et succède à l'abbé Roussel. Il réussit à résoudre les problèmes financiers et trouve des solutions pour rentabiliser l'école professionnelle. Sous son impulsion, l’œuvre accueille de très jeunes enfants de 2 à 6 ans, les « Petits Jésus ». L'abbé Fontaine fut directeur des revues La France Illustrée et L'Ami des Enfants imprimées et publiées par l'imprimerie des orphelins-apprentis. Il quittera la Fondation en 1901 et sera remplacé par l'abbé François-Edouard Blétit.

La Première Guerre mondiale et les années suivantes ont été surmontées avec difficulté par l’institution. En 1923, très endettée, elle ne compte plus que 170 orphelins.

1923 – 1936 : le Père Brottier[modifier | modifier le code]

Statue de Daniel Brottier à La Ferté-Saint-Cyr (Loir-et-Cher)

Le Père Brottier reprend l’institution qui rencontre alors dans de grandes difficultés. Il réussit à redresser la barre en déployant un plan de collecte plus important. Il entreprend la construction de la Chapelle Ste Thérèse sur le site. Elle est inaugurée en 1925. Il reçoit le prix Niobé de l'Académie française et obtient la reconnaissance “d'utilité publique” pour l'Œuvre en 1929.  En 1931, les premières annexes voient le jour en périphérie de Paris puis en province. Au décès du père Brottier en 1936, l’œuvre d’Auteuil accueille 1 400 enfants et compte 14 annexes.

1939 – 1973 : la Seconde Guerre mondiale et les Trente Glorieuses[modifier | modifier le code]

Malgré la période difficile de la guerre et de l’occupation allemande, l'Œuvre continue tant bien que mal à vivre et à se développer : en 1940, lorsque les allemands rentrent dans Paris, elle compte 2150 orphelins. Sous l’impulsion du père Marc Duval, à la tête de l‘œuvre à partir de 1942, Orphelins Apprentis d’Auteuil connaît une période d’expansion importante due en partie aux nombreux orphelins à accueillir après la fin des combats.

En 1949, l’œuvre ouvre un orphelinat à la Martinique. À partir de 1954, les écoles professionnelles deviennent des écoles techniques. La fondation intègre le système de l’éducation nationale. En 1962, on compte 3 500 jeunes. Le Père Duval est contraint de quitter ses fonctions pour raison de santé, il est remplacé par le Père Bœgly. Sa priorité est d’apporter aux jeunes une formation professionnelle. Il s’attache à l’agrandissement des maisons existantes pour leur permettre d’accroitre leur capacité d’accueil et de diversifier les métiers enseignés. Il quitte l’institution en 1972. Le Père Le Gall lui succède mais ne reste que huit mois à la tête de l’œuvre qu’il quitte malade, très ébranlé par une campagne de presse qui accusait la Fondation de faire des tests de médicaments sur certains jeunes.

1973 - 2000[modifier | modifier le code]

En 1973, Jean Gosselin devient le premier directeur général laïque. La direction générale devient tripartite (2 laïcs et 1 spiritain). Il s’attache à perpétuer les missions de l’Œuvre tout en les ancrant dans l’air du temps.

En 1975,  le premier centre à la Réunion voit le jour, il accueille 71 garçons. Les orphelinats deviennent des Maisons de vie plus adaptées aux mutations sociales des années 1970. Les contrats avec l’Éducation nationale et les services sociaux se développent.

L’institution s’ouvre aux fillettes en 1978 puis aux jeunes filles en 1986.

En 1979, la fondation accueille 3 000 jeunes, compte 22 maisons et forme à 25 métiers.

En 1980, elle élargit son champ d’accueil avec la création d’un CAT (centre d’aide par le travail) pour les personnes handicapées mentales, l’ouverture de classes adaptées aux trisomiques et un service d’aide de jour pour les sans-abris. À cette époque également, elle accueille de nombreux enfants étrangers issus des boat-people vietnamiens.

Le 25 novembre 1984, le père Brottier est béatifié par Jean-Paul II.

En 1985, la fondation actualise son projet éducatif. Le chômage qui s’intensifie conduit à se pencher davantage sur la question de l’insertion.

En 1988 est créée AFJM, Aide et formation des Jeunes du Monde, qui propose assistance pédagogique, technique et logistique et échanges culturels avec les pays en voie de développement.

En 1991, Jean Gosselin quitte la direction générale de la fondation ; il est remplacé par Hugues Renaudin, assisté du père Jean Savoie et d’Albert Chilou.

En 1993, la fondation propose la création d’entreprises d’insertion et l’objectif « garantie du premier emploi ». Le père Savoie prend la direction de la Fondation.

En 1994, l’ONG Auteuil International est créée, elle permet une collaboration et des initiatives pédagogiques avec les pays du Sud.

En 1997, François Content, diplôme d'HEC, ancien cadre du Crédit commercial de France, puis directeur d'un centre caritatif présent dans 35 pays, proche du Parti socialiste, devient directeur général. La fondation compte 4 400 jeunes.

En 1999, enquête IGAS (Inspection générale des affaires sociales).

En 2000, la fondation accueille une nouvelle catégorie de jeunes, les mineurs isolés étrangers (MIE) venus principalement d’Afrique, d’Europe de l’est et d’Asie.

2001 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En 2001, l’observatoire des violences, accidents et infractions graves est mis en place à la suite de l'affaire Daheron[8].

2002 : Orphelins Apprentis d’Auteuil devient la Fondation d’Auteuil.

2003 : contrôle de la cour des comptes sur les dons de 1998 à 2002.

2004 : La Fondation met en place un premier centre maternel, destiné à l’accueil des mineures enceintes.

2005 : 7 700 jeunes accueillis.

2008 : lors de la visite de Benoît XVI en France, les élèves d’Apprentis d’Auteuil réalisent la décoration florale et le mobilier pour la cérémonie qui se déroulait aux Invalides (Paris).

2010 : la Fondation d’Auteuil devient Apprentis d’Auteuil

En novembre 2011, Apprentis d’Auteuil publie le « Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté »

En 2012, La fondation accueille 13 000 jeunes dans 220 établissements.

En 2013, Apprentis d'Auteuil accueille 14 000 jeunes et accompagnent 2 500 familles.

En 2014, Apprentis d'Auteuil accueille 23 000 jeunes et accompagnent 4 000 familles en France.

Chiffres clés[modifier | modifier le code]

En 2007, la fondation d'Auteuil accueillait – sans considération d’origine ou de religion – 9 300 garçons et filles : 74 % confiés par leur famille, et 26 % par l'aide sociale à l'enfance (ASE) ou un juge des enfants[2].

La grande majorité des jeunes sont des adolescents (73 % ont entre 12 et 17 ans et 18 % entre 18 et 20 ans). Les autres sont généralement plus jeunes (7 % entre 6 et 12 ans et moins de 0,5 % ont moins de 5 ans), et plus rarement plus âgés (1,4 % a plus de 21 ans)[2].

En 2013, la fondation accueille plus de 14 000 jeunes : 75% confiés par leur famille, 25% par l'aide sociale à l'enfance (ASE)[3] 68% de garçons, 32% de filles[3]. Elle accompagne également plus de 2 500 familles en difficulté[3].

En 2014, la fondation accueille plus de 23 000 jeunes, confiés par leur famille ou l'aide sociale à l'enfance (ASE), et 4 000 familles avec 2/3 de garçons et 1/3 de filles.

La fondation propose 80 formations dans 19 grandes filières[9].

La fondation adhère au Comité de la Charte afin de rassurer le public donateur sur la destination des dons.

Établissements[modifier | modifier le code]

En 2014, Apprentis d'Auteuil comptait plus de 200 établissements en France et Outre-Mer. Ils se répartissent sur tout le territoire selon 6 grandes régions : Ile de France, Nord Ouest, Nord Est, Sud Ouest, Sud Est et Outre-Mer.

L'ensemble des établissements est proposé ici. On compte 26 types d'établissements, de la crèche au centre de formation en passant par le collège ou le foyer de jeunes travailleurs. Voici quelques exemples d'établissements Apprentis d'Auteuil.

Paris (75)

  • Résidence sociale Charcot
  • Résidence sociale Convention
  • Plusieurs établissements au 40 rue Jean-de-La-Fontaine, Paris 75016, siège social de la fondation

Isère (La Côte Saint-André)

  • Collège Jean-Marie Vianney accueillant une trentaine de jeunes avec un projet expérimental
  • Lycée Professionnel Privé Jean-Marie Vianney : formations CAP Auto-Motocyles et Maintenance des Bâtiments de Collectivités
  • Ecole de Production Jean-Marie Vianney  : formation CAP Agente polyvalent de Restauration
  • Maison d’Enfants à Caractère Social Jean-Marie Vianney
  • Foyer de Jeunes Travailleurs

Somme (80)

Les Ardennes (08)

  • La maison d'enfants à caractère social Dom Bosco à Monthermé

Les Côtes-d'Armor (22)

  • Fondation des Orphelins Apprentis d'Auteuil 25 rue Marne à Rostrenen

L'Essonne (91)

Orphelinat de Meudon - Fin XIXe siècle ou début XXe

33) st joseph blanquefort

L'Eure-et-Loir (28)

Les Hauts-de-Seine (92)

Le Morbihan (56)

La Seine-Saint-Denis (93)

  • Maison d'enfants à caractère social Martin Luther King

le Val-de-Marne (94)

  • La maison du Saint-Esprit à Orly

Les Pyrénées-Atlantiques (64)

  • Les établissements scolaires et éducatifs mixtes Sainte Bernadette Audaux

Les Yvelines (78)

  • École Saint-Charles, fondée en 1930
  • Maison d'enfant à Caractère Social Madeleine Delbrel à Hardricourt
  • Pôle Accueil Jeune Madeleine Delbrel à Chanteloup-les-Vignes

La Loire-Atlantique (44)

  • Lycée Professionnel Agricole à Bouaye
  • Internat Educatif et Scolaire à Bouguenais-les-Couets
  • MECS Charles de Foucauld à Challans (85)

Anciens élèves[modifier | modifier le code]

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

  • En décembre 1997, l'éducateur Philippe Guillemin, 36 ans, a été condamné à quinze années de réclusion criminelle par la cour d'assises du Val-de-Marne pour viol et agressions sexuelles auprès de Lotfi Yacoubi (9 ans à l'époque des faits) dans la maison du Saint-Esprit d'Orly pendant 1 an. En 2005, Lotfi Yacoubi assigne au civil la directrice de l'établissement de l'époque, sœur Alice Kerglonou, ainsi que l'association des Orphelins apprentis d'Auteuil, propriétaire de l'établissement pour ne pas avoir tenu compte de ses plaintes et ne pas avoir alerté la justice ni la famille de la victime[10]. Le Tribunal de Grande Instance de Paris rejette toutes les demandes de Lofti Yacoubi.
  • Le 25 avril 2001, le prêtre Jacques Daheron salarié de l'établissement, est incarcéré, soupçonné d'«agression sexuelle sur mineur par personne ayant autorité» sur 3 enfants[8],[11]. La fondation prend l’initiative de révéler l’affaire et se porte partie civile[12]. Lors de son procès, l'accusé reconnaît les faits : Attouchements, demande de fellation, viols et ce pendant plusieurs années[13]. Il est condamné 2003 aux Assises à six ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur trois mineurs. Une des victimes et sa mère ayant décidé de se pourvoir en appel, dans un arrêt rendu le 28 septembre 2005, la 17e chambre correctionnelle de la cour d'appel a estimé que la cour d'assises de Paris avait "à tort écarté la responsabilité (au civil) de la Fondation", une institution plus que centenaire pour des jeunes en difficulté. Outre que la Cour a estimé "très insuffisantes les indemnités allouées par les premiers juges", elle a également jugé que "M. Daheron a trouvé dans ses fonctions l'occasion et les moyens de sa faute". Les magistrats ont ainsi décidé, entre autres, de condamner conjointement le père Jacques Daheron et l'institution à verser 7 500 euros à la mère de la victime en réparation de son préjudice moral ainsi qu'une indemnité de 3 000 euros. Elle a également ordonné une expertise médicale de la victime.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue de la fondation, A l'écoute, octobre-novembre 2007, page 16
  2. a, b et c Revue de la fondation, A l'écoute, octobre-novembre 2007, page 9
  3. a, b, c, d et e Rapport d'activité 2012, édité en juin 2013, page 10 "Chiffres clés"
  4. « Marque « Fondation d'Auteuil » », sur site de l'INPI (consulté le 20 décembre 2009)
  5. « Logo « Apprentis d'Auteuil » », sur site de l'INPI (consulté le 15 mars 2013)
  6. Les Orphelins - Apprentis d'Auteuil, Mathias Gardet et Alain Vilbrod, édition Belin, 2000
  7. Émile Guers, Une grande œuvre à Paris : l'orphelinat d'Auteuil et l'abbé Roussel, Paris, 1891, p. 173-200.
  8. a et b Journal Libération 11 mai 2001
  9. Rapport d'activité 2013, publié en juin 2014
  10. Le Parisien du 30/03/2005
  11. Journal Le nouvel Obs
  12. Journal Le Parisien 11 mai 2001
  13. Journal 20 Minutes