Fondation Vasarely

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Fondation Vasarely
Image illustrative de l'article Fondation Vasarely
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Aix-en-Provence
Adresse Jas de Bouffan
1, avenue Marcel-Pagnol
Coordonnées 43° 31′ 18″ nord, 5° 25′ 29″ est
Informations générales
Date d’inauguration 1976
Protection  Inscrit MH (2003)[1]
Patrimoine XXe s.
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 40 000

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Fondation Vasarely

La Fondation Vasarely est un centre architectonique (création d'une structure mêlant art et architecture au service d'un sens qui lui est propre) situé à Aix-en-Provence, érigé entre 1971 et 1976 par l'artiste contemporain franco-hongrois Victor Vasarely. Conçu comme un centre architectonique[2], il abrite dans une architecture faite d'alvéoles des œuvres de Vasarely intégrées aux façades et à des murs internes du bâtiment, qui de son vivant pouvaient servir d'inspiration pour les commandes qu'on lui passait. Situé en bordure sud-ouest d'Aix-en-Provence, dans le quartier du Jas-de-Bouffan, il accueille aujourd'hui également des expositions temporaires ou autres événements culturels. Il est classé comme Monuments historiques depuis 2013, et a une fréquentation annuelle de l'ordre de 40 000 visiteurs (en 2011)[3].

Origine de la Fondation Vasarely[modifier | modifier le code]

C'est issu d'une volonté de donner son œuvre à voir au plus grand nombre et d'utiliser leurs revenus pour une action d'utilité publique que Victor Vasarely et son épouse Claire fondent la Fondation Vasarely. Ce lieu, ils le voulaient indépendant des marchands, de l'administration, des financiers, et des partis politiques, mais contributeur de la création de ce qu'est selon Victor Vasarely la Cité Polychrome du bonheur. Cette dernière constitue l'aboutissement du programme de Vasarely à partir de la série "Folklore Planétaire", pensé d'après l'explosion démographique du XXème siècle, qu'il pose à l'encontre des constructions "hideuses" et monotones de son époque pouvant nuire à la santé physique des gens, par des architectes ayant perdu le sens du mot "architecture", et en répondant à son souhait le plus cher d'un art qui redeviendrait social, accessible à tous, et participant à la vie urbaine.

Ce centre architectonique recouvre, en plus d'une fonction esthétique, un programme ambitieux : "combattre les nuisances visuelles, embellir l'environnement artificiel, réaliser la Cité polychrome du bonheur" (Victor Vasarely).

Claire et Victor Vasarely ont entièrement doté et financé, par la vente de plusieurs des œuvres de Victor Vasarely, cette institution à but non lucratif reconnue d'utilité publique en 1971, avec des donations inaliénables considérables pendant plus de vingt-cinq années dans le cadre de la législation française sur les fondations.

Caractéristiques architecturales et contenu[modifier | modifier le code]

La Fondation Vasarely se composent de 16 alvéoles hexagonales juxtaposées formant un ensemble de 90 mètres de long, 45 mètres de large et 12 mètres de haut.

Les façades extérieures sont en aluminiums anodisé, présentant en alternance un grand rond noir sur fond argent et un grand rond argent sur fond noir.

Tout a été construit selon la conception de Victor Vasarely et à ses seuls frais.

A l'intérieur de la Fondation Vasarely, 44 intégrations ("intégration" est un mot clef dans l'œuvre de Victor Vasarely, faisant référence à l'intégration d'œuvres d'art dans l'architecture) sont présentées au public.

Un passé judiciaire[modifier | modifier le code]

A partir du 27 novembre 1990, date du décès de Claire Vasarely, l’épouse de l’artiste, certains des héritiers entreprennent une série de manœuvres frauduleuses pour reprendre le contrôle de la fondation et se réapproprier les œuvres données par Vasarely à la fondation.

La justice aixoise après avoir avalisé ces comportements a reconnu les fraudes commises par les héritiers en question.

Monsieur MAGNIER, alors Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance d’AIX EN PROVENCE, établira le 4 mai 1993 le rapport suivant:

« Globalement, il ressort de ces diverses auditions, particulièrement détaillées, assorties de la production de nombreuses pièces, qu’à la suite du décès de Mme Claire VASARELY et après une période conflictuelle entre eux, les deux fils de Monsieur Victor VASARELY et leurs épouses ont, de connivence, engagé une entreprise de réduction de l’actif successoral orchestrée par Mme Michèle VASARELY et caractérisée par des vols de tableaux ou d’œuvres artistiques nécessitant parfois l’intervention de déménageurs pour puiser dans les réserves d’ANNET-SUR-MARNE, des falsifications des fichiers de l’artiste et de ses listes d’inventaires, le vol de six lingots d’or et de 900.000 francs en bons de caisse, l’extorsion de signatures quand Monsieur Victor VASARELY signait machinalement son courrier, le recours à un expert complaisant pour évaluer à la baisse l’actif de la succession, le remplacement du comptable de Monsieur Victor VASARELY par celui de Mme Michèle VASARELY et le retrait sans restitution d’œuvres inaliénables déposées dans les musées consacrés au peintre… »

Le tribunal d’Aix en Provence dans un Jugement du 5 novembre 2009 a annulé l’ensemble des conseils d’administration ayant permis à la famille Vasarely de reprendre le contrôle de la fondation.

La cour de cassation le 4 novembre 2015 a confirmé l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 27 mai 2014 et annulé pour fraude l’arbitrage manipulé par Michèle Vasarely qui a ordonné la restitution des œuvres de la fondation à la famille Vasarely.

Les juges reconnaissent que les arbitres étaient en situation de conflit d’intérêt et que la sentence arbitrale n’était qu’un habillage conféré à un arrangement préalable.

Malgré ces décisions de justice la plupart des œuvre de la fondation ont été exportées frauduleusement par Michèle Vasarely aux États-Unis.

En 2006, année du centenaire de la naissance de Victor Vasarely et trentième anniversaire de l'inauguration du Centre architectonique d'Aix-en-Provence, l'Association pour la défense et la promotion de l'œuvre de Vasarely, présidée par Pierre Vasarely, petit-fils et légataire universel de Victor Vasarely, se bat pour que la Fondation Vasarely recouvre ses collections.

Du 25 octobre 2007 au 25 juillet 2009, la Fondation sera administrée par Maître Xavier Huertas, administrateur provisoire niçois, désigné par le tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence. Ce dernier a engagé en avril 2008 une action devant le tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence à l'encontre des héritiers (André Vasarely et Pierre Vasarely en sa qualité d'héritier de Jean-Pierre), et contre Michèle Taburno, principale responsable de l'arbitrage de 1995-97 alors qu'elle présidait la Fondation, pour recouvrer les donations dissipées.

De juillet 2008 à février 2009 l'Association pour la défense et la promotion de l'œuvre de Vasarely, présidée par Pierre Vasarely, a organisé une rétrospective itinérante des œuvres de Victor Vasarely en collaboration avec le Vasarely Muzeum de Pécs (Hongrie) et le Centre d'Art Moderne de Letterkenny (Donegal - République d'Irlande). L'exposition a été présentée à Letterkenny et à Churchill (Irlande), à la Fondation Vasarely (Aix-en-Provence), à l'Institut Hongrois (Paris) et au Vasarely Muzeum de Pécs.

L'association a mis en ligne en décembre 2007 une pétition : www.sauvonslafondationvasarely.net qui a recueilli au 1er mars 2009 plus de 3000 signataires.

Depuis le 21 juillet 2009, la Fondation Vasarely est présidée par Pierre Vasarely, détenteur du droit moral de Victor Vasarely conformément au jugement du Tribunal de Grande Instance d'Aix-en-Provence du 5 novembre 2009.

Le 7 septembre 2011, la cour d'appel d'Aix confirme dans un arrêt que le testament de Victor Vasarely, rédigé le 11 avril 1993, doit être respecté à la lettre et que son petit-fils Pierre est son légataire universel [4].

Un art pour tous[modifier | modifier le code]

Témoignant d'une réflexion sur l'art et du regard avant gardiste que Victor Vasarely portait sur le rôle de l'artiste au XXe siècle, la Fondation fut créée pour vulgariser l'art sans discriminations culturelles ou sociales : un art pour tous ; accessible à tous.

D'architecture avant-gardiste, la Fondation est pensée comme une gigantesque sculpture lumino-cinétique où les animations optiques de la façade préfigurent les jeux cinétiques des 42 intégrations monumentales que l'on découvre à l'intérieur du bâtiment.

Les travaux de Victor Vasarely les plus connus sont présentés à la Fondation sous forme d'œuvres monumentales permettant au visiteur d'apprécier l'aboutissement auquel Vasarely amène la peinture abstraite géométrique sous le nom d'art cinétique. Vasarely fut l'un des promoteurs de ce mouvement, ainsi que son fils Yvaral, plasticien et graphiste. La Fondation présente leurs œuvres, ainsi que celles d'artistes contemporains qui travaillent sur les interactions entre l'œuvre et le public dans des expositions temporaires.

Gestion[modifier | modifier le code]

La Fondation Vasarely est gérée de 1981 à 1993 par l'Université de droit, d'économie et des sciences d'Aix-Marseille III.

Aujourd'hui, la Fondation Vasarely est gérée au quotidien par une équipe de 10 personnes, présidée par Pierre Vasarely, et dont les décisions inhérentes à l'organisation de la structure sont prises par un Bureau.

Les activités de la Fondation[modifier | modifier le code]

La Fondation Vasarely propose à ce jour un panneld'activités permettant l'accessibilité de l'Œuvre de Victor Vasarely à tous les publics.

  • Visites guidées
  • Parcours ludiques
  • Ateliers vacances
  • Organisation d'anniversaire en couleurs
  • Week-end en famille

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

  • "Fermeture pour travaux", par l'ESAAIX, 7 avril au 23 avril 2017.
  • Thierry Van Hasselt, "Vivre à Frandisco", 1 avril au 21 mai 2016.
  • "Risque d'exposition", par l'ESAAIX, avril 2016.
  • "Sénescence", par les étudiants du Master Création et Gestion de l'Image Numérique", Aix-Marseille-Université, avril 2016.
  • "MultipliCITE", 2 juin au 2 octobre 2016.
  • "Regards sur la ville", exposition de photographes hongrois, 8 au 13 novembre 2016.
  • Festival Gamerz, 4 au 13 novembre 2016.
  • "Fantasy", l'électro-gang d'Hervé Chaussard invite le public à la danse, 16 décembre 2016.
  • Jean-Pierre Husquinet, 2017.
  • "Eclats de Lumière", Lumière en balade et Lumière en images, en partenariat avec le collectif Eclats de lumière et l'Institut Pytheas, Aix-Marseille-Unviersité et le réseau, avec le soutien de la Région PACA, 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]