Folklore anglais

Le folklore anglais désigne l'ensemble des mythes et légendes de l'Angleterre, comprenant les créatures mythiques du pays, les recettes traditionnelles, les légendes urbaines, les proverbes, les superstitions, la danse, les ballades et les contes populaires transmis de génération en génération, qui reflètent le patrimoine culturel du pays. Cet ensemble de traditions inclut une grande variété de personnages, tels que des figures héroïques comme Beowulf ou Robin des Bois, des rois légendaires comme Arthur, ainsi que des créatures mythiques comme le Green Man et le Black Shuck. Ces récits et traditions ont été façonnés par l'histoire du peuple anglais, influencés par les différentes cultures qui se sont installées en Angleterre au fil des siècles, notamment les Celtes, les Romains, les Anglo-Saxons, les Scandinaves et les Normands[1].
Les récits du folklore anglais véhiculent souvent des thèmes tels que la justice, la loyauté, le courage ou le surnaturel, et contiennent fréquemment une dimension morale issue des valeurs chrétiennes[2]. Ils explorent souvent la relation entre les humains et la nature, comme dans les légendes du Green Man ou de Herne le Chasseur, ou les conséquences des actes humains, illustrées dans des récits comme le Ver de Lambton.
Le folklore anglais a également été influencé par des événements historiques, tels que les procès de sorcellerie des débuts de l'époque moderne, que reflètent des récits comme celui des Sorcières de Pendle. Durant la Renaissance, au XIVe siècle, l'Angleterre s'inspire de textes européens pour développer une identité nationale. Le folklore anglais continue de varier selon les régions, bien que certains éléments soient partagés dans tout le pays[3]. Les contes, personnages et créatures s'inspirent souvent d'aspects de la vie quotidienne et de l'histoire anglaise, tels que la topographie, l'architecture, des personnages réels ou des événements historiques[4].
Le folklore anglais a eu une influence durable sur la culture, la littérature et l'identité nationale du pays. Nombre de ces récits traditionnels ont été réécrits sous diverses formes, des manuscrits médiévaux jusqu'aux films et ouvrages modernes. Aujourd'hui encore, des festivals populaires tels que les Fêtes de Mai, le Plough Monday, la Nuit de Guy Fawkes, la Toussaint et la Fête des moissons sont toujours célébrés. Les Morris dances, les pièces de théâtre de mummers et les arbres de mai demeurent des formes populaires de traditions folkloriques, souvent inspirées des thèmes et récits du folklore anglais.
Histoire
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Avant la fondation de l'Angleterre en 927, la culture du Wessex et des régions voisines est transformée par l'invasion viking du roi danois Guthrum entre 865 et 878[5]. Le roi du Wessex, Alfred le Grand, triomphe des troupes de Guthrum en 878 ; ce dernier est ensuite baptisé et devient souverain de l'Est-Anglie. Ce processus favorise l'assimilation de mots d'origine nordique dans la langue anglaise. Le folklore anglais finit par se mêler aux traditions de la mythologie nordique, notamment dans le domaine dess vêtements et des contes populaires, qui adoptent des éléments scandinaves[6]. Le folklore du peuple anglais continue d'être transmis par la tradition orale[1].
Pendant la Renaissance, les artistes fixent ces coutumes par écrit ; les pièces de Shakespeare reflètent le folklore anglais à travers leurs sorcières, fées, remèdes populaires, coutumes de mariage et funéraires, superstitions et croyances religieuses[1].
Les publications des frères Grimm, telles que les Légendes allemandes et les Contes de Grimm, sont traduites de l'allemand et diffusées dans toute l'Europe dès 1816. Leurs récits incitent des éditeurs comme William Thoms à rassembler des légendes issues du folklore anglais et d'autres origines afin de forger une identité nationale anglaise. Les histoires collectées par les frères Grimm sont intégrées au programme scolaire anglais au cours du XIXe siècle, en tant qu'outils d'éducation morale[3].
Caractéristiques
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Bien que le folklore anglais ait de nombreuses influences, les plus importantes sont chrétiennes, celtiques et germaniques. Des influences non chrétiennes marquent aussi le folklore anglais jusqu'au XIe siècle, notamment dans les chansons populaires, les célébrations et les contes traditionnels[7]. Un exemple en est le recueil de 305 ballades collectées par Francis James Child, publié durant la renaissance du folklore anglais au XIXe siècle. Lors du renouveau de la musique populaire anglaise, les artistes anglais s'efforcent de forger une identité nationale à partir des anciennes chansons populaires et de leurs influences musicales contemporaines[8]. D'autres influences non chrétiennes incluent la Chasse sauvage, issue de traditions européennes plus larges[9], ainsi que Herne le Chasseur, lié à la divinité Wotan/Woten de la mythologie germanique[10]. L'Abbots Bromley Horn Dance pourrait représenter une fête pré-chrétienne, et la pratique de la décoration des puits dans le Peak District pourrait remonter à l'époque anglo-saxonne ou même celtique[11]. Les célébrations du Premier mai telles que la danse autour du mât de mai subsistent dans une grande partie de l'Angleterre et de l'Europe du Nord[12]. Les traditions de Noël telles que la décoration des sapins, la symbolique du houx et les chants de Noël sont nées du désir d'échapper à la rudesse de l'hiver à travers l'Europe[13].
Ces éléments se combinent pour former un folklore qui enseigne qu'une personne peut mener une vie réussie grâce à une conduite droite et vertueuse. Les berceuses, chansons, danses, jeux, contes populaires et superstitions transmettent une éducation religieuse et morale, forgeant le sens de la justice et du christianisme. Les jeux d'enfants comportent souvent des chansons à compter ou des mises en scène des bonnes manières, destinées à garantir qu'un enfant soit heureux, en bonne santé et vertueux[2].

Le folklore anglais incluait également des croyances liées au surnaturel, notamment les prémonitions, les malédictions et la magie[14], répandues dans toutes les classes sociales[15]. Les croyances en l'efficacité de la magie reposent sur les témoignages répétés de clients de magiciens ou de prêtres ayant assisté au rituel et cru en son efficacité[14]. Même lorsque ces rituels échouent, les échecs sont attribués à la nature capricieuse de la magie[15].
Concernant les contes populaires anglais, certains chercheurs comme Eugen Weber estiment qu'ils sont transmis pour refléter les dures réalités de la vie des enfants et ainsi inculquer des valeurs morales et esthétiques anglaises[16]. D'autres, comme Maria Tatar, soutiennent au contraire que ces contes, éloignés de la réalité, relèvent de l'évasion et de l'imagination[17]. La plupart des folkloristes s'accordent à dire que le folklore anglais a pour vocation de protéger, d'instruire et de divertir, tout en enseignant comment participer à une société juste et équitable[18].
Contes populaires
[modifier | modifier le code]Les folkloristes élaborent des cadres tels que la classification Aarne-Thompson-Uther qui classent les contes populaires d'abord par types de récits, puis par motifs récurrents[19]. Bien que ces récits et leurs personnages varient selon la région dont ils proviennent, leurs motifs communs contribuent à former une identité nationale des contes populaires, à travers laquelle ces régions interagissent[3].
Créatures
[modifier | modifier le code]Les dragons sont de gigantesques reptiles ailés qui crachent du feu, du poison et de l'acide. Ils sont généralement associés aux trésors, aux cascades et aux souches d'arbres creusées. La wyverne est un parent plus petit du dragon, avec deux pattes au lieu de quatre. Il possède également des ailes plus petites et ne peut pas cracher du feu[20].
Le chien noir est une créature annonçant ou provoquant le malheur. Il combine Argos d'Ulysse et Cerbère d'Hadès dans la mythologie grecque et Fenrir dans la mythologie nordique[21]. La première collecte de témoignages sur le chien noir en Grande-Bretagne, rapportée par Ethel Rudkin en 1938, décrit un chien à poil noir, aux yeux anormalement grands et au corps énorme[22]. Le chien noir constitue un motif récurrent dans le folklore et apparaît dans de [23]nombreux contes anglais traditionnels. Il symbolise souvent la mort et le malheur imminent et apparaît et disparaît subitement.

Un boggart est, selon les traditions régionales, un genius loci malveillant habitant champs, marais ou autres lieux. Le boggart domestique fait disparaître des objets, fait tourner le lait et rend les chiens boiteux. Il peut posséder de petits animaux, champs, églises ou maisons pour jouer des tours aux habitants avec son rire glaçant. Toujours malveillant, le boggart suit sa famille partout. Dans le Nord de l'Angleterre, on croit qu'il ne faut jamais le nommer, car un boggart nommé devient incontrôlable et destructeur[24].
Un brownie est un type de hob (esprit domestique), semblable au hobgoblin. Les brownies habitent les maisons et aident aux tâches domestiques. Ils n'aiment pas être vus et ne travaillent que la nuit, généralement en échange de petits dons ou de nourriture, notamment du porridge ou du miel. Ils quittent la maison si leurs cadeaux sont perçus comme un paiement ou si les habitants les maltraitent. Ils vivent dans une partie inutilisée de la maison[25].
Un nain est un être humain miniature vivant dans les montagnes et sous la terre, associé à la sagesse, à la forge, à l'exploitation minière et à l'artisanat. Le terme n'est utilisé qu'au XIXe siècle comme traduction des mots allemands, français et scandinaves désignant ces créatures[26].
Les ogres sont généralement grands, forts, violents, avides et remarquablement stupides. Ils proviennent de la culture française. Dans les contes, ils sont souvent vaincus par la ruse[27].
Les sirènes et tritons ont le haut du corps humain et le bas du corps de poisson. Ils habitent les côtes, rivières et étangs. Dans les contes, ils peuvent être amicaux, offrant savoir, souhaits et objets magiques, ou malveillants, maudissant individus et lieux, et noyant des personnes. En Angleterre, les récits de sirènes apparaissent en Cornouailles[28], en Est-Anglie[29], dans le Herefordshire[30], dans le Staffordshire[31], dans le Derbyshire[32], dans le Cheshire[33], dans le Merseyside[34] et dans le Yorkshire[35].
Le feu follet est une explication populaire de lumières étranges et vacillantes observées autour des marais et tourbières[36]. Certains les perçoivent comme les âmes d'enfants non baptisés menant les voyageurs hors du chemin et dans le danger, tandis que d'autres les considèrent comme des fées ou lutins farceurs[37].
Personnages et personnifications
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Le roi Arthur est le roi légendaire des Bretons. Les origines d'Arthur et ses exploits restent vagues en raison des nombreuses versions du personnage. L'Historia Brittonum et les Annales Cambriae mentionnent plusieurs batailles d'Arthur, les Annales Cambriae citant également Mordred, son rival, et Merlin, son mentor. Bien que ces sources aient été utilisées pour prouver les origines d'Arthur, leur crédibilité est discutée et considérée comme de la mythologie plutôt que de l'histoire[38]. À mesure que le folklore anglais évolue, les récits d'Arthur sont classés comme des romances telles que celle de Thomas Malory dans le Morte d'Arthur, en chroniques comme celle de Geoffrey de Monmouth dans l'Historia regum Britanniae, et en récits fantastiques comme Culhwch ac Olwen (dont l'auteur est inconnu)[39].
Robin des Bois est un hors-la-loi impitoyable incarnant le mécontentement des classes populaires face au statu quo. À travers Robin des Bois, la forêt (appelée « greenwood » par les folkloristes) devient un lieu de refuge, de camaraderie et d'anarchie, remplaçant le champ de bataille mystique et dangereux d'Arthur[40]. Plutôt qu'un voleur philanthrope volant aux riches, les récits de Robin des Bois, apparus au XVe siècle, le présentent comme un hors-la-loi brutal, et les ballades célèbrent sa vengeance violente. Il combat pour se protéger lui-même et protéger ses Joyeux Compagnons, indépendamment de la classe sociale, de l'âge ou du sexe de l'ennemi. Dans des histoires telles que Robin Hood and the Widow's Three Sons et The Tale of Gamelyn, la fin joyeuse survient avec la pendaison du shérif ; dans Robin Hood and the Monk, Robin tue un moine et son jeune assistant. De manière paradoxale, malgré les valeurs anglaises de strict respect de la loi et de l'honneur, Robin des Bois est glorifié dans les ballades pour son bannissement de la société.
Puck, ou Robin Goodfellow (Robin Bon-Enfant), est une fée métamorphe connue pour ses tours. Comme certaines superstitions anglaises considèrent les fées comme des démons, des publications du XVIIe siècle telles que Robin Good-Fellow, his Mad Prankes and Merry Jests et The Anatomy of Melancholy le présentent comme un démon[41].
Lob, également appelé loby, looby, lubbard, lubber ou lubberkin, désigne une fée au corps constitué d'un nuage de pluie sombre. Il a un caractère espiègle et peut représenter toute créature féerique du folklore britannique. Il peut être confondu avec Lob Lie-By-The-Fire, un géant poilu qui aide les humains[42].
Histoires
[modifier | modifier le code]Beowulf est un poème épique en vieil anglais, anonyme, de 3182 vers, qui relate les aventures de son personnage éponyme, le prince Beowulf des Goths. L'histoire raconte que Beowulf tue Grendel, un monstre qui terrorise la cour de Hrothgar, roi des Danois, depuis douze ans. La mère de Grendel cherche à se venger et Beowulf la tue également, après quoi il devient lui-même roi des Danois. Cinquante ans plus tard, le peuple de Beowulf est tourmenté par un dragon et Beowulf meurt en le combattant[43]. On a d'abord supposé que Beowulf était un récit scandinave traduit en anglais, en raison du cadre scandinave de l'histoire. Cependant, Beowulf est désormais considéré comme un poème épique en vieil anglais, car l'étude montre que les héros du folklore ne sont généralement pas originaires du pays qu'ils sauvent[43].
La Dame Brune de Raynham Hall est l'histoire du fantôme d'une femme du Norfolk, Lady Dorothy Walpole. Après la découverte de son adultère, elle est confinée dans ses appartements jusqu'à sa mort et erre dans les couloirs de Raynham Hall. Différentes versions du récit affirment qu'elle fut enfermée par son mari, Lord Townsend, ou par la comtesse de Wharton[44].
Autres types de folklore
[modifier | modifier le code]Croyances et motifs
[modifier | modifier le code]Les pierres dressées sont des structures de pierre façonnées par l'humain pour être plantées verticalement. Certaines petites pierres dressées peuvent être regroupées pour former des minilithes[45]. Les géoglyphes sont des formes tracées dans la campagne en creusant le sol, parfois remplies d'un minéral de couleur contrastée. Parmi les exemples célèbres figurent le Géant de Cerne Abbas, le Cheval blanc d'Uffington et le Long Man de Wilmington, qui sont au centre de récits folkloriques et de croyances[46].
L'Homme vert est un terme apparu en 1939 pour désigner la sculpture gravée d'un visage feuillu dans l'architecture anglaise. Sa présence symbolise la nature, mais son interprétation varie selon le lieu et l'artisan : sur une église, il peut symboliser l'inspiration ou la luxure, ou bien peut représenter un ancien protecteur des voyageurs dans la forêt[47]. L'expression provient des whifflers, des figurants vêtus de feuillages ou de cheveux qui ouvraient les cortèges des spectacles entre le XVe et le XVIIIe siècle[26].
On croyait autrefois que les personnes nées pendant les Chime hours (en) pouvaient voir les fantômes. Ces heures variaient selon les régions, souvent calquées sur les heures de prière des moines, parfois signalées par une cloche[26].
Les cercles de culture sont des formations d'épis aplaties. Bien qu'on leur ait parfois prêté des origines mystérieuses, voire extraterrestres, la plupart se révèlent être des canulars. Ceux réalisés en 1991 par Doug Bower et Dave Chorley en Angleterre ont inspiré de nombreuses imitations dans le monde entier[48].
Les cunning folk sont des hommes et des femmes guérisseurs, magiciens, conjureurs, diseurs de bonne aventure, préparateurs de potions, exorcistes ou voleurs. Ces personnes sont respectées, craintes et parfois traquées en raison de leurs vastes connaissances perçues comme surnaturelles[49].
La Chasse sauvage désigne un groupe menaçant de chasseurs qui parcourt le ciel ou les routes désertes. Leur passage illustre la perception de la campagne comme un lieu à la fois sauvage et mystique[50].
Pratiques
[modifier | modifier le code]Lors des Fêtes de mai, célébré le premier jour de mai, un grand mât décoré, appelé maypole (« mât de mai »), est dressé comme symbole de fertilité. Ce mât représenterait un symbole phallique fécondant la terre à la fin du printemps pour assurer une récolte abondante, bien que cette interprétation soit tardive. À l'origine, le mât de mai est orné de fleurs et taillé dans des branches prêtes à éclore, symbolisant la naissance d'une nouvelle vie. Plus tard, les fleurs sont remplacées par des rubans, et le jour de mai devint une fête de danses et de réjouissances, au cours de laquelle on couronne une Reine de mai et parfois un Roi de mai pour symboliser la fertilité[51].
Une parish ale (« bière de paroisse ») est une fête centrée sur la bière, organisée dans une paroisse pour collecter des fonds destinés à une cause particulière[52].

Le Plough Monday (« lundi de la charrue ») est une coutume célébrée le premier lundi après Noël : des hommes rendaient visite aux habitants la nuit et demandent un présent pour la fête. Ils portent des fouets et une charrue de fortune, et, si l'on refuse de leur donner quelque chose, labourent la terre sur le seuil de la maison[53].
Les corn dollies (« poupées de blé ») sont des objets tressés à partir de paille, confectionnés dans le cadre des traditions de récolte européennes d'avant la Première Guerre mondiale. Leur fonction varie selon la région : elles peuvent être décoratives, symboliser la fierté d'une bonne récolte ou encore se moquer des fermes voisines n'ayant pas encore rentré leurs moissons. Leur création connait un regain d'intérêt dans les années 1950 et 1960 grâce à Minnie Lambeth et à son ouvrage A Golden Dolly: The Art, Mystery, and History of Corn Dollies[54].
La superstition du Rabbit rabbit veut que si la première parole prononcée au début du mois est « rabbit » (« lapin »), la personne aura de la chance pendant tout le mois. Les variantes incluent « rabbit, rabbit, rabbit! », « rabbit, rabbit, white rabbit! » ou encore « white rabbit! »[54].
Après la mort d'une personne, il était de coutume d'engager une personne pauvre pour absorber les péchés du défunt en mangeant devant ou sur le corps : un sin-eater (« mangeur de péchés »). Ce rituel devait assurer que l'âme du défunt atteigne le paradis[55].
Objets
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Le tambour de Drake est un tambour qui aurait appartenu à l'amiral anglais du XVIe siècle célèbre pour avoir pillé les flottes et ports espagnols. On disait qu'il était capable de se transformer en dragon par magie (son nom, Drake, se rapproche de « dragon » en latin). Dans les moments de péril pour l'Angleterre, il suffirait de battre son tambour pour qu'il revienne au secours du pays. Par la suite, la légende évolue : le tambour se mettrait à battre de lui-même lorsque le pays serait en danger, et plusieurs témoins auraient affirmé l'avoir entendu résonner depuis[56].
Une pierre trouée, également appelée hagstone ou pierre de vipère, est un type de pierre, souvent vitreuse, percée naturellement. De telles pierres ont été découvertes par des archéologues en Grande-Bretagne et en Égypte. En Angleterre, elles servaient de talismans contre la paralysie du sommeil, appelée traditionnellement hag-riding (« chevauchée de la sorcière »)[57].
Un puits pétrifiant est une source dans laquelle les objets déposés semblent se recouvrir de pierre. Après un long séjour dans le puits, les objets prennent même une texture minérale. En Angleterre, on trouve des exemples célèbres à la Grotte de Mother Shipton à Knaresborough et à Matlock Bath dans le Derbyshire[58].
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- (en) Site officiel de la Folklore Society
- (en) Pretanic World - Folklore and Folkbeliefs
- (en) Légendes du Dartmoor
Références
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