Flotte libre

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Un vélo sans station de la firme Mobike à Berlin.
Des trottinettes en stationnement désordonné sur les trottoirs de Paris[1].

La flotte libre (de l'anglais free-floating) est un système de location de cycles et de véhicules sans point d'attache fixe.

Principe et historique[modifier | modifier le code]

Arrivant une dizaine d'années après les systèmes de location de vélos sur des bornes fixes, le concept de la flotte libre permet de débuter et terminer une location d'un vélo, d'un scooter ou d'une trottinette électrique sur la voie publique en tout lieu autorisé d'un périmètre donné. Après avoir géolocalisé un cycle, le retrait se fait via l'utilisation d'une application mobile en déverrouillant un cadenas à code à l'arrière du vélo ou un système similaire[2]. Pour obtenir une certaine robustesse, les vélos utilisent souvent des roues à bâtons (plutôt que des rayons) accrochées au cadre uniquement par un point et non deux comme sur les vélos classiques pour une maintenance aisée[2].

Le concept a été pensé en Asie dès 2014 par les firmes Ofo puis Mobike et se diffuse rapidement en Europe (Allemagne, Italie, Royaume-Uni, puis dans un second temps la France)[2].

Le système se répand à partir de 2017 dans les métropoles et grandes villes. La concurrence entre les multiples opérateurs de vélos en trottinettes en flotte libre conduit à une occupation anarchique des trottoirs conduisant certaines agglomérations comme Bruxelles à subordonner dès janvier 2019 le droit de déployer une flotte à l'octroi d'une licence et de règles d'utilisation[3]. Face au vandalisme, les opérateurs peuvent négliger les cycles manquants ou dégradés et les remplacer par des neufs lorsque leur coût de production est très faible, d'où le problème de la gestion des épaves[2]. En effet, ce système entraîne des nuisances et surtout un vandalisme importants, avec des milliers de vélos et surtout de trottinettes électriques (et leurs dangereuses batteries au lithium) noyés dans la Seine, le Rhône ou le vieux-port de Marseille, et de nombreuses épaves disloquées jonchant les trottoirs, écrasées par les voitures ou encombrant la voie publique[4].

Au printemps 2019 la ville de Paris instaure une redevance concernant les scooters, vélos, trottinettes dont le produit doit servir à réaliser des emplacements de stationnement obligatoires, par exemple entre les alignements d'arbres sur les trottoirs[5].

Modèle économique[modifier | modifier le code]

Les différents services de location opèrent des prix attractifs, au prix d'énormes pertes financières (la durée de vie d'une trottinette électrique est par exemple estimée à moins de 3 mois, alors qu'il en faudrait plus de 4 pour pouvoir commencer à envisager une rentabilité). En conséquence, les différents services fonctionnent longtemps à perte grâce à des investisseurs puissants (pour les trottinettes et vélos, Lime est détenu par Google, Ufo par Seat, Hive par BMW et Daimler, et Jump par Uber, Ofo appartient au « Uber chinois » Didi Chuxing, et son concurrent Mobike à Tencent Holdings), et chacune de ces marques attend que les autres abandonnent le marché pour conquérir le monopole et pouvoir ensuite augmenter les prix, sur le modèle d'Uber pour les VTC[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Prolifération des trottinettes : c’est l’anarchie sur les trottoirs », sur www.leprogres.fr (consulté le 21 avril 2019)
  2. a b c et d « Où en est le free-floating en France ? », sur challenges.fr, (consulté le 25 juillet 2019).
  3. François Witvrouw, « Licence obligatoire pour louer des vélos et trottinettes en flotte libre », sur lecho.be, (consulté le 25 juillet 2019).
  4. a et b Hervé Liffran, « Les trottinettes font disjoncter mairies, ministres et marchés », Le Canard enchaîné, no 5156,‎ .
  5. Agence France-Presse, « La mairie de Paris met en place une redevance sur les véhicules en flotte libre », sur challenges.fr, (consulté le 25 juillet 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]