Florynce Kennedy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Florynce Rae "Flo" Kennedy (11 février 1916 – 21 décembre 2000), est une avocate américaine, féministe et militante des droits civils[1].


Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Florynce Kennedy est née dans une famille afro-américaine de Kansas City, dans le Missouri. Son père Wiley Kennedy était un Pullman porter avant d'entreprendre son propre business dans le transport en taxi. Flo Kennedy est la deuxième d'une famille qui compte cinq filles. Elle a une enfance heureuse et des parents qui l'ont soutenu malgré la pauvreté durant la Grande Dépression et le racisme d'un voisinage majoritairement blanc[2]. Le Ku Klux Klan étant présent dans son quartier, Kennedy se souvient qu'un jour, son père était armé d'un fusil de chasse pour repousser un membre du Ku Klux Klan qui essayait de chasser sa famille du quartier[3]. Elle a déclaré : "Mes parents nous ont donné un fantastique sens de la sécurité et de la valeur. Pendant que les membres sectaires nous disaient que nous n'étions personnes, nous avons toujours su que nous étions quelqu'un"[4].

Kennedy a obtenu son diplôme en étant première de sa classe à la Lincoln High School. Après ses études, elle enchaîne différents métiers. Elle a notamment travaillé dans un magasin de chapeaux et a été liftier. Après la mort de sa mère en 1942, Kennedy quitte le Missouri pour s’installer à New York. Elle vit dans un appartement d'Harlem avec sa sœur Grayce[2]. Concernant New York, elle dit : "je n'étais vraiment pas venue ici pour aller à l'école, mais il y avait des écoles, donc j'y suis allée". En 1944, elle commence donc les cours à l'Université Columbia (à l’École d’Études Générales) avec comme majeur, le droit. Elle est diplômée en 1949. Cependant, lorsqu'elle candidate pour continuer ses études à la faculté de droit, son admission est refusée. Dans son autobiographie, elle écrit :

"Le vice-doyen, Willis Reese, m'a dit que je n'avais pas été rejetée car j'étais Noire mais car j'étais une femme. Donc je lui ai écrit une lettre dans laquelle j'ai dit que quelle que soit la raison, c'était la même chose pour moi, et certains de mes plus cyniques amis ont pensé que j'avais été victime de discrimination parce que j'étais Noire."[5]

Kennedy a rencontré le doyen et l'a menacé de poursuivre l'école en justice. Elle a été admise. Elle était la seule personne noire parmi les huit femmes de sa classe[2]. Dans son cours de sociologie à l'Université de Columbia en 1946, Kennedy écrit un papier qui établit une analogie entre les discours de races et de genres. "Kennedy espérait que la comparaison entre les "femmes" et les "Nègres" permettrait d'accélérer la formation d'alliances"[6].

Carrière[modifier | modifier le code]

Kennedy fut diplômée de l'école de la Columbia Law School en 1951.

En 1954, elle ouvrit son propre cabinet et gère des affaires matrimoniales et certains dossiers de criminalité assignés. Elle était membre des Jeunes Démocrates. En 1956, elle a formé un partenariat avec l'avocat qui avait représenté Billie Holiday au sujet d'une affaire de drogue. Kennedy représenta ensuite Holiday ainsi que Charlie Parker.

Activisme[modifier | modifier le code]

L'approche activiste de Kennedy repose sur l'intersectionnalité. Sherie Randolph, dans son livre Florynce "Flo" Kennedy: The Life of a Radical Black Feminist reporte la citation suivante de Kennedy: "Mon principal message est que nous vivons dans une société pathologiquement, institutionnellement raciste, sexiste et classiste. Et que les techniques négrifiantes (« niggerizing ») employées ne portent pas seulement préjudice aux Noirs mais également aux femmes, aux gays, aux anciens détenus, aux prostituées, aux enfants, aux personnes âgées, aux personnes handicapées, aux natifs américains. Et que si l'on pouvait parvenir à analyser la pathologie de l'oppression... on en apprendrait beaucoup sur la façon de l'affronter." Kennedy a continuellement redéfini un même objectif: "presser les femmes d'analyser les sources de leur oppression. Elle parlait d'actes de résistance quotidiens que nous pouvons tous mettre en pratique." Kennedy résumait sa stratégie de protestation à "Rendre les Blancs nerveux".

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) http://americanhumanist.org/HNN/details/2013-02-celebrating-black-history-month-a-profile-of-feminis
  2. a b et c (en) Busby, Margaret, « "Florynce Kennedy" », The Guardian.,‎ (january 10, 2001)
  3. "Florynce R. Kennedy 1916-2000", The Journal of Blacks in Higher Education (30): 57. 2000-12-01
  4. Steinem, Gloria. "The Verbal Karate of Florynce R. Kennedy, Esq.", "Ms.blog" on the Ms. Magazine website (August 19, 2011).
  5. Kennedy, Florynce R. Color Me Flo: My Hard Life and Good Times, Englewood Cliffs, New Jersey: Prentice Hall, 1976.
  6. Mayeri, Serena (2011), Reasoning from Race: Feminism, Law, and the Civil Rights Revolution, Harvard University Press, p. 9

Liens externes[modifier | modifier le code]