Florence Pazzottu

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Florence Pazzottu
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Florence Pazzottu, née le 9 novembre 1962 à Marseille, est une poète et cinéaste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Florence Pazzottu a grandi à Marseille, où elle a passé un baccalauréat scientifique avant d'entamer des études de Droit à Aix-en-Provence et des études de théâtre au Théâtre national de Marseille La Criée dans la classe dirigée par Jean-Pierre Raffaelli. Elle commence à publier en revue en 1991 et son premier livre paraît en 1992, le suivant seulement en 2001. Toutefois, en 1988, un premier long texte, Sator…, avait fait l’objet d’une réalisation radiophonique par France-Culture (réalisé par Arlette Dave et diffusé le 15 janvier 1989). Sator… sera finalement publié en 2007 grâce à l’écrivain Bernard Noël qui dirige aux éditions Cadastre8séro, dans la Somme, la collection « Donc ». À l’occasion de cette parution Florence Pazzottu fait sa première exposition à l'IME les Grands-Laviers.

En 1995, elle crée à Paris avec Christiane Veschambre et à l’initiative de cette dernière la revue de poésie contemporaine Petite[1], qu’elle dirigera ensuite avec Thierry Trani[2] puis avec Isabelle Garron. En 2000, elle écrit puis réalise des récits de découvreurs de Papous à la demande du MAOAA (musée d'arts océaniens amérindiens et africains) de Marseille (réalisations qui accompagnent, dans la chapelle de la Vieille-Charité, une grande exposition papoue). Le dernier numéro de Petite, un numéro double, 18/19, paraît en 2005. Florence Pazzottu intègre ensuite à la demande d’Henri Deluy le comité de rédaction de la revue Action poétique[3]. Elle y restera jusqu’à la fin de la revue en 2012 et y publiera, en ouverture de chaque numéro, ce qu’elle nomme une « incise », courts textes à portée politique relatant la violence d’expulsions d’étrangers en France.

Pour son premier livre dans la collection « Poésie » chez Flammarion en 2002 (in Venant d'où - 4 poètes), elle rassemble sous le titre « Vers ce qui manque » des poèmes écrits pour l'essentiel entre 1982 et 1993. L'espace blanc publié en 2009 par la Maison de la Poésie de Nantes, alors dirigée par Jean-Pascal Dubost , est tiré d'un texte de 1985. De même La Place du sujet, qui paraît chez l'Amourier en 2007 avec des photographies de Giney Ayme, est constitué essentiellement de textes a écrits en 1990 et 1991, ainsi que l'expliquera l'auteur dans la présentation de l'ouvrage ou dans divers entretiens comme celui donné à Alain Freixe en mai 2007 et publié dans le numéro 26 de la revue Basilic ou encore à Aline Vannier-Sihvola le 20 juin 2011 à Lahti, en Finlande[4]. Pour ces raisons, le travail d'invention, d'écriture textuelle et filmique de Florence Pazzottu, à la fois protéiforme et d'une assez forte unité (récits, poésie, textes inclassables, films, installations, se répondant, se prolongeant et parfois même se citant l'un l'autre), n'est pas toujours facile à suivre dans sa chronologie. Toutefois, si l'on excepte les ouvrages cités ci-dessus, il apparaît que l'auteure alterne l'écriture de livres de poésie et de récits (dont elle dit elle-même qu'ils forment une trilogie : L'accouchée, La Tête de l’Homme, Le monde est immense et plein de coïncidences).

Publié en 2008 aux éditions du Seuil dans la collection « Déplacements » créée par François Bon, La Tête de l’Homme est mis en scène en janvier 2009 par François Rodinson au Centre dramatique national de Nancy avec l’actrice Marion Bottollier[5] , puis accueilli, dans une version plus courte, en 2010 à la Maison de la Poésie de Paris.

Depuis 2010, Florence Pazzottu réalise également des films de cinéma et des installations vidéo-poétiques, et présente des lectures performées ou scénographiées de ses textes, parfois seule, parfois en travaillant avec un autre artiste, par exemple Wilfried Wendling pour le projet « Arkeïon Convergence des multiples »[6] mené par ce dernier, ou, en particulier, Giney Ayme avec qui elle a créé le duo Altra Voce. Florence Pazzottu anime Les Cris poétiques[7] (fondés par Jean de Breyne) au Vélo Théâtre d'Apt depuis 2017.

Œuvres[modifier | modifier le code]

De l’écriture de Florence Pazzottu, Richard Blin dans Le Matricule des anges (numéro 62) a avancé qu’elle « se découvre en s’avançant et invente sa raison d'être comme ses repères, sa matérialité comme son jouir », Pierre Hild (Le Matricule des anges, numéro 37 ), la voit comme un « rhizome générateur -régénérateur- de parole » ; Christophe Kantcheff, lui, parle d'« une langue-fleuve secouée de courants violents, une langue-flèche qui cible les sens, déchire les faux-semblants »[8], tandis qu’Alain Nicolas (L’Humanité du 5 mars 2005, « Contre l’impuissance du langage »), écrit : « Le verbe fort et sévère de Florence Pazzottu sait frayer à la parole des brèches par où s'atteint une vie vraie, sensuelle, une ‘ pensée-peau ‘ où se résout l'énigme. Une émotion profonde gagne le lecteur qui aura su entrer dans des textes déconcertants, habités par une pensée rigoureuse et une puissante présence concrète d'un monde très incarné. »[9]

En 2006, Emilio Araúxo[10] lui a consacré un dossier spécial d’Amastra-N-Gallar, et des entretiens ou études critiques ont paru dans : Voix du Basilic (28 entretiens conduits par Alain Freixe), éd. de l’Amourier, 2008 ; Vivre loin de Paris, Michel Gairaud, éd. des petits matins, 2010 ; Énigme-poésie, 27 poètes femmes françaises, John C. Stout, éd. Chiasma, 2010 ; À voix haute, Jan Beatens, Les impressions nouvelles, 2016 ; numéro un de la revue Cri-Cri (Ecrits-Criée), janvier 2019 (entretien avec Hervé Castanet).

Certains de ses poèmes, des « attendus » du livre L'inadéquat (le lancer crée le dé) publié en 2005 aux éditions Flammarion, ont été mis en musique par la compositrice Núria Giménez Comas, d'autres par le compositeur Lionel Ginoux.

Son texte Frères numains (Al Dante / Presses du réel) a été dit par Charline Grand sous la direction de la metteure en scène Maryam Marzouki à l'échangeur Théâtre de Bagnolet (le 5 mai 2018) et performé à Nantes par Adrien Meignan (Compagnie Le chant des pistes).

Interprété par Alvie Bitemo (également co-auteure) et mis en scène par Rachel dufour (Compagnie Les guêpes rouges de Clermont-Ferrand), le spectacle Stand up (rester debout et parler), pour lequel l'auteur a écrit Alvie publié par les éditions Commune, a été lauréat du prix humour SACD 2018 dans la catégorie Création.

Son film Le Triangle mérite son sommet (5 min) a été sélectionné au festival « Cinémaginaire » à Argelès-sur-Mer en 2015, aux festivals « Un poing c'est court » de Vaulx-en-Velin et « Ciné-poème » de Bezons en 2016. Son poème documentaireTrivial poème a été sélectionné au FID (festival international de cinéma de Marseille) hors compétition dans la section « écrans parallèles / Histoires de portrait » en juillet 2017[11], présenté à Actoral 2017, sélectionné au festival international « Signes de nuit » de Paris (dans la section « cinéma transgressif ») en automne 2017, et projeté au festival Cinéma et poésie (Des courts en hiver) de Porto-Vecchio en janvier 2018.

Biblio-filmographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Petite, L'Amourier, 2001[12].
  • Vers ce qui manque, in Venant d'où ? 4 poètes, Flammarion, coll. Poésie, 2002
  • L'Accouchée (avec une postface d'Alain Badiou), Comp'Act, 2002[13],[14].
  • L'Inadéquat (le lancer crée le dé), Flammarion, coll. Poésie, 2005[15],[16].
  • Sator, Cadastre8zéro, coll. Donc, 2007.
  • La Place du sujet, L'Amourier, coll. Carnets du panier, photographies 2007 Giney Ayme[17],[18].
  • La Tête de l'homme, Seuil, coll. Déplacements, 2008[19],[20].
  • S’il tranche, Inventaire/Invention, 2008[21].
  • L'espace blanc, Gare maritime (maison de la poésie de Nantes), 2009
  • Alors, Flammarion, coll. Poésie, 2011[22],[23].
  • Les Heures blanches, Atelier du Grand Tétras, 2013 (nouvelle édition, modifiée, du livre paru chez Manya en 1992)
  • L'hymne à l'Europe universelle (sic), Al Dante, 2015 [24]
  • Frères numains, discours aux classes intermédiaires (avec une postface de Bernard Noël), Al Dante (collection reprise par les Presses du réel), 2016[25],[26],.
  • Alvie (stand-up), éditions Commune, collection l'Orpailleuse, 2018[27].
  • Le monde est immense et plein de coïncidences, l'Amourier, 2018 [28],[29].
Livres d'artistes[modifier | modifier le code]
  • F. comme faille, livre d'artiste avec Giney Ayme, éditions Rencontre, collection Tête à texte, 2016.

En revue[modifier | modifier le code]

Florence Pazzottu a publié dans les revues  : Le nouvel Écriterres, Banana Split, le Nouveau Recueil, Cornaway, la Polygraphe, Action poétique, Passage d'encres, Incidences, Hiems, Fidel Anthelme X, Écrit(s) du nord, Gare maritime, Amastra-N-Gallar (Galice), Action restreinte, Formes poétiques contemporaines, L'étrangère (Bruxelles), Le Dirigeable (Nijni-Novgorod, Russie), Neige d'août, Inventaire/Invention, Serta (Espagne), Dans la lune, RoToR, Espace(s), le Préau des collines, Il particolare, Dans la lune, N4728, Rewind no 1 (centre d'art La vache qui rit), Espaces, Fanzine (Clermont-Ferrand), Hypérion, Nioques, Teste, Catastrophes (no 1), Électron libre (Maroc), Écrits-Criée (n°1)…

En anthologie[modifier | modifier le code]

  • Un certain accent, Bernard Noël, anthologie de poésie contemporaine (Atelier des Brisants, 2002) ;
  • 49 poètes, un collectif, par Yves di Manno (Flammarion, 2004) ;
  • Anthologie Autres territoires et anthologie de la Biennale des poètes en Val de Marne dirigées par Henri Deluy (2003 et 2004) ;
  • 12 poètes, anthologie critique et poétique dirigée par Lionel Destremeau et Emmanuel Laugier (éd. prétexte, 2006) ;
  • Tacles et coups francs, anthologie de la jeune poésie française composée par François Rannou (la Rivière échappée, 2009) ;
  • Runoilevien naistenkaupunki. Uutta ranskankielistä runoutta" (La cité des poètes femmes. Nouvelle poésie francophone) (Tammi éditions, Finlande, 2010) ;
  • Un nouveau monde, Yves di Manno et Isabelle Garron (Flammarion, 2017).

Films[modifier | modifier le code]

  • La place du sujet, documentaire de création, 40 min, coproduction Sotto voce et Alt(r)a voce, 2012. Image Jérôme Dorvault, montage Nicolas Gerber, mixage Florent Fournier-Sicre. Avec, notamment, Alain Badiou et Woul Woun Son. Édité en dvd par Incidences dans la collection le point sur le i, en 2013 (version française suivie d'une version sous-titrée en anglais, pour la réalisation de laquelle l'auteur a bénéficié d'une aide à la diffusion du CG des Bouches-du-Rhône) [30].
  • Le Triangle mérite son sommet (5 min), et sa version anglaise, The Triangle Deserves its summit (automne 2014). Image et montage Florence Pazzottu, mixage Florent Fournier-Sicre (studio Flopibo).
  • Trivial poème, 20 min, 2017. Poème documentaire tourné à Beyrouth en 2015 (image et montage Florence Pazzottu, mixage Florent Fournier-Sicre) et dont il existe une version anglaise sous le titre Trivial poem.

Scénographies[modifier | modifier le code]

  • La tête de l'Homme : après la création au Centre dramatique national de Nancy par François Rodinson en 2009, une nouvelle scénographie avec film a été proposée par l'auteur en novembre 2011, aux Rencontres à l'échelle, aux Bancs publics, à Marseille, avec la même actrice, Marion Bottollier[31],.
  • Avec la metteure en scène Aurélie Leroux (la Compagnie d'A Côté) et la créatrice-lumière (également metteure en scène) Marie-Christine Soma, Florence Pazzottu a présenté deux étapes d'une création scénique de son livre Les Heures blanches au théâtre des Bernardines, à Marseille, l'une sous le titre "Où dois-je encore monter avec mon désir?" lors du festival les Informelles en juin 2013, l'autre sous le titre "Ne demande pas à ton ombre la charité", à Actoral en octobre 2013. Scénographie-vidéo sur trois écrans de l'auteur. Avec Alain Badiou, Christophe Grégoire, Kolia et Mélisande Dorvault, Aurélie Leroux et Florence Pazzottu[32],[33].
  • De quoi l'amour est-il chute?, performance scénographiée présentée à Videoformes à Clermont-Ferrand, le 17 mars 2016, à la Semaine de la poésie[34]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Dialectique de l'amour et du désir, poème en volume (cabine de diffusion pour deux personnes, bâches imprimées avec gribouillis originaux de l'auteur, film de 18 min), présenté à Actoral 13 (Théâtre des Bernardines Marseille) puis à la Jetée, galerie/bar du cinéma les Variétés, à Marseille, du 11 novembre au 17 décembre 2013.
  • Exposition (projections et installations), Open poème en sept courts, à la galerie la Traverse, à Marseille, du 21 mars au 12 avril 2014 [35],[36], puis au Vélo Théâtre d'Apt du 19 au 27 mai 2016.
  • F. comme faille et Chevrotines exposition à l'Americain Gallery de Marseille, avec Giney Ayme et Julien Blaine, du 4 décembre 2016 au 19 février 2017[37]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Petite, la revue de Florence Pazzottu., les parutions, l'actualité poétique sur Sitaudis.fr (lire en ligne)
  2. « Les 10 ans de la revue Petite à Marseille », sur Poezibao (consulté le 29 octobre 2018)
  3. « Action poétique », dans Wikipédia, ([1])
  4. (en-US) « Entretien avec FLORENCE PAZZOTTU – CINEFINLANDE.COM », sur www.cinefinlande.com (consulté le 28 octobre 2018)
  5. Association C.R.I.S, « En savoir plus - La Tête de l'homme - Florence Pazzottu, - mise en scène François Rodinson, », sur www.theatre-contemporain.net (consulté le 29 octobre 2018)
  6. « Arkhéion #4 - Convergence des multiples, Wilfried Wendling », sur brahms.ircam.fr (consulté le 29 octobre 2018)
  7. « « Les cris poétiques » – Vélo Théâtre » (consulté le 9 décembre 2018)
  8. « Pour un discours dans une langue inouïe », Politis.fr,‎ 20160831 19:45 (lire en ligne, consulté le 28 octobre 2018)
  9. « Contre l'impuissance du langage », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le 28 octobre 2018)
  10. (gl) « Emilio Araúxo », dans Wikipedia, a enciclopedia libre, (lire en ligne)
  11. « Trivial poème - FIDMarseille », FIDMarseille,‎ (lire en ligne, consulté le 28 octobre 2018)
  12. « Petite, », sur www.lmda.net
  13. « L'accouchée, Florence Pazzottu », sur remue.net
  14. « L'accouchée, article de Christiane Veschambre », sur cairn
  15. « L'inadéquat de Florence Pazzottu », sur www.lmda.net
  16. « contre l'impuissance du langage », sur www.humanité.fr
  17. « La Place du sujet, Florence Pazzottu », sur poezibao.typepad.com
  18. « La Place du sujet, Florence Pazzottu », sur www.lettre-de-la-magdelaine.net
  19. « la tête de l'homme, florence pazzottu », sur poezibao.typedad.com
  20. « la tête de l'homme », sur www.lmda.net
  21. « Livre-chronique Florence Pazzottu, s'il tranche, », sur www.t-pas-net.com
  22. « Alors, de Florence Pazzottu (par Isabelle Lévesque) », sur poezibao.typepad.com
  23. « anthologie de poésie n°3 », sur blogdepoesiedelaquinzainelitteraire.wordpress.com
  24. « La poésie contre l’Europe forteresse », sur L'Humanité, (consulté le 9 janvier 2019)
  25. « Semaine effervescente. (3/4) : FRÈRES NUMAINS. », France Culture,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2018)
  26. « A l’extrême Fleuve (3/4) : Frères Numains », France Culture,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2018)
  27. « Stand up / rester debout et parler - Journal La Terrasse », sur Journal La Terrasse.fr (consulté le 28 octobre 2018)
  28. « Florence Pazzottu, un balcon sur le récit du monde », sur Addict Culture, (consulté le 9 décembre 2018)
  29. « Florence Pazzottu, à propos de « Le monde est immense et plein de coïncidences » », sur Zibeline, (consulté le 16 janvier 2019)
  30. « la place du sujet florence pazzottu », sur giney.over-blog.com
  31. « les rencontres à l'échelle », sur www.lesrencontresalechelle.com
  32. « Aurélie Leroux & Florence Pazzottu », sur www.actoral.org
  33. « les heures blanches », sur www.altravoce-marseille.com
  34. « Poésie avec vues | VIDEOFORMES 2016 », sur festival2016.videoformes.com (consulté le 29 octobre 2018)
  35. « Du mouvement avant toute chose », Zibeline,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2018)
  36. « De la Poésie à voir et à entendre : « Open poème en sept courts » de Florence Pazzottu », L'Œil et l'Esprit,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2018)
  37. « Tête à texte, F.comme faille et Chevrotines | Marseille expos », sur www.marseilleexpos.com (consulté le 29 octobre 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]