Florence Montreynaud

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Florence Montreynaud
Description de l'image Florence Montreynaud.jpg.
Naissance
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
féministe française

Compléments

A lancé le mouvement des Chiennes de garde en 1999, La Meute en 2000, Encore Féministes ! en 2001. Cofondatrice en 2011 de Zéromacho, réseau international masculin contre le système prostitueur.

Florence Montreynaud, née en 1948, est une féministe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en 1948 d'une mère artiste-peintre et d'un père ingénieur, Florence Montreynaud vit à Paris après avoir habité un village de l’Oise[1]. En 1970, elle obtient le diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris[2], après une licence et une maîtrise de russe. Sa devise de jeunesse était : « Et liberi et libri » (« Et des enfants et des livres ») parce qu'on enjoignait autrefois aux filles qui voulaient étudier de choisir entre les deux.

Engagée au Mouvement de libération des femmes[3] et au Planning familial à Paris en 1971, elle ouvre la permanence de Crépy-en-Valois en 1977. Elle lance la pétition qui aboutit à l’ouverture du centre d’orthogénie (avortement et contraception) de Senlis en 1979. Avec le Planning familial, elle participe à des dialogues sur la sexualité dans des lycées et des collèges.

Première femme élue conseillère municipale de Fresnoy-le-Luat, en 1977, et première candidate aux élections législatives dans sa circonscription (avec le mouvement féministe Choisir, en 1978), elle renonce aux combats politiques en raison de la violence sexiste, notamment celle des inscriptions « PUTE » en travers de ses affiches[2]. Elle fonde et anime de 1977 à 1990 une revue locale, La Rurale[1].

Elle a présidé l'Association des femmes journalistes (AFJ, fondée en 1981) de 1986 à 1988[4]. De 1994 à 2000, elle organise le prix Séverine de l’AFJ[4], décerné à un livre sur les femmes ou sur les rapports entre femmes et hommes.

Elle étudie le sujet de la prostitution du point de vue des hommes ; elle a publié un livre sur la prostitution (1993), et des articles sur les hommes qui paient (les « prostitueurs »). Elle s'intéresse plutôt aux raisons pour lesquelles la majorité des hommes refusent de payer un acte de prostitution. Depuis 2004, elle travaille à grouper des résistants au système prostitueur. Ce mouvement international d’hommes prend en 2011 la forme du réseau Zéromacho[3] avec un manifeste « Des hommes disent NON à la prostitution », ouvert aux signatures d'hommes[5].

Pour ses activités féministes depuis 1971, Florence Montreynaud a été nommée chevalière de la Légion d’honneur (14 juillet 2012)[6].

Ses archives sont données à l'université d'Angers, au Centre des archives du féminisme (BU Angers) en 2001[7].

Chiennes de garde[modifier | modifier le code]

Florence Montreynaud lance le 8 mars 1999 le manifeste des Chiennes de garde : « Adresser une injure sexiste à une femme publique, c’est insulter toutes les femmes ». L'association est fondée quelques mois plus tard (le 30 septembre 1999), pour disposer d'un cadre juridique et pouvoir se porter partie civile en cas de procès de femmes insultées[8]. Elle est la présidente jusqu’en 2000, puis de nouveau de 2007 à 2011. Isabelle Alonso lui succède au poste de présidente[8] jusqu'en 2003. Les Chiennes de garde diffusent des textes incisifs, et manifestent dans la rue en dénonçant les attitudes machistes. Elles décernent depuis 2009 le prix du Macho de l'année[9]. Depuis 2011, la présidente est Marie-Noëlle Bas.

La Meute contre la publicité sexiste[modifier | modifier le code]

En 2000, Florence Montreynaud crée la Meute contre la publicité sexiste avec le manifeste « Non à la pub sexiste ! » C'est un mouvement féministe mixte et international[10]. Ses actions sont semblables à celles des Chiennes de garde et prennent la forme de manifestations, d'actions dans la rue ou dans le métro, de lettres à des annonceurs[11]. La Meute décerne le prix Fémino de 2005 à 2009 qui récompense une publicité non sexiste[12]. En 2008, La Meute est réunie aux Chiennes de garde.

Les archives de La Meute sont données à l'université d'Angers, au Centre des archives du féminisme (BU Angers) en 2011[13].

Encore féministes![modifier | modifier le code]

En 2001, Florence Montreynaud lance le réseau « Encore féministes ! », réseau mixte et international. Un manifeste du 8 mars 2001 donne vingt « bonnes raisons » d'être « encore féministe ». Les actions du mouvement consistent en campagnes écrites[N 1] et plus rarement, en manifestations dans la rue. Le réseau organise chaque 6 décembre à Paris la commémoration du massacre de la Polytechnique à Montréal (14 femmes tuées le 6 décembre 1989 par un antiféministe), et commémore aussi le meurtre de Marie Trintignant (1er août 2003) avec un rassemblement au cimetière parisien du Père-Lachaise.

Les archives du mouvement sont données à l'université d'Angers, au Centre des archives du féminisme (BU Angers) en 2011[14].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire de citations du monde entier (le Robert, coll. les Usuels, 1979 ; dernière réédition : 2000), avec un classement par pays.
  • Dictionnaire de proverbes du monde (le Robert, coll. les Usuels, 1980 ; dern. rééd. : 1997)
  • Dictionnaire actif de l'école (en collab., Nathan, 1984)
  • Dictionnaire de citations (Nathan, 1985). Traduit en espagnol et en portugais.
  • Le XXe siècle des femmes (Nathan, 1989 ; quatre rééditions augmentées, la dernière en 2001), avec une préface d'Elisabeth Badinter.
  • C'est quoi, aimer ? (Nathan, 1991). Traduit en portugais (brésilien) et en grec.
  • Amours à vendre. Les Dessous de la prostitution (Glénat, 1993)
  • Aimer. Un siècle de liens amoureux (Le Chêne, 1997). Traduit en anglais, en allemand et en espagnol (Taschen, 1998).
  • Quand bien même je verrais (avec Sophie Massieu, éd. Nil, 1998)
  • Bienvenue dans la meute ! (La Découverte, 2001)
  • Appeler une chatte. Mots et plaisirs du sexe (Calmann-Lévy, 2004 ; éd. de poche, Payot, coll. Petite Bibliothèque, 2005)
  • Le féminisme n’a jamais tué personne (éd. Fidès, Montréal, et Musée de la civilisation, Québec, 2004)
  • L’Aventure des femmes. XXe-XXIe siècle (Nathan, 2006)
  • Dictionnaire de citations du monde entier (le Robert, coll. les Usuels, 2008), avec un classement thématique
  • Un siècle d’amour. De 1900 à aujourd’hui (Nathan, 2009)
  • « Non c’è solo il calcio nella vita ! » [Il n’y a pas que le foot dans la vie !], chapitre du livre Madri femministe e figli maschi, édité par Patrizia Romito et Caterina Grego (ed. XL, Roma, 2013)
  • L’« adelphité », Témoignage chrétien, supplément au n° du 25 avril 2013, p. 38-39
  • Chaque matin, je me lève pour changer le monde. Du MLF aux Chiennes de garde. Mémoires féministes, éd. Eyrolles, 2014

Notes[modifier | modifier le code]

  1. . Des actions de soutien international à des femmes menacées.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Montreynaud, Florence, Bienvenue dans la meute, Paris, La Découverte, 2001.
  2. a et b Florence Aubenas, « Grand angle. Florence Montreynaud la chef de meute », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Claudine Mainville, « «Le féminisme au Québec est une source d'inspiration formidable…» - Florence Montreynaud, », le Courrier,‎ (lire en ligne)
  4. a et b Orain Bérénice, L’association des femmes journalistes : un réseau féminin professionnel (mémoire), 2014. Accessible sur HAL (Hal-01070772), p. 168 et p. 98
  5. Patric Jean,, « Florence Montreynaud, celle qui nous a fondés », L'Humanité,,‎ (lire en ligne)
  6. « Légion d'honneur: 528 récompensés pour "mérites éminents », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  7. Inventaire du fonds Florence Montreynaud du Centre des archives du féminisme (BU Angers)
  8. a et b Pascale Kremer, « Chiennes de garde en défense », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. Rédaction Le Monde et AFP, « Mgr Vingt-Trois élu « macho » de l'année », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. Eric Nunès, « Une Meute contre le porno chic », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  11. Sébastien Lernould, « La campagne de publicité jugée sexiste », le Parisien,‎ (lire en ligne)
  12. Alexandre Piquard, « Perspectives : nouveaux canaux, nouvelles morales », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  13. [PDF] Inventaire du fonds d'archive de la Meute contre la publicité sexiste
  14. [PDF] Inventaire d'Encore Féministes au Centre des archives du féminisme (BU Angers)


Liens externes[modifier | modifier le code]