Florence Foster Jenkins

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Narsissa Florence Foster Jenkins
Description de cette image, également commentée ci-après

« The Glory (????) of the Human Voice »

Nom de naissance Narsissa Florence Foster
Naissance
Wilkes-Barre Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès (à 76 ans)
New York Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale Cantatrice, récitaliste
Soprano
Style Répertoire d'airs d'opéras (Mozart, Verdi, Strauss) et de lieder (Brahms)
« Peu académique »
Activités annexes Professeur, Pianiste
Lieux d'activité PhiladelphieNew York Drapeau des États-Unis États-Unis
Années d'activité 1912 - 1944
Collaborations St. Clair Bayfield (son agent)
M. Cosmé McMoon
(son accompagnateur)
Éditeurs RCA Victor
Conjoint Frank Thornton Jenkins
(divorce en 1902)

Florence Foster Jenkins est une soprano américaine née le à Wilkes-Barre et morte le à New York.

Elle est notamment connue et ridiculisée pour son manque de rythme, de hauteur et de ton, sa prononciation aberrante et son incapacité générale à pouvoir chanter correctement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts[modifier | modifier le code]

Narcissa Florence Foster naît en en 1868 à Wilkes-Barre (Pennsylvanie). Enfant, elle suit des cours de musique, et exprime le désir de partir étudier la musique à l'étranger. Comme son riche père refuse de payer ses études, elle s'enfuit à Philadelphie avec Frank Thornton Jenkins, un médecin qui devient son mari. Ils divorcent en 1902.

Elle vit dès lors en tant qu'enseignante et pianiste. À la mort de son père en 1909, elle hérite d'une fortune qui lui permet d'entamer la carrière de cantatrice que ses parents et son mari avaient découragée. Elle s'implique dans la vie musicale de Philadelphie, en fondant et finançant le Club Verdi, prend des cours de chant et commence à donner des récitals en 1912.

Carrière[modifier | modifier le code]

La mort de sa mère en 1928, alors que Florence a 60 ans, lui fait gagner une liberté accrue et les ressources supplémentaires pour poursuivre sa carrière.

Lorsqu'on écoute ses enregistrements, il apparaît clairement qu'elle avait un très faible sens de la gamme et du rythme et était à peine capable de tenir une note. On peut entendre son accompagnateur tenter de compenser ses variations de tempo et ses erreurs rythmiques. Néanmoins, elle devient très rapidement populaire grâce à son talent « peu académique ». Son public l'adore, plus pour l'amusement qu'elle procure que pour sa compétence musicale. Les critiques la décrivent souvent en des termes équivoques, qui ont certainement aidé à attiser la curiosité du public.

En dépit de son manque évident de sens musical, Florence Foster Jenkins est entièrement persuadée de son talent extraordinaire. Elle n'hésite pas à se comparer aux sopranos connues, telles Frieda Hempel et Luisa Tetrazzini. Elle considère les éclats de rire qui ne manquaient pas de se produire durant ses concerts, comme provenant de rivales rongées de « jalousie professionnelle ». Consciente des critiques, elle rétorquait : « Les gens pourront toujours dire que je ne sais pas chanter, mais personne ne pourra jamais dire que je n'ai pas chanté. »

Les airs auxquels la « cantatrice » s'attaque lors de ses récitals sont un mélange de grands airs du répertoire d'opéra, de Wolfgang Amadeus Mozart, Giuseppe Verdi et Richard Strauss (tous largement au-delà de ses capacités), ainsi que des Lieder de Johannes Brahms et des Clavelitos de Joaquín Valverde Sanjuán (un succès redemandé et bissé), et de chansons composées par elle-même et son accompagnateur, M. Cosmé McMoon. Florence Foster Jenkins porte souvent des tenues sophistiquées, dessinées par elle-même, apparaissant sur scène drapée de tulle et portant des ailes. Pour les Clavelitos, il lui arrivait de jeter des fleurs dans le public, secouant un éventail et exhibant encore plus de fleurs dans sa chevelure.

Lors d'un accident à bord d'un taxi en 1943, elle découvre qu'elle peut chanter un « fa encore plus haut qu'avant »[1]. Au lieu de poursuivre la compagnie de taxis, elle envoie une boîte de bons cigares au conducteur.

Malgré les demandes de son public pour qu'elle se produise plus souvent, elle restreint ses rares apparitions à quelques endroits favoris, et son récital annuel se tient à la salle de bal du Ritz-Carlton à New York. L'auditoire de ses récitals est toujours limité à son fidèle club féminin et à d'autres hôtes choisis - elle supervisait elle-même la distribution des billets tant convoités.

À 76 ans, Florence Foster Jenkins cède finalement à la demande de son public et se produit au Carnegie Hall le . Les billets pour l'événement se vendirent des semaines à l'avance et de nombreuses célébrités y assistèrent, comme la danseuse et actrice Marge Champion, l'auteur de chanson Cole Porter, le compositeur Gian-Carlo Menotti, l'actrice Kitty Carlisle et la soprano Lily Pons avec son mari, le chef d'orchestre André Kostelanetz (qui composa une chanson pour Jenkins à chanter ce soir-là). Puisque il s'agissait de sa première apparition « publique », les critiques de journaux ne pouvaient pas être empêchés d'y assister. Leurs commentaires, sarcastiques et acerbes, dévastèrent Jenkins, selon McMoon[2].

Décès[modifier | modifier le code]

Deux jours après le concert au Carnegie Hall, lors de ses achats au magasin de musique G. Schirmer, Jenkins est victime d'une crise cardiaque[2]. Elle meurt un mois plus tard, le 26 Novembre 1944, à l'âge de 76 ans à son domicile, l'Hôtel Seymour, à Manhattan[3].

Hypothèses[modifier | modifier le code]

Certains prétendent que les 32 ans de sa carrière de cantatrice sont un canular élaboré, ce qui semble en contradiction avec d'autres avis alléguant que sa mort, après le concert du Carnegie Hall, est le résultat de la dérision dont elle fut l'objet de la part des critiques. Quoi qu'il en soit, aucune de ces deux théories ne peut être prouvée. Tout indique que jusqu'à sa mort, Florence Foster Jenkins traversa toute sa vie d'artiste avec le même sentiment de plénitude heureuse et confiante.[réf. nécessaire]

En 2007, Bruno Costemalle[Qui ?] a émis l'hypothèse que Florence Foster Jenkins aurait pu inspirer à Hergé le personnage de la Castafiore, mais celui-ci n'a semé aucun indice dans les albums qui indiqueraient que la Castafiore aurait pu chanter faux ou avoir cette réputation.[réf. nécessaire]

Discographie[modifier | modifier le code]

Florence Foster Jenkins a enregistré neuf arias sur cinq disques 78 tours, qui ont été ressortis en trois CD (aux États-Unis) :

  • The Muse Surmounted: Florence Foster Jenkins and Eleven of Her Rivals (Homophone Records) qui reproduit un seul morceau de Jenkins, Valse Caressante, pour voix, flûte et piano, mais inclut aussi une entrevue avec le compositeur, qui était aussi son accompagnateur, M. Cosmé McMoon.
  • The Glory (????) of the Human Voice[4] (RCA Victor) qui contient les 8 autres arias, tous avec M. McMoon comme accompagnateur.
  • Murder on the High C's (Naxos) qui reprend les 9 arias et des morceaux chantés par d'autres personnes, sans l'entrevue avec McMoon.

Autour de Florence Foster Jenkins[modifier | modifier le code]

  • 2001 : une pièce de théâtre sur Foster Jenkins, écrite par Chris Ballance, s'est jouée à l'Edinburgh Fringe.
  • 2005 : une pièce sur Jenkins, Glorious par Peter Quilter, se jouait en septembre au Royaume-Uni.
  • 2005 : une autre pièce sur la vie de Jenkins, Souvenir, s'est donnée à Broadway en novembre, avec Judy Kaye dans le rôle de Jenkins.
  • 2008 : la pièce La casta flore, de la Compagnie Jean-Duceppe, au Québec présentait sur scène la vie de Jenkins à partir de sa rencontre avec McMoon jusqu'à sa mort.
  • 2007 : Bruno Costemalle émet l'hypothèse qu'elle pourrait avoir servi de modèle à Bianca Castafiore, la célébrissime diva mise en scène par Hergé dans plusieurs de ses albums[5].
  • 2008 : dans son album Bijoux & babioles, la chanteuse Juliette évoque avec humour Jenkins dans la chanson Casseroles & faussets.
  • Décembre 2012 : une pièce de théâtre « Colorature » de Stephen Temperley, avec Grégori Baquet et Agnès Bove joué à Avignon au « Théâtre du chien qui fume » a été reprise au Théâtre du Ranelagh
  • Septembre 2014 : un film inspiré de la vie de Florence Jenkins, transposé en France dans les années 20, réalisé par Xavier Gianolli avec Catherine Frot dans le rôle-titre est en tournage jusqu'en novembre à Prague et Brno en République tchèque. Il sortira le 16 septembre 2015 sous le titre : Marguerite.
  • Stephen Frears tourne un film biographique sur la soprano, intitulé tout simplement Florence Foster Jenkins avec Meryl Streep dans le rôle-titre, dont la sortie est prévue en 2016

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) David Wallechinsky/Amy Wallace, The New Book of Lists : The Original Compendium of Curious Information, Canongate U.S., 2005, p. 100.
  2. a et b (en) Donald Collup and Gregor Benko : Florence Foster Jenkins: A World of Her Own, DVD, 2008.
  3. Julie Helen Otto, « Ancestry of Florence Foster Jenkins », William Addams Reitwiesner Genealogical Services
  4. Les « ???? » font partie du titre
  5. Bruno Costemalle, Mais où est passé le crâne de Mozart ?, Paris, Panama, 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]