Flore de Madagascar

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La flore est très riche. Elle comporte 80 % à 90 % d'espèces endémiques parmi les 13 000 espèces de plantes estimées.

Relief et paysages végétaux malgaches (Land cover, NASA, 2004)
Répartition de la biodiversité (modélisation NOAA-NASA)

Histoire floristique de l'île[modifier | modifier le code]

La variété des biotopes et des climats (des plus arides à celui de la forêt de nuages, saturée en humidité), sur une île globalement orientée nord-sud, avec gradient altitudinal liée à la chaine montagneuse elle-même globalement orientée nord-sud explique pour partie la variété des espèces. Mais la biodiversité endémique exceptionnelle de l'île est une originalité due au fait que Madagascar s'est séparée du continent africain il y a environ 100 millions d'années ; L'isolement de l'île, l'absence de grands prédateurs, a contribué à l'évolution originale des espèces actuelles.

Le climat[modifier | modifier le code]

Les sols et l'érosion[modifier | modifier le code]

L'endémisme[modifier | modifier le code]

Madagascar possède une flore endémique réellement unique au monde rapportée à la superficie du pays, avec notamment plus de mille espèces d'orchidées. Sa flore est riche de 490 genres autochtones d'arbres et de grands arbustes dont 161 sont endémiques de Madagascar et des îles de l'Archipel des Comores (Schatz, 2000). Les genres endémiques sont représentés par 940 espèces et les 329 autres genres non endémiques par 3280 espèces sur lesquelles 95 % sont endémiques. Ainsi sur les 4220 espèces d'arbres et de grands arbustes malgaches, 96 % sont endémiques, soit un niveau extraordinairement élevé d'endémisme spécifique. Trois familles que sont les Euphorbiaceae, les Fabaceae et les Rubiaceae représentent près d'un tiers des genres d'arbres et de grands arbustes de Madagascar. Enfin la flore de Madagascar compte 7 familles végétales endémiques (Asteropeiaceae, Didymelaceae, Kaliphoraceae, Melanophyllaceae, Physenaceae, Sphaerosepalaceae et Sarcolaenaceae) [1] [2].

Les Bombacacées[modifier | modifier le code]

Le nom Adansonia est un hommage à Michel Adanson, naturaliste et explorateur français, le premier à avoir décrit Adansonia digitata. Les Bombacacées font désormais partie de la famille des Malvacées

Les Didiéracées[modifier | modifier le code]

Alluaudia procera
Didierea trollii

Les principaux paysages végétaux[modifier | modifier le code]

La mangrove[modifier | modifier le code]

La mangrove est une formation végétale typique des côtes marécageuses tropicales soumises à l'alternance des marées. Les plantes sont halophiles. Les mangroves malgaches se situent principalement sur la côte Ouest, peu élevée, découpée, avec un fort gradient de marées et des eaux calmes. La côte Est balayée par les vagues fortes de l’océan Indien, ne présente que peu de sites favorables (baie de Diego Suarez, baie de Rodo, de Nosy Akomba…).

Depuis l'augmentation des risques naturels pour les populations côtières croissantes et les infrastructures, leur rôle anti-érosif, l'originalité écologique et les ressources significatives pour les sociétés locales sont soulignées désormais par tous les rapports. Sur le plan faunistique (pêche, chasse) comme floristique (production de bois de chauffage et de construction…), voire minéral (exploitation du sel), ces écosystèmes jouent un rôle fondamental pour l'homme depuis des millénaires.

Avicennia marina est dominante dans les mangroves malgaches en raison de la facilité de dispersion de la graine, à bonne flottaison et, à la rapidité de la croissance. L'espèce est plus résistante aux variations de salinité et d’humidité du sol. L'espèce forme de grandes forêts là où la salinité moyenne de l’eau varie entre 25 et 45 %0au-delà, lorsque le taux atteint 60 %0, le taxon rabrougrit.

Les palétuviers s'adaptent aux conditions particulières de la zone de balancement des marées (milieu riche en sel et régulièrement immergés), ils ont adopté des formes et une physiologie spécifique. Le sol de mangrove est asphyxiant (perpétuellement gorgé d’eau, pauvre en oxygène dissous et riche en gaz carbonique), les Rhizophoracées possèdent des racines en échasses, munies de minuscules cavités avec la faculté de se fermer ou s’ouvrir pour faciliter la respiration des plantes. Avicennia marina et Sonneratia alba présentent des excroissances racinaires à géotropisme négatif, les pneumatophores qui assurent la respiration. Les palétuviers, plantes halophiles, avec une tolérance en sel limitée selon les espèces, présentent trois formes d'adaptation : l'excrétion du sel par les feuilles (Avicennia marina), la séparation de l’eau du sel par filtrage au niveau des racines (Rhizophora mucronata et Sonneratia alba) - le filtrage est obtenu par une régulation de la pression osmotique interne, la succulence (Sonneratia alba et Lumnitzera racemosa). L'ancrage dans un sol mou se fait par racines divergentes et rayonnantes peu profondes (Avicennia marina et Bruguiera gymnorrhiza), Ceriops tagal est caractérisée par des contreforts ailés de ses racines, Rhizophora mucronata munie d’un système de racines échasses et Xylocarpus granatum développe de grosses racines palettes.


Les forêts sèches[modifier | modifier le code]

Voir:

Les forêts humides[modifier | modifier le code]

Voir:

Les formations secondaires[modifier | modifier le code]

Formation épineuse (spiny forest) à Ifaty

Botanique et culture[modifier | modifier le code]

Ethnobotanique[modifier | modifier le code]

La pervenche de Madagascar, Catharanthus roseus (L.) G. Don

Les espèces emblématiques[modifier | modifier le code]

Baobab de Madagascar, un symbole de l'île
Allée des baobabs à Morondava

Les boababs sont représentatifs de Madagascar dans la culture mondiale, en particulier touristique (voir allée des Baobabs à Morondava). Ils sont également pour les écologues le rappel de la déforestation malgache et d'un écosystème en perdition.

Toutefois, l'espèce emblématique de ce pays est le ravenala, appelé aussi arbre du voyageur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Flore générique des arbres de Madagascar par George E.SCHATZ / Missouri Botanical Garden - KEW
  2. Faune et flore de Madagascar

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Flore générique des arbres de Madagascar par George E.SCHATZ / Missouri Botanical Garden - KEW
  • Jean-Henri Humbert, 1923 - Les Composées de Madagascar. Imprimerie E. Lanier, Caen.
  • Jean-Henri Humbert, 1927 - La Disparition des forêts à Madagascar. Ed. Doin, Paris.
  • Alfred Grandidier, 1892 - Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar Ed. Hachette, Paris.
  • Lucile Allorge, 2008 - Atlas des plantes de Madagascar. Éditions Ulmer, 224 p.
  • N. Rebmann, 2007 - Les Euphorbes de Madagascar. Revue Succulentes, Association Internationale des Amateurs de Plantes Succulentes

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]