Flobart

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Flobart à Audresselles
Traction d'un flobart au cap Gris-Nez
Flobart à Tardinghen

Le flobart (parfois écrit « flobard ») est un bateau d'échouage capable de flotter dans moins de trente centimètres d'eau et utilisé pour la pêche sur la Côte d'Opale de Berck à Calais jusqu'à la fin du XXe siècle, et notamment à Audresselles et à Wissant.

Avec une proue très large, il peut supporter le choc des déferlantes au moment de son déséchouage. La poupe plate permet à deux hommes de le pousser avec le dos en s'arc-boutant pour le faire glisser sur des rondins posés sur la plage.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'origine du terme flobart / flobard est obscure et il ne semble pas attesté avant le XIXe siècle. On a proposé une étymologie par le néerlandais (flamand) vlotbaar « navigable »[1], sans certitude cependant. Ce nom est vraisemblablement à rapprocher de celui de flambart, bateau d'origine normande, qui tiendrait son nom du flobard. Flober était, dans la campagne boulonnaise, "labourer superficiellement, en automne, après les récoltes, pour ouvrir la terre aux gelées d'hiver et extirper les mauvaise herbes" (ref: "Essai historique, topographique et statistique sur l'arrondissement de Boulogne sur Mer" par l'adjudant du génie J.F. Henry (1810). Le Flobart (parfois écrit flaubart dans ce livre) est un bateau qui "laboure" le sable de la plage quand on le tire sur le rivage et la mer quand il navigue.

Principe constructif[modifier | modifier le code]

Construit avec des gabarits amovibles selon une technique déjà utilisée par les Saxons, puis les constructeurs de drakkars scandinaves, le flobart est constitué de planches en bois d'orme cintrées et superposées assemblées par des rivets en cuivre, voir bordée à clins.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un « flobart d'or » figure sur le blason de la ville d'Audresselles

On trouve déjà une ressemblance des flobarts avec les bateaux des Vénètes (des gens du Morbihan) dans la Guerre des Gaules de Jules César, livre 3, chap. 14 :

« leur carène était beaucoup plus plate que celle de nos vaisseaux, pour qu'ils ne craignent pas de s'échouer ; leur proue et leur poupe étaient très relevées, en raison de la hauteur des vagues et de la violence des tempêtes ; le bateau était entièrement en chêne pour supporter les chocs et les fatigues ; les traverses, d'un pied d'épaisseur, étaient assujetties par des chevilles de fer (« claves ») de l'épaisseur d'un pouce... »

Au XIXe siècle, il naviguait encore essentiellement à la force des bras de ses dix rameurs, n'utilisant la voile que vent arrière. Ce n'est que sous le Second Empire, avec l'arrivée de la dérive rentrante inventée par les Américains, que les flobarts pourront remonter le vent.

Actuellement, les plaisanciers utilisent des flobarts en fibres et résine synthétiques, reproduisant la forme des anciens flobarts en bois.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

On peut encore voir d'authentiques flobarts en bois à Audresselles, exposés le long de la route départementale (rue Pierre de Wissant) et au musée de l'association « Flobarts des deux caps » à Wissant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • La Voix du Nord du 25 janvier 2006 page 1401, conférence d'Yves Brogniart.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]