Flex fuel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
La Ford T fut le premier véhicule commercial polycarburant. Son moteur était capable de fonctionner avec de l’essence, de l’éthanol ou un mélange des deux.

La technique dite Flex fuel (ou flexfuel) désigne un système d'alimentation et carburation d'un moteur à combustion non diesel lui permettant d'utiliser indifféremment des carburants aussi variés que l'essence, le bioéthanol ou un mélange des deux pour un taux d’éthanol compris entre 0 % et 100 % en volume ; ces véhicules sont spécialement conçus ou adaptés pour fonctionner indifféremment au superéthanol (E85) et/ou au super sans plomb.

Les véhicules Flex fuel adaptent automatiquement leur fonctionnement pour tout mélange d’essence et d’éthanol pur ; d’où le suffixe « Flex » qui évoque leur flexibilité. Ce système a été inventé et mis au point par l'équipementier italien Magneti Marelli, filiale du groupe Fiat, pour les besoins du marché brésilien. Les moteurs acceptent aussi un certain taux de condensat de gaz naturel (qui est notamment utilisé pour dénaturer l'alcool).

Cette technique est l’une de celles qui équipent les véhicules dits « polycarburant » ou véhicules à carburant modulable (VCM). Le terme anglophone « Flex fuel », couramment utilisé pour désigner tout type de véhicule polycarburant, désigne en français une technique particulière de moteur polycarburant.

Historique[modifier | modifier le code]

Après avoir mis au point la carburation avec de l'alcool (éthanol) sur la Fiat 147 au Brésil dès 1976, le groupe Fiat avec sa filiale Magneti Marelli a breveté le système Flex fuel[1] ainsi que le système TetraFuel qui équipe quasiment tous les modèles automobiles du groupe Fiat construits au Brésil. Un capteur analyse le type de carburant présent dans le conduit d'alimentation et fait calculer à la centrale électronique d'injection le réglage qui correspond.

Au Brésil, depuis 2005, le nombre d'automobiles vendues équipées du système Flex fuel a dépassé celui des voitures traditionnelles à essence, ce qui s'explique par un prix de l'alcool à la pompe deux fois moins cher que l'essence. Aucun pays n'a autant développé ce type de carburant alternatif que le Brésil, où les cultures n'ont pas encore privé le pays des ressources agricoles pour la nourriture humaine.

Ce n'est qu'à partir du mois de mai 2003 que Volkswagen a lancé son premier modèle équipé d'un moteur Flex. Deux mois plus tard, ce fut le tour de Chevrolet[2].

Diffusion[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

Saab 9-3 BioPower vendue en Suède depuis 2007.

La Suède a été le premier pays à favoriser la commercialisation de biocarburants pour introduire la technique Flex fuel. Ford a lancé le modèle Taurus avec un moteur Flex, suivi en 2005 par Saab et Volvo.

Il est vraisemblable que l'Europe ne pourra jamais consacrer les surfaces agricoles suffisantes pour produire le bioéthanol à un prix compétitif sans aides ou subventions massives.

En France[modifier | modifier le code]

La France commercialise des véhicules équipés d’origine d’un moteur flexfuel (neuf avec VW Golf MultiFuel[3], Golf Sportsvan MultiFuel[4], Golf SW MultiFuel, Jeep Grand Cherokee ou d’occasion avec des modèles Renault, Dacia, Peugeot, Citroën, Ford, Volvo, Saab, etc.)[5].

Depuis 2007, des boîtiers de conversion au superéthanol sont vendus et peuvent être installés sur de nombreux véhicules essence[6]. En 2017, ces boîtiers sont compatibles avec tous les véhicules essence à injection en circulation depuis 2001, soit 80 % des voitures essence (voitures essence Euro 3 minimum, compatibles E10, jusqu’à 14 CV[7]). Plusieurs entreprises françaises proposent des systèmes de conversion au E85, comme Biomotors, FlexFuel Energy Development et Arm engineering. Depuis 2018, certains boîtiers sont désormais homologués[8].

Fin 2017, la Direction générale de l'Énergie et du Climat (DGEC) et le Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA), en collaboration avec des entreprises du secteur, sont à l’origine de l’arrêté d’homologation[9] des boîtiers de conversion au superéthanol et de leur installation. Il est publié au Journal officiel le par le ministère de la Transition écologique et solidaire et le ministère de l’Intérieur. Cet arrêté offre un cadre réglementaire et prévoit l’homologation des matériels testés et validés par l’Union technique de l'automobile, du motocycle et du cycle (UTAC) pour permettre au consommateur de profiter des avantages liés à ce carburant (obtention de la carte grise simplifiée, gratuite ou à moitié prix selon les préfectures, dispense de la circulation différenciée en Île-de-France en cas de pics de pollution, abattement de 40 % sur les émissions de CO2 inférieures à 250 g/km pour le calcul du malus écologique)[3]. Avec l’homologation, le marché des boîtiers de conversion devrait connaître un essor important en raison du prix de l’E85, en permettant d’économiser plus de quarante centimes par litre par rapport au SP95[10].

Critiques[modifier | modifier le code]

L'utilisation du flexfuel est cependant critiquée :

  • la fabrication nécessite plus d'énergie pour la transformation globale que le Diesel d'origine végétale ;
  • la surface utilisée pour les carburants végétaux ne peut pas être utilisée pour la production d'aliments et encourage une agriculture intensive (pesticides, déforestation, appauvrissement de la biodiversité) ;
  • la prise en compte du changement d'affectation des sols grève l'écobilan de ces agrocarburants de première génération. Des recherches portent sur des carburants dits de seconde ou troisième génération (produits à partir d'algues ou de micro-organismes par exemple).

Cependant, une étude de l'Ademe de 2002 précise que la filière bioéthanol restitue actuellement deux fois plus d’énergie qu’elle ne consomme d’énergie non renouvelable[11], et que seul 1 % de la surface agricole utile est exploitée pour l'éthanol[3]. La production d’E85 permettrait une réduction nette d’émissions de CO2 de 40 % par rapport à l’essence[3].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Os carros Flex Fuel no Brasil », sur www2.camara.leg
  2. « Au Brésil, le marché automobile roule pour l'alcool », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 30 janvier 2018)
  3. a b c et d « Rouler à l'E85, carburant le moins cher, va devenir plus facile », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 30 janvier 2018)
  4. « Fiche technique Golf Sportsvan Multifuel », sur www.bioethanolcarburant.com (consulté le 30 janvier 2018)
  5. « Véhicules Flex Fuel : les modèles disponibles en France », Bioénergie International,‎ 3 juin2010 (lire en ligne, consulté le 30 janvier 2018)
  6. Yves Maroselli, « La transformation pour rouler à l'E85 enfin encadrée », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 30 janvier 2018)
  7. « Les conditions d'homologation des boîtiers de conversion superéthanol E85 sont fixées », Actu-Environnement,‎ (lire en ligne, consulté le 30 janvier 2018)
  8. Caradisiac.com, « Rouler à l'E85, c'est moins cher et c'est facile : tout ce qu'il faut savoir », sur Caradisiac.com (consulté le 18 mars 2019)
  9. Arrêté du 30 novembre 2017 relatif aux conditions d'homologation et d'installation des dispositifs de conversion des véhicules à motorisation essence en motorisation à carburant modulable essence - superéthanol E85 (lire en ligne)
  10. « Faire le plein à 0,67 € le litre », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 30 janvier 2018)
  11. « Bilans énergétiques et gaz à effet de serre des filières de production de biocarburants en France » [PDF], sur previa.uclm.es

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]