Flex fuel

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La technique dite « Flex fuel » désigne un système d'alimentation et carburation d'un moteur à combustion lui permettant d'utiliser indifféremment des carburants aussi variés que l'essence, le bioéthanol ou un mélange des deux pour un taux d’éthanol compris entre 0 % et 100 % en volume ; ces véhicules sont spécialement conçus ou adaptés pour fonctionner indifféremment au Superéthanol E85 et/ou au Super sans plomb.

Les véhicules Flexfuel adaptent automatiquement leur fonctionnement pour tout mélange d’essence et d’éthanol pur ; d’où le suffixe « Flex » qui évoque leur flexibilité. Ce système a été inventé et mis au point par l'équipementier italien Magneti Marelli, filiale du groupe Fiat, pour les besoins du marché brésilien. Les moteurs acceptent aussi un certain taux de condensat de gaz naturel (qui est notamment utilisé pour dénaturer l'alcool).

Cette technique est l’une de celles qui équipent les véhicules dits « polycarburant » ou véhicules à carburant modulable (VCM).

Historique[modifier | modifier le code]

Magneti Marelli a breveté le système Flex fuel[1] ainsi que le système TetraFuel qui équipe quasiment tous les modèles automobiles construits au Brésil. C'est un capteur qui analyse le type de carburant présent dans le conduit d'alimentation et qui fait calculer à la centrale électronique d'injection le réglage qui correspond.

Au Brésil, c'est à partir de 2005 que le nombre d'automobiles vendues équipées du système Flex fuel a dépassé celui des voitures traditionnelles à essence, ce qui s'explique par un prix de l'alcool à la pompe deux fois moins cher que l'essence. Aucun pays n'a autant développé ce type de carburant alternatif que le Brésil, où les cultures n'ont pas encore privé le pays des ressources agricoles pour la nourriture humaine.

Ce n'est qu'à partir du mois de mai 2003 que Volkswagen a lancé son premier modèle équipé d'un moteur Flex. Deux mois plus tard ce fut le tour de Chevrolet[2].

Diffusion du Flex fuel[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

Saab 9-3 BioPower vendue en Suède depuis 2007.

C'est la Suède qui a été le premier pays a favoriser la commercialisation de biocarburants pour introduire la technique Flex fuel. Ford a lancé le modèle Taurus avec un moteur Flex suivi en 2005 par Saab et Volvo. .

Il est vraisemblable que l'Europe ne pourra jamais consacrer les surfaces agricoles suffisantes pour produire le bioéthanol à un prix compétitif sans aides ou subventions massives.

En France[modifier | modifier le code]

La France commercialise des véhicules équipés d’origine d’un moteur Flex fuel (neuf avec VW Golf MultiFuel[3], Golf Sportsvan MultiFuel[4], Golf SW MultiFuel, Jeep Grand Cherokee ou d’occasion avec des modèles Renault, Dacia, Peugeot, Citroën, Ford, Volvo, Saab...)[5].

Depuis 2007, des boîtiers de conversion au Superéthanol-E85 sont vendus et peuvent être installés sur de nombreux véhicules essence[6]. En 2017, ces boîtiers sont compatibles avec tous les véhicules essence à injection en circulation depuis 2001 soit 80% des voitures essence (voitures essence Euro 3 minimum, compatibles SP95-E10, jusqu’à 14 CV[7]). Plusieurs entreprises françaises proposent ce produit, dont Flexfuel Energy Development (FFED), qui explique posséder un réseau d'installateurs étendu[8].

Fin 2017, la Direction Générale de l’Energie et du Climat (DGEC) et le Syndicat National des Producteurs d’Alcool Agricole (SNPAA), en collaboration avec des entreprises du secteur telle la FFED, sont à l’origine de l’arrêté d’homologation[9] des boîtiers de conversion au Superéthanol-E85 et de leur installation. Il est publié au Journal Officiel le 15 décembre 2017 par le Ministère de la Transition écologique et solidaire et le Ministère de l’Intérieur. Cet arrêté offre un cadre réglementaire et prévoit l’homologation des matériels testés et validés par l’Union Technique de l’Automobile du Motocycle et du Cycle (UTAC) pour permettre au consommateur de profiter des avantages liés à ce carburant (obtention de la carte grise simplifiée, gratuite ou à moitié prix selon les préfectures, dispense de la circulation différenciée en Île-de-France en cas de pics de pollution, abattement de 40% sur les émissions de CO2 inférieures à 250 gr/km pour le calcul du malus écologique)[3]. Avec l’homologation, le marché des boîtiers de conversion devrait connaître un essor important en raison du prix de l’E85, en permettant d’économiser plus de 40 centimes par litre par rapport au SP95[10].  

Critiques[modifier | modifier le code]

L'utilisation du Flex fuel est cependant critiquée :

  • La fabrication nécessite plus d'énergie pour la transformation globale que le Diesel d'origine végétale ;
  • La surface utilisée pour les carburants végétaux ne peut pas être utilisée pour la production d'aliments et encourage une agriculture intensive (pesticides, déforestation, appauvrissement de la biodiversité) ;
  • La prise en compte du changement d'affectation des sols grève l'écobilan de ces agrocarburants de première génération. Des recherches portent sur des carburants dits de seconde ou troisième génération (produits à partir d'algues ou de microrganismes par exemple).

Cependant, une étude de l'ADEME de 2002 précise la filière bioéthanol restitue actuellement deux fois plus d’énergie qu’elle ne consomme d’énergie non renouvelable[11], et que seul 1% de la surface agricole utile est exploitée pour l'éthanol[3]. La production d’E85 permettrait une réduction nette d’émissions de CO2 de 40% par rapport à l’essence[3].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Os carros Flex Fuel no Brasil »
  2. « Au Brésil, le marché automobile roule pour l'alcool », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  3. a, b, c et d « Rouler à l'E85, carburant le moins cher, va devenir plus facile », FIGARO,‎ (lire en ligne)
  4. « Fiche technique Golf Sportsvan Multifuel | Bioéthanol », sur www.bioethanolcarburant.com (consulté le 30 janvier 2018)
  5. « Véhicules Flex Fuel : les modèles disponibles en France », MAGAZINE ET PORTAIL FRANCOPHONE DES BIOÉNERGIES,‎ 3 juin2010 (lire en ligne)
  6. Yves Maroselli, « La transformation pour rouler à l'E85 enfin encadrée », Le Point,‎ (lire en ligne)
  7. « Les conditions d'homologation des boîtiers de conversion superéthanol E85 sont fixées », Actu-Environnement,‎ (lire en ligne)
  8. « FFED mise sur l'accompagnement des professionnels », decisionatelier.com,‎ (lire en ligne)
  9. Arrêté du 30 novembre 2017 relatif aux conditions d'homologation et d'installation des dispositifs de conversion des véhicules à motorisation essence en motorisation à carburant modulable essence - superéthanol E85 (lire en ligne)
  10. « Faire le plein à 0,67 € le litre », FIGARO,‎ (lire en ligne)
  11. « Bilans énergétiques et gaz à effet de serre des filières de production de biocarburants en France »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]