Fillé

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Fillé
La mairie.
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Sarthe
Arrondissement La Flèche
Canton La Suze-sur-Sarthe
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Sarthe
Maire
Mandat
Loïc Trideau
2014-2020
Code postal 72210
Code commune 72133
Démographie
Gentilé Filléen
Population
municipale
1 518 hab. (2015 en augmentation de 0,13 % par rapport à 2010)
Densité 151 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 53′ 54″ nord, 0° 07′ 36″ est
Altitude Min. 35 m
Max. 73 m
Superficie 10,07 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-fille.org

Fillé ou Fillé-sur-Sarthe[1] est une commune française, située dans le département de la Sarthe en région Pays de la Loire, peuplée de 1 518 habitants[2] (les Filléens).

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé à 15 km au sud-ouest du Mans, Fillé occupe la basse vallée alluvionnaire de la Sarthe. Le village est installé sur la rive droite de la rivière et doit son développement au passage du cours d’eau. Les terres sont sablonneuses et relativement pauvres. Ces alluvions ont créé des carrières d'où est extrait du sable et des graviers depuis les années 1970 jusqu’aux années 1990 ; elles sont maintenant transformées en plans d’eau.

Le relief de la commune est assez plat du fait des divagations de la Sarthe qui s’installe dans sa position actuelle il y a environ 12 000 à 15 000 ans. Seule la partie ouest de la commune, vers les hauteurs de Saint-Fraimbault, offre un relief plus prononcé. En effet le point culminant est à une altitude de 73 mètres alors que la rivière est à une altitude moyenne de 40 mètres.

La population de Fillé-sur-Sarthe connait une croissance importante à partir du milieu des années 1970. Alors que le nombre d’habitants tournait entre 445 et 525 entre 1901 et 1968, le recensement de 1975 indique 675 personnes. Puis un deuxième palier apparait dans les années 1990 ; la population atteint le millier d’habitants. Les chiffres de 2006 nous donnent 1 486 habitants sur la commune de Fillé-sur-Sarthe. C’est un phénomène classique de périurbanisation ; le charme de la commune et la proximité du Mans, et de la zone industrielle Sud, attirent les populations. Plusieurs lotissements apparaissent autour du bourg, centre ancien du village.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Fillé
Voivres-lès-le-Mans Spay
Roézé-sur-Sarthe Fillé
Guécélard

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine du nom Fillé n'a jamais été clairement établie. Dans un bref article, Lucien Bezard[3] a fait le tour de la question. Il propose une origine venant Filliacus venant du gentilice Fillius. Les découvertes récentes de quelques indices archéologiques gallo-romains dans le bourg confortent aujourd'hui cette hypothèse.

La présence préhistorique est attestée par la mise au jour de quelques outils en silex à proximité de la rivière (grattoir, perçoir, etc.)[4]. On notera également la découverte d'une meule dormante remontant à l'époque néolithique[5]. Il faut noter aussi le toponyme Pierre Aube (la Pierre Blanche) qui semble indiquer qu'un mégalithe se trouvait anciennement à Fillé. Une monnaie romaine, un sesterce de Lucius Verus, trouvée au XIXe siècle laisse supposer la présence d'une occupation gallo-romaine[6]. Cette occupation romaine est aujourd'hui attestée par la découverte d'indices archéologiques (tuiles, céramiques) dans quelques endroits de la commune.

Douze sarcophages de pierre furent découverts en 1841 à proximité de la Beunêche[7]; ce dernier lieu-dit se situe sur la commune de Roëzé-sur-Sarthe mais limitrophe de Fillé. On peut cependant supposer que ces sarcophages ont été trouvés à l'emplacement de l'actuel château « italien » qui fut construit à cette époque. Notons également la découverte dans ce secteur d'indices archéologiques gallo-romains (site en cours de déclaration).

Le développement médiéval de la paroisse est lié à l'importante seigneurie de Buffes qui se situe sur l'autre rive de la Sarthe. C'est de cette seigneurie que dépendait à l'origine le moulin de Fillé. Elle devait contrôler le passage à gué puis par bac sur l'autre rive. Plus tard la terre du Gros Chesnay (propriété des Le Boindre puis des Daniel de Beauvais) devient la principale seigneurie jusqu'à la Révolution[8],[9].

En novembre 1795, la commune intègre à son territoire la paroisse de Guécélard et se nomme alors Fillé-Guécélard, la mairie et l'école se situant à Fillé, une école dite « de hameau » est néanmoins construite à Guécélard en 1877 qui devient commune à part entière le 30 juillet 1880[10]. Le paysage filléen sort de sa monotonie à la fin du XIXe siècle avec le passage du tramway et devient un rendez-vous prisé des Manceaux.

Au cours du XIXe siècle, la vie de la commune est modifiée par la révolution des transports. Ainsi en 1862 est ouvert le canal de Fillé à Roëzé. Il permet d'éviter les chaussées et barrages des moulins de Fillé et de la Beunêche (commune de Roëzé). D'une longueur de 4,5 km, il voit passer environ 150 bateaux par an dans les premières années de son exploitation. Mais à la même époque, la ligne ferroviaire Le Mans-Angers est mise en circulation et vient fortement concurrencer la navigation fluviale. À la fin du XIXe siècle, le tramway traverse la commune. C'est l'occasion pour celle-ci de se doter d'un pont qui permet un franchissement aisé de la rivière. En effet, traditionnellement le passage de la rivière s'effectue dans le bourg à l'aide du passeur. Comme de nombreuses communes, Fillé demande la construction d'un pont. Les travaux commencent en 1896 d'après les plans de l'ingénieur breton Louis Auguste Harel de la Noë alors ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de la Sarthe ; la structure métallique est l'œuvre des Ateliers de construction Forges et Fonderie d'Hautmont. Le 9 janvier 1897, se déroule l'épreuve du pont avec une locomotive de 15 t et 4 wagons chargés de ballast pesant chacun 12,750 t soit un total de 68 tonnes. La ligne est ouverte à la circulation le 13 septembre 1897.

Le 7 août 1944, les chars américains arrivent depuis la route des Vignes, les Allemands sont présents dans le village et l'altercation est inévitable. Les blindés américains prennent position pour débusquer l'ennemi tandis que certains soldats allemands sont cachés dans le clocher. Les échanges d'artillerie sont violents et l'église ainsi que quelques habitations brûlent. Le lendemain, les accrochages continuent car certains soldats allemands sont cachés dans les chapelles du cimetière. Le 8 août 1944, le village est libéré.

Depuis 1990, la commune connaît un important développement lié à la proximité du Mans mais aussi à une dynamique politique de croissance qui a permis le doublement de la population en quelques décennies.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Photographie d'un bâtiment à deux étages portant inscription « Mairie » à gauche et le logo de La Poste à droite
L'ancienne mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1989 2008 Gérard Choisnet   Retraité SNCF
en cours Loïc Trideau[11] EELV Enseignant technique

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[13].

En 2015, la commune comptait 1 518 habitants[Note 1], en augmentation de 0,13 % par rapport à 2010 (Sarthe : +0,87 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
913 932 911 1 002 1 174 1 108 1 165 1 212 1 316
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 256 1 300 1 289 1 231 1 184 591 580 569 548
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
520 522 526 498 511 471 467 445 467
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2015
501 470 617 744 836 1 086 1 486 1 520 1 518
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Moulin banal du XVe siècle récemment restauré.
    Le moulin à eau du XVe siècle.
  • Château du Gros Chesnay du milieu du XVIIe.
  • Pont métallique sur la Sarthe, ouvrage d'art édifié en 1896 par l'ingénieur breton Louis Auguste Harel de La Noë.
  • Les berges de la Sarthe et du canal de Fillé sont régulièrement fréquentées par les pêcheurs et les nombreux promeneurs.

En 1995, le maire du village, Gérard Choisnet, amoureux du Moulin et conscient de l'intérêt du site s'accorde avec le propriétaire pour une location avec promesse d'achat et, finalement en avril 2000, le propriétaire du site et dernier meunier Raoul Cosnier a signé l'acte de vente avec la communauté de communes du Val de Sarthe. Très vite, un projet de centre de loisirs fluvial est ébauché, le moulin est restauré par l'Association du moulin de Fillé, créée en 1996 également à l'initiative de la municipalité, et les bâtiments de la ferme du Moulin vont être également rénovés.

Le lieu réhabilité par la communauté de communes et inauguré le samedi 28 juin 2008 doit remplir une mission culturelle à plusieurs volets. Le premier est bien évidemment l’activité de meunerie déjà active à travers l’association de sauvegarde qui avait réhabilité la roue et animait depuis plusieurs années le site en fabriquant à nouveau de la farine.

Le second volet concerne les activités de loisirs liées à l’eau omniprésente à travers la base nautique. Un peu plus tard sera construite sur le haut du site une guinguette pour faire revivre cette tradition très présente sur les bords de Sarthe au XIXe siècle.

La grange et la maison du meunier ont été réaménagées pour accueillir des artistes invités à produire des œuvres in situ au cours de résidences.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'église est bombardée dans la soirée du 7 août 1944 lors de la libération de Fillé par des chars américains. La reconstruction de l'église est entreprise en 1947 et terminée en 1956. Statue de la Vierge du XVIIe en terre vernissée que l'incendie de 1944 a laissée seule indemne.
L'église Saint-Martin-de-Vertou.

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

  • Jean Le Boindre (1620-1693), doyen du Parlement de Paris et seigneur du Gros Chenay. Il nous a laissé un manuscrit intitulé Débats du Parlement de Paris pendant la minorité de Louis XIV dans lequel il témoigne de cette période agitée que fut la Fronde.
  • Henri Vallée, constructeur automobile né à Fillé en 1865, créateur de divers modèles dont un engin de course original surnommé la « Pantoufle ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

Altitudes, superficie : répertoire géographique des communes[16].
  1. L'Insee et le COG (officiel) ont retenu « Fillé », la commune ([1]), la communauté de communes ([2]) et parfois les administrations ([3]Pdf) ont opté pour « Fillé-sur-Sarthe ».
  2. Population municipale 2015.
  3. Lucien Bezard, Remarques toponymiques, La Province du Maine, Tome XVI, 1908, p. 155.
  4. Outils préhistoriques à Fillé
  5. Meule dormante à Fillé
  6. Carte archéologique de la Gaule, La Sarthe 72, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 2001, p.230
  7. N. Desportes, Bibliographie du Maine précédée de la description topographique et hydrographique du diocèse du Mans, Sarthe et Mayenne, Le Mans, 1844, p. 55
  8. Château du Gros Chesnay
  9. Les jardiniers du Gros Chesnay
  10. [4]
  11. Réélection 2014 : « Les nouveaux maires et adjoints élus ce week-end », Le Maine libre, (consulté le 31 mars 2014).
  12. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  16. Site de l'IGN.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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