Fédération indépendante et démocratique lycéenne

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Fédération indépendante et démocratique lycéenne
upright=Article à illustrer Organisation
Le syndicat lycéen
Histoire
Fondation
1987
Origine
Les lycéens de SOS Racisme
Cadre
Zone d'activité
Type
Financement
Subventions publiques, cotisations de ses membres, dons
Objectif
Défendre, aider, et promouvoir les droits des lycéens.
Méthode
Campagnes d'affichage, organisation de débat, action symbolique, manifestation.
Siège
Pays
Organisation
Effectif
3
Président
Samuel Szenker
Représentativité
Élus au CSE[1] :
0  /  4
Site web

La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) est une organisation lycéenne française à but syndical, fondée en 1987 à la suite du mouvement contre le projet de loi Devaquet.

Son rôle est de promouvoir les droits et les devoirs des lycéens et de leur permettre de s'exprimer au sein de la société. La FIDL aborde certains sujets, avec un accent particulier sur l'égalité, la mixité, la violence scolaire, les rythmes d'études et l'orientation. Elle aborde aussi différents thèmes de société comme l'engagement citoyen, les discriminations, la santé, la culture, le statut des lycéens en situation illégale, etc.

Historique[modifier | modifier le code]

Débuts : MEGL et FIDL[modifier | modifier le code]

La FIDL a été créée en 1987, au lendemain de la mobilisation de la jeunesse (lycées et universités) de novembre et décembre 1986 contre le projet de loi Devaquet (ministre délégué auprès du ministre de l'Éducation nationale, chargé de la Recherche et de l'Enseignement supérieur), visant à instaurer, entre autres, une sélection à l'entrée des universités.

Après le mouvement, des États Généraux des Lycéens se tiennent les 21 et 22 mars 1987, devant aboutir à la création pérenne d’une nouvelle organisation lycéenne : le Mouvement des états généraux lycéens (MEGL). Mais rapidement des divergences éclatent entre des lycéens proches de SOS Racisme et impliqués dans la mobilisation contre le projet de loi Devaquet et des lycéens actifs au sein du MEGL naissant : proches des Jeunesse communistes, du Parti communiste, des Jeunes Communistes Révolutionnaires, des Jeunes Libertaires (CJL), ou encore non affiliés (mais refusant tout rapprochement avec SOS Racisme, l'UNEF-ID ou le MJS). Il faut rappeler que lors du mouvement de 1986, le MEGL (Mouvement des États Généraux Lycéens) naissant pendant la mobilisation a joué un rôle important dans l’extension de la grève dans les lycées, ainsi qu'un grand nombre de lycéens très diverses au sein de coordinations locales ou nationales comportant notamment un certain nombre de lycéens proche de SOS Racisme, mais aussi un grand nombre de lycéens hostile à tout rapprochement politique ou toute formalisation d'une organisation ressemblant à un syndicat lycéen ou à un mouvement organisé au-delà de la mobilisation contre le projet de Loi Devaquet.

Le conflit entre lycéens mobilisés l'année précédente, membres du MEGL ou proches de SOS-Racisme porte notamment en 1987 sur la question du champ d’action à adopter.

La FIDL est donc créée par les lycéens proches de SOS Racisme avec l’aide de l’UNEF-ID. Les 16 et 17 mai 1987 sont réunis environ 400 lycéens de toute la France pour le congrès constitutif de la première organisation syndicale lycéenne en France, la Fédération indépendante et démocratique lycéenne, la FIDL.

Quant au MEGL, qui recevait quelques aides matérielles de la Jeunesse Communiste et de l'UNEF (ou certains milieux anarchistes) en 1987 (impressions de tracts, etc.), il sera assez vite "laché" par ces organisations considérant le MEGL comme l'embryon d'un organisme de jeunesse concurrent rassemblant des idées par trop hétérogènes pour servir leur cause.

La FIDL se donne quant à elle une ligne de conduite : « défendre les valeurs d'égalité et de solidarité et faire entrer la démocratie au lycée ». Cela passe notamment par la lutte contre les classes surchargées, la rénovation de l’enseignement technique et le maintien de la libre inscription des bacheliers à l’université. Frédéric Hocquard est le premier président de l'association.

En 1990, Nasser Ramdane est la figure du mouvement lycéen qui réclame au gouvernement Rocard plus de moyens et qui esy reçu à Élysée par le président de la République François Mitterrand[2].

Quelques mouvements importants pour la FIDL[modifier | modifier le code]

La FIDL[3] a participé à des mouvements lycéens, notamment :

Quelques personnalités passées par la FIDL[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1980, la FIDL faisait partie des lieux de formation de la nouvelle génération de politiques, notamment de la Gauche socialiste. Nombreux étaient les anciens responsables qui passaient également par l'UNEF-ID et le MJS au début des années 1990 : parmi eux, François Delapierre, Yann Galut, ou encore Frédéric Hocquart.

Par ailleurs, entre 1989 et 2006, il n’y eut que des présidentes : Carine Seiler, qui inaugure cette série, sera plus tard présidente de l’UNEF-ID ; Delphine Batho, Léa Filoche continueront elles aussi leurs engagements, politique et syndical. Toutes les trois appartiendront au courant Gauche socialiste, proche de Julien Dray. La FIDL a aussi été l'un des premiers engagements militants de personnalités comme Loubna Méliane.

L'ex-ministre Emmanuelle Cosse déclare à Libération le 26 novembre 1999: «Je militais alors à la Fidl. C'était les grands mouvements du début des années 1990, où j'ai été même négocier avec Jospin. Mais bon, il fallait toujours suivre l'avis du chef.» [13]

Présidents notables[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnalités politiques présidèrent cette fédération :

Polémiques[modifier | modifier le code]

Sur les comptes de la FIDL[modifier | modifier le code]

En décembre 2008, en plein mouvement lycéen contre la reforme du lycée, le quotidien Le Monde annonce l'ouverture d'une enquête préliminaire au sujet de flux financiers suspects au préjudice de l'organisation lycéenne[16]. Cette enquête se déroulant en marge d'autres enquêtes concernant les comptes du député socialiste Julien Dray. L'enquête préliminaire s'intéresse aussi à un rapport commandé par la FIDL à Geneviève de Kerautem, spécialiste des mouvements lycéens et étudiants et ancienne responsable de la FIDL, de l'UNEF-ID. Elle est également ex-élue socialiste de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Selon le magazine l'Express, elle aurait perçu un acompte de 6 000  (sur un montant total de 9 000 ) pour la rédaction d'un rapport sur l'avenir des mouvements lycéens et étudiants[17].

Au cours de l'année 2009, la presse publie de nouvelles informations issues de l'enquête préliminaire visant les mouvements financiers suspects détectés sur les comptes de Julien Dray qui, selon les enquêteurs de la brigade financière, aurait permis la mise au jour d'un véritable "système" d'évaporation de fonds au profit du député de l'Essonne, principalement au préjudice de SOS Racisme et de la FIDL[18].

L'enquête est close en décembre 2009, sans ouverture d'un procès[19].

SOS Racisme et la FIDL condamnés aux prud'hommes et plainte pénale déposée[modifier | modifier le code]

Trois ans après l'affaire Dray, la FIDL et SOS Racisme sont attaqués sur le plan pénal et le plan prud'homal par une ex-salariée pour « non-paiement des salaires, licenciement vexatoire, abus de confiance, escroquerie, séquestration, harcèlement moral et vol »[20],[21].

Charlotte Allegret a été vice-présidente de la FIDL[22], responsable des étudiants de SOS Racisme[23] et membre du bureau national aux questions d'éducation, puis salariée "permanente" de la FIDL entre juin 2009 et juin 2010. Son récit est expliqué dans un article du Nouvel Observateur du 1er février 2012[20] : "Le cauchemar d'une ex-militante" ou encore dans Siné Hebdo[24]. Le 12 avril 2013, SOS Racisme et la FIDL ont été condamnés aux prud'hommes. Considérés comme co-employeurs, ils doivent verser à Charlotte Allégret, une de leurs anciennes employées, 3 750  de rappels de salaires du 1er avril au 14 juin 2010, 1 909  de préavis et 12 000  d’indemnités pour licenciement abusif et harcèlement moral[25]. Sur le plan pénal, elle a déposé plusieurs plaintes contre X en juin 2010 auprès du tribunal de grande instance de Paris. Ce n’est que le 24 janvier 2012 qu’une information a été ouverte pour détournement de fonds sociaux et publics, abus de confiance, escroquerie, séquestration, harcèlement moral et vol.

La FIDL, a attaqué le Nouvel Observateur pour diffamation. Aucune audience s'est tenu à ce jour concernant cette plainte. La FIDL n'a pas fait appel du jugement prud'homal à l'expiration du délai prévu à cet effet.[réf. nécessaire]

Association lycéenne proche du Parti socialiste[modifier | modifier le code]

L'enquête menée concernant l'utilisation des fonds de la FIDL au profit de Julien Dray relancera néanmoins les accusations proférées par les médias qui considèrent que depuis sa fondation, la FIDL n'aura été qu'un paravent du Parti socialiste pour créer de l'agitation contre le Front national et les gouvernements de droite dans les milieux lycéens et étudiants[26]. Le quotidien Libération posera ouvertement la question : « L’usine à gaz politico-estudiantine mise en place depuis vingt ans par Julien Dray, au-delà de l’agitation mouvementiste, aurait-elle contribué à l’enrichissement personnel de son mentor ?»[27]

Cette dépendance vis-à-vis du monde politique a été déplorée par l'une de ses anciennes présidentes. Lors d'un entretien avec le journal L'Express, Léa Filoche déclarait ainsi : « Il y a un gros problème de démocratie interne et de dépendance par rapport aux politiques. C'est Julien Dray, député et porte-parole du PS, qui, tous les deux ans, nomme les permanents de l'organisation. »[28]

En dépit de ses critiques, la FIDL revendique son indépendance et affirme s'être toujours mobilisée autant face aux gouvernements de gauche que de droite[3], bien qu'elle reste considérée comme étant de gauche[29].

Instabilités internes et accusations d’ingérences de SOS Racisme[modifier | modifier le code]

À la rentrée de septembre 2018, un communiqué de presse publié sur les comptes du syndicat dénonce les "ingérences" de l’association SOS-Racisme dans les affaires de la FIDL, et désavoue le nouveau bureau national[30].

Le président, Samuel Szenker, dénoncera une « fake news », il affirme également que « le communiqué est l’initiative individuelle de Marouane Majrar, l’ancien vice-président de la FIDL ». Plusieurs cadres du syndicat ont néanmoins fait des déclarations dans le sens du communiqué ; un cadre de l'organisation dénoncera par exemple le fait que des conférences de SOS-Racisme étaient imposés aux militants[31].

À la suite du communiqué de presse, le bureau national annonça là tenu d'une réunion exceptionnelle en vue de l’exclusion définitive de Marouane Majrar.

SOS Racisme niera toute ingérence et qualifiera la controverse de « sujet de cours de récréation »[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Dans un syndicat lycéen, étudiant ou professionnel | Associations.gouv.fr », sur www.associations.gouv.fr (consulté le 19 mars 2019)
  2. a et b Abel Mestre, « La mort de Nasser Ramdane Ferradj, militant de SOS-Racisme », sur lemonde.fr, (consulté le 29 avril 2021)
  3. a et b « Histoire de la FIDL | FIDL, le syndicat lycéen ! » (consulté le 20 janvier 2020)
  4. « Claude Allègre s'engage à calmer la grogne lycéenne », sur Les échos, (consulté le 26 mars 2016)
  5. « Les jeunes manifestent contre Le Pen », sur rfi.fr, (consulté le 26 mars 2016)
  6. « Nouvelle mobilisation des lycéens contre le projet de loi Fillon », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mars 2016)
  7. « Les lycéens partent en croisade contre le CPE », sur L'Humanité, (consulté le 26 mars 2016)
  8. « L'appel à la mobilisation contre la loi Pécresse bien suivi ce mardi », sur 20 Minutes, (consulté le 26 mars 2016)
  9. « Lycée/réforme: la Fidl pour un "retrait" », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mars 2016)
  10. « L’UNEF, la Fidl et l’UNL appellent les jeunes à une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites », sur L'Etudiant, (consulté le 26 mars 2016)
  11. « Des lycéens manifestent à Paris contre les expulsions d'enfants scolarisés », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mars 2016)
  12. « "Ça fait quatre ans qu'on ne fait rien pour la jeunesse", tonne Alex Pellier », sur RTL, (consulté le 26 mars 2016)
  13. Eric Favereau, « Emmanuelle Cosse, 25 ans, nouvelle présidente d'Act Up. », sur Libération.fr, (consulté le 2 octobre 2020)
  14. Lilian Alemagna, « François Delapierre, proche conseiller de Mélenchon, est décédé », sur Libération.fr, (consulté le 30 janvier 2020)
  15. Le JDD, « Delphine Batho, une kamikaze au PS », sur lejdd.fr (consulté le 30 janvier 2020)
  16. Les faramineuses dépenses de Julien Dray, L'Est républicain,
  17. « Les comptes et mécomptes de l'affaire Dray », L'Express,
  18. Gérard Davet, « Les mauvais comptes de Julien Dray », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  19. « Le parquet confirme que Julien Dray ne sera pas renvoyé en correctionnelle », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  20. a et b « FIDL : une nouvelle affaire embarrassante », Le Nouvel observateur,‎ (lire en ligne).
  21. Marie Vaton et Elsa Vigoureux, « Les comptes suspects de la FIDL », Le Nouvel observateur,‎ (lire en ligne).
  22. « Interview 2 », sur Skyrock, (consulté le 16 septembre 2020).
  23. « Maurice face à une Charlotte de chez SOS Racisme » [vidéo], sur YouTube (consulté le 16 septembre 2020).
  24. http://www.sinemensuel.com/droit-de-suite/prud-hommes/c-est-pas-du-boulot-65/
  25. « La FIDL et SOS Racisme condamnés aux prud'hommes », sur Google Docs (consulté le 16 septembre 2020).
  26. « Portrait de Julien Dray », sur www.politique.net (consulté le 30 septembre 2010)
  27. « Julien Dray verse dans le judiciaire », sur www.liberation.fr (consulté le 30 septembre 2010)
  28. « Lycées, Les filières de la colère », sur www.lexpress.fr
  29. « À Alfortville, Ayrault répète la doctrine, Duflot ne dit mot », Le Figaro,‎ , p.2.
  30. Causeur.fr et Erwan Seznec, « FIDL contre SOS Racisme, un putsch pour des ruines », sur Causeur, (consulté le 26 janvier 2019)
  31. a et b « Des militants d’un syndicat lycéen accusent SOS Racisme « d’ingérence » », Le Figaro Etudiant,‎ (lire en ligne, consulté le 26 janvier 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]