Fiat South Africa

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FIAT South Africa

Création 1950
Dates clés 1978 : Fermeture de l'usine et transfert de la production chez Alfa Romeo South Africa usine de Brits
Personnages clés Drapeau : Italie Vittorio Valletta
Forme juridique S.A.
Siège social Drapeau de l'Afrique du Sud Johannesburg (Afrique du Sud)
Actionnaires Fiat
Activité constructeur automobile
Produits automobiles - utilitaires - poids lourds
Société mère Fiat S.p.A. Italie

FIAT South Africa était la filiale du constructeur italien Fiat, implantée en Afrique du Sud au début des années 1950 pour l'assemblage local des modèles italiens avec le volant à droite.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les modèles Fiat ont été importés en Afrique du Sud par des particuliers ou des agents locaux depuis l'origine de la marque italienne.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les Etas commencèrent à élever des droits de douane pour protéger leur industrie locale, lorsqu'il en existait une, ce qui n'était pas le cas en Afrique du Sud, où pour faire entrer des devises et forcer les entreprises à créer des usines localement.

Certains modèles de la vaste gamme du constructeur italien ont été importés en Afrique du Sud via un réseau de concessionnaires de la marque puis, vu le succès remporté et l'application des taxes élevées, la direction de la marque décide de faire fabriquer ces modèles localement en confiant à la société "Car Distribution Assembly Ltd - CDA Ltd" de East London le soin d'assembler les voitures livrées en CKD, sous le contrôle d'un responsable qualité italien. La société "CDA Ltd" assemblait déjà des automobiles pour le compte de Mercedes depuis 1958. Aucun autre constructeur européen ne disposait alors d'usine locale.

C'est en 1962 que le constructeur décide de transférer l'assemblage de ses modèles de "CDA Ltd" à "Motors Assembly Ltd - MA Ltd" car Alfa Romeo qui avait débuté l'assemblage de ses Giulietta et Giulia en 1960 chez ce même industriel, allait saturer les capacités de l'usine de East London.

Le lancement de la nouvelle gamme Fiat locale avec les Fiat 1100, Fiat 1500 berline et familiale et la luxueuse Fiat 2300 justifiait largement ce changement. Quelque temps plus tard, Lancia utilisera également les services de "MA Ltd" pour assembler localement ses modèles Appia et Flavia. Lancia ne restera que quelques années sur le marché d'Afrique du Sud et sera remplacé par Volvo lorsque le gouvernement imposera l'intégration d'un pourcentage plus élevé de composants locaux. Fiat créera la société "Turin Motors Ltd" pour produire localement des éléments mécaniques et même certains moteurs complets. En 1967, il fallait intégrer 35% de pièces produites localement pour obtenir les autorisations gouvernementales de poursuivre l'activité de commercialisation de modèles "locaux".

En 1963, Fiat engage "MA Ltd" dans l'assemblage des camions Fiat V.I. et OM pour le marché local dominé par des produits américains obsolètes. Magirus-Deutz fera de même.

En 1964, Fiat est la marque qui connait la plus forte croissance en Afrique du Sud au point que la direction italienne engage une approche auprès de son prestataire pour envisager son rachat. Fiat voulait s'installer directement dans le pays. Les constructeurs japonais qui venaient d'arriver sur le marché avaient pressenti une opportunité forte pour faire de l'Afrique du Sud une tête de pont pour infiltrer certains marché étrangers fermés aux produits asiatiques. Toyota rachète l'usine "MA Ltd" le 31 décembre 1964 pour un montant certes très surévalué.

Il s'en suivra que la nouvelle direction japonaise fera en sorte d'exclure les anciens clients de "MA Ltd". Datsun rachètera un atelier d'assemblage près de Pretoria et transféra sa production en 1966, Fiat obtiendra l'autorisation de construire sa propre usine de production dans la banlieu de Pretoria, à Rosslyn qui fut opérationnelle en 1968.

L'usine Fiat de Rosslyn monte assez rapidement en cadence avec une gamme moderne comprenant les modèles Fiat 124, 125 et 128 et son ancien modèle à succès Fiat 1500.

Entre 1946 et 1974 le pays connait une très forte croissance avec un taux de 5%. En 1974, Fiat détenait plus de 7% du marché automobile d'Afrique du Sud.[1]

Fiat fabriquera même certains modèles spécifiquement pour le marché local comme la 128 Pickup, modèle qui ne sera fabriqué nulle part ailleurs dans le monde.

A partir de 1975, les effets d'une première étape vers l'embargo total du pays commencent à se faire ressentir. L'économie de l'Afrique du Sud plonge dans une très grave crise économique qui réduit fortement la demande en voitures neuves. La baisse est supérieure à 50% sur un an. Sous la pression des États-Unis, comme certains autres constructeurs occidentaux, en 1978 Fiat décide de fermer son usine de Rosslyn et signe un accord de coopération avec son concurrent italien Alfa Romeo South Africa pour lui faire fabriquer les dernières séries des modèles Fiat 128, Fiat 132 et Fiat 128 Pickup.

En 1983, dans le but d'utiliser au mieux le potentiel productif installé, Alfa Romeo South Africa deviendra également l'assembleur du dernier modèle Daihatsu en vente localement, la Charade.

En 1984, le niveau des ventes atteint un minimum historique, les usines tournent à 10% de leur capacité et Alfa Romeo South Africa ferme son usine locale. Les modèles seront alors tous importés d'Italie.


Les ravages de l'apartheid[modifier | modifier le code]

L'année 1975 marquera une nette transition avec le renforcement des lois d'apartheid et l'application des sanctions internationales avec l'embargo sur la vente d'armes et les restrictions dans le commerce international de et vers le pays. L'embargo affecte particulièrement l'Afrique du Sud du fait que son économie est très dépendante de la technologie et des capitaux étrangers. Pour contrer les sanctions économiques et industrielles bilatérales, le gouvernement sud-africain développe, durant cette période, tout un système permettant de contourner les sanctions en s'appuyant notamment sur l'internationalisation des grands groupes financiers ou industriels, d'investissements dits off shore et sur quelques États partenaires comme Israël et Taïwan [2].

En juin 1986, le gouvernement proclame l'état d'urgence et déploie l'armée dans les townships. Les premières sanctions internationales imposées en 1962 n'étaient pas contraignantes ; avant 1984, seul un embargo sur les ventes de pétrole par les membres de l'OPEP et un embargo sur les ventes d'armes, proclamé par les Nations-Unies, avaient eu un minimum d'effets. À partir de 1984, alors que la situation intérieure se dégrade vraiment, quelques pays proclament et appliquent un embargo total sur le commerce avec l'Afrique du Sud (Suède, Danemark et Norvège) sans être suivis par tous les partenaires commerciaux traditionnels de l'Afrique du Sud. Les restrictions que ces derniers appliquent sont principalement diplomatiques ou commerciales comme l'embargo sur les importations de charbon, la fermeture de consulats ou le refus d'exportation de technologies. Seuls les États-Unis, premier partenaire commercial de l'Afrique du Sud en 1985, adoptent une position dure avec le comprehensive anti-apartheid act de 1986 qui comprenait l'arrêt de nouveaux investissements, l'embargo total sur plusieurs produits comme le charbon et l'acier, arrêt des liaisons aériennes[3]. Le Japon a quant à lui remplacé les États-Unis comme premier partenaire commercial de l'Afrique du Sud en devenant le principal importateur de produits sud-africains suivi par l'Allemagne et l'Angleterre[3]. De 1981 à 1988, 40 % des multinationales opérant en Afrique du Sud quittent le pays (soit 445 firmes)[3]

Si l'Afrique du Sud paye les frais de sa politique d'apartheid, les sanctions économiques et commerciales, plus ou moins contraignantes, ont été diversement appliquées : l'Allemagne et le Japon sont devenus ainsi les premier et deuxième partenaires commerciaux de l'Afrique du Sud. La majeure partie des lois d'apartheid seront abolies entre 1989 et juin 1991

Le retour de Fiat[modifier | modifier le code]

En 1988, alors que les constructeurs japonais sont toujours restés présents dans le pays, Nissan à qui Fiat avait vendu son usine de Rosslyn, négocie une licence pour la production de la Fiat Uno dérivée du modèle italien. La discussion va mettre presque 2 ans avant d'aboutir à une signature et la délivrance de la licence car Fiat veut s'assurer que le japonais ne se servira pas de cette occasion pour en faire une copie. La Fiat Uno série 2 de 1989 sera ainsi produite dans les versions :

  • Uno Fire, 1.108 cm3,
  • Uno Pacer, 1.368 cm3
  • Uno SX Pacer, version luxueuse équivalente à la version Uno SX italienne,
  • Uno turbo.

A partir de 1995, après l'arrêt de la production en Italie, la base de la Uno provient du modèle brésilien Fiat Mille. La production dans l'usine Nissan prend fin en 1998 mais est remplacée par celle assurée directement par Fiat dans sa nouvelle usine à Rosslyn où la Fiat Uno by Nissan a été renommée Fiat Uno Mia.

L'accord de licence prend fin le 31 août 2007 sous la pression de Renault qui voulait assembler la Logan pour le marché local. Au total, Nissan aura fabriqué 116.000 exemplaires de Fiat Uno dans l'ancienne usine Fiat de Rosslyn, rachetée après le départ de Fiat en 1978[4]. Nissan poursuivra l'assemblage des modèles Palio, Siena et Strada brésiliens.

L'activité de Fiat South Africa pour la production d'automobiles prend fin en 2008. Depuis lors tous les modèles immatriculés par le groupe Fiat sous les marques Fiat, Alfa Romeo, Lancia, Maserati et Ferrari sont des modèles importés. La Fiat Linea sera importée d'Inde.

Liste des modèles Fiat produits en Afrique du Sud[modifier | modifier le code]


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. African Business - Mai 2003 - par Stephen Williams
  2. Georges Lory, L'Afrique du Sud, Karthala, 1998, p 77
  3. a, b et c Pierre Beaudet, les grandes mutations de l'apartheid, p 45 à 62, l'Harmattan, 1991
  4. Italiaspeed 20 juillet 2007