Fiascaia

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Fiascaia
Scaricamento dei fiaschi di vino.jpg
Déchargement des fiasques de vin d'un chariot dans les années 1900.

Fiascaia[1]est un terme italien pour désigner une ouvrière qualifiée dans le paillage des fiasques de vin, en Toscane.

L'activité de revêtir du verre ménager avec un paillage de typha a représenté une ressource économique importante et l'emploi pour des milliers de femmes de classe sociale souvent les plus pauvres. Elles ont principalement été actives dans une zone où étaient installées, à l'époque, les plus importants fabricants de verre - entre le Valdelsa et le Valdarno.

Comme d'autres produits de l'artisanat toscan tels les chapeaux de paille, le paillage de fiasque est une tâche qui appartient à l'atelier domestique, il se tresse dans les chaumières : les flacons nus y étaient livrés par chariot depuis la verrerie. Pour plus d'efficacité, ce travail s’effectuait souvent en groupe organisé en des véritables chaînes de montage où la dextérité manuelle devait s’exercer à tous les postes.

Revendications[modifier | modifier le code]

Mécontentes de leur salaire, le , toutes les fiascaie (pluriel de fiascaia) rejoignent le mouvement de grève déclenché par les trecciaiole[2] qui revendiquent également une hausse de leur rémunération : la grève prend fin en juin 1897 après un accord salarial.

Le , les pailleuses - soutenues par la Camera del Lavoro d'Empoli[3] , inaugurée en septembre 1901 - constituent la « Fédération toscane des pailleuses de fiasques » (Federazione Toscana delle rivestitrici di fiaschi), avec 4 000 inscrites. Et en 1904, la crainte d'importants mouvements de grève conduit les industriels du verre à augmenter la main d’œuvre de 50 centimes par baril (1 baril = 20 fiasques).

Dans la zone d'Empoli, entre 1910 et 1920, le développement de la verrerie paillée étendue à d'autres ustensiles de table (huilier, verre, porte-biscotte et sceau à glace) permettait la prolifération du travail de paillage. Le recensement général de la population de 1936 indique la présence de 332 fiascaie sur un total de 998 ouvrières à domicile.

Malgré la mécanisation de la production au milieu du XXe siècle, l'activité artisanale s'est poursuivie jusque dans les années 1960 dans la zone d'Empoli et jusqu'en 1970 dans la Valdelsa.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À noter qu'au masculin, le terme fiascaio (Encyclopédie Treccani en ligne). est aussi l'ouvrier affecté au soufflage des fiasques dans une verrerie.
  2. Ouvrier(e) qui tresse des chapeaux de paille, (Encyclopédie Treccani en ligne)
  3. À Empoli, une rue nommée Via delle Fiascaie leur est dédiée.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Bartolozzi Giovanni, Fiorenzo e Gigliola. Storia di una fiascaia, éditions Giunti - 2003 (ISBN 9788809031197).