Fièvre aphteuse d'août 2007 en Angleterre

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51° 14′ 53″ N 0° 40′ 28″ O / 51.24806, -0.67444 ()

Ferme primo-infectée
Ferme primo-infectée
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Ferme primo-infectée

La fièvre aphteuse d'août 2007 en Angleterre désigne un foyer de fièvre aphteuse apparu le 2 août 2007 au sud de l'Angleterre dans une ferme près de Guildford, comté de Surrey.

Les faits[modifier | modifier le code]

Le 2 août 2007, des symptômes de fièvre aphteuse sont subitement apparus dans un troupeau de vaches d'une ferme près de Guildford, comté de Surrey (60 km au sud-ouest de Londres), en Angleterre. Le lendemain, des tests approfondis effectués durant la journée ont permis de confirmer le diagnostic initial et poussé au courant de la nuit le DEFRA à annoncer officiellement l'existence d'un foyer de fièvre aphteuse et la mise en place de mesures d'urgence. Lors de l'épizootie précédente, en 2001, 2.030 cas avaient été identifiés et plus de 6 millions et demi de bêtes avaient dû être abattues et incinérées, ce qui avait causé 12 milliards d'euros de pertes à l'économie britannique.

Gordon Brown, le Premier ministre britannique, a décidé d'écourter ses vacances pour coordonner la lutte contre la fièvre aphteuse : mise en place d'une zone de protection de 3 kilomètres et un périmètre de surveillance de 10 kilomètres autour de la ferme, arrêt immédiat de tous les déplacements de bétail sur tout le territoire britannique, suspension de toutes les exportations de carcasses, viande et lait à destination de l'Union européenne.

Prairie dans laquelle le bétail broutait avant que la maladie ne se déclare.

Le ministère britannique de l'Environnement a annoncé samedi 4 août que le virus de la fièvre aphteuse découvert dans cette ferme de Grande-Bretagne provient d'une souche très semblable à celle utilisée dans des laboratoires de recherche proches de l'exploitation (souche du virus O1-BFS 67, isolé dans l'épizootie de fièvre aphteuse de 1967 en Grande-Bretagne[1],[2]). Deux laboratoires sont en cause : situés à Pirbright, l'un est l'Institut pour la santé animale (Institute for Animal Health) qui est géré par le Biotechnology and Biological Sciences Research Council (BBSRC), un organisme gouvernemental, et l'autre est un laboratoire de la société pharmaceutique Merial, propriété du groupe américain Merck et du français Sanofi Aventis. Ce dernier fait partie des quatre seuls laboratoires autorisés par l'Union européenne à manipuler le virus de la fièvre aphteuse en vue de produire des vaccins, les autres étant situés à Cologne, Lyon et Lelystad[3]. L'éventualité d'une libération dans l'environnement d'agents pathogènes de ce site a surpris les experts en sûreté biologique[4], puisqu'il s'agit d'un laboratoire de type P4, catégorie qui est censée être la plus sûre de tous les niveaux.

Il n'y a pas eu de nouveaux cas décelés les 5 août, le nombre de vaches abattues reste égal à 120, dont 39 étaient atteintes du virus[5]. Par contre dans la journée du 6 août, un 2e foyer est apparu suspect et conduit à un deuxième abattage de bétail, à quelques kilomètres du premier foyer[6],[7]. Hilary Benn, Secrétaire à l'environnement du gouvernement britannique, a confirmé que c'était un 2e foyer de fièvre aphteuse[8].

Le 8 août, le gouvernement britannique autorise le déplacement du bétail en Grande-Bretagne, il est à nouveau possible de procéder à l'abattage du bétail situé en dehors de la zone de protection. Par ailleurs, un abattage préventif de bétail a été fait dans une 3e ferme à proximité des deux premières[9], au total 576 vaches ont été abattues. Les analyses ont cependant démontré plus tard que le bétail de cette 3e ferme n'était pas infecté[10].

Le 23 août, la Commission européenne annonce que la plupart des exportations de bétail et de produits animaux de Grande-Bretagne pourront reprendre le 25 août, une zone de 10 km autour des deux fermes contaminées reste sous surveillance[11].

Réactions à l'apparition du 1er foyer[modifier | modifier le code]

La rapidité avec laquelle des mesures précises et sévères ont été adoptées dès l'apparition des premiers symptômes est la conséquence de l'expérience vécue lors de l'épizootie de 2001, dont la gestion a été durement critiquée. À cette occasion, il avait été estimé que le nombre d'animaux abattus aurait pu être réduit de 60 % si des mesures de contrôle plus rigoureuses avaient été prises à temps[12].

La Commission européenne a adopté en procédure d'urgence le 6 août la mesure mise en place par la Grande-Bretagne qui interdit le déplacement ou l'exportation de bétail et de produits animaux hors du pays[13]. L'adoption de ces mesures d'urgence a par la suite été renforcée le 8 août, en prolongeant leur application jusqu'au 25. La Commission se réunira à nouveau le 23 août pour évaluer la situation et adopter de nouvelles mesures[14].

En France, le ministère de l'Agriculture[15] a décidé de procéder au recensement de toutes les introductions de bovins, ovins, caprins ou porcins en provenance du Royaume-Uni intervenues au cours des 10 derniers jours et d'interdire tout rassemblement des espèces sensibles dans l'attente de ce recensement.

Le 4 août, le Canada a interdit l'importation de bétail et de produits animaux en provenance du Royaume-Uni[16]. Le même jour, la République d'Irlande a interdit l'importation d'animaux, de viande et de lait non-pasteurisé en provenance du Royaume-Uni[17]. Les États-Unis et le Japon ont, pour leur part, interdit l'importation de porc et de produits porcins[18].

Rapports d'inspection[modifier | modifier le code]

Le 7 août, les inspecteurs du Health and Safety Executive indiquent qu'il y a une forte probabilité que l'origine de la fièvre aphteuse soit l'un des deux laboratoires de Pirbright, l'Institut pour la santé animale géré par le BBSRC ou le laboratoire de la société pharmaceutique Merial, et que la transmission s'est faite par mouvement humain[19],[20].

Conséquences économiques[modifier | modifier le code]

Il est estimé que les interdictions d'importation de bétail ou de produits animaux vont entraîner environ 30 millions de dollars de perte de revenus à l'industrie britannique par semaine[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plus précisément, il s'agit du virus FMDV, sérogroupe O1, souche BFS 1860/UK/67, dont on dispose à ce jour de la séquence complète des génomes de deux isolats: iso18 et iso46 (numéros d'accès GenBank AY593815 et AY593816, respectivement). Leurs génomes sont constitués d'une chaîne d'ARN simple brin de 8194 nucléotides de long et qui diffèrent entre eux par 6 substitutions.
  2. (en) Carrillo C, Tulman ER, Delhon G, Lu Z, Carreno A, Vagnozzi A, Kutish GF, Rock DL, « Comparative genomics of foot-and-mouth disease virus », J. Virol., vol. 79, no 10,‎ 2005, p. 6487-504 (PMID 15858032, DOI 10.1128/JVI.79.10.6487-6504.2005)
  3. Décision de la Commission du 3 août 2006 modifiant l’annexe XI de la directive 2003/85/CE du Conseil en ce qui concerne la liste des laboratoires autorisés à manipuler le virus aphteux vivant pour la production de vaccins
  4. (en) Cressey D, « Foot and mouth disease returns to the UK - Laboratories under the spotlight as disease found on farm. », Nature (news@nature.com),‎ 2007 (DOI 10.1038/news070806-1)
  5. (en) Cows culled, sur news.bbc.co.uk
  6. (en) A fresh case of foot-and-mouth disease is suspected in Surrey, sur news.bbc.co.uk du 7 août 2007.
  7. (fr) Un nouveau cas suspect de fièvre aphteuse près de Guilford, sur challenges.fr, le 7 août 2007
  8. (en) Second disease outbreak confirmed, sur bbc.co.uk, le 7 août 2007.
  9. (en) Britain eases ban on some livestock movement; culls cattle at third farm, dépêche AP du 8 août, 2007
  10. (en) Foot and mouth: tests from third farm negative, sur politics.guardian.co.uk
  11. La plupart des exportations reprendront le 25 août, sur web-ahgri.fr
  12. (en) Ferguson NM, Donnelly CA, Anderson RM, « Transmission intensity and impact of control policies on the foot and mouth epidemic in Great Britain », Nature, vol. 413, no 6855,‎ 2001, p. 542-8 (PMID 11586365, DOI 10.1038/35097116)
  13. « Décision de la Commission du 6 août 2007 concernant le renforcement des mesures au Royaume-Uni contre la fièvre aphteuse »
  14. (en) « Décision de la Commission du 8 août 2007 concernant le maintien et la prolongation des mesures adoptées le 6 août 2007 »
  15. « Foyer de fièvre aphteuse au Royaume-Uni » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-07
  16. (en) British livestock exports banned, sur theglobeandmail.com, le 4 août 2007
  17. (en) Foot-and-mouth alert after outbreak in UK, sur ireland.com, le 4 août 2007
  18. (en) U.K. optimistic about containing livestock disease, sur usatoday.com, le 5 août 2007
  19. (en) British investigation indicates lab site likely source of foot-and-mouth outbreak, dépêche AP du 7 août 2007
  20. (en)« Rapport initial du Health and Safety Executive sur les failles potentielles de sûreté biologique au site de Pirbright », 7 aoút 2007
  21. (en) UK scrambles to find source of cattle disease, reuters, le 6 août 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]