Festival mondial des théâtres de marionnettes

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Festival mondial des théâtres de marionnettes
Image illustrative de l’article Festival mondial des théâtres de marionnettes
Institut International de la Marionnette à Charleville-Mézières

Genre Théâtre de marionnettes et spectacle vivant
Lieu Charleville-Mézières Drapeau de la France France
Période septembre
Scènes 42 lieux pour le in, dans les rues et sur les places de la ville
Date de création 1961
Fondateurs Jacques Félix
Statut juridique Association loi 1901
Organisateurs Les Petits Comédiens de Chiffons
Direction Anne-Françoise Cabanis
Site web http://www.festival-marionnette.com

Le festival Mondial des Théâtres de Marionnettes est un événement annuel fondé en 1961, et se déroulant à Charleville-Mézières. Il a comme ambition de faire la promotion de l’art de la marionnette et de faire connaître et apprécier l'évolution de cet art, dans le monde.

Le festival dure dix jours. Il comporte des spectacles in et off, et réunit environ 150 000 spectateurs.
Une trentaine de nations sont représentées, soit environ 130 compagnies et 150 spectacles, auxquels s’ajoutent, des rencontres, des expositions, des spectacles de rue, et d'autres événements festifs[1]. À partir de 2009, le festival, triennal à l'origine, est devenu bisannuel, grâce au succès grandissant de la manifestation.

Charleville-Mézières, capitalisant sur la dynamique créée par le festival sur les Arts de la Marionnette, abrite également depuis 1980 l’Union internationale de la marionnette (UNIMA), depuis 1981 l’Institut international de la marionnette, et depuis 1987 l’École nationale supérieure des arts de la marionnette (ESNAM).

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1941, Jacques Félix, un jeune homme de 17 ans, découvre la marionnette lors d’un stage mené à Nancy par le maître marionnettiste Geo Condé (1891-1980)[2],[3]. Cette même année, Jacques Félix et sept de ses camarades, du mouvement Scouts de France, produisent une dizaine de spectacles alliant le chant, le mime, la marionnette et le jeu de clown, avec des moyens fort modestes, pour une tournée dans les colonies de vacances. C'est un succès et les représentations durent finalement jusque Noël 1942. Les événements dispersent ensuite cette petite troupe de jeunes amateurs. Il faut en effet fuir le S.T.O..

Quatre ans plus tard, en 1945, Jacques Félix fonde la compagnie des Petits Comédiens de Chiffon et crée des premiers spectacles dans les Ardennes. En 1947, cette compagnie des Petits Comédiens de Chiffon remporte un grand succès en jouant son premier spectacle d'envergure, Les Gueux au paradis, au théâtre municipal de Charleville (ville qui n'a pas encore fusionnée avec Mézières). La troupe continue ses activités, participant à des kermesses, des Noël d'entreprises, et autres manifestations. À la même époque se créent les premiers festivals nationaux et internationaux, donnant de nouvelles perspectives aux événements culturels : la véritable première édition du festival de Cannes est en 1946, et le festival d'Avignon date de 1947.

spectacle en 2010 sur la Place Ducale.

En 1954, la compagnie des Petits Comédiens de Chiffon crée à Château-Regnault un spectacle sur le thème d'une légende des Ardennes, Les Quatre fils Aymon, qu’elle a l'opportunité de présenter en 1955 à Paris, au Palais de Chaillot, puis à Liège en 1958 dans le cadre du Festival International des Marionnettes. Reconnus désormais par les professionnels, les Petits Comédiens de Chiffons sont invités à l’étranger. La troupe se déplace en Tchécoslovaquie (Karlovy Vary), Allemagne (Euskirchen), Angleterre (Hastings), Pologne (Bielsko-Biala), URSS (Moscou), Italie (Mantoue), Japon (Iida Préfecture de Nagano).

En 1959, Jacques Félix est élu au conseil municipal de Charleville, ce qui lui permet de concilier de plus en plus ses deux passions : les marionnettes et sa ville natale. Le maire de l'époque, André Lebon, est aussi celui qui va orchestrer la fusion entre Charleville, Mézières et 3 autres communes (Il deviendra le premier maire de la nouvelle entité, Charleville-Mézières, en 1966).

En 1961, les Petits Comédiens de Chiffon accueillent le deuxième congrès national du Syndicat des guignolistes et marionnettes français et les spectacles associés donnent vie au premier festival international français du genre.

En 1967, un second festival a lieu lors du congrès de l’Union Internationale de la Marionnette(UNIMA), mais il n'est pas encore réellement ouvert au public. En 1972, la compagnie des Petits Comédiens de Chiffons est chargé organiser le onzième congrès international de l’Union Internationale de la Marionnette. Jacques Félix et ses amis profitent de l’opportunité pour réaliser un festival vraiment ouvert au public. Le programme connaît un grand succès, notamment grâce à la mobilisation des habitants qui sont huit cents à proposer des logements gratuits aux festivaliers. Des marionnettistes des cinq continents participent à cette manifestation : le festival devient mondial.

En 1980, cette Union Internationale de la Marionnette (UNIMA) installe son secrétariat permanent à Charleville-Mézières. Un an plus tard, l’Institut international de la marionnette, un lieu de création, de formation et de recherche, ouvre ses portes, suivi en 1987 par l’École nationale supérieure des arts de la marionnette.

L'anniversaire des cinquante ans de naissance du festival a été relayé en 2011 par de nombreux médias[4]. C'était la 16e édition d'un festival qui venait de passer à une fréquence bi-annuelle et la deuxième édition organisée par la nouvelle directrice Anne-Françoise Cabanis[5].

Spectacle en 2011 .

Objectifs du festival et public[modifier | modifier le code]

Les objectifs du festival sont depuis la première édition à la fois d’offrir aux spectateurs une fenêtre sur l'art de la marionnette dans le monde, et d'autre part de faire bénéficier les Ardennes de cette ouverture au monde.

Si les techniques traditionnelles restent présentes avec les marionnettes à gaines, à tringle, à fil, les marionnettes portées et le théâtre d’ombre, le festival s’ouvre également aux évolutions contemporaines de cet art et aux innovations. « La marionnette est au centre des arts » pour Anne-Françoise Cabanis, à la tête du festival depuis début 2008, « Elle n’est plus isolée. Elle se marie avec la danse, les arts plastiques, le cirque, le mime… »[6].

Anne-Françoise Cabanis relève aussi qu'une des particularités de ce festival par rapport à d'autres, c'est que « les marionnettistes vont ici énormément voir les spectacles des autres artistes », « ils regardent et s’imprègnent, ce qui génère des échanges et même une mixité dans les productions ultérieures. »[7].

Un tel festival est donc, pour les spectateurs, mais aussi pour les artistes, un atelier d'altérité, et un lieu de découvertes des cultures du monde[8].

« Avec l’Amitié et la Volonté, les utopies les plus grandes deviennent réalité… » Jacques Félix

Le festival se déroule actuellement sur toute la ville et a aussi sa partie Off .

Aurélie Filippetti à la médiathèque pour assiter au spectacle Mary Brown.

Impact[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, ce festival joue un rôle majeur dans la dynamique touristique du département des Ardennes. Le nombre de visiteurs est estimé à plus de 150 000[9]. D'après une étude de 2009, 76 % des festivaliers sont venus spécialement à Charleville-Mézières[10]. La part relative d'ardennais se réduit progressivement, malgré le succès de l'évènement parmi la population de la ville. 63 % des festivaliers restent plusieurs jours et la durée moyenne de séjour est de 5 jours, ce qui est considérable. D'où un impact particulièrement intéressant pour la restauration, l’hôtellerie et le commerce, en plus de l'impact en termes d'image.

Pays intervenants[modifier | modifier le code]

En 2009 sur la place ducale.
En 2015, teatro del Drago, Ravenne

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reportage vidéo de TF1 - passé journal de 13h le 19 septembre 2011, durée 3 min 30 s précédé d'une publicité
  2. Histoire du festival mondial de marionnettes de Charleville-Mézières sur le site internet consacré au patrimoine vivant
  3. Lire aussi l'article consacré au Théâtre de Frouard, à côté de Nancy, et citant Géo Condé : Théâtre Gérard Philipe (Frouard)
  4. Sans être exhaustif, on peut citer à titre d'exemples accessibles sur Internet Article d'Etienne Sorin sur le site du journal l’Express 17 septembre 2011, Article de Didier Méreuze sur le site du journal La Croix, 19 septembre 2011, Article d'Evelyne Trân sur le site du journal Le Monde, 2 octobre 2011
  5. Entretien avec Anne-Françoise Cabanis sur le festival 2011 et les 50 ans de sa naissance
  6. Frédérique Roussel, « Mains hautes sur la ville », le journal Libération,‎ (lire en ligne)
  7. Agnès Santi, « La marionnette entre mémoires et réalités nouvelles », le mensuel La Terrasse, no 199,‎ (lire en ligne)
  8. Emmanuel Wallon, Le festival international, un système relationnel, dans Les relations culturelles internationales au XXe siècle: De la diplomatie culturelle à l’acculturation, sous la direction de Anne Dulphy, Robert Frank, Marie-Anne Matard-Bonucci, Pascal Ory, Bruxelles, 2010, (ISBN 978-90-5201-661-0)
  9. RCA MAG N°88, printemps 2014, p19.
  10. Diaporama synthétisant l'étude de la Chambre de Commerce et d'Industrie des Ardennes

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]