Montreux Jazz Festival

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Montreux Jazz Festival
Image illustrative de l'article Montreux Jazz Festival
Le groupe AudioSlave au Montreux Jazz Festival, juillet 2005

Genre Jazz, Blues, Rock, Pop, Electro
Lieu Montreux, Suisse
Coordonnées 46° 26′ 20″ N 6° 54′ 16″ E / 46.4389, 6.9044446° 26′ 20″ Nord 6° 54′ 16″ Est / 46.4389, 6.90444
Période Juillet
Capacité Auditorium Stravinski :
1 600 (assises) / 4 000 (debout)
Montreux Jazz Lab : 2000
Montreux Jazz Club : 350
Date de création 1967
Fondateurs Claude Nobs, Géo Voumard et René Langel
Organisateurs Montreux Jazz Festival
Site web http://www.montreuxjazz.com

http://www.montreuxjazzfestival.com

Créé en 1967 par Claude Nobs, Géo Voumard[1] et René Langel, le Montreux Jazz Festival se déroule pendant deux semaines chaque été à Montreux en Suisse, au bord du Lac Léman. Si le jazz et le blues sont aux sources de la manifestation, les autres styles de musique y ont trouvé leur place. Ainsi, Nina Simone, Miles Davis, Ella Fitzgerald, Marvin Gaye, Prince, Leonard Cohen, David Bowie, ou encore Stevie Wonder se sont produits à Montreux[2].

Les trois scènes payantes (Auditorium Stravinski, Montreux Jazz Club, Montreux Jazz Lab) sont la vitrine la plus connue du Festival. Toutefois, dès ses débuts, de scènes gratuites complètent l’offre du festival[3].

Historique[modifier | modifier le code]

En 1967, Claude Nobs organise la première édition du Montreux Jazz Festival avec un modeste budget de 10 000 francs. Le festival, qui se déroule alors sur trois jours, a notamment pour têtes d’affiche Charles Lloyd et Keith Jarrett. Il connaît immédiatement un grand succès. Se déroulant dans ses premières années au mois de juin, il a très rapidement pris place en juillet dans le calendrier international des festivals.

La deuxième édition marque la venue à Montreux de Nina Simone et la sortie de l’album live du concert du pianiste Bill Evans qui obtient un Grammy et sur la pochette duquel figure le château de Chillon. L’année suivante, Claude Nobs ouvre le festival à la musique rock avec le groupe Ten Years After, suscitant de vives critiques de la part des puristes. Cette édition 1969 est également celle de la venue d’Ella Fitzgerald et de l’enregistrement de l’album live Swiss Movements, vendu à plus d’un million d’exemplaires, réunissant Eddie Harris, Benny Bailey, Les McCann, Leroy Vinnegar et Donald Dean.

En parallèle, Claude Nobs se met à organiser chaque mois des concerts d’artistes tels que Pink Floyd, Chicago ou Santana, faisant ainsi de Montreux un haut lieu de la musique pop.

En juin 1969, le festival accueille des groupes et artistes aussi différents que Colosseum — groupe « rock-jazz » (allusion au Colisée de Rome) avec Jon Hiseman à la batterie et Dick Heckstall-Smith aux saxophones — Ella Fitzgerald, l'organiste Jimmy Smith avec le guitariste Kenny Burrell, le trompettiste Clark Terry à la fine moustache, l'air gouailleur sous un béret noir. Ces concerts sont précédés ou suivis d'ateliers, où les musiciens viennent répéter, échanger idées et techniques musicales, devant les spectateurs.

En 1970, Carlos Santana et ses diverses formations commencent une longue série de « venues » et concerts, jusqu'à nos jours.

En 1971, Aretha Franklin donne son premier concert helvétique. Cette même année, l’incendie du casino, déclenché par un feu d’artifice lancé par un fan durant le concert de Frank Zappa, inspire au groupe Deep Purple leur succès Smoke on the Water, composé à Montreux, et dote Claude Nobs de son surnom de « Funky Claude ». L'année suivante, le festival a lieu dans le nouveau casino.

En 1973, Claude Nobs rencontre Miles Davis au Newport Jazz Festival et l’invite à se produire à Montreux. L’artiste, devenu l’une des icônes du festival, y reviendra à dix reprises, notamment en 1991 pour un ultime concert juste avant son décès le 28 septembre.

En 1976, Claude Nobs décide de renommer le festival, qui n’est plus uniquement dédié au jazz, « Montreux International Festival ». Ce nouveau nom ne perdure cependant que deux éditions tant le Montreux Jazz Festival s’est déjà imposé comme une marque auprès du public.

En 1978 débute une collaboration avec le Festival de São Paulo apportant ainsi une note sud-américaine à Montreux qui vibre avec Gilberto Gil au son de la bossa nova et de la samba. Cette association marque également le début de l’exportation du label Montreux Jazz Festival dans le monde avec la première édition du festival à São Paulo au Brésil. S’ensuivront d’innombrables collaborations avec des festivals internationaux tels qu’Atlanta, Détroit, Tokyo ou encore Monaco.

En 1979, Peter Tosh, guitariste et chanteur jamaïquain participe au festival. Puis, dans les années 1980, le festival élargit considérablement son programme en accueillant des artistes plus « pop » ; c'est ainsi que des groupes comme Talk Talk ou Tears for Fears donnent plusieurs prestations. À ces occasions, le festival prend d'ailleurs le nom de « Montreux Pop Festival ».

En 1982, l’artiste suisse Jean Tinguely imagine l’affiche du festival et le dote par la même occasion de son logo. À sa suite, de nombreux artistes renommés créeront les affiches de la manifestation : Keith Haring (1983, 1986), Andy Warhol (1986), Niki de Saint Phalle (1984), Tomi Ungerer (1993, 2009), Julian Opie (2006), John Armleder (2008), ou encore les musiciens David Bowie (1995) et Phil Collins (1998).

En 1991 ont lieu au Montreux Jazz Festival les premiers enregistrements de concerts en haute définition, vingt ans avant que le format numérique ne soit rendu accessible à tous. Cette année-là, Claude Nobs s’associe avec Quincy Jones qui coproduira le festival à trois reprises en 1991, 1992 et 1993.

En 1993, le festival déménage au centre des congrès et des expositions de Montreux, offrant dès lors deux salles : l'auditorium Stravinski, la salle principale, et la « petite salle », le New Q's, qui changera de nom par la suite pour devenir le Miles Davis hall.

Dans les années 1990, le festival s’étend progressivement dans la ville et sur les quais avec de nombreux concerts gratuits et la création du Montreux Jazz Café. Il devient de plus en plus populaire et s’ouvre à de nouveaux genres musicaux tels que la musique électronique et le hip-hop. En 1999, il bat même tous ses records de fréquentation en franchissant la barre des 220 000 visiteurs.

En 2006, à l’occasion des 40 ans de la manifestation, Claude Nobs organise deux concerts exceptionnels en hommage aux frères Ertegün. Cette année-là, il célèbre également son 70e anniversaire à Los Angeles lors des Grammy Awards, entouré notamment d’Herb Cohen, Randy Crawford, George Duke, Ahmet Ertegün, Four Play, Herbie Hancock, Al Jarreau, Mick Jones, Charles Lloyd, Les McCann, Sting et Quincy Jones.

En 2007, le musicien Prince établit un record : les 4 000 billets pour son concert à l'Auditorium Stravinski le 16 juillet se vendent en moins de dix minutes. Le concert a été annoncé seulement 10 jours avant l'événement.

En 2008, la Fondation Montreux Jazz 2 pour la création et l'échange culturel est créée. Elle gère les événements didactiques, les concours, les créations et la scène extérieure Music in the Park.

En 2009, Les Black Eyed Peas remplissent l'auditorium Stravinski avec La Fouine en première partie. Le légendaire Prince revient à Montreux pour deux shows exceptionnels en une nuit le 18 juillet, dernier jour du festival. Les 8 000 places se sont arrachées en 8 min. Mais d'autres artistes ont été présent comme Lily Allen le 7 juillet, Alice Cooper le 8 juillet, Raphael Saadiq le 9 juillet, et bien d'autres...

En 2010, de nombreux artistes sont présents comme Billy Idol, Gary Moore, Missy Elliott, Charlotte Gainsbourg, Vanessa Paradis, Simply Red, ou même Massive Attack.

Le 10 janvier 2013, Claude Nobs, le fondateur du festival, meurt à la suite d'un accident de ski de fond. Après la disparition de Claude Nobs, c'est Mathieu Jaton qui a repris la direction du Festival[4].

Archives[modifier | modifier le code]

Depuis sa création en 1967, il existe des enregistrements vidéo des concerts. Les premiers enregistrements ont été réalisés par la télévision suisse romande, puis le festival s’est chargé de ses propres enregistrements. Les moments les plus marquant de 1969 à 1973 et depuis 1973, la totalité des concerts, ce qui représente en 2012, environ 10 000 supports magnétiques, 5 000 heures de vidéo et l’équivalent en audio, (dont 1500 heures en haute définition, depuis 1991) pour 4 000 groupes et 20 000 musiciens filmés.

Devant le risque de la perte de ce patrimoine, étant donné qu’il n’y a qu’une seule copie de ces vidéos, le Festival de Jazz, s’est associé à l'EPFL pour la technologie et à l’entreprise d’horlogerie Audemars Piguet pour le financement, afin de sauvegarder ce patrimoine en le numérisant. Le projet, nommé Montreux Jazz Digital Project, devrait prendre environ six ans depuis 2008 pour un coût estimé à huit millions de francs suisse[5].

Le , sous le nom de The Claude Nobs Legacy, la collection des bandes audio et vidéo du Montreux Jazz Festival est inscrite au Registre International de la Mémoire du Monde de l'UNESCO[6].

Autour du Festival[modifier | modifier le code]

Montreux Jazz Artists Foundation (MJAF)[modifier | modifier le code]

Des activités gratuites (workshops, concours, projections d'archives du Festival, expositions,...) et les Montreux Jazz Competions (piano solo, voix,...) sont organisés par la Montreux Jazz Artists Foundation durant le Festival. Pendant l'année, cette fondation d'utilité publique met en place la Montreux Jazz Academy.

Live at Montreux[modifier | modifier le code]

Live at Montreux est une série de DVD de concerts live enregistrés au Montreux Jazz Festival.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Agence France-Presse, « Géo Voumard, co-fondateur du Festival de Montreux, est décédé », Tribune de Genève, 4 septembre 2008.
  2. « Concerts database Montreux Jazz Festival », sur www.montreuxjazz.com,‎ (consulté le 3 février 2016)
  3. « A propos du Montreux Jazz Festival », sur www.montreuxjazzfestival.com,‎ (consulté le 3 février 2016)
  4. « A propos du Montreux Jazz Festival », sur www.montreuxjazzfestival.com,‎ (consulté le 3 février 2016)
  5. Voir sur montreuxjazz.com.
  6. Les archives du Montreux Jazz Festival font leur entrée à l'UNESCO, article de la RTS, du 19 juin 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]

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