Fernando Claudín

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Fernando Claudín (Madrid, 1915-1990) est un homme politique espagnol, dirigeant du Parti communiste d'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étudiant en architecture pendant la IIe République, il adhère en 1933 aux Jeunesses communistes d'Espagne. Il intervient activement dans le processus d'unification des JCE[1] et des Jeunesses Socialistes, qui aboutit, le , à la formation des Jeunesses socialistes unifiées (JSU). Militant du PCE à partir de la guerre civile, il s'exile au Mexique après la défaite. Là, il va faire partie du Secrétariat local du PCE, avec Santiago Carrillo, Joan Comorera, Pedro Checa et Antonio Mije, sous la direction de Vicente Uribe.

En novembre 1947, il est, conjointement avec Uribe, responsable de l'épuration interne du parti.

En 1954, il mène, aux côtés de Santiago Carrillo, une lutte pour la direction face à Dolores Ibárruri et Vicente Uribe, prenant parti pour ce qui va devenir la nouvelle politique de « réconciliation nationale » mise en avant par la suite par le PCE. En février 1956, il assiste au XXe Congrès du PCUS, au cours duquel est approuvé la nouvelle ligne de déstalinisation en URSS, soutenue par Nikita Khrouchtchev. En avril et mai, a lieu un plenum du Bureau politique du PCE, qui permet de résoudre les différends antérieurs. Ibárruri change de ligne et pactise avec les "jeunes", Uribe est destitué et Carrillo accède à la haute direction du parti, suivi par Claudín.

Après le VIe Congrès du PCE, qui a lieu en 1960, Claudín est élu membre du Comité central et de ses organes de direction : le Comité exécutif et le Secrétariat. Celui-ci se compose alors de Carrillo (secrétaire général en remplacement de Dolores Ibárruri, démissionnaire), Claudín, Ignacio Gallego, Antonio Mije et Eduardo Garcia.

À partir de là, des divergences apparaissent entre Claudín et Carrillo à propos de l'analyse de la situation en Espagne et des tâches du PCE face au régime franquiste. En mars 1964, Claudín expose ses positions devant le Comité exécutif. Carrillo et la direction maintiennent que la tâche à accomplir face à la dégradation du franquisme est une « révolution démocratique » ou « rupture » dans laquelle le PCE doit avoir un rôle dirigeant ; Claudín estime qu'il existe une nouvelle réalité socioéconomique en Espagne, et qu'il faut rechercher des appuis dans de nouveaux secteurs d'opposition comme les intellectuels ou les étudiants, et créer une vaste plateforme d'opposition. En novembre, il est exclu du parti, en même temps que Jorge Semprún, qui avait des positions analogues aux siennes (dans une intervention, Dolores Ibárruri les qualifie d' « intellectuels à tête de linotte »[2]).

Après la mort de Franco et le début de la transition démocratique, Claudín rentre en Espagne, et devient membre du PSOE, qui le nomme directeur de la Fondation Pablo Iglesias. Il a aussi collaboré au journal El País.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jeunesses Communistes Espagnoles
  2. au Comité exécutif tenu en 1964 en Tchécoslovaquie, au cours duquel doit être décidée l'exclusion de Claudín et de Semprún ; l'intervention de Dolores Ibárruri constitue le point de départ et la fin du livre de Jorge Semprún, Autobiographie de Federico Sánchez : la première phrase est Pasionaria ha pedido la palabra, la dernière INTELECTUALES A CABEZA DE CHORLITO ; entre temps, Semprún a déroulé ses souvenirs de militant communiste, et beaucoup d'autres

Sources[modifier | modifier le code]

  • (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Fernando Claudín » (voir la liste des auteurs) dans sa version du 13 décembre 2007
  • Jorge Semprún, Autobiographie de Federico Sanchez