Fernand Gambiez

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Fernand Gambiez
Fernand Gambiez
Fernand Gambiez (1961)

Naissance
Lille (France)
Décès (à 86 ans)
Saint-Mandé (France)
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Troupes de choc
Arme Infanterie
Grade Général d'armée
Années de service 1921 – 1965
Commandement Troupes de choc et commandos
Conflits Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Opération Vésuve : libération de la Corse et de l'île d'Elbe
Distinctions Grand croix Légion d'honneur
Hommages 1re Classe d'Honneur de la Légion étrangère (1954)
Autres fonctions Historien militaire

Fernand Gambiez, né à Lille le et mort le à Saint-Mandé, est un militaire français, commandant d'un bataillon de choc en Corse pendant la Seconde Guerre mondiale, général pendant la guerre d'Algérie, et historien militaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gambiez et le 1er BPC (Colmar, 1945)

Fernand Gambiez est Saint-Cyrien. En 1935, il est officier de la Légion au Maroc, puis stagiaire à l'École supérieure de guerre, capitaine commandant de compagnie en mai-juin 1940. Puis il est chargé de créer une unité de choc. Il est alors commandant du bataillon de choc en 1943 et participe notamment aux combats de libération de la Corse.

Fin , le bataillon de choc et les Commandos de France forment la "demi-brigade de choc" aux ordres du lieutenant-colonel Gambiez (dite "demi-brigade de choc Gambiez"). Suite à la réorganisation opérée début , le lieutenant-colonel Gambiez commande le 1er groupement de choc, qui comprend le 1er bataillon de choc et le 3e bataillon de choc (ex-Commandos de France) et fait partie de la 1ère armée française[1].

Sur la commune de Bourbach-le-Haut (Haut-Rhin), au col du Hundsruck, se trouve le Monument national des troupes de choc (parfois appelé "Monument Gambiez"), dont le socle est orné d’une plaque portant l’inscription suivante : « A tous ceux qui sont morts pour la France dans les rangs des unités de choc et au général d’armée Fernand Gambiez, grand Croix de la légion d’honneur (1903-1989), père des troupes de choc / D’Afrique à ce jalon dressé par le 1er Choc sur cette haute porte d’Alsace forcée le 28.11.1944, cent soixante chasseurs avaient déjà sacrifié leur vie[2],[3]. »

Grand spécialiste des commandos et des maquis autochtones, il rejoint ensuite l'Indochine (actuel Vietnam), où le général de Lattre de Tassigny, commandant en chef du corps expéditionnaire français, le place à la tête de la région à majorité catholique de Ninh Binh, avec ses évêchés de Phat Diem et de Bui Chu, à 120 km au sud de Hanoi, une région-clé car elle est le passage obligatoire entre le centre de l'Indochine (Annam) et le nord. Il est ensuite envoyé en Algérie, où il commande la 11e Division d'Infanterie en 1957-1958.

Général de corps d'armée en 1958, il est commandant en chef du corps d'armée d'Oran en 1959, général d'armée puis inspecteur général de l'infanterie en 1960, et commandant en chef des forces armées en Algérie en 1961. Il est arrêté par les généraux rebelles lors du putsch d'Alger. Outré par son arrestation, il interpelle un officier putschiste du 1er REP : « De mon temps, les lieutenants n’arrêtaient pas les généraux ». Il s'attire la réponse suivante : « De votre temps, les généraux ne vendaient pas l’Algérie… »[4].

Il est directeur de la Commission nationale d'histoire militaire de 1969 à 1989. Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1974.

Récompenses[modifier | modifier le code]

1re classe d'honneur de la Légion étrangère en 1954

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'Épée de Damoclès, la guerre en style indirect, 1967, avec le colonel Maurice Suire
  • Histoire de la première guerre mondiale, 2 volumes, 1968, avec le colonel Maurice Suire
  • Libération de la Corse, 1973

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicole Pietri et Jacques Valette (a cura di), Les guerres du général Gambiez, Esprit du Livre, 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Muelle, Bataillons de Choc et Commandos de la 1ère Armée. Des Vosges à l'Allemagne, 1944-45, Presses de la Cité, 1997, p. 10-11 et p. 289 et suivantes ("état signalétique sommaire des Commandos de France").
  2. « Col du Hundsruck » (consulté le 3 octobre 2019)
  3. « Plus tard [le 3 novembre 1944 au soir, après l'engagement au Haut-du-Tôt, sur la commune de Sapois], le colonel Gambiez vient féliciter Vallon, le commandant du groupe de commandos, et je suis témoin de l'échange suivant : Le commandant : "Merci, mon colonel, maison nous avons subi de lourdes pertes en hommes et en officiers." Le colonel, lui mettant la main sur l'épaule : "Ah, Vallon, vous serez toujours un sentimental." » Extrait de Jean-Mathieu Boris, Combattant de la France libre, éd. Tempus/Perrin (poche), 2013, p. 165.
  4. Paul Gardy, Memento personnel sur les événements d’avril 1961, juin 1961.