Fernand Charron (1866-1928)
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Ferdinand Pierre Charron |
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Adolphe Clément-Bayard (beau-père) |
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Ferdinand Charron dit Fernand Charron, né le à Angers et mort le à Maisons-Laffitte, est un coureur cycliste, pilote automobile, propriétaire de chevaux de course et industriel français.
Gendre d'Adolphe Clément-Bayard, il fonde en 1902 avec Léonce Girardot et Émile Voigt la société Automobiles Charron-Girardot-Voigt (CGV).
Pionnier français de la course automobile et de la construction automobile, il participe en 1903 avec d'autres pilotes tel que Charles Rolls, William Kissam Vanderbilt II, Foxhall Parker Keene et Vincenzo Lancia, à la course Paris-Madrid qui attire environ 100 000 spectateurs au départ et qui coûte la vie à plus d’une dizaine de personnes dont Marcel Renault cofondateur de l'empire industriel automobile Renault avec ses frères Louis et Fernand. Cette course marque profondément les esprits et entraînera l’interdiction des courses de ville à ville.
Il compte à son palmarès 1057 victoire dont 506 à vélo avec 3 championnats de France, 4 grandes épreuves d'automobiles, Marseille-Nice-Marseille, Paris-Amsterdam-Paris, Paris-Bordeaux, coupe Gordon Bennett, 193 courses de chevaux comme propriétaire, 265 courses de chevaux comme entraîneur et 76 courses de chevaux comme gentleman[1].
Biographie
[modifier | modifier le code]Fernand Charron est le fils de Jacques Louis Charron (1836-1892), charcutier, et de Françoise Melain (née en 1842), charcutière[2].
En , il est directeur pour le marché français de la marque cycliste anglaise Humber[3], puis en 1893, il fonde le vélodrome de la Seine à Levallois-Perret, avec Adolphe Clément et le populaire coureur cycliste Frédéric de Civry[4], qui décède dans l'année et qui fut double champion du monde en 1883.
En 1895, on le retrouve avec Étienne Giraud, Émile Voigt, René de Knyff, Roissard de Bellet et Le Roy d'Étiolles, au pavillon d'Armenonville pour une des premières parties de Polo à bicyclette en France[5].
Il dirige la compagnie des Cycles Gladiator, au Pré-Saint-Gervais (anciennes usines Darracq) puis en , Fernand Charron fonde avec Léonce Girardot, commerçant en bois des iles et Émile Voigt, alors rentier, l’agence générale des automobiles[6]. Le , avec Léonce Girardot et Émile Vougt, il dirige l’agence générale des automobiles située au 2 rue Brunel et organise des enchères publiques de voitures de toutes marques[7].
En , Fernand Charron, avec Léonce Girardot et Émile Voigt, propriétaires de l'agence générale des automobiles (appelée aussi Automobiles Charron-Girardot-Voigt) ouvrent le nouveau local au 45 de l'avenue de la Grande-Armée pour la vente de voiture Panhard et Levassor[8] et mettent en circulation en 1901 le premier van de transport de chevaux de course entre Maisons-Laffitte[9].
En 1902, Fernand Charron, Léonce Girardot et Émile Voigt fondent la société Automobiles Charron-Girardot-Voigt (CGV) et s'installent à Puteaux (avec Étienne Giraud pour metteur au point, transfuge de Panhard & Levassor). L’usine est située au 7, rue Ampère à Puteaux[10],[11].
Léonce Girardot et Émile Voigt démissionnent en 1906 de la société Automobiles Charron-Girardot-Voigt (CGV) et au premier , la société est en liquidation[12] avec Fernand Charron désigné comme liquidateur[13]. Le , les actions de la société des Automobiles Charron-Girardot-Voigt cessent de figurer sur la cote du marché en banque[14] et avec l’arrivée d’investisseurs anglais, l’entreprise prend alors le nom commercial de Charron Limited[14],[15]. Les trois fondateurs reçoivent des parts et Fernand Charron restera directeur général jusqu'en 1908.
Fernand Charron épouse Jeanne Clément le à Neuilly-sur-Seine en présence notamment d'Émile Voigt et Georges Mauboussin, ancien président du conseil d'administration de la société C.G.V et futur dirigeant de la Maison Mauboussin[16]. Le couple divorce le . Il meurt le dans sa propriété de Maisons-Laffitte après une longue maladie[17] puis est inhumé au cimetière de Saint-Léonard à Angers[18],[19].
Carrière cycliste
[modifier | modifier le code]Sa santé précaire et la fragilité de ses poumons ne l'empêche pas de se lancer dans le sport[20] et principalement dans le cyclisme en remportant en 1881, à 15 ans, sa première course cycliste, sur un grand-bi à coussinets lissés de la marque Meyer (touchant pour prime 2 Francs, 50 centimes et un poulet vivant). En 1883, il gagne le championnat de l'Ouest (il s'impose dans celui-ci durant cinq années d'affilée). En 1886, il ajoute à son palmarès la Grande Internationale.
Angers est son terrain de chasse privilégié, car outre ses championnats de l'Ouest, Charron gagne le Grand Prix d'Angers en 1886 et 1887 en vitesse, puis en 1891 sur le mile. Il finit troisième du championnat de France de vitesse en 1886.
En 1888, il remporte le championnat de fond du Vélo Club d'Angers et détient les records de France des 10 kilomètres et de l'heure (à Paris Arts lib.). La même année, il monte à Paris pour diriger l'agence de cycle Clément. En 1890, il obtint des Prix à Amiens, Rennes, Mâcon et Lyon. C'est l'époque où il prend le nom de plume de Lacmé dans la Revue du sport vélocipédique pour défendre le professionnalisme.
En 1891, il remporte le championnat de France de demi-fond de cyclisme à Paris devant Henri Fournier et Henri Béconnais. Il est aussi champion de France de tricycle sur 50 kilomètres à Paris, champion de France de tricycle à Montélimar et il termine également premier de la course Angers-Tours encore une fois devant Henri Fournier[21]. La même année toujours, il est l'entraîneur de Jiel-Laval sur le parcours de Paris-Brest-Paris, arrivé deuxième[22]. Il détient à l'époque le record mondial sur 5 miles[23]. Il brille aussi parfois sur longues distances, comme lors de la Course de quatre heures d'Angers à tricycle.
Diversement classés entre 1886 et 1894 dans le championnat de France de vitesse et le championnat de France de demi-fond de cyclisme sur piste, Fernand Charron, Henri Debray (dit Antony), Henri Béconnais et Maurice Farman qui se côtoient lors de compétitions vont devenir rapidement tous les quatre des pilotes automobiles renommés.
En , il mène Gaston Rivierre à la victoire lors de la course cycliste Bordeaux-Paris[24] et en 1899, il conduit la voiture qui amène à la deuxième place de la course cycliste Bordeaux-Paris, l'Allemand Josef Fischer.
Carrière automobile
[modifier | modifier le code]De 1896 (Paris-Marseille-Paris, sur de Dion-Bouton) à 1903, il participe à dix-neuf courses automobiles et en gagne quatre : Marseille-Nice et Paris-Amsterdam-Paris en 1898, Paris–Bordeaux en 1899 et la coupe Gordon Bennett en 1900 (sur un trajet Paris–Lyon, durant lequel Henri Fournier, placé ultérieurement par ses soins chez son beau-père Clément, sera le mécanicien embarqué[25]).
Fernand Charron finit également deuxième de Paris-Bordeaux en 1898, troisième de Nice-Marseille en 1900, quatrième de Paris-Dieppe en 1897[26] et de Paris-Ostende en 1899, sixième de Paris-Berlin en 1901, et septième de Nice-Castellane-Nice en 1899[27].
En 1901, il part avec son ami Léonce Girardot aux États-Unis pour assister à quelques courses sur la région de New York et notamment à Buffalo.
Galerie
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Fernand Charron en 1891.
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Fernand Charron deuxième du Critérium des Motocycles en 1897.
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Fernand Charron, vainqueur de Paris-Amsterdam-Paris en 1898.
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Fernand Charron, vainqueur de Marseille-Hyères-Nice, en mars 1898.
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Fernand Charron et Émile Voigt en 1899.
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Écurie équestre de Fernand Charron à Maisons-Laffitte en 1901 (à la villa angevine).
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Fernand Charron au Grand Prix de l'ACF 1914, devant son Alda.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ La Vie au grand air : revue illustrée de tous les sports du 15 décembre 1920 (gallica.bnf.fr)
- ↑ Archives départementales du Maine-et-Loire, commune d'Angers, année 1866, acte de naissance no 163.
- ↑ V. Donnevoi, Dictionnaire vélocipédique illustré, Paris, G. David, , 2e éd. (OCLC 457927483), p. 115.
- ↑ op. cit., p. 116.
- ↑ Le Vélo du 2 décembre 1895 (gallica.bnf.fr)
- ↑ 628-E8, récit d’Octave Mirbeau (gallica.bnf.fr)
- ↑ L'Auto-vélo du 19 décembre 1918 (gallica.bnf.fr)
- ↑ Le Matin du 8 février 1900 (gallica.bnf.fr)
- ↑ L'Auto-vélo du 17 juillet 1901 (gallica.bnf.fr)
- ↑ « Charron Ltd.Gus BofaCurnonsky 1872-1956. Joies Elyseennes, 1912 » (consulté le )
- ↑ (en) « Charron; Automobile situation in European allied countries; a report presented at the annual meeting, June 6, 1919 » (consulté le )
- ↑ Cote de la Bourse et de la banque et le Messager de la Bourse réunis du (gallica.bnf.fr)
- ↑ Cote de la Bourse et de la banque et le Messager de la Bourse réunis du 17 janvier 1907 (gallica.bnf.fr)
- Cote de la Bourse et de la banque et le Messager de la Bourse réunis du 27 juillet 1907 (gallica.bnf.fr)
- ↑ Cote de la Bourse et de la banque et le Messager de la Bourse réunis du 13 novembre 1908 (gallica.bnf.fr)
- ↑ L'Auto-vélo du 20 avril 1907 (gallica.bnf.fr)
- ↑ L'Auto-vélo du 15 août 1928 (gallica.bnf.fr)
- ↑ « Deuils », Le Figaro, , p. 2.
- ↑ Frantz Reichel, « Mort de Fernand Charron », Le Figaro, , p. 5 (lire en ligne).
- ↑ L'Auto-vélo du 14 août 1928 (gallica.bnf.fr)
- ↑ La Revue des sports, 2 janvier 1892, dernière page.
- ↑ La Vie au grand air, 18 août 1901, p. 474.
- ↑ La Revue des sports, 20 août 1892, p. 614.
- ↑ L'Auto-vélo : journal comique & illustré / rédacteur en chef Mascabille, 23 mai 1897.
- ↑ (en) Robert Dick, Auto Racing Comes of Age : A Transatlantic View of the Cars, Drivers and Speedways, 1900-1925, McFarland & Co, (lire en ligne), chap. 1 (« Bennett »), p. 9.
- ↑ « La course d'automobiles Paris-Dieppe », Journal de Rouen, , p. 2
- ↑ (en) « Courses françaises de Panhard entre 1896 et 1902 », sur f1evolutions, sites.google.com.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- 1891 : Eugène Gendry (G. de Moncontour), Sport vélocipédique : les champions français, (Angers), G. Meynieu, p. 49 à 62 (en ligne sur Gallica - BNF).
- 1906 : Henry Kistemaeckers fils, Will, Trimm & Co, Éditions Fasquelle
- 1906 : « Un Hippodrome idéal », La Vie au grand air, , p. 224-225.
- 1906 : « Les Hippodromes modèles », La Vie au grand air, , p. 320.
- 1907 : (en) E.E. Schwarzkopf, Automobile Topics, vol. 15
- 1984 : Victor Breyer, La Belle Époque à 30 à l'heure, FeniXX réédition numérique (ISBN 9782402248013)
- 1987 : (en) Nick Baldwin, The World Guide to Automobile Manufacturers, Facts on File Publications (ISBN 9780816018444)
- 2003 : Octave Mirbeau, Œuvre romanesque, Le Boucher (ISBN 9782848240633)
- 2005 : Gérard Guicheteau et Jean Claude Simoën, Histoires vraies du XXe siècle, vol. 2, Fayard (ISBN 978-2213626482)
- 2009 : Danièle Clermontel, Chronologie scientifique, technologique et économique de la France, Fayard (ISBN 9782748346824)
- 2013 : (en) Robert Dick, Auto Racing Comes of Age - A Transatlantic View of the Cars, Drivers and Speedways, McFarland, Incorporated, Publishers (ISBN 9780786488117)
- 2015 : (en) A.J. Jacobs, The New Domestic Automakers in the United States and Canada, Bloomsbury Publishing (ISBN 9781978750876)
- 2020 : Octave Mirbeau et Pierre Glaudes, Le Jardin des supplices et autres romans, Groupe Robert Laffont (ISBN 978-2221221518)
- 2021 : (en) R.K. Keating, Velodrome Racing and the Rise of the Motorcycle, McFarland, Incorporated, Publishers (ISBN 978-1476641607)
- 2023 : Jean-Paul Vespini, L'épopée du premier Tour de France, Mareuil Éditions (ISBN 9782372543293)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressources relatives au sport :
- (en) « Courses françaises de 1896 à 1902 », sur f1evolutions, sites.google.com
- Octave Mirbeau, La 628-E8, Paris/Angers, éd. du Boucher, , 429 p. (ISBN 2-84824-060-1 et 2-84824-060-1, lire en ligne [PDF])
- (en) Robert Dick (historien de l'automobile), « Class winners in Paris-Amsterdam race », sur forums.autosport.com,
- Pilote automobile français
- Coureur cycliste français
- Coureur cycliste français sur piste
- Industriel français du XXe siècle
- Entrepreneur français
- Personnalité liée à l'automobile
- Histoire automobile
- Pionnier de l'automobile
- Naissance en mai 1866
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