Ferdinand Porsche

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Ferdinand Porsche
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Ferdinand Porsche, dans les années 1910
Alias
Professeur, ou docteur Porsche
Naissance
Maffersdorf (Bohême, Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie)
Décès (à 75 ans)
Stuttgart (Drapeau de l'Allemagne Allemagne)
Nationalité Autriche-Hongrie, puis Allemagne
Pays de résidence Autriche et Allemagne
Diplôme
Profession
Autres activités
Formation
Distinctions
Conjoint
Aloisia Johanna Kaes
Descendants
Famille
Porsche

Ferdinand Porsche ( en Bohême - à Stuttgart) est un important ingénieur inventeur industriel motoriste et designer autrichien, naturalisé allemand, pionnier de l’industrie automobile et aéronautique, fondateur de Lohner-Porsche vers 1900, Daimler-Mercedes-Benz en 1926, Porsche en 1931, et Volkswagen en 1937[1],[2].

Il est concepteur de nombreux moteurs, et modèles d'automobiles Daimler-Mercedes-Benz, Auto Union (futur Audi), Porsche, Flèches d'Argent, Mercedes-Benz T80, moteur à plat..., et des mythiques Volkswagen Coccinelle, Porsche 356, et Porsche 911 avec ses fils et petits fils Ferdinand Anton Ernst Porsche, Ferdinand Alexander Porsche, Wolfgang Porsche, et Ferdinand Piëch... Son petit-fils Ferdinand Piëch est à ce jour dirigeant héritier historique du groupe Volkswagen (Porsche, Audi, Bentley, Lamborghini, Bugatti, Ducati, Seat, Škoda, Scania...). Il est également un des principaux industriels du complexe militaro-industriel allemand SS de l'effort de guerre Nazi de la Seconde Guerre mondiale / Troisième Reich.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Ferdinand Porsche naît le à Maffersdorf en Bohême (qui dépend alors de l’empire austro-hongrois des Habsbourgs, de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, actuel Vratislavice nad Nisou (en) en République tchèque). Troisième de cinq enfants, intellectuellement surdoué, il se passionne très tôt pour les inventions qui révolutionnent la société de son époque (révolution industrielle, applications de l'électricité de l'inventeur industriel américain Thomas Edison et son industrie General Electric, recherches intensives des premiers prototypes d'automobiles et d'avions de l'histoire de l'automobile, et de l'aviation, à moteurs à vapeur, moteurs à gaz, et moteurs électriques...). La maison de ses parents est la première de Maffersdorf à avoir l'électricité grâce à une centrale électrique qu'il fabrique à l'âge de 15 ans. Il débute ses études à l'École technique impériale de Reichenberg (actuel Liberec). Son père, Anton Porsche, patron d'un atelier de plomberie ferblantier, le destine et le forme initialement à reprendre l'affaire familiale, mais fasciné par le génie de son fils, il le laisse aller tenter sa chance à Vienne en Autriche[3].

Egger-Lohner-Porsche[modifier | modifier le code]

En 1893 il débute sa carrière à l'âge de 18 ans dans la compagnie d’électricité autrichienne Bela Egger & Co à Vienne (future Brown, Boveri & Cie) en temps que chef mécanicien, ou il développe son invention de « moteur-roue électrique, intégré dans le moyeu ». N'ayant pas les moyens de s'inscrire à l'Université de Vienne, il se forme à la mécanique en autodidacte, après son travail, par des cours clandestins de l'Université technique de Vienne. Âgé de 22 ans il est recruté en 1897 comme inventeur bureau d'études voiture électrique de l'industrie autrichienne Jacob-Lohner & Comp (fournisseur de la Cour impériale et royale de véhicules hippomobiles de l'Empire austro-hongrois des Habsbourgs). Il dévoile en 1898 son premier prototype de voiture électrique Egger-Lohner C2 Phaeton P1 de 3 ch pour 35 km/h, propulsé par deux de ses moteur-roue, pour lesquels il dépose un brevet en 1899. Il présente avec un vif succès médiatique mondial, son prototype de voiture électrique « Lohner Porsche Semper Vivus électrique » à l'Exposition universelle de 1900 de Paris (baptisée La Toujours Contente en référence au célèbre prototype concurrent de l'époque, La Jamais contente de Camille Jenatzy, voiture la plus rapide du monde d'alors à plus de 100 km/h de vitesse de pointe[4]). Il participe et remporte des courses automobiles, dont la Course de côte du Semmering de 1900, le Kaiserpreis, la course du Prince Heinrich, et la Targa Florio en Sicile[5]...

Il s'associe alors avec Ludwig Lohner, sous le nom Lohner-Porsche, pour concevoir et produire en série leur prototype Lohner-Porsche Hybrid Mixte, première automobile hybride essence électrique à propulsion intégrale de l'histoire de l'automobile, à base du premier moteur à essence industrialisable moteur Daimler Type P, de l'industrie Daimler des inventeurs allemands Gottlieb Daimler et Wilhelm Maybach, avec une batterie au plomb de 410 kg, pour 50 km/h de vitesse de pointe, et 50 km d'autonomie. Ils conçoivent une série d'évolutions sous le nom Lohner-Porsche, vendus avec succès à près de 300 exemplaires, qui illustrent les perspectives fabuleuses du progrès scientifique et technique et de la révolution industrielle, de l'œuvre futuriste utopique très en vogue d'alors de Jules Verne (1828-1905)... (Ferdinand Porsche effectue son service militaire en 1902, comme chauffeur de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche, prince héritier de la Maison de Habsbourg et de l'empire d'Autriche-Hongrie, dont l'assassinat à Sarajevo douze ans plus tard, le 28 juin 1914, déclenche la Première Guerre mondiale. Il épouse Aloisia Kaes en 1903, avec qui il a deux enfants, Louise Piëch, et Ferdinand Anton Ernst Porsche).

Austro-Daimler-Mercedes-Benz[modifier | modifier le code]

Bien que techniquement très au point, la production de voitures électriques / hybrides est arrêtée en 1906 à cause de batteries trop lourdes et trop chères, par rapport à la production de voitures à essence concurrentes. Ferdinand Porsche quitte alors Lohner, pour travailler pour Austro-Daimler de Paul Daimler (filiale autrichienne de Daimler de Gottlieb Daimler) en tant que directeur technique et concepteur en chef. Il créer entre autres les Austro-Daimler Prince Henry de 1911 (pour le prince Henri de Prusse, fils du Kaiser Frédéric III (empereur allemand), et frère du Kaiser Guillaume II (empereur allemand)), et les Austro-Daimler Sascha de 1923... [6]

Il devient directeur général durant la Première Guerre mondiale, reçoit le titre de Doctorat honoris causa de l’Université de Vienne en 1916, puis succède à Paul Daimler au poste de PDG de Daimler à Stuttgart en 1923. Il fonde Daimler-Mercedes-Benz entre 1924 et 1926 par fusion des industries et marques Daimler de Gottlieb Daimler, concession Mercedes d'Emil Jellinek, et Benz & Cie de Carl Benz. Il reçoit le titre de Doctorat honoris causa de l'Université de Stuttgart en 1924, et conçoit entre autres les Mercedes-Benz S, SS, et SSK qui dominent la compétition automobile des années 1920 et années 1930.

Ancien bureau d'études Porsche de Wolfsburg en Allemagne
Usine Volkswagen de Wolfsburg de 1938

Porsche[modifier | modifier le code]

En 1929 il quitte Daimler-Mercedes-Benz suite à un désaccord avec le conseil d'administration, et rejoint l'important groupe industriel sidérurgique militaire autrichien Steyr, jusqu'à sa faillite des suites de la Grande Dépression / Krach de 1929. Il fonde alors avec succès le 6 mars 1931, sa propre société bureau d'études Porsche, au 24 Kronenstraße à Stuttgart, avec son fils Ferdinand Anton Ernst Porsche, et ses ex collègues ingénieurs Karl Rabe, Erwin Komenda, Franz Xaver Reimspiess... Ils conçoivent entre autres des voitures pour Auto Union (futur Audi), Flèches d'Argent, et premiers prototypes Porsche (Porsche Type 12 de 1931 pour Zündapp, première esquisse de la future Volkswagen Coccinelle de 1938)...

Volkswagen[modifier | modifier le code]

En 1933 Ferdinand Porsche répond à l'appel d'offres du Chancelier du Reich Adolf Hitler (son grand admirateur) avec ses prototypes Porsche Type 12 pour Zündapp de 1931. Hitler et Porsche partage le désir commun de démocratiser l'automobile en Allemagne. Hitler désire des critères techniques précis pour la future Volkswagen (voiture du peuple, en allemand) qui devra pouvoir transporter quatre personnes à 100 km/h et consommer moins de 8 litres aux 100 km. Hitler, qui désire en faire un objet de propagande pour son Parti national-socialiste des travailleurs allemands Nazi, aurait dit à Porsche « À n’importe quel prix, docteur Porsche. À n’importe quel prix en dessous de 1 000 Reichsmark ». Porsche conçoit son prototype Porsche Type 32 pour NSU en 1934 et étudie et apllique les méthodes d'organisation scientifique du travail révolutionnaires Taylorisme et Fordisme des industries Ford d'Henry Ford et de General Motors aux États-Unis. Après la présentation de trois prototypes, il propose sa version définitive au Führer en 1938 (baptisée KdF-Wagen, d'après l'organisation d'encadrement des loisirs Kraft durch Freude, la « Force par la Joie », rebaptisée Volkswagen après la guerre, « Voiture du Peuple », de l'allemand Volk : peuple, et Wagen : voiture. Elle prend son nom commercial Volkswagen Coccinelle lors de son importation en France après guerre). L'usine Volkswagen de Wolfsbourg est construite en 1938, pour produire 1 100 KdF-Wagen, et 65 000 exemplaires de sa version militaire Volkswagen Kübelwagen. Les voitures de course Flèches d'Argent qu'il développe pour Auto Union remportent un grand nombre de victoires (la Flèche d'Argent (Silberpfeil) pilotée par Bernd Rosemeyer s'illustrera dans toutes les courses, dont la coupe Vanderbilt aux États-Unis remportée en 1937). En 1935 Ferdinand Porsche se fait naturaliser allemand. Il initie avec Hitler leur futur projet commun de tracteur agricole Porsche-Diesel en 1937.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À partir de 1937 Ferdinand Porsche intègre le parti nazi allemand, en temps que Wehrwirtschaftsführer, en même temps que la majeure partie des industriels allemands, qui bénéficient à ce titre des importants marchés d'état du Ministère du Reich pour l'Armement et les Munitions, pour préparer le grand projet de fondation du IIIe Empire allemand / Reich du Chancelier Adolf Hitler. Durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) il est nommé coordinateur de l'effort de guerre industriel du Troisième Reich, pour qui il conçoit et fabrique à grande échelle du matériel de guerre avec entre autres Daimler-Mercedes-Benz et BMW, pour l'Armée allemande (Wehrmacht, Waffen-SS, Luftwaffe, voitures, camions, chars, moteurs d'avions, armement, munitions, dont les Volkswagen Kommandeurswagen, Volkswagen Kübelwagen, Volkswagen Schwimmwagen, Porsche 175, Tiger I, Tiger II, Grosstraktor, Jagdpanzer Elefant, Panzerkampfwagen VIII Maus, VK 45.01 (P), VK 45.02 (P), VK 30.01 (P), V1 (missile)...). Il est chargé entre autres de contrôler la collaboration industrielle de l'Usine Peugeot de Sochaux de la France occupée, dont il fait déporter entre autres huit directeurs, dont il dénonce à Hitler la mauvaise volonté et les actes de résistance par sabordage de la production de leur usine, dont Auguste Bonal, abattu par la Wehrmacht le ... (Peugeot pendant la Seconde Guerre mondiale). Il exploite massivement la main-d'œuvre des travailleurs déportés pour le complexe militaro-industriel allemand (Service du travail obligatoire (France)). En 1939, il conçoit la prototype Mercedes-Benz T80, à moteur d'avion V12 Daimler-Benz DB 603, de 44 L de cylindrée et 3000 ch, pour une vitesse record théorique de 750 km/h.

Après guerre[modifier | modifier le code]

Le 15 décembre 1945, les autorités françaises invitent Ferdinand Porsche (âgé de 70 ans) et son fils Ferdinand Anton Ernst Porsche à visiter les usines françaises Renault, pour auditer la future Renault 4CV de 1947. Il est arrêté sur place, pour crime de guerre et opportunisme du Troisième Reich, et emprisonné vingt mois sans procès, dans divers prisons françaises, à titre de prisonnier de guerre. Maltraité, humilié, et incarcéré dans des conditions dures, froides, et humides, sa santé fragile se dégrade rapidement, et il sombre dans la dépression. Il est libéré en 1947 contre une importante rançon financière d'un million de francs, payée par le constructeur automobile Piero Dusio (Cisitalia) (meilleur ami de son fils Ferdinand Anton Ernst Porsche) (Louis Renault disparaît un mois après son incarcération du 23 septembre 1944 à la prison de Fresnes pour collaboration avec l'ennemi pendant la guerre).

Alors que son père est prisonnier, Ferry lui succède à la direction de l'entreprise familiale Porsche depuis Gmünd in Kärnten en Autriche. Il signe un contrat avec son ami Piero Dusio (PDG du constructeur automobile italien Cisitalia) pour la conception d'une voiture de course Porsche 360 Cisitalia, et finalise le projet de Porsche 356 de son père (première voiture à porter la marque Porsche) dont il fabrique artisanalement les 49 premiers exemplaires en aluminium, pré-payables à l'avance par ses clients, dans une ancienne scierie dans Gmünd (plus de 78000 Porsche 356 seront fabriquées en 17 ans, entre 1948 et 1965). La famille Porsche retourne à Stuttgart en 1949, et travaille pour Volkswagen, qui produit avec succès la Volkswagen Coccinelle, fabriquée à plus de 21 millions d'exemplaires entre 1938 et 2003, dont ils perçoivent des arriérées de royaltie considérables pour les 20 millions de Volkswagen Type I fabriquées pendant la guerre.

En 1951 déjà malade, il est terrassé par l'émotion et par une attaque cardiaque / accident vasculaire cérébral dont il ne se remettra pas, lorsque il voit des voitures de son fils, portant leur nom, sur le site industriel historique Porsche de Stuttgart. Il est hospitalisé d'urgence, et meurt le 30 janvier suivant, à l'âge de 75 ans, à Stuttgart. Il ne voit pas ses premières Porsche 911 ni l'important succès commerciale du constructeur automobile Porsche et de son fils, qu'il a fondé en 1931. Son fils et ses petits fils héritiers Ferdinand Anton Ernst Porsche, Ferdinand Alexander Porsche, Wolfgang Porsche, et Ferdinand Piëch lui succède à la direction de Porsche, Volkswagen, et Volkswagen AG.

En 1996, Ferdinand Porsche est intronisé au Temple international de la renommée du sport automobile. En 1999, il remporte à titre posthume le prix de l'ingénieur automobile du siècle. Le Porsche Museum lui est consacré en 2009, sur le site industriel historique Porsche de Stuttgart, à proximité des musée Daimler de Stuttgart et musée Mercedes-Benz de Stuttgart. Son petit-fils Ferdinand Piëch est à ce jour dirigeant historique de Porsche, puis du groupe Volkswagen (Porsche, Audi, Bentley, Bugatti, Ducati, Lamborghini, Seat, Škoda, Scania...).

Famille[modifier | modifier le code]

Ferdinand Porsche (1875–1951) épouse Aloisia Johanna Kaes (1878–1959) en 1903, avec qui il a deux enfants :

  • Louise Piëch (née Louise Porsche, 29 août 1904 - 10 février 1999) mariée à Anton Piëch (1894–1952), parents de :
    • Ernst Piëch (* 1929) ∞ Elisabeth Nordhoff (* 1936), fille de Heinrich Nordhoff
      • Florian Piëch
    • Louise Piëch (1932–2006) ∞ 1. Obsthändler Ahorner, 2. Antiquitätenhändler Daxer
      • Josef Ahorner
      • Louise Kiesling (* 1957)
    • Ferdinand Piëch (* 1937) ∞ 1. Corina von Planta, 2. Ursula Plasser
    • Hans-Michel Piëch (* 1942)
      • Julia Kuhn-Piëch (* 1981)
  • Ferdinand Anton Ernst Porsche (19 septembre 1909 - 27 mars 1998 connu sous le nom de Ferry Porsche) ∞ Dorothea Reiz (1911–1985), père de :
    • Ferdinand Alexander Porsche (11 décembre 1935-5 avril 2012)
      • Ferdinand Oliver Porsche (* 1961)
    • Gerhard Porsche (* 1938)
    • Hans-Peter Porsche (* 1940)
      • Daniell Porsche (* 1973)
    • Wolfgang Porsche (* 1943) ∞ 1. ?, 2. Susanne Bresser (* 1952)
      • Christian Porsche (* 1974), Neurologue

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Ferdinand Porsche - Biographie, sur Classic and Sport car.
  2. www.mercedesclass.net/heritage/founders-and-people/ferdinand-porsche/
  3. www.classic-sport-cars.net
  4. Une version Jamais Contente dessinée par Camille Jenatzy, elle aussi électrique, établit le premier record de vitesse au-dessus de 100 km/h en 1899.
  5. www.porsche-holding.com/fr/histoire/ferdinand-porsche/le-genie-createur
  6. www.stuttcars.com/about-porsche/ferdinand-porsche/

Annexes[modifier | modifier le code]

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