Ferdinand Heilbuth

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Ferdinand Heilbuth
Bingham - Ferdinand Heilbuth 01.jpg
Portrait de Ferdinand Heilbuth par Robert Jefferson Bingham, vers 1860-1875
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 63 ans)
Paris 17e
Sépulture
Nationalités
Activité
Lieux de travail
Distinction

Ferdinand Heilbuth, né à Hambourg le , mort à Paris 17e le , est un peintre français d'origine allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un marchand hambourgeois, Ferdinand Heilbuth, installé à Munich, abandonne des études rabbiniques après un séjour à Anvers, pour se consacrer à l'art. Il arrive à Paris peu avant la Deuxième République. Il s'inscrit dans l'atelier de Charles Gleyre dont il devient l'étudiant. Vers 1850, désargenté, il s'installe provisoirement avec deux réfugiés politiques qui ont fui la réaction anti-révolutionnaire des pays germaniques, deux militants, Moritz Hartmann et Heinrich Bernhard Oppenheim (en) ; le trio vit dans un petit hôtel appelé Les Trois Frères, situé dans la rue du même nom, à Montmartre.

Heilbuth voyage et se rend à Rome de nombreuses fois entre 1853 et 1855. Il développe dans un premier temps une peinture d'histoire et des portraits dans le style du Titien. Devenu peintre de genre, dont le talent a pour caractéristiques la noblesse, la vivacité du coloris et l'accent dans l'expression, il a obtenu une deuxième médaille au Salon de Paris en 1857, 1858 et 1861. Peu à peu son pinceau, tout en finesse, n'est pas exempt d'une fine ironie, soulignant la déférence voire l'obséquiosité envers les puissants de son temps : peu à peu reconnu, Heilbuth rentre dans l'ordre impérial français et toutes ses mondanités. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1861.

Outre à Paris, il expose de nombreuses fois à Londres à la Royal Academy et à la Grosvenor Gallery ; en 1863, son travail est présenté à l'Athénée de Boston.

En 1870, au moment du conflit avec l'Allemagne, il se résigne à partir pour Londres, où il expose ses paysages inspirés de la France ; il revient à Paris en 1874. Il obtient la nationalité française en 1879[1] puis est nommé officier de la Légion d'honneur en 1881.

Entre septembre 1882 et mai 1885, Vincent van Gogh, dans sa correspondance adressée à Anthon van Rappard, exprime toute son admiration pour l'artiste qu'il découvre dans un premier temps à travers des gravures[2].

Les aquarelles, qu'il montre à la Société d'aquarellistes français dont il est membre fondateur[3], et surtout certaines toiles de la période 1876-1880 laissent certains personnages, jugés secondaires, à l'état d'ébauche ; Heilbruth semble comme emporté en son style par les expériences des impressionnistes qui exposent à Paris à ce moment-là. Ses cadrages, sa façon de regarder les femmes, ses coloris, sont l'expression d'un peintre qui cherche à se renouveler à l'aube de sa mort, survenue en 1889.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (53e division)[4].

Œuvres présentées au Salon de Paris[modifier | modifier le code]

  • Une réception chez Rubens (1853)
  • Palestrina, Étudiant, Politesse (1857)
  • Luca Signorelli, Le Fils du Titien et Béatrice Donato, L'Aveu, Le Tasse à Ferrare, La Consigne (1859)
  • Le Chevalier poète Ulric de Hutten, Le Mont-de-piété (musée des beaux-arts de Dijon)
  • Solitude, Souvenir d'Italie, L'Auto-da-fé, Promenade des cardinaux sur le Monte-Pincio, L'Intérieur d'un carrosse de cardinal (1863)
  • L'Absolution du péché véniel, Un cardinal romain montant dans son carrosse (1865)
  • Antichambre (1866)
  • Promenade, Vestibule (1867)
  • Job (1868)
  • Le Printemps (1869)
  • Au bord de l'eau (1870)
  • Au bord de la Tamise (1878)
  • Beau Temps (1881)
  • Au jardin, Une fête (1883)
  • Lawn-tennis, Présentation (1885)
  • Villégiature, Un samedi, Bords de la Seine


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret de naturalisation reproduit dans son dossier de Légion d'honneur.
  2. (en) Lettres de Van Gogh adressées à Rappard, sur vangoghletters.org.
  3. Arthur Baignières, « Société d'aquarellistes français », In: Gazette des beaux-arts, Paris, mai 1879, pp. 491-501sur Gallica.
  4. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, (lire en ligne), p. 191
Buste sur sa tombe au cimetière du Père-Lachaise.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]